Ce qui se cache derrière le plan-plan d’économie de Moscovici

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Ce qui se cache derrière le plan-plan d’économie de Moscovici

Publié le 27 mars 2014
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Bon, c’est vrai qu’avec le second tour des élections municipales dans quelques jours, les politiciens n’ont plus tout à fait la tête à parler réformes, et encore moins à se plonger dans celles qui permettraient une vague économie de l’argent du contribuable. Mais qu’à cela ne tienne : vaillamment, un homme reste sur le pont à trouver des solutions innovantes et à sculpter un budget à la fraise de dentiste, le tout, avec le regard fixé sur l’objectif, c’est-à-dire son prochain poste de Commissaire Européen.

Vous avez reconnu Pierre Moscovici, qui n’aura jamais autant brillé qu’à ce poste de ministre de l’Économie (quand il n’a su en faire aucune) et des Finances (alors qu’il n’y a plus un rond en caisse). Et s’il lui faut briller, surtout actuellement, c’est parce qu’on sait que les municipales passées, le président Hollande devra indubitablement prendre acte du sentiment qu’on qualifiera de mitigé des Français à son égard.

On se doute déjà fortement qu’un remaniement semble envisagé, même si Hollande, têtu, pourrait choisir de n’en rien faire pour montrer qu’il ne travaille pas sous la pression, nananère. Mais si remaniement il y a, tout comme on sait que Vincent Peillon ne restera pas (c’est pour cela qu’il est en lice pour devenir député européen, le petit malin), tout comme on se doute que Ségolène Royal, profitant de l’expulsion de Treirweiler, pourrait réapparaître sur le devant de la scène politique avec un gros ministère joufflu et gonflé de socialitude, on sait aussi que Pierre a déjà choisi de devenir commissaire européen. Et on se doute bien que, vu de Bruxelles, les petites affres dans lesquelles se débattent les ministres français lui seront parfaitement sans intérêt. Mieux : le budget de la France deviendra alors un sujet de rigolade alors qu’il est encore, en ce moment, un sujet d’inquiétude pour le futur-ex-ministre de Bercy.

img contrepoints185 Moscovici

Pour le moment, Pierre met donc les petits plats dans les grands. Il ne recule devant aucune exagération en expliquant à qui veut l’entendre que son plan d’économie sera le plus ambitieux jamais pensé. Au moins, on n’est pas trop violemment surpris puisque c’est la troisième ou quatrième fois en dix ans qu’on nous sort que les plans d’économies pondus par les crânes d’œuf de la DGI sont les plus ambitieux jamais trouvés. Et comme jusqu’à présent, la dette française a continué de grimper et que les dépenses de l’État n’ont jamais diminué, on peut en déduire avec une assez bonne probabilité que ce plan aboutira à la même fanfreluche inutile.

dette publique et la grosse austérité qui monte

Il n’en reste pas moins qu’il va bien falloir que quelqu’un s’y colle, à ces économies. Non pas que l’occupant de l’Élysée aurait pu trouver la lumière et découvrir que le pays, exsangue, a plus que jamais besoin de se mettre à la diète. Simplement, pour s’éviter des déboires auprès de la Commission (qui a tout de même mis la France sous observation), pour s’éviter des soucis auprès des trop nombreux prêteurs à l’État français qui commencent à trouver les perspectives économiques du pays douteuses, Hollande et sa clique vont bien devoir couper dans certains postes superflus.

hollande et son casque (vignette)Pour le moment, on a d’ailleurs déjà commencé à raboter un peu le budget pourtant colossal de l’Élysée. En présentant ainsi une baisse de 11 millions d’euros depuis 2011, soit une diminution de presque 4 millions d’euros par an, on a donc réussi à dégonfler le budget du palais présidentiel à 101 millions à l’année, et on ne désespère pas de passer à 100 millions en 2015 (un joli million de gagné, performance olympique). Rappelons qu’en sucrant la moitié du staff de l’Élysée, constitué essentiellement de ces indispensables fonctionnaires froufroutants faisant cour auprès du Roi Solex et en lui imposant un train de vie plus à la mesure du pays dans lequel il vit (et meilleur pour sa ligne, du reste), l’économie serait certainement plus substantielle (la République survivra sans Sérillon à la communication présidentielle, soyez-en sûr). Ne soyons pas bégueule : si le rythme est celui d’un catarrheux après un marathon, la tendance reste la bonne.

