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Google, ce monopole privé qui fait débat

Publié le 11 avril 2014
- A +

Par Marc-André Charguéraud.

Google

À la suite d’une conférence de presse de Google, les médias se sont fait l’écho des ambitions futuristes de la firme. Ils évoquent même l’arrivée d’une « intelligence artificielle »… d’ici quelques décennies et des problèmes existentiels que cela poserait. Il y a beaucoup plus urgent.

Récemment, le commissaire européen à la concurrence déclarait que Google contrôlait 90% des recherches « on line » en Europe. Aux États-Unis ce chiffre est de 70%.

On doit applaudir le génie de ses deux jeunes fondateurs qui ont su non seulement créer un nouveau concept, mais, ce qui est plus difficile encore, d’avoir en quinze ans réussi à écraser la concurrence. Avec des moyens financiers importants, des équipes aguerries et une expérience technique hors pair, Yahoo n’a que 5% des recherches « on line » et le géant Microsoft n’en a que 2,5%.

Un bénéfice net de $14 milliards et une trésorerie nette de $60 milliards donnent à Google, deuxième capitalisation boursière d’un montant qui frise les $400 milliards, une puissance financière sans égale. Google décide de lancer Android, un système d’exploitation pour téléphone mobile. En moins de cinq années, 70% des « smart phone » l’utilise. Et la liste de sa capacité d’innover s’allonge.

L’American Telegraph and Telephone Company (ATT) qui dominait le marché des télécommunications a été forcée de se diviser en plusieurs entités. Microsoft a été obligé d’ouvrir à la concurrence son navigateur « explorer ». Actuellement, l’achat de Time Warner Cable par Comcast pour $45 milliards est mis en question par l’État. Les deux géants du câble domineraient la télévision payante aux États-Unis.

Rien de tel pour Google et pourtant l’enjeu de la recherche en ligne dépasse très largement celui d’un outil aussi sophistiqué soit-il. Ici, il s’agit d’un service qui permet d’établir le profil de centaines de millions, voire de milliards de personnes. Un instrument hors pair pour la publicité ciblée, l’ambition de tout annonceur. Plus grave, l’information de la recherche peut être hiérarchisée, pire orientée. Cette incursion dans la vie privée est d’autant plus inacceptable qu’entre les mains de tiers, et surtout d’États, elle peut se révéler létale. Est-ce pour cela que les autorités américaines, les seules assez puissantes, se sont gardées d’intervenir ?


Sur le web.

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  • Bonjour
    Un monopole privé n’est pas un problème. Un concurrent peut entrer sur le marché
    Le problème c’est le monopole légal.
    Pour les informations privées, nous ne sommes pas obligé d’utiliser Google.

    • Tout à fait.

      • Exact, en Bourgogne, certains affichent meme « Monopole » sur leurs bouteilles et personne n’a jamais envisage de contraindre la Romanee-Conti a etre partagee par plusieurs producteurs…

    • Frederic GEORGES-TUDO
      11 avril 2014 at 11 h 30 min

      Tout à fait d’accord avec vous, gillib.

    • +1

      De manière plus générale, je trouve la qualité des articles publiés sur Contrepoints très inégales. À côté d’articles de haute volée, on trouve souvent des torchons, sans fond et sans style.

      Peut-être la rédac pourrait-elle mettre en place un système de « label de qualité » du genre « approuvé par la rédaction » afin de savoir quels articles valent la peine d’être lu. On pourrait aussi réfléchir à un système de notation des articles (et des commentaires) par les lecteurs.

    • simple-touriste
      12 avril 2014 at 1 h 03 min

      Un monopole privé peut être un problème s’il y a un effet de réseau qui interdit en pratique à un concurrent d’apparaître. C’est uniquement l’effet de réseau qui fait qu’un fs aussi merdique que FAT est encore utilisé. Pour les mémoire amovibles échangées il faut utiliser quelque chose que tout le monde peut lire, d’où FAT. La seule qualité de FAT est que tout le monde l’utilise.

      Il ne faut donc pas autoriser la privatisation des formats d’échange.

      Pour Google (le moteur de recherche), je ne vois pas où serait l’effet de réseau.

      Je peux bien utiliser Bing même si les autres autour de moi utilisent Google, sauf que je serais désavantagé parce que Bing est un moteur tout juste potable alors que Google est plus fin.

