La France s’apprête-t-elle à changer de trajectoire ?

Virage libéral (crédits : René Le Honzec/Contrepoints, licence Creative Commons)

Points de vue américains : les Français semblent comprendre qu’il y a quelque chose qui ne va pas.

Par Daniel J. Mitchell, à l’occasion de son passage à Paris.

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Bonjour d’Obamaland !

france-road-showEn réalité, c’est faux, et pour deux raisons. Premièrement, je me trouve en fait en France. Et même s’il m’est arrivé de plaisanter qu’Obama veut transformer l’Amérique en France, la précision technique m’impose d’admettre que l’endroit où je suis est Paris, où j’ai participé le 2 avril à la dernière escale en date du Free Market Road Show. Deuxièmement, j’ai utilisé la blague « Obamaland » en écrivant il y a quelques jours sur ma visite en Grèce. Je ne devrais probablement pas surexploiter une telle béquille littéraire.

Une fois ces avertissements partagés, permettez moi de donner dans la poésie sur les problèmes du pays du vin, du fromage et de la semaine de travail de 35 heures. En fait, rien de poétique. Voyons ce qu’une ex-Française en dit. Véronique de Rugy de Mercatus, qui est née en France et s’est échappée aux États-Unis, a écrit un article avec ses observations sur la tourmente et les angoisses dans son pays d’origine.

« Un autre pays de l’Union Européenne glisse en silence dans le désespoir économique. Après des années de mauvaise gestion fiscale, la France se retrouve dans une situation réellement mauvaise. La France dépense plus pour son État que tout autre pays de la zone euro : 57% du PIB. Le chômage est à son maximum depuis 16 ans, à 11%, et un nombre effrayant de Français parmi les plus riches et les plus jeunes partent pour des environnements économiques plus favorables à l’étranger. Depuis la création de la zone euro en 1999, la France n’est parvenue qu’à un taux de croissance annuel de 0,8%. »

Les étatistes en France semblent penser que la bonne façon de résoudre cette crise est de redoubler d’étatisme.

« La réponse de l’État français à la croissance anémique et à un chômage plus élevé est de mettre le cap vers moins de liberté économique, et non pas plus. Le président François Hollande, du Parti Socialiste, refuse de tailler dans les dépenses sociales françaises, les plus hautes de toutes les économies développées, et a choisi de tailler mollement dans le déficit en augmentant les impôts et les taxes. »

L’étatisme de Hollande ne semble pas gagner beaucoup d’amis.

« L’engagement de Hollande en faveur d’un gros État ne lui a permis de gagner aucun ami. Les Français le classent comme le président le moins populaire de la Vème République, et les jeunes votent avec leurs pieds. D’après les données des consulats de France à Londres et à Édimbourg, le nombre de Français vivant à Londres se situe probablement entre 300.000 et 400.000. C’est plus qu’a Bordeaux, à Nantes ou à Strasbourg. »

Je connais une raison pour laquelle ils s’enfuient en courant.

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Affiche publicitaire pour McDonald’s – Métro parisien – Crédit photo : Daniel J. Mitchell (tout droit réservé)

Les impôts et taxes, les obligations, les règlementations rendent tout si cher qu’un sandwich McChicken, qui coûte 1 dollar aux États-Unis, coûte à peu près trois fois plus en Europe aux taux de changes actuels, comme vous pouvez le voir sur cette photo que j’ai prise dans le métro.

De toutes façons, les Français semblent comprendre que quelque chose ne va pas. Des centaines de milliers s’échappent aussi vite qu’ils le peuvent. Même le New York Times ne peut pas s’empêcher de le remarquer.

Et aux élections municipales récentes, le parti du président Hollande a bu la tasse. Voici un extrait de ce que le New York Times a écrit à ce sujet.

« Les électeurs français ont porté un coup au gouvernement de François Hollande dimanche, rejetant les candidats de gauche pour le poste de maire dans au moins 155 villes, tout en embrassant des candidats plus conservateurs. (…) Les socialistes ont perdu certains de leurs anciens bastions comme Toulouse et Limoges, ainsi que de nombreuses villes plus petites. (…) Les problèmes économiques ont fait porter une grande ombre sur les élections, tandis que les efforts de Hollande pour inverser la tendance ont montré peu de résultats. (…) Le chômage total en France à la fin de 2013 était de l’ordre de 11%. »

Il ne semble pas que les socialistes se portent si bien que ça. Et donc, cela signifie-t-il que Hollande va se faire jeter de son poste dans quelques années ? Peut-être, mais la vraie question est de savoir si ça ferait une différence. Il semble que les politiciens soi-disant de droite en France, et dans le reste de l’Europe, sont si ramollis et étatistes qu’ils font paraitre les Républicains américains comme des modèles d’hommes de principes.

Voici un extrait de ce que Véronique écrivait dans son article de Reason sur le prédécesseur de Hollande :

« Les données compilées par les groupes de surveillance de l’impôt et par les médias en 2012 montrent que, pendant le règne de Sarkozy, les contribuables ont été assujettis à 205 augmentations individuelles, y compris des taxes et accises sur les télévisions, le tabac, les boissons pétillantes light, des augmentations multiples de l’imposition du capital, et une augmentation de l’impôt sur la fortune. Sarkozy est aussi responsable d’avoir augmenté les taux d’imposition sur le revenu de la tranche maximum, de 40 à 41% en 2010, puis encore à 45% en 2012. »

En d’autres termes, Paul Krugman a raison d’écrire qu’il y a un complot contre la France. Mais il a tort de suggérer que des types comme moi prennent part à cette cabale. La vraie menace qui pèse sur la France, ce sont les politiciens français.


Sur le web. Traduction de l’anglais par Contrepoints.

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