Du côté des fonctionnaires de tout le reste du gigantesque appareil d’État français, dont la masse salariale constitue à l’évidence le principal boulet traîné par l’économie du pays, il va être bien évidemment au moins aussi compliqué de tailler dans le gras. Ce sera même, si l’on en croit le discours lacrymogène de certains représentants, impossible : on est à l’os, mon bon mossieur, car oui, la France a besoin de ces milliers de personnels occupant leurs après-midis dans les collectivités territoriales diverses à agrafer des notes de services incompréhensibles qui ne seront lues par personne et dont le citoyen — qui paye pour tout ça — se fiche éperdument. Y’a pas à tortiller, ma brave dame : on a déjà économisé tout ce qu’on pouvait, mais si mais si, et faire plus, ce serait fauter. L’austérité, c’est vraiment trop dur.

Austerité en France ?

Pourtant, on nous explique sans rire que la baisse des effectifs n’est plus un sujet tabou ! Ici, comprenez que c’est évoqué entre deux couloirs à Matignon, éventuellement pendant le goûter à l’Élysée, entre deux BN ou après un pépito-banga, histoire de faire un peu frémir la ménagère de moins de 50 ans qui paye pour tout ça. Mais rassurez-vous : rien n’est encore décidé, toutes les pistes sont étudiées, et on verra après les élections mais ne nous précipitons pas, surtout qu’en attendant, le nombre total de salariés de la fonction publique (territoriale, d’État et hospitalière) continue de grimper gentiment.

On le voit, faire des (vraies) économies alors que le ministre va partir, que tous sont d’accord pour dire qu’il n’y a aucune marge de manœuvre, et que personne ne semble prêt à faire le premier pas, cela ne va pas être simple. En deux ans de gouvernement Ayrault, on aura constaté une augmentation du SMIC de 2%, de l’allocation de rentrée scolaire de 25%, du RSA de 10% (sur 5 ans), un encadrement des loyers et une pincée de mesures sociétales accueillies assez diversement dans le pays pour qu’on ne puisse plus le qualifier d’apaisé. La dette n’aura pas baissé, l’effectif fonctionnaire et les dépenses des administrations non plus.

Pas de doute, le moindre frémissement de changement dans ces domaines s’apparenterait pour Hollande à retourner complètement sa veste (ce qui tombe bien après s’en être pris une carabinée).

Seul espoir au niveau des collectivités territoriales : les communes qui vont maintenant supporter les étatistes de droite suite aux Municipales vont se voir imposer ces économies drastiques que Hollande n’arrive pas à créer dans le giron de l’État. Ce sera d’autant plus facile qu’il n’aura pas à ménager ses opposants politiques et pourra ainsi amoindrir la douleur de cette cuisante défaite. Et ce sera d’autant plus facile que déjà, dans certaines communes, on commence à comprendre que les dépenses à tout va, électoralement parlant, ça ne prend plus.

Cela suffira-t-il ? Il n’est qu’à regarder de plus près les montants stratosphériques de la dette et des niveaux de dépenses des administrations pour comprendre que ce ne sont pas 10% d’économie ici ou là en papeterie qui sauveront la mise. Dès lors, pour moi, c’est clair : ce pays est foutu.

moscovici est un grand sensible
—-
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  • A propos de pays foutu, 31 500 chômeurs de plus en un mois, 1500 par jour ouvré, et dans Le Monde, aujourd’hui, il traite le sujet sur un blog et non en première page:
    http://emploi.blog.lemonde.fr/2014/03/26/forte-hausse-du-chomage-en-fevrier/