      • Bah FAT est facile à implémenter, spécialement sur microcontrolleur, je pense que c’est la raison principale de son utilisation. NTFS est un peu overkill surtout pour les petits appareils et il n’a pas suscité beaucoup d’intérêt en dehors de Windows.
        Chose « amusante » certaines libraries FAT32 ne supporte pas les noms de plus de 8 caractères car il y a un brevet la dessus au USA 🙁

      • Bonjour simple-touriste
        « Un monopole privé peut être un problème s’il y a un effet de réseau qui interdit en pratique à un concurrent d’apparaître. »
        L’existence d’un réseau n’interdit pas la possibilité d’un concurrent d’apparaître. Cette possibilité ira refréner les abus de l’entreprise en place.

  • Attention à définir vos marchés afin de parler de monopole. Surtout sur des marchés bifaces !

    • Peu importe puisque cette thèse ignore tout du fond du sujet.

      Un monopole (oligopole) n’existe qu’en situation de complicité avec l’Etat. Un monopole privé est une posture théorique, jamais une réalité observable. Un monopole n’a rien de privé : c’est nécessairement une excroissance de l’Etat. Un monopole s’assure toujours de l’absence de concurrence en faisant appel à la force publique. Définir un monopole revient à décrire une intervention étatique abusive et immorale dans le marché libre, intervention dont le but est de remplacer les prix définis par le marché libre en tarifs imposés par la bureaucratie étatique et de refuser toute responsabilité par le jeu des échanges volontaires individuels.

      Exemple caricatural d’un monopole en pleine activité : la rétroactivité des tarifs d’EDF. Imaginez une seconde que Danone vous soumette rétroactivement une facture pour des yaourts achetés la semaine dernière ou Renault pour des voitures achetées il y a trois ans ! Comment réagiriez-vous face à ce vol caractérisé ? Assez mal, probablement ! Mais pas avec EDF, car vous savez qu’EDF monopolise la force publique à son profit et à vos dépens. EDF n’est pas une entreprise privée. EDF est un monopole public, une des nombreuses excroissances immorales de l’Etat socialiste obèse. C’est à ce titre, lorsque l’Etat sera redevenu normal, c’est-à-dire minimal et régalien, qu’il conviendra de sanctionner les dirigeants d’EDF par de longues décennies de gnouf. Ceci dit, dès aujourd’hui, les dirigeants d’EDF doivent savoir à quoi s’attendre s’ils persistent dans le crime. Le moment venu, ils ne pourront prétendre devant leurs juges qu’ils ne savaient pas.

      inversement, l’exemple d’une entreprise, seul producteur sur un marché naissant, ne relève pas d’une situation de monopole tant que la simple menace de la concurrence persiste, bref tant que l’Etat obèse, illégitime et incompétent, ne pose pas ses grosses paluches perverses sur le marché libre.

  • Hypocryte Pallaisson & Acolyte Polisson
    11 avril 2014 at 10 h 07 min

    Au moins ce monopole permet-il des interventions capitalistiques qu’une répartition saupoudrée interdirait.

    Celui qui commence une activité inconnue des autres est toujours, au début, en position de monopole.

  • Le titre de l’article parle du « monopole » de Google, et dès le deuxième paragraphe il est question d’une part de marché de 70 et 90%. Faudrait savoir!

    • simple-touriste
      12 avril 2014 at 4 h 08 min

      Oui, c’est la nouvelle mode : parler de « monopole » alors que les consommateurs ont le choix (un choix réel, effectif, facile, rapide) entre plusieurs fournisseurs réellement différents (qui ne se contentent pas de revendre le même produit).

  • Maintenant que tout le monde a récité Rothbard, on va pouvoir discuter ^^.

    Ce Monsieur est loin de dire des bêtises. Il précise que l’Etat fait deux poids deux mesures sans doute pour ses propres fins. C’est un indice, et c’est inquiétant. Comme il a combatu les nazi totalitaires et étudier leur méfaits, on peut penser qu’il sait un peu de quoi il parle. Ce n’est pas Snowden qui contredira.

    Le problème n’est pas le monopole. Le problème est l’idée que l’informatique ne connaît pas de différence entre vie privée et vie publique. Ceci est une mauvaise chose.

    Faut-il vraiment se dire comme un libertarien bêlant « bah, le marché sans chargera, et en attendant je fais mes recherches sur Thor avec DuckDuckgo? » Oui dans premier temps certainement, mais on peut dire dores et déjà que Thor ne restera pas longtemps un protecteur crédible de la vie privée. Open ssl semble manquer de volontaires qualifiés dores et déjà.

