Libéralisme et individualisme

Le libéralisme n’oppose pas l’individualisme au collectif puisque sa réflexion porte sur la vie en collectivité.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Libéralisme et individualisme

Publié le 22 mai 2014
- A +

Par Vladimir Vodarevski.

liberalisme mondeLe libéralisme est généralement dénoncé pour son individualisme. Il privilégierait l’égoïsme au détriment du collectif. Pourtant, le libéralisme a pour objet la vie en société. Plus précisément, la vie dans une grande société, dans laquelle la plupart des gens ne se connaissent pas, mais doivent vivre ensemble, par opposition à la tribu, qui vit en autarcie (cf. par exemple Hayek, Droit, Législation et Liberté). L’idée du libéralisme est de vivre ensemble dans le respect d’autrui. Et c’est aussi l’idée que chacun est un être pensant et autonome, libre de ses choix.

La critique du libéralisme se base d’abord sur une opposition entre individualisme et collectivisme sans aucun fondement. D’autre part, elle confond collectivisme et dirigisme.

Les libéraux sont accusés de privilégier une approche égoïste de la société pour des raisons méthodologiques. En effet, ils privilégient l’individualisme méthodologique. Cette méthode consiste à commencer l’étude de la société par son élément de base, l’individu, comme on décortique les éléments en physique, chimie, ou biologie. Ce n’est pas une apologie de l’égoïsme. Cette méthode s’oppose au holisme, qui privilégie une approche globale. Par classes sociales par exemple. Notons que l’individualisme méthodologique permet de prendre en compte les influences de groupes sur chacun, tandis que le holisme réduit l’être humain à un stéréotype de groupe. Et qu’il est absurde de crier à l’égoïsme pour une question de méthodologie.

Le principe de liberté individuelle, défendu par les libéraux, est également critiqué comme favorisant l’égoïsme par rapport au collectif. C’est négliger le fait que le principe de liberté individuelle suppose de respecter la liberté… des autres. La première règle découlant du principe de liberté est celle de non agression : personne n’a le droit de contraindre quiconque par la force. Le libéralisme, c’est le respect des libertés, ce qui est la même chose que le respect de la liberté. En conséquence, une société libérale est une société de compromis permanent, chacun devant tenir compte d’autrui. Ce qui construit une société au plus proche de l’intérêt de tous. Mais chacun doit faire des efforts pour tenir compte des autres.

Ainsi, le libéralisme respecte l’intérêt collectif, en tant que compromis entre les intérêts de chacun. Dans ce cas, pourquoi le critiquer au nom de l’intérêt collectif ? La question est en fait celle de l’intérêt collectif en lui même. Qui doit en décider ? Les libéraux considèrent que chacun est libre de suivre ses intérêts, en tenant compte de ceux d’autrui. Ce qui aboutit à des compromis. Les anti-libéraux décrètent un intérêt collectif, qui doit s’imposer à tous. Ce n’est plus de l’intérêt collectif, mais du dirigisme. Frédéric Bastiat écrivait que « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » Aujourd’hui, l’État n’est-il pas devenu un lieu de rapport de force, où chaque lobby, association, et autres ONG essaie d’imposer sa volonté ? Et donc de diriger les gens ? Qu’est-ce que l’intérêt collectif pour les anti-libéraux, sinon l’intérêt décrété par une faction, un groupe, des dirigeants politiques, qui au final souhaitent diriger les gens ? Pour les libéraux, c’est l’ensemble des compromis entre chacun.

Le libéralisme se caractérise par une haute idée de l’être humain. C’est pourquoi il rejette le dirigisme. Chacun doit disposer de son libre arbitre, de son pouvoir de décision, de sa responsabilité. Ce qui est un idéal difficile à qui n’y est pas préparé. Alexis de Tocqueville souligne la difficulté à assumer sa liberté. Et comme on peut préférer l’asservissement, mais qui nous promet le bien être (voir à ce sujet ce superbe texte sur le site de l’Institut Coppet). Paradoxalement, cette tendance à demander une protection est considérée comme de l’individualisme par Alexis de Tocqueville. Ce que les anti-libéraux vénèrent comme l’opposé de l’individualisme, à savoir qu’un État dirige la société sous tous ses aspects, est considéré comme un encouragement à l’individualisme par Alexis de Tocqueville, pour qui ce système signifie que chacun peut chercher à protéger son propre avantage.