  • Les résultats des élections municipales en défaveur de la Gauche n’auront aucune incidence sur la politique minable de François Hollande. Il nous faudra attendre 2017 pour seulement espérer un changement (et c’est là une litote pour révolution).
    Le remaniement ne signifiera pas un changement même léger d’orientation politique. La démission ce certains ministres ne seront pas des sanctions de leurs incompétences. Ce sera au contraire pour certains comme Vincent Peillon, une échappatoire heureuse vers de meilleurs postes.
    Si par pays, vous entendez la Ve République, alors oui elle est foutu.
    L’austérité, elle nous touche mais nous autres ménages et entreprises, pas le corps public. La dette augmente bien, le budget de l’Etat ne connaît pas la désinflation. Pourtant, nous vivons dans l’illusion, pernicieusement entretenue par les médias, « qu’il n’y a pas d’alternative » à un colbertisme économique, un jacobinisme politique, habilement maquillé en une théorie Républicaine d’un Etat paradoxalement autoritaire et démocratique.
    Nous avons en France, une façon de pensée binaire, catégorisant tout ce qui existe en deux opposés. Ca n’est pas seulement politique (Gauche-Droite et rien en dehors), c’est social (riches-pauvres), économique (employeurs-salariés)…individu versus collectif…
    Ce pays est et restera foutu tant que la majorité de la population française n’arrivera pas à penser par elle-même. Sans remise en cause, sans nuance, sans doute, sans contestation de ce qui nous parait établi comme vérité, nous ne trouverons pas cette vérité en question.

    • « Si par pays, vous entendez la Ve République, alors oui elle est foutu. »
      En gros, oui.

    • Tant que ceux qui sont en charge de la réduction des déficits publics sont eux-mêmes rattachés à la fonction du même nom, c’est mission impossible; c’est comme demander à une mouche de nettoyer la merde qui la nourrit
      La solution: créer une structure indépendante à qui on remet les clés du coffre et qui rend compte par un bilan annuel
      L’arbitrage du citoyen par le vote ne se fait plus sur des individus, mais par le vote des affectations de budget: tant de % pour la défense, tant de % pour la justice, tant de % pour les transports, tant de % pour la santé publique, etc…

      • Je ne suis pas d’accord, les projets pharaoniques des mairies par exemple ne nourrissent pas les élus. Ils gonflent juste leur égo. Si les gens étaient moins cons aussi, ils arrêteraient de se laisser impressionner par toute cette esbroufe.

  • On peut espérer que Bruxelles discipline l’État français.
    Mais il y a une autre raison d’espérer: Le Front National.

    En effet jusqu’ici le PS bénéficiait du chômage et de la pauvreté engendrés par sa lutte contre le capitalisme. Grâce à l’obscurantisme imposé manu militari au pays de Frédéric Bastiat par le socialisme au moyen d’une école et une presse à sa coupe, le PS parvenait à détruire le capitalisme tout en lui faisant porter la responsabilité des conséquences de cette destruction : Chômage et pauvreté.

    En se faisant une clientèle électorale de ses victimes, le socialisme s’assurait le pouvoir et entraînait le pays dans une spirale de destruction.

    Puis vint le FN, que le PS utilisa habilement contre la droite.
    Puis le FN reprit à son compte la dialectique du PS … et captura son électorat.

    Et voici que le PS a pour la première fois intérêt objectivement à ce que le chômage baisse, car maintenant sa hausse ne renforce plus son pouvoir, mais l’affaiblit.
    Je ne serais pas surpris d’entendre bientôt le PS parler de choses impensables sans le FN, par exemple de baisser le SMIC …

    • Je crois que tu as bien trop d’espoir. Quant au SMIC, c’est clairement pas l’urgence actuellement. Ne serait ce déjà que parce qu’actuellement, il est impossible d’imaginer des salaires plus bas. Dire qu’il faut travailler pour pas cher, c’est bien, mais quand tout, de la production à la distribution, et même parfois la consommation, est surtaxé de partout, difficile de vivre avec un bas salaire…. Toutes ces taxes se retrouvent sur les prix. Certes, ça ferait peut être, un peu, baisser les prix, et encore quand on voit ce que coute un bien importé de Chine déjà…

      Il faudrait surtout commencer par alléger l’arsenal fiscal français, simplifier les règles et les stabiliser, pour que les entreprises puissent faire leurs comptes autrement qu’au jour le jour, et virer à la pelle du fonctionnaire.
      Ce dernier point est certainement le plus ardu, tant les moules se sont accrochés à leur rocher.

  • Il n’y a pas d’économie possible sans un large et profond plan de privatisation réalisé dans chacune des trois fonctions publiques et la plupart des excroissances socialistes de l’Etat obèse.

    Et il n’y a pas d’alternative. Sans plan de privatisation, c’est un plan social qui s’imposera quand l’Etat aura fait défaut et ne pourra plus payer les salaires de ses employés. On se souvient qu’en cas de défaut, c’est plus de 300 milliards qui manqueront immédiatement pour alimenter les actuels 1200 milliards de dépenses publiques. Et ne comptez pas taxer encore plus les entreprises privées françaises pour sauver les miches de l’obèse : si jamais l’Etat fait défaut, les investisseurs refuseront également de financer le privé, poussant tout ce joli petit monde à la faillite.

  • Avez-vous inclus dans la dette les hors-bilan, une géniale invention de Juppé, faut-il le rappeler, qui avait par ce tour de passe-passe redoré l’image de la France ? Les hors-bilan, dont les retraites de la fonction publique qui ne sont pas provisionnées pour ne citer que cet exemple, représentent si ma mémoire est bonne 70 % du PIB. Mais vous devez connaître les chiffres exacts. Ceci pour dire que vous avez raison, ce pays est définitivement foutu !

  • J’ai cru que j’allais exploser la sous-ventrière en découvrant l’inénarrable « Roi Solex » affublé de son casque d’or (celui puisé dans nos poches)!

  • La majorite de nos hommes politiques francais viennent de nos ecoles francaises, ils ont ete formes par des professeurs francais, puis portes et maintenus au pouvoir par des electeurs francais.

    (ma remarque ne s’applique pas aux politiciens d’origine etrangere, fraichement naturalises et qui se la petent en croyant etre francais. Un passeport ne change pas le fond d’une personne. Rappelez-vous les lasagnes Findus : l’emballage peut mentir sur le contenu).

    Maintenant, que nous soyons dans une situation minable, avec des dirigeants minables,…. il faut arreter de pleurnicher et ne pas se demander qui est responsable.

    Il est temps de sortir les poubelles et de se debarasser definitivement des ordures.

  • Les graphiques montrent bien à quel point c’est l’UMP qui nous a mené là.

    • Par contre, elle a sérieusement baissée depuis que la gauche est au pouvoir.
      Je vais vous faire une confidence, c’est de la faute à l’armée de César si la dette augmente, si, si, je vous l’affirme. Les dépenses de l’armée romaine (route, villa, entretien des armées…) ont creusé le déficit que nous payons aujourd’hui.

  • baisser la dépense publique c’est la seule politique à mener dans ce pays

  • Il me semble que les seuls qui peuvent provoquer une baisse des dépenses publiques sont les prêteurs en refusant de prêter, et d’une certaine façon, pour l’état pourquoi se priver? Si des annonces du genre « attention ça va saigner  » suffisent pour que l’argent rentre encore…

    C’est une vraie question, pour faire des dettes faut être deux, le prêteur et le demandeur..
    De deux choses l’une ou les prêteurs sont cons, ce dont je doute un peu, ou ils pensent récupérer leurs billes .

    EN fait on peut dire que justement, les contribuables ne râlent pas assez car justement ils ne paient pas ASSEZ d’impôts pour couvrir les dépenses, mais ils peuvent râler quand même en voyant que leurs impôts servent pour beaucoup à rembourser les intérêts de la dette .

  • « les communes qui vont maintenant supporter les étatistes de droite suite aux Municipales vont se voir imposer ces économies drastiques »

    ça me paraît assez invraisemblable.

  • Désolant, je ne sais plus que dire de ces jean-foutre de politicards.
    Et le fait que ces nuisibles nullités de Peillon, Moscovici, Duflot, etc…. se présentent aux élections européennes me conforte dans ma position qui est de refuser ce système de vote sur liste bloquée, vrai hold-up démocratique.

  • « ces indispensables fonctionnaires froufroutants faisant cour auprès du Roi Solex »

    Avant on avait le Roi Rolex, maintenant le Roi Solex…
    Par contre le Roi Molex est porté disparu…

  • Les commentaires sont fermés.

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Fin octobre, dans la version révisée de son Projet de loi de finances pour 2022, le gouvernement annonçait les chiffres suivants pour 2021 : croissance à 6,25 %, déficit public à 8,1 % du PIB et dette publique à 115,3 % du PIB. Alors forcément, quand l’Insee a publié la semaine dernière sa première évaluation des comptes nationaux 2021, c’était la joie à Bercy. Croissance ? Un immense 7 %. Déficit ? Un tout petit 6,5 %. Dette publique ? Ramenée à 112,9 %. Du mieux partout, partout, partout !

 

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