    Concrètement: N’y a t il pas suffisamment de raisons, de décréter une entrave aux libertés de jouissance de ma propriété, quand la technologie empêche chaque jour davantage de m’y retirer à l’abri de la sphère publique?

    • +1

      C’est le fait que ça tombe entre les mains de l’État le vrai danger. Même privé, ça reste un outil perver que l’État peu utiliser à sa gise.

      • simple-touriste
        12 avril 2014 at 5 h 53 min

        C’est le principe de PRISM : avoir accès « open bar » aux données stockées par des opérateurs privés. C’est pour ça que « Don’t be evil » ne sert à rien quand l’Etat le devient.

        Un problème que les défenseurs de la vie privée avaient soulevé il y a longtemps.

  • Le monopole est certes très inquiétant, mais les investissements de Google dans l’intelligence artificielle le sont tout autant. Les dirigeants de la firme sont adeptes de l’hyperhumanisme : le « Meilleur des Mondes » est pour demain. Adieu les hommes , bonjour les robots!

  • En Europe Google dispose d’une position de monopole de fait, avec bien plus de 90 des recherches, plus de 95% je pense. Et ils se servent de cette position pour éliminer du marché toutes sortes de sociétés Internet qu’ils concurrencent avec leurs propres services, qui sont mis en avant dans les résultats de recherche, au détriment des concurrents. C’est le cas par exemple avec les comparateurs de prix, les services de réservation de billets d’avion, les services d’information locale … Il y a d’ailleurs des procédures en cours au niveau de l’Europe, mais le lobbying de Google est tellement puissant qu’il n’en sort pas grand chose.

    C’est la même chose avec la video ou Youtube, filiale de Google, archi-dominant, prend toutes sortes d’actions peu éthiques pour éliminer les concurrents.

    Aux US, Google n’a « que » 70% des recherches, ce qui explique que l’anti-trust américain ne se soit pas attaqué à eux pour l’instant. Mais Microsoft , qui fournit aussi le moteur de recherche de Yahoo!, a bien du mal à tenir le rythme d’investissements nécessaires pour préserver sa petite position face à Google.

    Je ne dis pas qu’il faut forcément « casser » Google, et encore moins dépenser l’argent public en pure perte pour créer un impossible « Google européen » .

    Par contre empêcher Google d’exploiter sa position quasi-monopolistique dans la recherche et la video pour conquérir des nouveaux marchés de manière déloyale, ça me parait un vrai sujet.

    • Des exemples d’abus?

    • En France, il est bien plus urgent de s’attaquer aux monopoles légaux de la SS, de la Poste, d’EDF, de la SNCF, de la RATP ou à l’oligopole des télécoms… qu’au prétendu monopole de Google. Quelle loi de l’Etat interdit l’apparition d’un concurrent de Google ? Aucune ! Si Google a acquis une position dominante, c’est qu’il est infiniment plus efficace que ses concurrents, soit l’exact inverse des monopoles étatiques légaux imposés aux dépens des consommateurs. Depuis quand serait-il déloyal d’investir plus que ses concurrents ? Etrange jugement…

      Une procédure contre Google n’aura du sens qu’après le complet démantèlement de la SS, de la Poste, de la SNCF ou d’EDF. Souvenez-vous, la paille, la poutre…

    • J’ai un ami qui a un site internet et qui est oblige de payer pour être dans un comparateur de prix, alors quand je vois un site qui est dans un comparateur, je me dit qu’il a augmenter ses prix pour être dans le comparateur, j’achèterais pas chez lui.

      Est ce que FREE a besoin de faire de la pub, de faire des annonces publicitaires sur Google: non

      Avec son forfait a 2 euros, c’est le bouche a oreilles, tout le monde en a entendu parler, même en dehors de la France.

  • Google est meilleur donc tout le monde l’utilise…

    On ne va quand même pas les pénaliser pour être les meilleurs ?!

    Google répond parfaitement bien à demande de la majorité des utilisateurs d’internet qui ont une vision « gratuite » de ce dernier…donc longue vie à Google pour l’instant !

  • Il me semble assez difficile de « découper » Google. Le mieux serait sans doute de les forcer à publier tout ou partie des codes utilisés. Le premier monopole c’est celui du brevet et du copyright, les états ne vont pas remettre ça en cause, a priori, parce que ce n’est pas dans leur intéret.

  • Les commentaires sont fermés.

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