Le complot néolibéral

Le néolibéralisme est agité comme un chiffon rouge par tous les dirigistes.

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Ultralibéralisme Neolibéralisme Antilibéralisme (René Le Honzec/Contrepoints)

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Le complot néolibéral

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 7 mai 2014
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Par Vladimir Vodarevski.

Ultralibéralisme Neolibéralisme Antilibéralisme (René Le Honzec/Contrepoints)Le terme néolibéralisme est né en août 1938, quand Walter Lippman a rassemblé à Paris 26 intellectuels européens pour une refondation du libéralisme. Depuis, le néolibéralisme est agité comme un chiffon rouge par tous les dirigistes qui stigmatisent ainsi ce qui n’est pas dirigiste. Le colloque de Lippman est parfois décrit comme un complot visant à appliquer un « ultra-libéralisme débridé » à travers le monde.

L’idée de complot est très marxiste. Cette idéologie n’hésitant pas à prôner la force, la « révolution », pour s’imposer. Ce que montre le colloque de Lippman c’est d’abord que le libéralisme était déjà faible en 1938. Ensuite, il n’y a pas vraiment eu d’application. Les échecs des politiques keynésiennes, dans les années 1970, et l’effondrement des économies socialistes de l’Est, ont fait que certains gouvernements se sont inspirés des thèses d’économistes libéraux. Ainsi en est-il de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. Mais le dirigisme n’a pas reculé, du moins en occident. Au contraire, les banques centrales détiennent aujourd’hui le pouvoir absolu sur les monnaies, et s’en servent pour mener des politiques économiques, qui ont conduit à la crise actuelle.

Mais, surtout, le colloque de Lippman enferme le libéralisme dans l’économie. Ce qui n’est pas son essence, son origine première. Par exemple, l’une des figures les plus connues de ce colloque, Friedrich August Hayek, est plus connu pour ses ouvrages La route de la servitude et son magnus opus Droit, législation et liberté que pour ses ouvrages d’économie, tels que Prix et production. Dans Droit, législation et liberté, Hayek tente de définir les principes d’une constitution qui garantirait la liberté à chacun. Il s’inscrit ainsi dans la lignée d’Alexis de Tocqueville, qui avec son ouvrage De la démocratie en Amérique s’interrogeait aussi sur la liberté, ou encore Benjamin Constant.

Les libéraux s’intéressent d’abord à la place de l’être humain dans la société, et à la promotion de son épanouissement. Comment organiser une société de façon telle que chacun soit libre, mène sa vie, et ait la possibilité de s’épanouir, qu’il utilise ou non cette possibilité.

Une telle réflexion est aujourd’hui absente. Elle serait pourtant utile. Aujourd’hui, l’État est devenu un état policier, au nom de la sûreté, ainsi que le terrain de jeu des lobbys, des associations et autres ONG qui veulent imposer leurs opinions. Une année, on considère qu’un troisième opérateur mobile est nécessaire pour les utilisateurs, une autre on condamne un quatrième opérateur malgré les bénéfices pour les usagers. Et comment faire cohabiter les adeptes de la doctrine sociale du genre avec ceux qui s’y opposent ? Faut-il imposer une doctrine sociale ? C’est là le domaine de réflexion du libéralisme.

Le libéralisme a aussi le mérite de remettre l’être humain au centre de la réflexion. Quels sont ses droits, et le rejet de l’oppression, sous toutes ses formes.

Un nouveau colloque de Lippman serait donc souhaitable. Un véritable colloque libéral, qui s’empare de tous les sujets de société. C’est ce que devraient faire les libéraux aujourd’hui, à travers internet. Le monde a besoin du libéralisme, il a besoin de retrouver l’esprit des Lumières.


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  • On joue sur les mots, mais de mon point de vue, les politiciens qui se qualifient de « libéraux » ou de « néo-libéraux » sont exactement ceux qui pratiquent le capitalisme de connivences.

  • Sans compter qu’au Canada libéral est utilisé sans distinction en anglais et en français alors qu’ils ont normalement des sens diamétralement opposé dans les deux langues.

    En fait personne je sais vraiment ce que veux dire néolibéral, c’est un mot avec émotion attaché mais sans véritable sens.

    • D’accord. C’est un peu comme le mot « démocratie » qui a changé de sens au cours de l’histoire.
      Aujourd’hui, tous les politiciens utilisent la démocratie comme mot fourre-tout simplement pour se draper d’une espèce de légitimité qui relève surtout de l’aliénation collective.
      http://www.youtube.com/watch?v=KVW5ogGDlts

    • « Dans le débat contemporain (il est vrai très controversé, sinon polémique depuis les années 1970), le terme « néo-libéral » est couramment utilisé par les courants critiques du libéralisme pour qualifier leurs adversaires. Il revêt généralement une connotation péjorative : les analystes désignés par ce terme refusent le plus souvent de s’y reconnaître. »

      source : http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9olib%C3%A9ralisme

      voir aussi : http://www.wikiberal.org/wiki/N%C3%A9olib%C3%A9ralisme

      • C’est simple, neo ça rappel neo-nazi, donc c’est moche et ça pue, et le pire c’est que neo ça veut dire nouveau, donc changement, et quand on connait la peur panique du français moyen face au changement, autant dire « Satan » en personne.

  • « on considère qu’un troisième opérateur mobile est nécessaire pour les utilisateurs »

    on considère qu’un quatrième opérateur mobile est nécessaire pour les utilisateurs

  • « Un nouveau colloque de Lippman serait donc souhaitable. Un véritable colloque libéral, qui s’empare de tous les sujets de société. C’est ce que devraient faire les libéraux aujourd’hui, à travers internet. Le monde a besoin du libéralisme, il a besoin de retrouver l’esprit des Lumières. »

    Entièrement d’accord.

  •  » remettre l’être humain au centre de la réflexion. Quels sont ses droits, et le rejet de l’oppression, sous toutes ses formes. »

    On ne peut être que d’accord, seulement les libéraux souhaitent que tout devienne privé et disent ensuite que le quidam qui est dans une propriété qui n’est pas la sienne n’a plus aucun droit alors que le propriétaire, lui ! A tous les droits !

    Que devient alors la liberté du quidam ?

    La sacralisation de la propriété privée s’oppose par essence à la notion de liberté dès lors qu’on ne résonne plus seulement au niveau de l’individu qui a les moyens de sa liberté.

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