Ainsi, le libéralisme n’oppose pas l’individualisme au collectif. Il réfléchit à la vie en collectivité. Mais dans le respect de l’être humain, et non dans le dirigisme. Il n’y a pas de débat entre libéralisme et collectivisme, mais entre libéralisme et dirigisme. Entre l’idée que l’être humain doit être formaté et dirigé, et celle selon laquelle l’être humain est un être pensant, autonome, libre et responsable de ses actes.


Sur le web.

Voir les commentaires (17)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (17)
  • « La critique du libéralisme se base d’abord sur une opposition entre individualisme et collectivisme sans aucun fondement. D’autre part, elle confond collectivisme et dirigisme. »

    J’ai l’impression que vous confondez collectivité et collectivisme.

  • Pourquoi les libéraux râlent tous le temps ?

    On le voit bien, depuis que les libéraux existent, ils ne sont pas content du modèle de société.

    On peut prendre le socialisme en exemple. Un produit qui ne se vend pas, en principe, on essaye de changer un poil son image, ou sa façon de vendre.

    Un libéral, non. Ce grand cœur pur, cette intelligence affutée, ne s’embarrasse pas de fioritures marketing.

    Alors je vais vous dire, moi, mon sentiment de ce que devrait être un libéral de 2014.

    Un libéral de 2014, ne devrait plus parler du climat, qui ne regarde de toute façon que les pipo- escrologistes. (Fabius crétinus)

    Un libéral 2014, devrait commencer à apprendre à mentir et à dire ce que les gens veulent et attendent de lui: être rassuré, avoir du social, de la sécurité.

    Le libéral sait ! Oui, bon, c’est écrit dans les textes. Hélas, on a rarement l’occasion d’essayer pour de vrai.

    Alors, voilà mes petits agneaux, ras le bol de grogner sur la fatalité qui s’abat sur les libéraux. Utilisez votre intelligence pour obtenir le pouvoir. Après on pourra parler de social et de nouveau modèle économique.

    Pour le moment, c’est du vent, des mots, comme le PS.

    • « Un libéral 2014, devrait commencer à apprendre à mentir et à dire ce que les gens veulent et attendent de lui: être rassuré, avoir du social, de la sécurité. »

      Dans ce cas, ce n’est plus un libéral. Ce que toi tu préconises c’est exactement ce que les libéraux combattent.

      « Utilisez votre intelligence pour obtenir le pouvoir. »

      Tu n’as rien compris au film : le pouvoir n’intéresse pas les libéraux. Ce qu’ils désirent c’est instaurer une société libre et responsable, où le respect de la propriété en est la base.

      « Pour le moment, c’est du vent, des mots, comme le PS. »

      Il y a une différence incommensurable que tu n’as pas l’air de distinguer : le libéralisme ne promet rien et son but n’est pas de spolier les autres du fruit de leur travail sous prétexte de solidarité ou d’égalité.

      • Bien. You know what hermione granger ?

        1- je m’en tamponne
        2- c’est la même chose
        3- vous êtes une belle naïve

        Conclusion:
        Replongez vite dans vos livres: ils vont refroidir.
        Pendant ce temps les socialistes vont endetter vos enfants, et ce, sur plusieurs générations.

        Mdr, la beauté du libéralisme. C’est plus du nombrilisme ou du narcissisme que du libéralisme que vous me proposez.

      • Vous savez ce que l’on dit entre l’enfer et le paradis ?

        – l’enfer est parfois mieux, car au moins l’on peut négocier

        Si le libéralisme est le paradis, il n’apporte pas beaucoup de rêve ni de perspectives d’avenir. (Avec quoi, 2% de la population, c’est faible)
        Si le socialisme est l’enfer, et ce avec le capitalisme de connivence, il y a une part plus importante qui en profite.

        En fait la vertu, l’intelligence, le libéralisme sont d’une beauté dont vous ne saisissez pas l’ultime but:
        Servir l’humain. C’est un outil, ça doit servir. C’est pas pour le mettre dans une bibliothèque et se la péter sur les forums.

