Les marchés sont-ils « impersonnels »?

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Pape François (Crédits Catholic Church (England and Wales), licence Creative Commons)

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Les marchés sont-ils « impersonnels »?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 23 mars 2014
- A +

Par Gary M. Galles, article publié par l’Institut Coppet.

L’adoration de l’ancien veau d’or… est revenue sous un déguisement nouveau et implacable sous la forme de l’idolâtrie de l’argent et de la dictature d’une économie impersonnelle dépourvue d’un but vraiment humain. – Le Pape François

Pape FrançoisDepuis longtemps des critiques ont reproché aux systèmes de marché d’être « impersonnels ». Ceci implique que les marchés violeraient d’une certaine manière la morale en traitant les tiers de simples moyens plutôt que de fins précieuses en soi. Dans sa première exhortation apostolique, le Pape François a bondi sur ce train en marche en présentant les systèmes de marché comme « la dictature d’une économie impersonnelle dépourvue d’un but vraiment humain ».

Attribuer le terme « dictature » aux systèmes de marché ne peut manquer de prêter à confusion. Alors au fait, c’est quoi les marchés ?

Les marchés sont ce qui se passe lorsque les gens sont libres de choisir comment s’associer entre eux en l’absence de coercition. La seule « dictature » est la restriction dans les choix de ces arrangements  volontaires. Voilà qui fait clairement progresser les fins poursuivies par les hommes – celles de chaque individu impliqué dans un échange. C’est une bien curieuse sorte de dictature qui consiste pour les gens à ne pas dicter leurs choix aux autres.

Les marchés n’ont pas de fins ou d’intentions propres autres que de faciliter la coopération sociale des participants. Dès que nous allons au-delà de vastes généralités, nous reconnaissons que les gens ne s’accordent pas sur qui doit avoir quoi et en quelle quantité pour pratiquement tous les biens et services. Mais certains pensent que l’économie devrait refléter un but précis qui supposerait un accord universel sur les fins et ignorerait les divergences inhérentes aux désirs et aux besoins de personnes différentes. Il en résulte que la poursuite d’un but social particulier nécessite d’imposer de la coercition de la part de certains sur d’autres.

La confusion apparaît aussi lorsque des critiques veulent traiter les arrangements du marché comme s’ils englobaient toutes les interactions sociales. Si les systèmes de marché étaient totalement isolés d’autres arrangements sociaux, ils pourraient en effet être qualifiés d’insensibles. Mais ils ne sont qu’une partie d’une société plus vaste qui inclut toutes sortes de phénomènes hors marché, comme les communautés, les associations humanitaires et les organisations religieuses.

Les sociétés qui reposent pour une grande partie sur des arrangements volontaires de marché sont celles qui produisent quand même bien plus de richesse permettant d’aider les autres. Et elles n’ignorent pas la pauvreté et l’injustice, mais utilisent d’importantes ressources pour offrir de nombreuses formes d’aides et d’assistances aux plus vulnérables d’entre nous. Et pourtant lorsque le secteur social du gouvernement s’accroît, le secteur volontaire se réduit.

De plus, le système capitaliste, bien qu’il soit délibérément mal nommé pour faire croire que seuls les capitalistes « gagnent », profite directement aux travailleurs de tous niveaux en augmentant leur productivité et leur potentiel de gains. Comme le dit l’économiste Paul Heyne :

Dans un système de marché, les pauvres ont des revenus plus faibles que les riches ; mais le développement des marchés a accordé ses plus grands bienfaits aux pauvres, faisant des plus pauvres d’un système de marché l’envie des habitants des sociétés où les marchés ne se sont pas épanouis.

Ensuite il y a la confusion entre les gens et les produits. Dans chaque échange libre, les deux parties considèrent les biens ou services offerts par leur contrepartie comme un moyen pour atteindre leur but ; une contribution à la poursuite de leur but ultime. Mais c’est très différent de considérer les contreparties elle-mêmes comme des moyens. En réalité, comme les deux parties à un échange libre sont gagnantes (sinon elles ne l’auraient pas accepté), chacune contribue à promouvoir les fins de l’autre. Et elles le font en dépit du handicap auquel nous devons tous presque toujours faire face – une connaissance insuffisante de ce qui rendrait le plus service à nos contreparties – car elles le savent mieux que nous. Si elles ne pouvaient profiter de leur propre connaissance pour savoir à quoi elles attribuent de la valeur, et quels choix elles sont disposées à faire, notre capacité à promouvoir leurs fins serait sérieusement affectée et elles se retrouveraient dans une situation moins favorable.

