Repenser la politique énergétique « non-durable » en politique économique

Les aides financières aux énergies renouvelables se font au détriment des investissements d’avenir en recherche et développement.

Par James Leech.

eolienne-12Dieter Helm, économiste à l’Université d’Oxford, a déclaré jeudi à la conférence de la Flamme à Amsterdam :

L’Europe doit repenser sa politique énergétique pour l’avenir afin de garantir sa sécurité d’approvisionnement et sa compétitivité. Elle doit se concentrer davantage sur la recherche et moins sur les ruineuses énergies renouvelables actuelles.

Les politiques énergétiques de l’Europe ont été fondées sur une vision de combustibles fossiles limités et chers, en espérant que les technologies d’énergies renouvelables actuelles deviendraient compétitives et donneraient naissance à de nouvelles industries pour l’Europe.

Mais il y a eu une grande « prise de conscience » a-t-il dit, avec les événements en Ukraine, le manque d’investissement dans le secteur de l’énergie intensive en Europe et l’augmentation des émissions [de CO2], maintenant à plus de 400 ppm (parties par million) avec une hausse à 3 ppm/an, contre un taux de 1,0 à 1,5 ppm/an en 1990.

Helm dit que l’Europe doit attendre la fin des négociations de Paris sur le climat en 2015 pour prendre des décisions sur les objectifs climatiques, plutôt que de prendre des mesures unilatérales maintenant.

Il dit que les énergies renouvelables ne devraient plus être un objectif, mais à la place, on devrait investir sérieusement en recherche et développement sur les énergies renouvelables de prochaine génération, sur les batteries et participer activement aux demandes [technologiques] latérales.  Selon Helm, on devrait passer en matière de combustible du charbon au gaz, et la recherche est vitale car : « Les technologies existantes sont incapables de répondre aux besoins actuels. » 

Il a comparé le financement du gouvernement britannique de seulement 74 millions d’euros pour un nouveau centre d’innovation du graphène avec l’espoir d’investir 123 milliards d’euros dans l’éolien offshore. « C’est dingue » a-t-il dit. Le graphène pourrait être utilisé dans de nouvelles technologies solaires.

img contrepoints344 Gaz PoutineSelon Helm on aurait besoin de plus d’interconnexions pour la sécurité d’approvisionnement, et l’Europe devrait se tourner vers la Norvège et l’Afrique du Nord, qui augmentent leurs propres ressources conventionnelles et non conventionnelles et vers le couloir méridional pour de nouvelles importations.

Pour restaurer la compétitivité, il dit que l’Europe devait « arrêter de creuser un trou sans fond avec l’éolien offshore » et regarder vers l’unification des réseaux. Helm pense qu’il y aura un changement de politique, parce que « on ne peut pas faire disparaitre l’économie ».

« Si quelque chose n’est pas viable, ce ne sera pas durable, il y aura des changements », a-t-il dit.


Sur le web. Traduction : Jean-Pierre Cousty pour Contrepoints.