Le complot néolibéral

Ultralibéralisme Neolibéralisme Antilibéralisme (René Le Honzec/Contrepoints)

Le néolibéralisme est agité comme un chiffon rouge par tous les dirigistes.

Par Vladimir Vodarevski.

Ultralibéralisme Neolibéralisme Antilibéralisme (René Le Honzec/Contrepoints)Le terme néolibéralisme est né en août 1938, quand Walter Lippman a rassemblé à Paris 26 intellectuels européens pour une refondation du libéralisme. Depuis, le néolibéralisme est agité comme un chiffon rouge par tous les dirigistes qui stigmatisent ainsi ce qui n’est pas dirigiste. Le colloque de Lippman est parfois décrit comme un complot visant à appliquer un « ultra-libéralisme débridé » à travers le monde.

L’idée de complot est très marxiste. Cette idéologie n’hésitant pas à prôner la force, la « révolution », pour s’imposer. Ce que montre le colloque de Lippman c’est d’abord que le libéralisme était déjà faible en 1938. Ensuite, il n’y a pas vraiment eu d’application. Les échecs des politiques keynésiennes, dans les années 1970, et l’effondrement des économies socialistes de l’Est, ont fait que certains gouvernements se sont inspirés des thèses d’économistes libéraux. Ainsi en est-il de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. Mais le dirigisme n’a pas reculé, du moins en occident. Au contraire, les banques centrales détiennent aujourd’hui le pouvoir absolu sur les monnaies, et s’en servent pour mener des politiques économiques, qui ont conduit à la crise actuelle.

Mais, surtout, le colloque de Lippman enferme le libéralisme dans l’économie. Ce qui n’est pas son essence, son origine première. Par exemple, l’une des figures les plus connues de ce colloque, Friedrich August Hayek, est plus connu pour ses ouvrages La route de la servitude et son magnus opus Droit, législation et liberté que pour ses ouvrages d’économie, tels que Prix et production. Dans Droit, législation et liberté, Hayek tente de définir les principes d’une constitution qui garantirait la liberté à chacun. Il s’inscrit ainsi dans la lignée d’Alexis de Tocqueville, qui avec son ouvrage De la démocratie en Amérique s’interrogeait aussi sur la liberté, ou encore Benjamin Constant.

Les libéraux s’intéressent d’abord à la place de l’être humain dans la société, et à la promotion de son épanouissement. Comment organiser une société de façon telle que chacun soit libre, mène sa vie, et ait la possibilité de s’épanouir, qu’il utilise ou non cette possibilité.

Une telle réflexion est aujourd’hui absente. Elle serait pourtant utile. Aujourd’hui, l’État est devenu un état policier, au nom de la sûreté, ainsi que le terrain de jeu des lobbys, des associations et autres ONG qui veulent imposer leurs opinions. Une année, on considère qu’un troisième opérateur mobile est nécessaire pour les utilisateurs, une autre on condamne un quatrième opérateur malgré les bénéfices pour les usagers. Et comment faire cohabiter les adeptes de la doctrine sociale du genre avec ceux qui s’y opposent ? Faut-il imposer une doctrine sociale ? C’est là le domaine de réflexion du libéralisme.

Le libéralisme a aussi le mérite de remettre l’être humain au centre de la réflexion. Quels sont ses droits, et le rejet de l’oppression, sous toutes ses formes.

Un nouveau colloque de Lippman serait donc souhaitable. Un véritable colloque libéral, qui s’empare de tous les sujets de société. C’est ce que devraient faire les libéraux aujourd’hui, à travers internet. Le monde a besoin du libéralisme, il a besoin de retrouver l’esprit des Lumières.


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