Puis il y a l’argument que les marchés contribuent à priver les hommes de relations riches. Ils permettent certes d’établir des relations impersonnelles pour ceux qui le souhaitent – ce qui se produit souvent, permettant des gains importants pour tous par la spécialisation à l’échelle mondiale et l’échange.

Mais la liberté économique n’impose nullement que les échanges et les relations soient totalement impersonnels. Pour s’en apercevoir, il suffit d’observer les cas nombreux où employés, employeurs, vendeurs et clients échangent aussi leur amitié. Leurs interactions ne sont ni impersonnelles ni de nature à isoler socialement les acteurs.

Dans un système de marché nous pouvons traiter avec les autres de la manière que nous voulons, aussi longtemps que nous ne violons pas leurs droits. Par exemple rien n’empêche le propriétaire d’un restaurant ou d’une épicerie d’offrir de la nourriture comme geste charitable à quelqu’un qui n’a pas les moyens de l’acheter, ou d’agir comme donateur en faveur d’associations ou d’organisations communales d’entraide. Et en économie de marché rien n’empêche les gens de former des sociétés coopératives.

De même rien dans un système de marché ne restreint la communauté sociale fondamentale qu’est la famille. Cette communauté de ceux que nous connaissons bien et aimons consiste essentiellement en comportements non marchands. En réalité il est difficile d’imaginer plus impersonnel que de substituer à la capacité de la famille à prendre soin d’elle-même, des versements de l’État ne représentant qu’une partie des ressources qui auraient été mobilisées.

Ceci vaut pour les relations personnelles avec des tiers dans les églises ou les organisations volontaires. Les relations de marché n’érigent pas de barrière à de telles relations communautaires.

Restreindre les marchés ne signifie pas que ce qui les remplacerait conduirait à des relations bienveillantes et personnelles – il pourrait bien s’agir d’abus des gens par les gouvernements (ainsi que notre siècle écoulé l’a si dramatiquement démontré). Passer outre les arrangements volontaires que les gens mettent en place pour eux-mêmes, signifie les priver de leur liberté et les forcer dans des alternatives collectivistes qu’ils ne choisissent pas. Cela ne garantit certainement pas une société plus aimante et plus bienveillante. La force ne peut y parvenir.

C’est exact que certaines institutions du marché, telles que les bourses et les marchés à terme, sont d’une certaine manière impersonnelles – néanmoins cela ne les empêche pas de prendre en compte les désirs spécifiques des gens et leur situation particulière. De fait elles ne se seraient pas développées, et n’auraient pas durées, si un grand nombre d’individus n’avaient pas vu les gains qu’ils pouvaient en tirer. Après tout, les gens n’adoptent pas les bourses et les marchés financiers contre leur gré.

En ce sens donc, les marchés sont loin d’être impersonnels. Ils reflètent chaque aspect des arrangements économiques souhaités par les gens. Comme le disait Leonard Read dans Leave it to the Free Market :

Le marché libre est intimement personnel… chacun décidant pour lui-même quoi produire, où travailler, quoi acheter et quoi vendre, et quelles sont les conditions acceptables de l’échange. Moi, qui en sait plus sur moi que quiconque, me prenant moi-même en charge ! Comment se pourrait-il qu’il y ait un mode de vie plus intimement personnel que celui qui fait de chacun son propre décideur !

