3 idées reçues sur le capitalisme

Capitalisme (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence CC-BY 2.0)

Les progrès en matière de niveau de vie ont eu lieu grâce au développement du capitalisme.

Par Jeff Miron [*], depuis les États-Unis.

img contrepoints145 capitalismeSi vous regardez l’histoire du monde, la majeure partie des progrès en matière de niveau de vie a eu lieu parce que des entreprises privées ont créé de nouveaux produits, proposé de nouveaux emplois et généré des profits qui ont sorti les gens de la pauvreté et leur ont donné un bon niveau de vie en étant plus productifs. Nous pouvons faire encore mieux, et cela aura des effets bénéfiques partout dans le monde, si nous revenons sur les réglementations excessives et développons un système bien plus capitaliste.

J’aimerais vous parler de trois mythes à propos du capitalisme.

1. Être en faveur du capitalisme revient à la même chose qu’être pro-business

Rien n’est plus faux. L’objectif du capitalisme est de s’assurer que les entreprises s’affrontent au sein d’un jeu concurrentiel féroce, ce qui bénéficie aux consommateurs. Ce n’est pas bon pour les entreprises à proprement parler car elles doivent travailler très dur. Beaucoup d’entre elles l’ont compris et détestent le capitalisme. Elles essaient constamment d’obtenir de l’État des normes, des restrictions ou des règlementations en leur faveur, mais qui ne sont pas dans l’intérêt du consommateur. Donc défendre le capitalisme est bon pour le consommateur. C’est lui que nous essayons d’aider au final.

2. Le capitalisme génère une répartition inéquitable des revenus

Ce que fait le véritable capitalisme, c’est de récompenser les personnes productives. Celles qui ne comptent pas leurs heures de travail, celles qui ont beaucoup de talent, celles qui ont de bonnes idées sont largement récompensées avec le capitalisme ; celles qui refusent ce genre de choses perçoivent moins.

L’aspect qui peut préoccuper est que certaines personnes ont très peu de compétences. Elles ne sont pas capables de gagner suffisamment par elles-mêmes, et donc nombre de gens raisonnables soutiennent les programmes de redistributions pour lutter contre la pauvreté. Mais cela n’est pas une raison pour interférer avec le capitalisme, règlementer les prix, imposer des quotas ou toutes sortes de restrictions à l’encontre des entreprises. Ces interventions rendent l’économie moins productive, réduisent la taille du gâteau et rendent la vie plus dure pour ceux qui essaient d’aider les moins chanceux et les moins fortunés.

3. Le capitalisme est responsable de la récente crise financière et de la récession

C’est, encore une fois, l’exact opposé de la réalité. Tout d’abord, aucune personne honnête intellectuellement ne peut prétendre que nous avions un capitalisme débridé avant la crise, avant l’explosion des subprimes, avant tous les problèmes immobiliers. Nous avions beaucoup d’interventions publiques qui ont contribué à subventionner le risque, beaucoup d’interventions publiques qui ont encouragé à sur-investir dans l’immobilier.

Si on devait en tirer des leçons, il faudrait clairement dire qu’interférer avec le capitalisme génère des crises financières, des récessions, parce que ce que nous avons vécu était directement lié aux incitations à la prise de risque excessive et au sur-investissement immobilier, qui ont été créées par l’État. Le secteur privé a répondu à ces incitations, donc bien sûr le privé n’est pas totalement blanc dans cette affaire. Mais si l’on recherche la cause, cette crise vient de mauvaises politiques et non du secteur privé ou du capitalisme lui-même.

Plus important encore, quand l’État renfloue ceux qui ont pris des risques excessifs, il les encourage à recommencer dans le futur, et nous avons malheureusement continué dans cette direction avec le TARP (plan Paulson) et les politiques de la Réserve fédérale, qui ont aidé Wall Street et les preneurs de risque à ne pas payer le prix de leurs excès.

Pour en savoir plus, visitez www.learnliberty.org un projet de l’Institut des Études Humaines (IHS)


Sur le web. Traduction : Emmanuel Bourgerie, Contrepoints.

[*] Libertarien, Jeffrey Miron est professeur et directeur des études du premier cycle au département d’Économie de l’Université Harvard, ainsi que Senior Fellow au Cato Institute.