        Dans ce cas, laissons faire le PS, et continuons à lire des beaux livres. Ça dure depuis 300 ans. Bonne lecture.

  • « Pendant ce temps les socialistes vont endetter vos enfants, et ce, sur plusieurs générations. »

    Pas de soucis, mes enfants sont en Suisse.

    « Si le socialisme est l’enfer, et ce avec le capitalisme de connivence, il y a une part plus importante qui en profite. »

    Sans doute en fais-tu partie, grâce à ta subtile négociation.

    « C’est plus du nombrilisme ou du narcissisme que du libéralisme que vous me proposez. »

    Tu es libre de faire comme tu l’entends.

    « En fait la vertu, l’intelligence, le libéralisme sont d’une beauté dont vous ne saisissez pas l’ultime but:
    Servir l’humain. C’est un outil, ça doit servir. C’est pas pour le mettre dans une bibliothèque et se la péter sur les forums. »

    Outil dont tu te sers, sans nul doute aussi, pour contribuer largement à le répandre.

    « Dans ce cas, laissons faire le PS… »

    ça, je te fais confiance.

    • Ma réponse est bien entendu pour DUM

    • Nadège, je ne dirais pas que Dum a raison. Bon j’ai la même philosophie mais je ne dis pas que c’est ça être libéral aujourd’hui. Pour moi, c’est ma vision, ma manière de faire les choses, je ne suis pas pour combattre ni pour râler, nous avons la situation que nous méritons nous et nos aïeuls. Mais je comprends et respecte parfaitement que vous ayez envie de faire différemment. C’est votre choix, mais ne critiquez pas ou ne jugez pas celui des autres.
      Je vois 2 options pour faire émerger le libéralisme: la guerre ou l’Amour, c’est peut être simple, mais j’estime que vous êtes aussi intelligente que moi pour comprendre c’est 2 situations. La guerre, révolution… nous savons comment cela fonctionne, c’est les livres, l’Histoire mais l’Amour moi je ne sais pas, alors je me dis qu’il faut peut être essayer au moins une fois, ça sera plus long, mais moi j’ai envie d’essayer!

      • Hélas, vous voyez bien que l’amour est impossible. Même entre libéraux !

        Le problème est justement qu’à vouloir regarder les choses que d’un seul angle, on ne voit pas ce qu’il y a autour.

        Je ne me considère pas libéral, encore moins socialiste. Maintenant, vous ne proposez rien de pratique, d’utile. Vous critiquez, comparez, affichez la supériorité du libéralisme. Je dis bravo, c’est beau.

        Ça ne sert, strictement à rien. Pour le moment en tout cas.
        La raison est très simple: les gens ne vont pas vous comprendre.

        Donc, je confirme, vous êtes égoïste et narcissique.

        • C’etait pour Nadège. Bien entendu.
          Pour conclure:
          Je ne vais pas changer les libéraux, les socialistes vont continuer leur travail de destruction de l’humain.
          Pendant ce temps, des gens s’aiment devant le miroir.

          Miroir, miroir, qui est le plus beau et le plus intelligent ?

          Pas moi, c’est sur. Par contre je trouverais la porte de sortie le moment venu. En serez vous capable ?

        • @ Dum: Ah sauf la première et la dernière phrase j’aurais pu écrire la même chose.
          1) non tout est possible, sauf que rien ne change et que personne n’ecoute réellement, ou accepte les différences de l’autres dans les conversations même sur contrepoints.
          @ Nadège: Vous pourriez dire que si je ne défends pas mon point de vue c’est qu’au fond je n’y crois pas, ou que je l’affirme sans réfléchir et je conçois que vous le pensiez et que vous me dites que je suis fée clochette, pourquoi pas!
          Je sais simplement que mon point de vue est la vérité pour moi mais pas forcément pour les autres, je ne cherche à convaincre personne, si on me demande d’expliquer, je le fais, mais je ne défends quasi pas ce que je pense!

          2) on ne juge pas les autres, ou alors on émet une hypothèse de personnalité ( narcissique, paranoïaque, obsessionnelle et compulsive, état limite…).
          C’est le -isme, l’étiquette qui me semble dangereuse, moi je reste persuadée de la profondeur et de la bonté des âmes de chacun sur ce site et les attaques auront bon m’attrister, me désoler, je continuerais à être une croyante convaincue de l’existence de l’Amour!