Bien entendu les préférences et les circonstances changent. Les marchés libres prennent en compte ces changements sans violence, via les prix. En contraste, les obligations gouvernementales ignorent les préférences d’un grand nombre de gens et entravent les ajustements nécessités par le changement. Dans les mots de Read :

Le marché… en permanence et automatiquement, conduit les changements incessants des satisfactions et des aspirations – offre et demande de biens et services spécifiques – vers une harmonie générale…

L’alternative au marché libre est le marché truqué, planifié, dictatorial, coercitif, interventionniste, autoritaire, connu sous les vocables divers d’économie planifiée, d’État-providence, de gouvernement omnipotent… perturbateur et antisocial… amenant nécessairement le changement permanent des satisfactions et des aspirations vers un état non harmonieux – pénurie de ceci, surplus de cela… [ne tenant pas compte] de vos préférences innombrables et toujours changeantes ou de ce qui est votre idée de votre propre bien-être.

C’est particulièrement important, puisque les opposants aux marchés affirment que ceux-ci ne sont pas seulement impersonnels, mais « injustes ». Cela aggrave la confusion avec un faux critère de la justice qui ignore le fait que le seul moyen de déterminer la justice économique aux yeux des parties concernées par une transaction est ce qui a été volontairement accepté. Ceux qui ont réciproquement bénéficié d’une transaction volontaire ne se plaignent pas d’une injustice.

Qu’en est-il du résultat des arrangements de marché ? Sont-ils inhumains comme le prétendent parfois les critiques ? Cette affirmation veut dire que les gens sont moins concernés par les autres que ces critiques ne le voudraient (et que d’une certaine façon l’alternative préférée des critiques conduirait comme par magie à davantage d’humanité).

Mais cela ne traite pas la question qui se pose à nous : comment organiser au mieux la société pour les individus tels qu’ils sont. Cela reviendrait à tordre la formule de James Madison, « si les hommes étaient des anges, aucun gouvernement ne serait nécessaire », pour lui faire dire que la forme de gouvernement choisie est responsable de tous les manquements des gens à être angéliques. En réalité, la bonté humaine sera d’autant plus grande que les êtres seront libres et responsables, car la liberté offre le plus de potentiel de développement personnel et moral, une possibilité qui est étouffée par toute forme de « charité » gouvernementale imposée.

Les être humains veulent venir en aide à ceux qui sont dans le besoin. Loin de saper cette humanité, les marchés impersonnels augmentent le nombre de personnes en mesure de porter aide. La durée de nos vies est trop courte pour construire de véritables amitiés avec toutes les personnes qui pourraient nous aider à améliorer notre sort. Si nous ne pouvions compter que sur nos relations personnelles, cela limiterait nécessairement l’étendue de l’assistance possible. Mais lorsque des changements dans une vaste gamme de circonstances modifient les prix dans des marchés impersonnels, ils donnent, à tous ceux sur terre qui pourraient trouver avantage à vous aider – qu’ils vous connaissent et se soucient de vous ou pas, et même s’ils peuvent ne pas vous aimer – des incitations renforcées à le faire. Et cela vient en plus de l’assistance des amis et de la famille ; cela ne la supplante pas.

Les appréhensions sur la moralité des marchés sont injustifiées. Et les « solutions » proposées saperaient les arrangements qui ont précisément conduit au niveau actuel de notre civilisation.

Les arrangements de marchés, prétendument suspects, promeuvent les fins des autres, même de ceux que nous ne connaissons pas, plutôt que de les sacrifier comme de simples moyens pour atteindre nos buts. Par opposition, les interventions publiques, malgré leurs discours convenus, traitent souvent les citoyens de façon impersonnelle comme de simples moyens en vue des fins qui leur sont imposées par leurs gouvernants.

Et il n’y a peut-être rien de plus impersonnel que de telles contraintes.

Gary M. Galles est professeur d’économie à Pepperdine University – Université privée catholique située à Los Angeles, CA

Article initialement paru dans la revue « The Freeman » du 3 mars 2014, traduit par Jacques Peter, Institut Coppet.

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  • Un pape socialiste, ils sont vraiment partout, en route vers une dictature mondiale.

    • La puissance du matraquage socialiste est effrayante.
      L’Église a négligé la pensée économique, où elle fut pourtant en pointe, comme l’ignorance du pape François l’illustre tristement.
      Mais sa doctrine reste foncièrement et irrémédiablement incompatible avec le socialisme.

