Le Venezuela arrête un défenseur des droits de l’homme

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Avec l’arrestation de Rodrigo Diamanti et deux raids de police sur des manifestations étudiantes, le régime de Nicolás Maduro sombre rapidement dans l’autoritarisme.

Par Juan Carlos Hidalgo. Traduction Alexis Vintray.

diamanti2Le 7 mai, les services secrets vénézuéliens (SEBIN) ont arrêté Rodrigo Diamanti, le président d’ “Un Mundo sin Mordaza”, une ONG qui promeut les droits de l’homme et la liberté d’expression dans le pays. Rodrigo Diamanti est aussi un ami du Cato Institute et a participé à la Cato University organisée au Venezuela en 2009.

Aucune charge n’a été retenue pour l’instant, même s’il reste visé par un mandat d’arrêt. Il y a deux semaines, il était à Caracas pour y organiser une nouvelle Cato University et prononcer un discours à la conférence de défense de la liberté organisée par le think tank Cedice. Mon collègue Ian Vásquez et moi-même avions pu alors lui parler ainsi qu’à d’autres amis vénézuéliens du mouvement étudiant qui a défait Hugo Chávez lors d’un référendum en 2007. Ils nous avaient dit combien le gouvernement persécutait de façon croissante les ONG. Tristement, nous avions noté que beaucoup des participants à la Cato University en 2009 avaient quitté le pays. Ceux qui restent et continuent à se battre contre un gouvernement de plus en plus autoritaire paient aujourd’hui le prix de leur juste combat.

De même, tôt ce matin, la garde nationale bolivarienne a violemment pris d’assaut deux camps dans le centre de Caracas où des étudiants avaient monté des manifestations continues contre le gouvernement de Maduro. Les autorités ont annoncé avoir arrêté 243 personnes. J’avais visité les deux camps et rencontré plusieurs étudiants sur place. Une d’entre eux, Maria Alejandra, âgée de 23 ans, m’a dit qu’elle était désormais visée par un mandat d’arrêt et se levait chaque matin en ne sachant pas si elle finirait la journée libre ou emprisonnée. Je n’ai pas réussi à la contacter aujourd’hui, ce qui me fait craindre qu’elle ait été arrêtée dans les raids.

Cette vague de violence survient alors que le gouvernement fait mine de tenir des négociations truquées avec une partie de l’opposition. Un sondage conduit hier par Datanálisis montrait que 78% des Vénézuéliens étaient pessimistes sur la situation du pays et que 59% considéraient que le président Nicolás Maduro faisait un mauvais travail. Clairement, plus la popularité du régime s’effondre, plus son autoritarisme augmente.


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