Manuel Valls arrive trop tard

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Manuel Valls arrive trop tard et va se heurter à une résistance acharnée de la part des tenants les plus enragés du statu quo.

Par Philippe Robert.

lapin-blancJe ne conteste pas à Manuel Valls une véritable volonté d’agir dans l’intérêt supérieur de la France et des Français. Je dis simplement que le réformateur qui s’est éveillé en lui arrive trop tard après deux années pleines de rêverie présidentielle brutalement interrompue, un certain 14 janvier 2014, par la force des réalités.

Car non seulement Manuel Valls arrive trop tard mais il va aussi et surtout se heurter de plein fouet, sous le prétexte mystificateur de justice sociale, à une résistance acharnée de la part des tenants les plus enragés du statu quo qui se pressent en rangs serrés tant au sein des syndicats que parmi ses propres amis.

Dans ces conditions, certes peu engageantes pour Manuel Valls, je ne vois qu’une alternative (et non plus une alternance avec rien ou quasiment la même chose en face) disposant de cent jours pour lancer les réformes structurelles qu’il n’est plus possible de différer et d’un bon quinquennat pour en assurer le succès.

“Le quinquennat s’ouvrira donc sur des réformes de structure, celles qui constitueront un redressement dans la justice, le redressement économique, la réforme fiscale, le pacte éducatif, la décentralisation. Nous traiterons aussi les urgences, l’emploi, et notamment l’emploi des jeunes, le logement,la santé”1 etc.

Cela, c’était hier dans la bouche de François Hollande. Qu’en est-il aujourd’hui ? L’état de la France n’autorisant plus aucune fantaisie ni délai dans la gestion de ses comptes publics gravement détériorés, c’est à Manuel Valls de reprendre, avec un lourd handicap de deux années perdues, le flambeau du Rêve français.

L’avenir immédiat va donc être ponctué de très importants mouvements de protestation auxquels il va falloir faire face sans aucune faiblesse; en toute honnêteté, je serais très étonné que le Premier ministre, comme tant d’autres avant lui, se laisse facilement intimider tant l’honneur de la France lui est chevillé au corps.

Mais ne nous leurrons pas tant il est vrai que l’économie de 50 milliards d’euros proposée par le chef de l’Etat et mise en oeuvre par Manuel Valls est insuffisante. Il faudrait plutôt évoquer le triple… Mais nombre de voix s’élèvent déjà pour dénoncer l’aggravation d’une austérité dont, pourtant, les Français n’ont encore rien vu.

  1. François Hollande, discours du Bourget en date du 22 janvier 2012.