  • nihil novo sub sole
    l’Église n’a jamais supporté le libéralisme, ni social ni économique. Et réciproquement, les libéraux ne supportent l’Église que dans la mesure où elle joue un rôle de contre-pouvoir, et non un rôle au sein du pouvoir

  • Avec des mots, on peut avancer en toute logique le contraire de n’importe lequel énoncé!
    «…l’idolâtrie de l’argent et de la dictature d’une économie impersonnelle dépourvue d’un but vraiment humain.»

    Un conférencier disait: «Les banques ne prêtent plus dans des projets de développement économique, elles font des milliards à tous les trois mois, juste avec les frais chargés à leurs clients!»

    Et v’la l’autre qui pond sur les mérites des «libres marchés». Libres pour qui? Pour ceux qui ont les moyens! Si c’était si formidable que ça, comment se fait-il que l’on parle du 1% qui contrôle 80% des ressources de la planète?
    Continuons à faire de l’embrouille…un Africain jeune demandait:«Pourquoi on vit? On va tous mourir!»

    Ça c’est du libre marcher! :-))

    • A mais on cause du 1%. on ne cause même que de ça, en passant sous silence les 0,000 000 001 % : les Hollande, montebourdes etc. qui contrôlent encore bien plus

    • Ceux qui « ont les moyens » les ont acquis.
      Comme dit Sowell, ce n’est pas là que l’histoire commence.
      Les socialisme vit dans le présent. Sa pseudo-morale est la négation de la responsabilité.

      On sait que la propriété est la condition de la liberté.
      Mais elle en est aussi la conséquence.
      En effet la propriété d’un objet est conférée par le fait qu’il a été acquis dans le respect de la liberté.
      Cet événement ponctuel doit se traduire dans la durée parce que les objets perdurent.
      La propriété, c’est la liberté conjuguée à la permanence des choses.
      Condition + conséquence: Il y a donc équivalence entre liberté propriété.

  • Le seul moyen de considérer que le marché impose quelque chose, c’est de considérer que la propriété privée n’existe pas, ce qui me semble contraire à la doctrine catholique:  » La destination universelle des biens comporte, pour leur usage, des obligations de la part de leurs propriétaires légitimes. »

    Ainsi, selon l’Église, les biens ont un propriétaire légitime, qui doivent les employer pour le bien commun.
    Le socialisme, au contraire, nie la propriété dans l’absolu: Si l’État redistribue, c’est qu’il est le vrai propriétaire de toute chose, puisqu’il lui revient d’en ajuster la répartition.

    L’Église au contraire affirme que la propriété est juste, mais que les propriétaire ont l’obligation morale d’utiliser leurs biens pour le bien commun. Une telle disposition est est sans doute nécessaire à l’acceptation de la propriété privée; elle a existé historiquement dans tous les pays capitalistes, tous chrétiens, et disparaît à mesure que le christianisme est effacé par le socialisme et son principe de redistribution.

    Les cathos de gauche, à commencer par le pape, commettent un contresens suicidaire en soutenant une vision socialiste. Ils sont entraînés dans cette erreur par la méconnaissance de l’économie, mal de notre temps dont l’Église n’a pas su se protéger, elle qui fut en pointe dans ce domaine il y a 4 siècles.

    Ceci dit le propre des religions est de ne pas changer: Le christianisme reste fondamentalement libéral et son incompatibilité intrinsèque avec le totalitarisme constituera toujours un obstacle au socialisme.
    La pente naturelle du christianisme est le libéralisme, et même le pape n’y peut rien.
    Il ne peut pas récrire la Bible, ni même modifier la Doctrine sociale.

    Les catholiques sont en rupture avec la doxa socialiste et la classe bavarde, et réceptifs aux idées libérales à condition qu’on le leur et qu’on n’emploie pas le terme, diabolisé. Comme nous tous, ils ont été abreuvés de bobards socialistes dès l’école, car même la leur est sous coupe socialiste (ils ont même oublié la brutalité avec laquelle les socialistes l’ont détruite).