  • Article intéressant. Dommage que l’auteur confonde égoïsme et individualisme, ainsi que collectivisme et collectivité.

    Pour ceux qui se demandent ce que doivent / proposent de faire les libertariens, je leur conseille de voter avec leurs pieds ou de regarder ce qui se fait dans des pays plus libres : Canada, Australie, NZ, Singapour, …

  • « La question est en fait celle de l’intérêt collectif en lui même. Qui doit en décider ?  »

    C’est plus constructif que d’affirmer que l’intérêt collectif ou général n’existe pas.

  • Merci pour ce texte intéressant, qui remet les bons mots sur les bons concepts.

    J’avais pour habitude de dire aux gens qu’ils confondent facilement « individualisme » avec « égoïsme collectiviste », je vais corriger et parler dorénavant d’égoïsme « dirigiste », qui en effet colle plus à la réalité.

  • Merci,Monsieur Vodareveski pour cet article judicieux.
    Mais les anti-libéraux ne comprendront jamais parce que ce qui les motive,c’est justement le refus de la liberté des autres.
    Il faut pourtant le redire,que le libéralisme n’est nullement contraire à une organisation rationnelle de la société non plus qu’à la philia sociale,au contraire.
    Mais,à propos de collectivisme, si on veut entendre par ce mot justement la tendance à la sociabilité, et à une certaine égalité, il est malheureux qu’il se traduise presque toujours en fin de compte,par du dirigisme totalitaire, où la collectivité ne trouve pas son compte.

  • ph11

    L’humanité étant faite d’éléments faits d’éléments dits « individus », de deux choses l’une : ou bien ces éléments (vivants) ont un coefficient positif(d’initiative,donc), donc quelque chose,comme voulait être le Tiers-Etat, ou bien ils ne sont rien, zéro.
    Une collectivité faite d’éléments nuls, que sera-t-elle, sinon zéro elle-même ?
    Ce que veut dire W. Vodarevski ,ne pas confondre est que le libéralisme et donc l’initiative individuel n’atant nullement contraire à la nature de la collectivité, c’est une erreur de la part de la critique,justement de le lui reprocher, la dite critique confondant ainsi l’existence de la collectivité avec un droit de celle-ci au dirigisme . C’est le dirigisme collectiviste que refuse le libéralisme, non la collectivité elle-même.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Damien Theillier.

Le bac de philo, c'est aujourd'hui. Chaque année, sont donnés au programme un certain nombre de notions ainsi qu’une liste d’auteurs académiques, de Platon à Sartre, pour résumer.

C’est un programme éclectique, qui laisse au professeur une grande marge de manœuvre pour faire les choix qui conviennent à son cours. La contrainte étant de fournir aux élèves un aperçu suffisamment complet des grandes écoles de pensée, afin qu’ils puissent traiter les sujets du bac sans faire de récitation, mais en exerçant leur... Poursuivre la lecture

1
Sauvegarder cet article

Imaginez. Victime d’un accident de bus, vous vous réveillez dans un monde où l’idéologie woke, c’est-à-dire progressiste et socialiste, a totalement triomphé.

C’est ce qui arrive à Michelangelo, le héros du premier roman de Michel Kelly-Gagnon, Base Type Null. Pour les amis de la liberté et les défenseurs des droits individuels, le nom de Michel Kelly-Gagnon n’est pas inconnu : avocat de formation, ancien chef du Conseil du Patronat du Québec, il est le dynamique président de l’Institut économique de Montréal, le plus important think t... Poursuivre la lecture

Par Llewellyn H. Rockwell Jr.

Le Mises Institute a été fondé en tant que centre de recherche basé sur des idées libérales classiques qui ont toujours fait l'objet de critiques : les idées de Mises et la tradition de pensée qu'il représente. Cela signifie que l'accent est mis sur l'école autrichienne d'économie et, en philosophie politique, sur la liberté individuelle et la nécessité d'empêcher l'État et ses intérêts de l'écraser, comme tous les États du monde sont enclins à le faire.

La première priorité d'un tel institut est de... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles