Le séisme européen annonce un tsunami

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Le séisme européen annonce un tsunami

Publié le 28 mai 2014
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Par Stéphane Montabert.

Européennes 2014

Dès dimanche soir le choc était perceptible dans les états-majors des partis et sur les plateaux de télévision: les affreux eurosceptiques avaient fait une poussée terrible à travers le continent. On aurait tort, pourtant, d’y voir la moindre remise en question de la politique européenne.

Personne ne nie le changement dans nombre de pays d’Europe. Au Danemark, en France, en Grande-Bretagne, en Irlande, en Belgique, les adversaires de l’Union Européenne sont en tête ; en Pologne, Lettonie, Finlande, Hongrie ou en Italie, ils arrivent en deuxième position, et dans d’autres pays encore ils sont bien placés. Malgré quelques contre-performances relatives (comme Geert Wilders au Pays-Bas) les mouvements « eurosceptiques » font désormais partie du paysage.

Cela ne suffira bien sûr pas à changer quoi que ce soit à Bruxelles. Malgré leur victoire parfois éclatante, les partis eurosceptiques restent très minoritaires au sein du Parlement Européen. Il n’est d’ailleurs pas certain qu’ils réussissent à s’entendre ; un groupe parlementaire européen doit représenter 7 nationalités différentes. Les différences entre le UKIP anglais, le Front National français ou le N-VA belge n’ont rien de cosmétique.

Ces explications de circonstances ne doivent pas cacher l’axiome fondamental de la construction européenne qui explique à lui seul pourquoi rien ne changera de ce côté-là : l’Union Européenne se bâtit sans les peuples.

Le Parlement Européen n’a pratiquement aucun pouvoir. Outre son organisation incroyablement inefficace – qu’on imagine la qualité des débats entre 751 députés européens dans plus d’une dizaine de langues ! – ses capacités législatives sont extrêmement limitées. Il ne peut pas proposer de loi et doit composer à égalité avec un Conseil de l’Europe non-élu. Le pouvoir de ces deux institutions s’efface lui-même devant les prérogatives de la Commission Européenne.

La situation institutionnelle de l’UE ne doit rien au hasard. L’UE s’est construite sur l’idée que les peuples étaient intimement liés aux notions de patriotisme et de nation, deux concepts combattus avec énergie par les élites aux sources de l’institution. Impossible pourtant de nier les dernières apparences de la démocratie; la solution vint sous la forme d’un simulacre de pouvoir législatif, un parlement inutile où des politiciens sur le retour – mais élus par les citoyens de toute l’Union – pourraient éventuellement couler une retraite paisible. Le Parlement Européen était né.

L’élection d’un Parlement Européen est donc un exercice amusant, mais sans conséquence. La construction européenne se poursuivra quelle que soit la composition sortie des urnes, comme nous le verrons assez vite.

La poussée des euro-sceptiques a tout de même eu quelques effets, mais il s’agit surtout de conséquences nationales.

Passons rapidement sur la Belgique, encore une fois en quête d’un gouvernement, pour nous attarder sur les deux pays où quelque chose s’est réellement passé ce week-end : la France et le Royaume-Uni.

Le penSi l’UE a été secouée par un séisme, la France en a clairement été l’épicentre. Les sondages montraient une poussée du Front National de Marine Le Pen, mais le scrutin lui a offert une première place avec les honneurs.

En vieux renards de la politique, divers porte-paroles et analystes ont tenté de nier l’évidence, citant par exemple le faible taux de participation. Outre une approche inquiétante pour leurs propres formations politiques – si 56% des Français sont restés chez eux et que le FN n’a eu « que » 24,5% des voix de ceux qui se sont déplacés, que penser alors des 14,5% du PS ? – cela supposerait que les abstentionnistes appartiennent aux autres partis ; les sondages montrent qu’il n’en est rien. L’abstentionnisme a touché toutes les formations politiques sans en épargner aucune.

Le Front National est désormais le premier parti de France. C’est un fait indiscutable. L’UMP est au second plan et le PS loin derrière. Voilà qui doit semer le trouble à l’Élysée : la perspective d’un second tour entre François Hollande et Marine Le Pen en 2017 s’éloigne. Cette configuration, la seule à donner une chance de réélection à un président conspué de toute part, impliquait que le PS parvienne au second tour ; le maigre espoir semble très compromis. Incapable une fois parvenue au pouvoir, la gauche française aura été laminée en un temps record.

FarageLe bipartisme n’a pas éclaté qu’en France. Au Royaume-Uni, le UKIP (« You Keep »), le parti pour l’indépendance, est arrivé en tête du scrutin, battant à la fois travaillistes et conservateurs – un résultat inédit depuis 1906, ce qui donne une idée de l’exploit. Nigel Farage est réputé pour ses interventions au Parlement Européen, où il ne cesse de dénoncer l’incurie de l’assemblée et l’absurdité constructiviste du projet européen ; parfaitement respectable, M. Farage ne saurait être le sujet d’une tentative de diabolisation en règle. Les Anglais ne seront pas dupes et pareille manœuvre arrive trop tard. Il y a donc fort à croire qu’un boulevard politique s’ouvre devant lui, même s’il aura peut-être plus de mal à faire un score aussi important aux élections générales de 2015.

Le véritable danger pour l’Union Européenne vient de là. Les conservateurs de M. Cameron pensaient avoir fait l’essentiel en promettant vaguement un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE en 2017 ; le UKIP vient de leur couper l’herbe sous le pied. Non seulement ce référendum aura bien lieu, mais il surviendra peut-être même plus tôt et la décision de quitter l’UE pourrait l’emporter. Le départ des Britanniques fera s’effondrer l’Union Européenne comme un château de cartes. Comme le dit M. Farage:

Je ne veux pas seulement que la Grande-Bretagne quitte l’Union européenne, je veux que l’Europe abandonne l’Union européenne (…) Je ne crois pas que ce drapeau, cet hymne, et ce président dont personne ne connaît vraiment le nom représentent ce que l’Europe devrait être.

Je pense que jusqu’à maintenant l’intégration européenne, que vous le vouliez ou non, semblait inévitable et je pense que ce sentiment va disparaître avec les résultats de ce soir.

Ceux qui espèrent quoi que ce soit d’un Parlement Européen en seront pour leurs frais. Heureusement, ce n’est pas la seule façon d’en finir avec cette bureaucratie absurde.


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  • Mathilde de St Amour
    28 mai 2014 at 8 h 43 min

    Je suis peut être un peu naïve mais j’essaie de comprendre. Si la France et le Royaume Uni votent majoritairement pour des partis qui veulent la sortie de l’UE, qu’est-ce qui va se passer? Enfin comment on peut le faire? Dans les faits qu’est-ce que cela va entraîner pour notre vie quotidienne?

    • Rien. Ca ne changera rien du tout.

      • Flamby a ete tres clair a ce sujet. Pas de demission et acceleration de la mise en oeuvre de leur projet. La france est une dictature depuis longtemps. Ne pas oublier que les francais ont vote contre l europe et qu un dictateur leur a impose. La FM est aux commandes, le NOM egalement. On reconnait l arbre a ses fruits malheureusement et la france va durement payer grace a ces mauvais politiciens qui meriteraient d etre fusilles pour haute trahison. Le fn ne changera rien. Peut etre meme de conivence. Allez savoir.

        • mauvais politiciens élus par des mauvais français :
          ne jamais oublier que l’ont a les politicien que nous méritons .
          l’article 50 d la constitution européenne stipule qu’un pays membre peut se retirer de la zone euro.

      • Exactement. C’est là, où nous voyons la réelle influence des députés européens sur la politique de l’Union Européenne.

    • Il faut la présidence de la République.

      Il faut comprendre que l’europe n’est pas un Etat ni une démocratie. Il n’existe aucune nation Européenne dont il serait le souverain. Dans l’Esprit c’est un syndic de copropriété qui a le pouvoir de faire la loi et de contrainte sur l’ensemble des peuples. la légalité de ce pouvoir est à mon sens extrêmement douteuse. Mais là n’est pas la question.

      Il n’y a qu’une seule façon d’en sortir. C’est de prendre l’executif national. Idéalement la présidence. Seul le président de la République peut sortir la France de l’Europe. C’est prévu dans les textes, c’est d’ailleurs la seule avancée du traité de Lisbonne. Le TCE interdisait toute sortie, les Européens ont dit non, ils ont donc du revenir au traité de maastricht modifié par le traité de Lisbonne. Les pays ont conservé leur droit de sortie.

      Pour pouvoir soirtir de l’union, il faut commencer par l’assemblée. Mais c’est une forteresse en France. C’est la raison pour laquelle Marine Le Pen a appelé à la dissoudre, elle avait une possibilité d’accéder à l’executif et d’avancer. Pour que ça fonctionne il faut aussi une modification du scrutin vers de la proportionnelle pour permettre à tous les français d’y être représenté et enfin que l’assemblée redevienne le lieu de débat ou l’on parle et résoud les problèmes au lieu d’être la chasse gardée de l’UMP et du PS.

      Le président, garant de la souveraineté national, face à une assemblée ou se retrouve le peuple n’est plus en position politqiue de faire ce qu’il veut.

      • pour que marine lepen puisse tenter de sortir la france de la zone euro , faut avant tout que les français votent pour elle .
        hors , les français sont génétiquement modifié pour toujours voter à l’encontre de ses intérêts .
        ils s’abstiennent quand il faut voter , et quand ils s’y mettent à voter , c’est pour reconduire ceux-là même qui les ont conduit là où il sont .

        • Moi j’ai confiance dans le vote des français. Ils votent bien quand ils ont des choix importants. Le problème c’est qu’ils n’ont jamais eu d’autre choix sérieux qu’entre des socialistes de gauche ou de droite. Donc il faut pas être trop dur non plus.

  • non seulement ils sont trés minoritaires , mais ils sont loin d’etre d’accord entre eux ( l’internationale des nationalismes est presque impossible disait-on l’autre soir sur c dans l’air … ). en plus de cela, certains sont des fourre tout, comme le FN en france , qui ne doit son succés actuelle qu’à la juxtaposition de déçus du gauchisme et de vrai droitistes historique ( maurassien , oas … ) et de poujadiste de l’extrème centre : je serais curieux de les voir à l’épreuve du pouvoir …

    • twitter_catoneo
      28 mai 2014 at 22 h 02 min

      La génération « canal historique » dont vous parlez est incapable de gouverner. Par contre une nouvelle génération s’est levée, éduquée en politique, qui devrait montrer des aptitudes. Comme partout, il faut tuer le père.

      • le problème n’est pas de tuer le père, c’est la fille qui risque de ce faire tuer quand il lui faudra légifèrer pour des gens dont les interets sont diamètralement opposés …

    • Je ne pense pas que le FN ne soit qu’un fourre tout. C’est un parti qui a fait un énorme travail pour s’organiser, faire rentrer du sang nouveau en Politique. Je me suis renseigné dans ma ville, ils ont fait table rase sur l’équipe « canal historique ».

      Oui beaucoup de choses de ce que je vois de ce parti me semblent très brouillonnent. En matière économique et Etat ils n’ont rien de très sérieux à proposer. Normal ils n’ont que peu d’exercice du pouvoir.

      Par contre, je crois que l’inspiration est sincère et bonne. Ils sont très attachés à la France et c’est une bonne chose.

      je suis pour ma part extrêmement surpris des progrès du Fn sur la question Européenne. Je suis resté scotché par la justesse des déclarations de marine Le Pen. L’intervention de Marion Maréchal m’a prouvé que ces gens savent exactement ou ils vont et qu’ils partent d’un très bon diagnostique. Le discours que j’ai entendu dimanche c’est celui que j’attends depuis 2005.

      Ce sont de gros bosseur et des gens très intelligents.

      Le front national n’est qu’un fourre tout qu’en apparence. Il est rejoint en masse par des gens nouveaux qui ont tous en commun de vouloir régler les problèmes de la France et qui partent à mon avis du bon diagnostique sur l’origine de ces problèmes et qui savent quelle trajectoire ils doivent suivre pour arriver aux affaires.

      Les solutions ne sont pas claires, mais à ce jour as tu vu une seule personne qui a une vision claire sur ce qu’il faut faire pour sortir le pays et l’Europe de la merde ou nous sommes ?

      • il y a eu dans le progrés de lyon, il y a quelques semaines, le témoignage d’un couple du sud-ouest , ancien gaulliste ( je crois que l’épouse était magrhébine  » évolué  » ) qui a rejoint le FN avec la volonté de bien faire ( un peu comme ce que vous expliquez … ) ils ont été dégouté par ce qu’ils voyaient et entendaient dans les réunions et ont jeté l’éponge en jurant qu’ont ne les y reprendrait plus … tant la mainmise des vrais racistes y était absolu !
        je vote depuis 2000 pour le FN ( surtout depuis les attentats du 11 09, aux dernières elections, je me suis abstenu , tant le discours quasi gauchiste en matière d’économie m’insuporte , alors que celui du père, vaguement thatchèrien me plaisait plutot . tout comme l’ukip en angleterre, il m’est trés difficile de voter pour un parti antisémite. or, le quasi soutient du FN à dieudonné va dans ce sens.
        pour moi , le FN est bien un parti fourre-tout, qui présente une ligne politique brouillone et qui exploserait en vol s’il était amené à la dure réalité du pouvoir. je pense d’ailleurs qu’il ne sera jamais au pouvoir, car il n’a pas d’allier politique.
        pour moi, l’avenir de la france se joue au centre, comme dans toute les grandes crises nationales. vous pourriez dire que le FN est au centre , et c’est bien la politique de marine de faire croire cela, mais son parti est écartelé entre deux extrèmes centrifuges : on ne peut pas faire cohabité des bourgeois catholards avec des anciens de la CGT ou du parti radical …

    • Les nationalistes au pouvoir n’est pas un spectacle. Ils sont très attachés à le garder..et sont très curieux de connaitre ceux qui s’opposent à eux….

  • La conclusion de l’auteur est un peu trop optimiste. Depuis 20 ans on nous promet de réformer l’UE et rien ne se passe, ce petit jeu peut encore durer un moment. D’autant plus que dans les pays correctement gérés, il n’y a aucune défiance envers l’UE bien qu’en Allemagne, à cause de l’euro, le parti AfD va probablement poursuivre son ascension dans les années à venir. Il n’est pas mentionné dans l’article mais je mets 1$ qu’il aura bien plus de poids dans l’avenir des crétineries européennes que le FN par exemple, et évidemment que UKIP puisque les anglais ont gardé leur livre sterling.

    Au même moment, des élections locales avaient lieu en UK : Certes UKIP progressent mais l’écart entre des élections européennes et nationales est encore très sensible. Compte tenu du système électoral anglais, sans accords préalables, pas sur que l’UKIP rentre au parlement anglais. Or c’est bien la clé : Pour lâcher le LibDem au profit de UKIP, les conservateurs doivent en décider avant l’élection générale de 2015. Un faible score des conservateurs et un LibDem en déroute et ce sont les travaillistes d’Ed Milliband qui reviendront au pouvoir quelque soit le score de UKIP.

    C’est pour ça que Farage tenait personnellement pendant la campagne à « tuer » Nick Clegg qui lui a tendu naïvement la joue dans un débat au cours duquel ses arguments n’ont pas fait le poids. Dans un second temps, dès la proclamation des résultats, Farage pouvait passer à la seconde phase de son plan : Réclamer la tête de Cameron pour qu’une alliance UKIP/Conservateurs soit possible pour les élections de 2015…

    Bien que des résultats économiques soient à porter au crédit de Cameron, il est particulièrement mal embarqué pour 2015. Si Milliband avait du charisme, ce serait même foutu. C’est donc une sacré partie de poker en UK qui vient de démarrer : Si les députés conservateurs sentent que le score de l’UKIP va menacer leur réélection, ils pourraient bien lâcher Cameron et Clegg sinon il est possible qu’on reparte pour un tour car victoire de Cameron ou de Milliband signifie pas de changement en Europe pendant 5 ans.

    Pour conclure, je ne pense pas que la sortie de l’UE du Royaume Uni décourage nos bons politocards de nous vendre les bienfaits de l’UE. Nous aussi on repassera et attendront le prochain tour… Et ainsi de suite!

    • Je confirme pour le parti Alternatives pour l’Allemagne, c’est un parti qui a été fondé il y a tout juste un an, sans appui d’un précédent parti. Il a bien sur été démonisé comme nazi, mais ca n’a pas empeché plus de 7% des allemands de voter pour lui. A voir ce que ca donne.

    • Duff, j’ai du mal comprendre vos propos. Je vous croyais pour le fédéralisme européen, visiblement j’ai du mal vous lire. désolé.

      • Je n’ai jamais été fédéraliste! Je suis opposé à ce qu’on jette tout à la poubelle ce qui est différent et il ne vous aura pas échappé que je ne suis pas anglais.

        • Je suis assez d’accord. Moi ce que je ne veux plus c’est que l’Europe fasse la loi. La loi appartient au peuple pas aux fonctionnaires. Si tu ne peux pas les contrôler, la loi ne représente plus l’intérêt général. Et le régime change de nature. C’est la porte ouverte à la haine et la ruine.

          Mince c’est ce qu’il se passe ! Bizarre

  • Juste analyse car reposant sur l’évidence des faits.
    Mais, la politique telle que pratiquée qui consiste à chaque fois rejeter au loin se qui dérange en pensant l’avoir évacué est totalement suicidaire, c’est de la politique « Boomerang », en lançant ce dernier, les plus idiots le prendront en retour dans la nuque, les plus arrogants en pleine poire…

  • Cette article est un ramassis de clichés et d’approximations indigne de Contrepoints.
    1. La N-VA n’est en rien un parti eurosceptique. Elle a siégé lors de la dernière législature dans le groupe des Verts composés, en plus des écologistes, de petits partis prônant des régions plus autonomes (voire indépendantes) dans une Europe fédérale.
    De plus, les indépendantistes racistes eurosceptiques flamands du Vlaams Belang se sont royalement plantés et le Parti Populaire (un parti libéral d’un point de vue économique, mais souverainiste et à la limite de la xénophobie) reste loin d’obtenir un siège au Parlement européen.
    2. Le Conseil de l’Europe est une organisation de 47 états d’Eurasie et n’est pas une institution de l’Union européenne.
    3. Si vous évoquiez le Conseil de l’Union européenne, celui-ci est composé des exécutifs de gouvernements des états membres qui sortent des urnes nationales (moins directement que les parlements mais la responsabilité de l’exécutif devant le parlement est ancré dans les états membres qui composent ce conseil). Dire donc que le Conseil de l’Union européenne est non-élu est donc faux.
    4. Dire que le Parlement et le Conseil de l’Union européenne s’effacent devant le pouvoir de la Commission est faux. Les organes qui ont le plus de pouvoir en ce moment sont le Conseil de l’Union européenne et le Conseil européen (quatrième institution composée des chefs d’états qui donne les grandes impulsions politiques de l’Union). Ce sont les chefs d’état qui désignent le président de la Commission et définissent les grandes lignes politiques de l’Union, en veillant bien sûr à ce que le président de la Commission soit à leur botte et n’ait pas assez de charisme pour leur tenir tête (depuis le traumatisme de Jacques Delors).

    De plus, le pouvoir de la Commission s’est fortement effrité depuis que les Anglais ont obtenu il y a une dizaine d’années de cela que toute initiative législative de la Commission soit accompagnée d’une étude d’impact. Cela a fait en sorte qu’avant, pour obtenir 15 dans l’intérêt général des européens, elle en demandait 20 avant de se faire raboter par les états membres et/ou le parlement. Aujourd’hui, les études d’impact font qu’elle doit partir de 15 et diminue fortement son pouvoir dans les négociations au profit des états membres qui devront avaliser le projet via le Conseil de l’Union européenne.

    5. Si je partage votre analyse que le Parlement devrait naturellement disposer du droit d’initiative, je ne vous rejoins pas du tout dans les trois autres critiques.
    – Le parlement n’est pas que composé que de « politiciens sur le retour ». Si c’est surtout le cas pour la France, le reste de l’Europe fournit des députés d’excellentes factures : les députés allemands peu connus qui font des carrières au PE en sont de bons exemples. Les députés souverainistes étant tout le temps les premiers à tout critiquer et se montrer en plénière, mais les derniers à travailler et participer à l’élaboration législative en Commission.
    – « Le Parlement est inefficace parce que trop grand et multilingue ». Vous devriez parfois jeter un oeil aux travaux et débats en commissions du Parlement pour voir la qualité et l’efficacité du travail.
    – Enfin, le Parlement a de plus en plus de pouvoir. Il est normal, et un souverainiste devrait comprendre cela, que les états membres n’accordent pas du jour au lendemain toutes leurs prérogatives au Parlement. Mais l’évolution va vers un plus grand pouvoir au parlement et pas l’inverse (vote du budget, ratification des traités et accords de libre échange,…)

    6. Enfin, et là c’est plus subjectif, mais dire que l’UKIP et monsieur Farage sont respectables est un parti pris plus que critiquable.
    Comme dit plus haut, Monsieur Farage, payé 6.100 euros par mois pour son mandat, ne fait rien d’autre que prendre la parole pour critiquer tout ce qui bouge en plénière devant les caméras.
    S’il était vraiment aussi respectable que ce qu’il veut faire croire, il pourrait prendre part au travail de commission et essayer d’influer sur les propositions législatives dans le sens qu’il veut, surtout qu’il possède un groupe EFD de 35 députés. Après tous, l’extrême gauche y participe parfois et arrive et à faire passer certains de ses points en s’alliant aux Verts et au S&D. Farage pourrait trouver des points de convergences avec l’ALDE, l’ECR ou le PPE.
    Ensuite ses propos en dessous de la ceinture envers les Roumains et les Bulgares montrent bien à quel point, bien qu’il se réclame être « encore plus libéral que Thatcher », son libéralisme à géométrie variable fait pour plaire à la fois au trader City et au chômeur de Manchester n’est qu’une vaste fumisterie.

    • « 3. Si vous évoquiez le Conseil de l’Union européenne, celui-ci est composé des exécutifs de gouvernements des états membres qui sortent des urnes nationales (moins directement que les parlements mais la responsabilité de l’exécutif devant le parlement est ancré dans les états membres qui composent ce conseil). Dire donc que le Conseil de l’Union européenne est non-élu est donc faux. »

      1 pays = 1 voix et il faut l’unanimité pour bouger. Trouver ça démocratique est une farce.

      « le pouvoir de la Commission s’est fortement effrité depuis que les Anglais ont obtenu il y a une dizaine d’années de cela que toute initiative législative de la Commission soit accompagnée d’une étude d’impact. »

      Donc grâce à l’eurocepticisme anglais on a obtenu quelque chose de plus démocratique… Poursuivez, vous êtes sur la bonne voie!

      « dire que l’UKIP et monsieur Farage sont respectables est un parti pris plus que critiquable. »

      aaaaahhh! Nous y voila. Et les propos sur les roumains & cie… Long verbiage pour en arriver au seul point dur. Est-ce qu’il n’est jamais arrivé à de gentils hommes politiques, parfois ministres voire même premier ministre de tenir des propos déplacés envers d’autres pays? Vraiment?

      Dans le monde prémâché, aseptisé, ou l’on risque le carton rouge : Au mieux « populiste » au pire « raciste » dès qu’on dit du mal de la gentille UE, que peut-il arriver à un type qui ose prétendre que dans l’histoire aucune construction politique et/ou monétaire supranationale n’a fonctionné, que l’immigration de masse des 40 dernières années a bousculé bien des équilibres culturels et sociétaux et que ce n’est pas un modèle social fondé sur des impôts toujours plus lourds qui viendront en aide aux plus en difficulté et pour finir que l réchauffement climatique est une escroquerie en bande organisée afin de détourner de l’argent public? ….

      Ha oui il est pas très bisou socialiste le discours de Farage. J’admets qu’il est régulièrement obligé de faire le ménage dans son parti, mais il faut voir à quoi il s’attaque : Toutes les idées mortifères que les tenants de la bien-pensance nous bourrent le crâne depuis 30 ans. Pas étonnant dans ce cas qu’il ait (aussi) attiré quelques zozos.

      • 3. 1 pays = 1 voix, vraiment?
        http://europa.eu/legislation_summaries/glossary/weighting_votes_council_fr.htm

        Pour l’unanimité, elle n’est plus nécessaire dans beaucoup de matière avec la majorité qualifiée décrite dans le lien ci-dessus.

        Les études d’impact n’ont pas rendu la Commission plus démocratique : elles l’ont rendue plus technocratique (les technocrates de Bruxelles si chers à Rupert Murdoch et au Sun) et moins politique, et indirectement plus soumise aux états membres.

        Je ne fais que critiquer le poids des états membres dans le processus décisionnel actuel, ce qui n’a rien à voir avec le caractère démocratique du Conseil. Si l’UE est immobile, c’est parce que le carré institutionnel penche trop vers les deux conseils.

        Je n’ai jamais dit que les propos de Farage étaient pires que « le bruit et les odeurs » de Chirac, que « les Roms ont vocations à rentrer en Roumanie » de Valls, …. La liste est aussi longue que nauséabonde et je n’ai strictement aucune sympathie ni pour les socialistes, ni pour l’UMP.

        Quant au reste, c’est presque aussi caricatural que les arguments euro-bisounours de la paix, erasmus et blablabla.

        La liberté de circulation des marchandises, des capitaux, des services et des personnes sont indissociables. C’est une des seules phrases intelligentes qu’ai prononcé Barroso pendant tout son mandat après le référendum suisse (sur ce même référendum, je vous conseille ce graphique http://www.martingrandjean.ch/suisse-la-votation-sur-limmigration-en-un-graphique/).

        Je ne vois pas pourquoi les entreprises anglaises pourraient bénéficier d’un marché de 500 millions de consommateurs sans accepter d’accueillir des travailleurs migrants (ou des profiteurs qui choisissent le meilleur système de sécurité sociale à la carte si vous préférez).

        Bref, j’ai du mal à comprendre le fondement moral selon lequel des capitaux ou des biens seraient plus libres de circuler que des êtres humains?

        Et si vous êtes contre la libre circulation des capitaux ou des biens, on peut toujours revenir dans les années 30.

        Bref, dire que parce qu’aucune construction politique et/ou monétaire n’a jamais marché l’UE est vouée à disparaître, c’est faire preuve d’un joli défaitisme sous couvert de réalisme. Il faut laisser du temps au temps.

        • Youpi l’unanimité n’est plus nécessaire, comme ça on peut carrément mettre un pays entier en minorité.

          Si l’UE est immobile, (et vu le caractère totalitaire du bidule, c’est tjs ça de gagné), c’est parce que c’est trop gros, on veut englober tout et n’importe quoi.

          Il a fallu 30 ans à la RFA pour absorber la réunification, et il y a encore des disparités énormes.

          Donc on attend 2035 pour digérer l’UE à 25, 2040 pour l’UE à 27 et 2045 pour l’UE à 28 ?
          Et on propose ça comme projet aux Européens qui en bavent avec les crises successives (dont une bonne partie est due aux carcans de l’UE) : trimez braves petits soldats, dans plusieurs décennies les slovaques auront le même niveau de vie que vous.

          Et puis la question, on est trop faible tout seul, c’est un peu limite, on faisait l’UE avec juste FR, DE, IT et GB ça faisait déjà les 3/4 du boulot avec 100 fois moins de problème.

          C’est pas du défaitisme, c’est juste tenir compte de la réalité pour éviter de prendre le mur en pleine poire.
          Le grand bon en avant c’était très optimiste, ça a marché moyen.

          • Oh oui ça a marché plus que moyen. Oui l’UE est trop grosse et on peut aussi avancer petit à petit par coopération renforcée.

            2045 pour une UE à 28 intégrée, ça me paraît pas mal voire même assez optimiste.
            FR, DE, IT et GB ça ne me paraît pas être tout seul? Et c’est un fait que ces pays pris séparément vont perdre leur poids économique à l’échelle internationale dans les décennies à venir.

            Pour les Slovaques, c’est certain qu’il ne faut pas voir l’intégration européenne comme un nivellement par le bas. Et c’est ce qu’on est en train de faire en ne tenant en essayant de redevenir compétitif via les salaires. La délocalisation n’est qu’un pas vers l’automatisation et si on joue la bataille de la compétitivité salariale plutôt que celle de l’innovation et la valeur ajoutée, on est mort.

            Quoiqu’il en soit, je veux rester optimiste sur le fait que l’Union doit être, à l’instar du capitalisme, une machine à inclure et pas exclure. Un noyau dur riche contre une périphérie pauvre, ça ne mènera à rien., tout comme un capitalisme qui ne profite qu’aux pays riches

            • on pourrait, il faudrait, yaka…

              La seule et cruelle réalité c’est que cette construction se fait sur le dos des peuples : Ne me citez pas les quelques bienfaits, je sais bien qu’il y en a.

              L’UE est à un stade crépusculaire, point.

              Sur la libre circulation : Farage, moi ou comme d’autres « souverainistes » on se contrefout des flux migratoires intra-européens. Mais expliquez aux italiens qu’il faut accueillir tout le monde qui s’échouent à Lampedusa! C’est comme l’europe des projets.. En quoi on a besoin d’un grand machin technocratique alors qu’Airbus, Ariane et même Erasmus sont le fruits de collaborations étrangères à l’UE?

              cdlt

              • Mouais, j’ai quand même envie de m’accrocher à voir le verre d’eau à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

                Ca fait plaisir d’échanger avec des souverainistes (subsidiaristes me paraît plus approprié) qui ont des arguments et une véritable logique, parce que les yaka revenir au franc et fermer la frontière, ça fatigue à la longue.

                Mais j’ai quand-même toujours du mal avec Farage et ses amis UKIP après les avoir écouté plusieurs fois au PE. D’ailleurs, les Roumains et Bulgares qui viennent en Angleterre, ce sont des flux migratoires intra-européens (et les Roumains ne sont pas que des gitans sous-développés il y a aussi pas mal de médecins et autres travailleurs assez qualifiés). Lampedusa c’est un autre débat bien trop long.

                • Subsidiariste en effet. Difficile d’aimer Contrepoints et voter Dupont-Aignan ou FN…

                  L’entrée dans l’UE de la Bulgarie ou de la Roumanie montre les limites de l’UE car c’est bien le signe qu’il n’y a plus d’autre projet que d’être les plus nombreux possible.

                  Ecoutez les politiques surtout pro-européens : Il nous parle de convergences en toutes sortes mais c’est le contraire qui se produit : La création de l’euro impliquait une bien plus étroite convergence fiscale et surtout le transfert des compétences budgétaire et économique incluant le droit du travail et du système social avec… Presque tout en fait!

                  C’était envisageable à 6… Et encore? Avec des « si »… Désormais je n’y crois plus un seul instant : J’ai même peur que dans sa chute l’euro n’emporte avec lui les bons points que je reconnais à l’UE.

                  Cdlt

        • simple-touriste
          30 mai 2014 at 7 h 15 min

          Bref, j’ai du mal à comprendre le fondement moral selon lequel des capitaux ou des biens seraient plus libres de circuler que des êtres humains?

          Bref, j’ai du mal à comprendre le fondement moral selon lequel des êtres humains devraient toujours être aussi libres de circuler que des capitaux ou des biens?

      • « 1 pays = 1 voix et il faut l’unanimité pour bouger. Trouver ça démocratique est une farce. »

        Question: vous ëtes contre ou pour une diminution duy pouvoir de Bruxelles? Car les souverainistes ne peuvent qu’ëtre pour le principe un Etat, un vote.

        • heu … les souverainistes sont clairement pour le principe d’un droit de veto de chaque pays pour ce qui le concerne ; et si tous les autres sont d’accord, et bien ils font entre eux ce pour quoi ils sont d’accord, mais SANS le pays qui est contre.

    • Ah la fameuse critique sur les vilains eurosceptiques au Parlement qui ne travaillent pas et font rien qu’à embêter les autres gentils élèves.

      On croit rêver, c’est quoi le boulot d’un eurosceptique (qui considère donc que tel ou tel débat ne doit pas se situer au niveau UE) dans un Parlement UE qui entend s’occuper de tout sur tout ?

    • WOW

      Quelqu’un d’intéligent sur Cointrepoints. Incroyable.

    • je n’ai qu’une chose à te répondre, il s’agit de tes droits, ceux qui garantissent ta liberté.

      Article trois de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :

      « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »

      Il n’existe pas de nation Européenne. L’Europe n’est qu’un syndic censé faire fonctinner un partenariat. Il a évolué en volant la souveraineté des peuples contre la promesse de constituer une nation qui n’est qu’une Chimère. L’Europe, est sur le plan des libertés fondamentales est un crime. La loi a été volée aux peuples et les peuples ont décidé clairement d’aller la récupérer.

      AU cas ou tu n’aurais pas compris ce qu’il se passe, je t’invite à écouter la déclaration de Marine Le Pen qui représente aujourd’hui la voix la plus légitime pour représenter le peuple français sur cette question. Cette déclaration est extraordinairement bien construite, pensée et relève d’une extrême maitrise des fondements juridiques de nos démocraties.

    • Vous connaissez sans nul doute les internes de ces institutions.
      Ceci n’empêchant pas votre parti-pris …
      Oser parler d’efficacité à propos de ces institutions ?
      En êtes-vous un des fonctionnaire ou affidés ?

      Vous me faites songer aux rodomontades d’un J-D GIULIANI, ce vertueux président de la Fondation Robert Schumann, commentateur régulier sur l’Europe là où Cdansl’air de Calvi veut débattre de ce sujet controversé.

    • Merci d’avoir rectifier les erreurs multiples de ce président de l’UDC. On ne peut lui en vouloir…Mais on doit aussi s’inquièter de ce que connait le citoyen européen de l’Union. Pour les français c’est une catastrophe car non seulement les candidats mentent ( ou ignorent), mais meme ceux ont mission d’informer depuis les ministères ne savent meme pas la base sur le fonctionnement de l’Union. Ce qui m’amène à penser que nous avons peu de chance en France d’avoir de bons reprèsentants , meme si certains imagine que quelques stages à Bruxelles leur ont èclairé l’esprit. La Commission ce n’est pas une adminstration à la française, et c’est pour cela que ça marche malgré les pires mèprises du Conseil, qui agit souvent plus dans une vison nationale, voir èlectoraliste , qu’européenne. Si l’Union semble ètre un problème, c’est tout simplement que l’onà jamais tenter de faire dèbattre des fonctionnaires européens devant leur dètracteurs. Et pourquoi ? Car les peuples souhaiteraient aussi connaitre ses eurocrates non èlus. Et bien non , car à la diffèrence des èlus, les fonctionnaires européens ne mentent pas et surtout savent presque tout, et donc peuvent dèmonter toute argumentation basée sur des dogmes. La mathèmatique n’est pas une question d’opinion, et c’est bien la difference entre ceux qui connaissent les problèmatiques et ceux qui cherchent deserpèrement à les cacher, car contraire à leur dogmes….

  • Attention que la NV-A belge n’est pas un parti antieuropeen! Ce sont des liberaux « separatiste » qui pensent ou veulent une separation de la belgique mais dans une europe forte!

  • Allélouia, enfin un article qui ne crache pas sur le Front national et qui s’attaque au fond.

    Je pense que c’est juste le point dé démarrage d’une machine qui se terminera certainement dans la rue.

    L’Europe pose un problème fondamental sur nos libertés individuelles. Tout notre édifice politique est fondé depuis 200 ans sur le fait que la souveraineté appartient à la Nation et que par la même, la loi n’a de légitimité que parce qu’elle est le fruit de cette nation.

    C’est d’ailleurs un point si important qu’elle fait l’objet d’un article de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. L’article trois stipule : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »

    Sauf à donner constituer une nation Européenne et lui rendre sa souveraineté, l’existence même de l’Europe est une violation flagrante des droits et libertés fondamentales des citoyens.

    En 1992, c’est contre la promesse de créer cette nation que les peuples ont consenti d’abandonner le droit de se gouverner. 23 ans plus tard, le résultat est une ruine. Loin de confier leur souveraineté à une nation Européenne, les peuples ont donné la loi à une bureaucratie qui s’en est emparée et la vendent.

    Face à un bâteau qui prend l’eau, les bureaucrates sont en train d’utiliser cette loi, qui ne leur appartient pas à des fins claires d’oppression. EN grèce, on vire des gouvernements légitimes parce qu’ils souhaitent consulter leurs peuples avant de leur imposer un plan qui n’a d’autre objet que de combler un trou laissé par une mauvaise gestion de la BCE. EN Italie on vire un premier ministre parce que sa gueule ne revient à personne. A Chypre on vole les épargnants en les insultant etc …

    Partout les libertés recule et l’Europe n’hésite pas à utiliser la loi à des fins d’oppression dès lors que ses propres insuffisances menacent jusqu’à son existence.

    Pourtant dans les fondements même des principes fondateurs de nos libertés et de lnos démocratie, le pouvoir de Bruxelles est illégal. Il n’avait été consenti que dans la promesse d’une transition qui s’est avéré un mensonge.

    La souveraineté ne peut exister que dans la nation, sans quoi la liberté disparait puisque la loi cesse d’appartenir au peuple pour ne servir que les intérêts d’une poignée qui la font.

    Sur le plan du droit ce qu’il se passe est extrêmement grave. La situation juridique de l’Europe est un danger pour le continent et pour la paix.

    Je trouve que tant le Front National que l’UKIP apportent véritablement une problématique claire et juste.

    • Oui c’est une manière de voir les choses et heureusement que certaines personnes essaient encore de comprendre les électeurs FN plutôt que les diaboliser (si quelqu’un à besoin de vomir http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/05/26/pour-un-gouvernement-d-union-nationale_4426361_3232.html)

      La nation est un concept clé de nos fondements démocratiques. Toutefois je pense que cette déclaration qui a été écrite en 1789 n’est plus adaptée à la réalité d’aujourd’hui. A l’époque, la nation a été le dénominateur commun d’un peuple qui s’affranchit de la tyrannie aristocratique ou féodale.

      Aujourd’hui il y a d’autres formes de tyrannie, mais je ne pense pas qu’opposer la nation légitime à la tyrannie de Bruxelles soit une véritable solution au problème, car pour moi les principales tyrannies sont ailleurs.

      Là première et vous l’avez bien évoquée est celle des fonctionnaires et des politiciens professionnels qui n’ont pour but que de se faire élire et ne représentent plus personne. L’UMP et le PS connaissent une vraie faillite démocratique et c’est comme ça presque partout en Europe (le livre « contre les élections » de David van Reybrouck explique bien ce phénomène).
      Il ne faut donc plus confondre particratie et démocratie, et les solutions que Van Reybrouck proposent sont pas mal (par exemple le G1000 en Belgique)

      L’autre tyrannie, qui est liée à la première, et au risque de me faire des ennemis ici, c’est le capitalisme de connivence et la mainmise de certaines multinationales (je serais friand de l’avis de Contrepoints sur l’Investor-State dispute settlement prévu par le TTIP, de lobbying opaque et du pantouflage ou revolving doors ou dans une moindre mesure sur le déplafonnement du financement des partis aux USA).

      Si je suis d’accord que l’UE ne peut pas faire grand chose contre la bureaucratie qui enfle et la particratie, je pense qu’elle est beaucoup plus intéressante pour apporter une réponse groupée d’un marché de 500 millions de personnes, même avec une ébauche de démocratie, aux abus de certaines MNC.

      Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : toutes les multinationales ne sont pas nécessairement mauvaises. Mais j’ai plus que l’impression que la capture réglementaire actuelle permet à certaines de conserver une sorte de rente illégitime qui va à l’encontre de l’innovation et de la destruction créatrice, seuls vecteurs de la croissance de notre prospérité à tous.

      • Je ne suis pas en désaccord avec votre propos mais relisez le post de Binitials : Vous n’y répondez pas.

        Tant que les missions de l’UE ne sont pas clairement établies, elle imposera des choses plus ou moins utiles, produira de la bureaucratie et légiférera sur le volume des chasse d’eau…

        La vérité est que tant que l’UE n’aura pas la charge de la défense, de la diplomatie et de la justice, transfert de souveraineté qui ne sera JAMAIS fait, l’UE ira immanquablement mettre son nez dans des broutilles. Voyez comment l’Allemagne et la France, rien qu’elles, ne se mettent pas d’accord en Libye, sur l’Ukraine, la Syrie et plus gravement dans le passé sur les Balkans. Quid de l’OTAN?? Pourquoi tous les pays de l’UE en font encore partie et même en font partie des pays avant de déclarer leur candidature à l’entrée dans l’UE? C’est quand même fou quand on prend un peu de recul…

        Bon nombre de libéraux fédéralistes feraient de sérieuses objections à Binitials : Hélas c’est faire table rase du passé un peu trop vite et d’exiger des peuples de changer leurs habitudes ce qui génère automatiquement une suspicion pas toujours fondée conduisant à la croyance que les citoyens d’une nation perde le contrôle de leur avenir.

        Finalement, 50 ans après le début de la construction européenne entamée quelques années après la seconde guerre mondiale, la fenêtre de tir pour fonder un fédéralisme européen se ferme : Il ne reste presque plus personne pour témoigner directement autour d’elle des conséquences néfastes du nationalisme et du repli sur soi des années 30. Cette fenêtre se fermant en même temps qu’une crise gravissime des sociale-démocraties alors qu’il y a des raisons objectives de penser qu’aucun risque de guerre n’est pensable entre pays européen, je pense naturel qu’émerge l’idée d’abandon de l’UE.

        Cdlt

        • twitter_catoneo
          28 mai 2014 at 22 h 24 min

          La question PECO/OTAN est un vaste sujet. A grands traits :
          Les pays échappés de l’orbite russe ne pouvaient pas rester en suspension indéfinie au plan de leur sécurité. La défense européenne, bien qu’elle existât alors, n’avait aucune consistance ni crédibilité. Elle était portée par la France, pays socialo-communiste, souvenons-nous. Les PECO libérés se sont donc arrimés au môle dur de l’OTAN sans avoir besoin d’y réfléchir.

          La défense européenne est plombée aujourd’hui par le refus de ces mêmes pays de payer deux fois, l’une pour l’OTAN dont l’agressivité dialectique leur convient, l’autre pour une défense franco-européenne sur laquelle les pays d’Europe occidentale sont eux-mêmes très réticents.
          L’UE dont la mollesse diplomatique va devenir proverbiale se résume pour eux à des crédits de développement. L’OTAN, c’est la sûreté, tant que les USA l’endosse.

          La défense européenne n’a aucun avenir à vue de deux générations. On a loupé la CED.

          • Je jette rapidement une idée : Au fond plutôt d’accepter la réunification de l’Allemagne en conférant le Mark à la France et à ses voisins en contrepartie, Mitterrand n’aurait-il pas du négocier avec Helmut Kohl la création de la CED?

            On présente souvent la période 79-89 comme la décennie perdue pour la construction européenne au cours de laquelle l’acte unique et les décisions préalables au traité de Maastricht ont tenté de palier un vide, je me demande si l’initiative loupée qu’est l’euro ne masquait pas une autre erreur tactique de fond : On fait l’euro en pensant naïvement que l’intendance va suivre au lieu de continuer à construire concrètement touche après touche ce qui fonde un état (fédéral ou pas).

            Il faut quand même se dire qu’avec une CED en place juste avant la guerre civile yougoslave, le cours de l’histoire européenne aurait pu être potentiellement très différent…

            • L’épine était la force de dissuasion nucléaire, alors en pleine puissance (Albion, Plutons,etc…). L’Allemagne était sous parapluie atomique américain. La France, même battue en 1940, a toujours cherché à préserver son libre arbitre, ce qui lui a permis d’accumuler les conneries.
              Mais il est vrai qu’on aurait pu amorcer quelque chose de plus intégrateur que l’euro, d’autant qu’il existait déjà l’ECU dans les finances inter-étatiques.

              • J’ai du mal à vous suivre là : Dès lors qu’en 1960 la France était le seul pays autonome en matière d’arme atomique après les USA et l’URSS, étant entendu que l’UK disposait de bombes américaines avant et donc forcément sous conditions, la France disposait de moyens puissants pour amener la RFA sous son giron protecteur. La Vision gaullienne visait d’ailleurs à une alliance de l’atlantique à l’Oural se passant des américains et même des anglais, jugés trop américains, depuis que Churchill avait sorti à De Gaulle qu’entre l’Europe et l’Atlantique, il choisirait toujours l’Atlantique…

                Une fois ce rappel fait, j’avoie ne pas pouvoir reprocher à De Gaulle de ne pas avoir rapprocher la France et l’Allemagne sur des questions de défense : Le premier voulait être indépendant des américains, les seconds cherchaient la protection des américains contre les russes et le communisme! Pour moi, c’est seulement en 1990 qu’on aurait pu parler de défense commune et d’harmoniser nos positions sur les questions de défense. Tout le monde est gentillement resté dans l’OTAN et on connaît la suite.

                Cdlt.

            • Duff, il ne peut exister d’état sans nation. ce n’est pas possible ! S’il n’y a personne à gouverner, il ne peut pas y avoir de gouvernement ! L’Europe s’est construite sur l’idée qu’un état pouvait créer une nation. Cela fait 22 ans et loin d’avoir rapproché les peuples on les a séparés et maintenant ils commencent à se détester ! On risque la guerre si l’on continue !

              C’est somme construire un immeuble sans fondation. Il s’effondrera tôt ou tard. Regarde les dettes ! Le continent est déjà presque ruiné. Nous n’avons plus aucune ressource pour continuer !

              Les deux seuls choix que nous avons, c’est de voir l’édifice s’effondrer et provoquer de gros dégats. Ou alors utiliser le peu de ressources qui nous restent pour démonter l’édifice afin qu’il ne tombe pas. Mais il faut le démonter ENSEMBLE.

        • hello Duff, je ne suis pas d’accord. Nos sociétés sont fondées sur le Principe que la loi représente la volonté générale.

          Sans Nation, il ne peut y avoir de volonté générale. Le peuple allemand, espagnol, français, italien etc ont des visions très différentes du monde et des façons de faire encore plus grande. La loi Européenne pour être démocratique doit incarner l’intérêt général Européen mais il n’existe pas.

          Même en matière de monnaie ça ne parche pas. Avec l’Euro on a tenté d’imposer un super DM à toute l’europe. Le résultat c’est la ruine de la plupart des pays. Alors on nous explique qu’il faut que ces pays changent. Mais quelle horreur ! On utilise maintenant la loi pour opprimer les peuples afin qu’ils deviennent tous sur le modèle allemand.

          C’est une folie. la loi m’appartient en démocratie, elle n’a pas à me contraindre à devenir allemand… Ca s’appelle de la tyrannie.

          Il existe l’intérêt général français, Espagnol, allemand, polonais, italien etc … Mais il n’existe pas d’intérêt général Européen.

          Au final la loi Européenne ne représente plus que l’intérêt des fonctionnaires qui la font et de quelques sociétés multinationales qui ont compris tout l’intérêt de pouvoir contraindre le marché au lieu de s’y adapter.

          Le résultat c’est une Europe ruinée et la haine entre les peuples qui commencent à monter. Exactement l’inverse que le projet rechercher. la seule réponse des institutions : il faut plus de pouvoir. QUand quelque chose ne marche pas, on le change, on ne l’encourage pas …

          Le fédéralisme Européen ne pourra jamais marcher parce qu’il n’existe pas de Nation Européenne. Après 22 ans d’Europe politique, un continent ruiné et la haine qui monte entre les peuples, il est peut être temps de se réveiller.

          •  » avec l’europe on a tenté d’imposer un super DM à toute l’europe , résultat , c’est la ruine de la plupart des pays …  »

            vous faites une interprètation erronée de la crise européenne, en chargeant sa monnaie de tous les maux : le problème n’est pas l’euro , le problème est sociologique : avoir voulu remplacer les emplois du primaire et du secondaire par des emplois fictifs de buro dans le tertiaire . comme par hazard , l’allemagne, qui a conservé un secteur secondaire fort ( et pour le primaire , elle est en train de nous tailler des croupière … ) s’accomode trés bien d’une monnaie forte .

      • Je regrette d’avoir loupé ces réponses !!! Ce fil est extrêmement intéressant.

        Nous sommes entièrement d’accord. J’insiste toutefois sur le principe d’une nation. S’il n’existe pas de nation qui est souverain ?

        Un gouvernement quel qu’il soit conduit la loi au nom de la nation. Bien qu’imparfaite en général les règles de séparation des pouvoirs s’assurent que l’ordre qui vient est conforme à la volonté générale de la nation

        Grosso modo, c’est la nation qui élit ses représentants et si ce qu’ils font ne te correspondent pas, tu peux les sortir par ton vote.

        Le gouvernement appartient à la nation.

        Le problème dans le cas de l’Europe c’est qu’il n’existe pas de nation EUropéenne. Nous avons vécu dans un délire qui consistait à penser qu’en créant l’état, la nation apparaitrait. 22 ans plus tard, nous avons un gouvernement Européen mais il n’y a aucune nation Européenne.

        La conséquence c’est qu’au niveau Européen, il n’y a que des fonctionnaires qui font la loi et qui ne sont responsables de rien et ils la partagent avec leurs réseaux. Ils imposent ensuite leur volonté par le relai des états qui sont devenus les chevilles ouvrières de l’Europe. Nous avons créé une tyrannie Européenne.

        Il ne peut pas y avoir de volonté générale Européenne car il n’y a pas de nation Européenne. Et au final en guise de volonté Générale Européenne nous avons la volonté des fonctionnaires et de leurs amis. Et ils ont un pouvoir sans contrôle qu’ils imposent à des peuples impuissants.

        Car tu peux virer ton gouvernement national mais celui ci ou un autre ne sera jamais que le bras armé d’une volonté qui te dépasse et te dépassera toujours.

        Il faut démanteler l’ouvrage. la seule Europe qui marche c’est celle de la coopération entre nations libres. C’est celle de la liberté d’entreprendre et des projets transfrontaliers. Nous n’avons pas besoin pour cela de confier le pouvoir de faire la loi à des fonctionnaires européens.

        Il ne peut pas exister de souveraineté sans nation. ca aboutit immanquablement à une privation des libertés. Je pense que les droits de l’homme au contraire sont vraiment d’actualité.

    • Entièrement d’accord.

    • Non, Binitial, l’Europe n’attaque personne : c’est un club, dont les membres déterminent ensemble des règles, et si un membre n’est pas content, la sortie est à sa disposition.

      Arrêtez de vous sentir piégés par l’UE : elle n’est pas plus agressive que votre club de sport qui, lui aussi, a des règles à respecter, approuvées en Assemblée Générale, et dont vous ne pouvez prétendre que cela altère votre liberté.

      • Vous vous trompez, ils ne fixent pas les règles … Il votent la loi, c’est très différent. Et ils la votent sans représenter quiconque. Selon leur seule vision, intérêt et humeur.

        Celà s’appelle de la tyrannie. Relisez Montesquieu !

  • twitter_catoneo
    28 mai 2014 at 21 h 50 min

    Le succès du Front national impacte fortement le marché politique français. Au niveau du parlement européen, ce n’est qu’un sujet de conversation.
    Par contre, Cameron a maintenant le bras dans le piège à loup du référendum et rien n’est sûr, ce qui va brider les politiques européennes jusqu’à son résultat.
    On notera (personne n’en parle) les très faibles taux de participation des pays d’Europe centrale et orientale qui signalent que leurs peuples sont moins concernés par les enjeux communautaires et usent de l’Union comme d’un guichet. Ils sont plus imprégnés par l’OTAN.

    Sans doute analyse-t-on tout ça à la Chancellerie du Reich pendant la sélection d’un président de la Commission qui irait bien. Ce qu’en pense Paris est de moindre intérêt.

  • Où avez-vous été chercher qu’en Belgique, les eurosceptiques seraient en tête ????

  • avant de parlé de politique il faut savoir de quoi on parle , le NVA belge est europhile , a propos UDC , CELA VEUT BIEN DIRE UNION DES CONS OU JE ME TROMPE ????????
    En parlant de cela , la votation a montré toute ces limites il y a quinze jours ( plus d’avion militaire pour le ciel suisse dans 4 ans , il faudra bien demandé de l’aide a l’Europe ??????? ) on attend que vous en parliez , j’espère que cela au moins vous connaissez .

  • Des libéraux à 9.8% en France ? L’Alternative, même pas membre de l’ADLE ? WTF !

  • Les commentaires sont fermés.

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