Valls n’arrive pas à économiser mais Najat sait comment dépenser !

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Le rêve de Najat Vallaud-Belkacem est de multiplier les trucs « sensibles » ou « prioritaires », marqués d’un « Z » si possible.

Par Nicolas Nilsen.

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Dans un courrier adressé à un millier de maires, Najat Vallaud-Belkacem, la nouvelle ministre de la Ville, vient d’annoncer qu’elle allait « mettre le paquet » sur les zones sensibles urbaines. Au moment où Valls essaye désespérément de trouver 50 milliards d’économies sur les retraites, Najat Belkacem arrive elle à trouver 600 millions d’euros à dépenser… Ou plutôt ce ne sont pas exactement de « nouveaux crédits », mais plutôt une « orientation vers les zones sensibles » de 600 millions d’euros issus du programme d’investissement d’avenir (mais si, vous savez bien, les fameux PIA, ces magnifiques « investissements d’avenir » que le monde entier nous envie). Tout cela sera opérationnel… « d’ici 2020 ». Pourquoi 2020 ? Eh bien parce que c’est dans 6 ans et qu’il est plus facile à Najat de promettre à des échéances éloignées que de régler les problèmes aujourd’hui. Le changement c’est maintenant… plus tard. Quoi qu’il en soit, ces sommes vont s’ajouter au gouffre financier des grandioses politiques de la ville qui promettent toujours un avenir plus radieux pour demain…

Ça ne marche pas ? donc ça va gazer !

« Nous voulons aller plus vite et accélérer », a expliqué Najat Vallaud-Blekacem en annonçant ses 600 millions d’euros. « Fin mai, nous dévoilerons la liste des 1.300 quartiers cœurs de cible sur le critère unique des revenus par habitant. La réforme de la ville s’imposait, poursuit la ministre, maintenant, il s’agit de la mettre en œuvre. » La mettre en œuvre ? Ah bon ? Mais ça fait déjà trente ans qu’elle est en œuvre et que c’est un échec retentissant.

Citant l’ONZUS (l’observatoire national des ZUS – eh oui, ça existe) Najat Vallaud-Belkacem se fixe pour objectif de réduire de moitié en 5 ans l’écart de niveau d’emploi entre les « ZUS » – les zones urbaines sensibles – et le reste du territoire. Elle aurait aussi bien pu dire « réduire totalement dans un délai de 10 ans » mais non, elle a promis « la moitié à cinq ans ». N’allez pas chercher d’où elle sort ses chiffres ni comment elle le fera. Elle l’a promis, ça doit vous suffire. Sa collègue Ségolène elle aussi a « promis » 100.000 emplois en trois ans. Méfiez-vous quand les ministres sont atteints du syndrome de « l’objectif ». Vous savez ce que valent leurs promesses : en 2020, Najat aura dépensé votre argent mais elle sera partie et aura sans doute eu déjà trois ou quatre successeurs au ministère de la Ville.

La nouvelle ministre de la Ville vient aussi de dénoncer l’insuffisante « montée en charge » des emplois créés dans les ZUS. Mais si, vous savez, les fameux « emplois francs » du plan Ayrault (emplois subventionnés par le contribuable à hauteur de 5.000 euros pour l’embauche d’un jeune chômeur issu d’une ZUS). Le gouvernement avait prévu d’en financer 10.000 sur trois ans mais seuls 130 contrats auraient été signés au cours des dix premiers mois d’expérimentation. Donc vous voyez, une politique qui marche le feu de Dieu.

Ce qu’oublie de dire Najat Vallaud-Belkacem c’est tout simplement que toutes ces « politiques de la ville » sont un échec ruineux et une faillite retentissante.

ZEP, ZUS, PNRU, ZFU, ZRU, ONZUS etc.

Ça fait trente ans que ces « politiques de la ville » et ces « plans banlieues » ont été mis en place pour acheter la « paix sociale » à grands coup de milliards et avec les résultats que l’on sait. En 1983, ils ont inventé les ZEP (zones d’éducation prioritaires). Puis en 1990, ils créent un ministère de la Ville pour « faire du social avec de l’urbain » Yay ! En 1996, ils ont inventé les ZUS, (751 quartiers identifiés comme « zones urbaines sensibles »). Pour relancer l’emploi, ils ont ensuite inventé les ZFU (« zones franches urbaines ») pour cette fois « faire du social avec du foncier ». Puis les ZRU (« zones de redynamisation urbaine »). Ils ont aussi inventé le PNRU, le programme national de rénovation urbaine avec 40 milliards d’euros (quand on pense qu’aujourd’hui Valls a de la peine à en trouver 50). Cela représente près de la moitié des sommes allouées à la politique de la ville depuis 30 ans.

Trente ans après, il n’y a pas eu d’amélioration. Au contraire c’est de pire en pire. Seuls les acronymes se sont multipliés : ZEP, ZUS, ZFU, ONZUS, PNRU… Surtout de graves problèmes de gouvernance ont été soulevés par la Cour des comptes qui, dans un rapport de septembre 2012, soulignait que la plupart des objectifs de la politique de la ville n’ont pas été atteints. Donc un bel échec mais ce n’est pas grave : il n’y a plus d’argent pour financer les retraites mais Najat Vallaud-Belkacem vient d’arriver à la Ville et elle veut « aller plus vite et accélérer ». Yay ! Elle sait ce que sont les « investissements d’avenir » et débloque 600 millions.

Leur rêve : couvrir la France de ZUS et de ZSP

Parallèlement aux 751 ZUS (zones urbaines sensibles) qui abritent environ 7% de la population française, Najat Vallaud-Belkacem a annoncé qu’une nouvelle liste de 200 quartiers prioritaires sera dévoilée à la fin du mois de mai. Ces derniers bénéficieront d’un programme de rénovation urbaine, avec une enveloppe de 5 milliards d’euros… Ouf on est rassurés.

En fait leur rêve c’est de multiplier les trucs « sensibles » ou « prioritaires », en « Z » si possible : des ZUS (zones urbaines sensibles) et, pour la sécurité, des ZSP : les Zones de sécurité prioritaires. Plus d’une centaine de zones à insécurité prioritaire, je trouve que ça commence à faire un sacré nombre, non ?

Mais ils ne seront heureux que lorsqu’ils auront recouvert la France de leurs trucs en « Z ». Ils sont tragiques.

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