    Il s’agit de leur faire comprendre que nationaliser la charité, c’est détruire l’Église.
    Et que nos affres actuelles sont dues à la dépense publique et non à la perversité du capitalisme, contrairement au bavardage permanent des médias de gauche.
    Le malheur est qu’ils ne s’intéressent pas plus à l’économie que la moyenne des français …

    • Ce n’est pas « le seul moyen ». +1 pour le reste

      Le marché impose aux locataires et aux bailleurs le prix de leur logement, par exemple, et de leur point de vue il importe peu que ce prix soit imposé par un roi ou constaté sur un marché libre parfait. La méthode fait évidemment une grande différence (le bailleur qui propose un tarif excessif serait puni par le roi, alors que le marché se contentera de lui dire qu’il n’y a personne qui accepte son offre) mais le résultat est le même.
      Admettons que le marché est un dictateur : mais c’est un dictateur sans bras, sans force, et dont la seule punition est de se retirer et de laisser seul celui qui ne se soumet pas. C’est un dictateur chrétien, qui n’use que de mots, pas d’hommes armés. Si le pape ne fait pas la différence …

      • Je ne suis pas d’accord pour considérer que le marché impose au même titre que l’État.
        En effet rien n’empêche le locataire d’accepter un prix supérieur, ni le propriétaire un prix inférieur.
        Le marché ne fait qu’informer, il n’impose pas.
        Il en va de même sur tous les marchés: L’argent est une technologie de l’information, il ne décide rien.

        • Rien n’oblige effectivement de suivre le marché, et on peut même finalement avoir raison contre le marché. Cela étant, en général être libéral implique d’admettre que le marché donne un prix relativement correct, et que donc s’écarter du marché c’est s’en exclure donc manquer une occasion de profit, pas obtenir une récompense.
          Les mots ont un sens, et celui de « dictature » est de la famille du verbe « dicto », qui est relatif à la parole ( répéter, faire répéter, prescrire, ordonner) et non pas relatif à une action de contraindre. Il n’y a pas de différence de nature entre une information et un ordre, ce ne sont que des mots.
          La différence, et elle est importante, est de l’ordre de la nature de la « punition » en cas de non respect de la consigne. Le marché n’impose rien par la force, mais il impose quand même aussi surement que la physique impose l’utilisation d’un parachute avant de sauter d’un avion, qu’il y ait ou pas un adjudant dans l’avion qui te punit si tu ne l’a pas …

          La fameuse consigne « rend à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est Dieu » n’est pas une condamnation de l’argent ( au contraire !), mais elle indique bien que le pouvoir et l’argent ont le même rôle : ce sont deux méthodes pour convaincre les gens de faire des choses qu’ils n’auraient pas envie de faire (si ils ont envie de le faire, alors le marché n’a aucun rôle … et la dictature non plus !). Le libéral sera sensible à la différence entre une promesse de récompense si on accepte (tout en restant libre de refuser) et une menace de punition, mais un religieux qui valorise le don gratuit pourra être plus sensible à l’élément commun.

          • On en revient toujours au même argument socialiste: La nature nous contraint, nous ne sommes pas libres, donc nous pouvons nous contraindre les uns les autres.
            C’est pourquoi le principe libéral est la « non agression », c’est-à-dire le refus d’obliger autrui à faire ce qu’il ne veut pas (ou ne pas faire ce qu’il veut).

            Qu’entendez-vous montrer votre discussion sur l’étymologie de du mot « dictature » ?
            Il est vrai que l’Église, latiniste, emploie souvent des termes dans leur sens archaïque, mais je doute que le pape ait employé « dictature » dans un sens autre que l’actuel: Tyrannie.

            • L’Église rejette explicitement cette vision d’un Homme contraint par la nature et dépourvu de liberté. Elle est dans son rôle en appelant les capitalistes [que, par parenthèse, elle n’appelle pas à faire disparaitre, ni à dépouiller, ni même à se dépouiller eux-même] à des choix de « but vraiment humain » plutôt que la seule maximisation de la « bottom line ».

          • Par ailleurs on ne peut pas considérer que le Christ ait affirmé que la monnaie soit un attribut régalien ou un instrument de pouvoir. C’était la cas de la sesterce, voilà tout.

            Le vrai rôle de la monnaie est purement informatif.
            C’est la technologique qui permet l’économie depuis le néolithique.
            La possibilité d’allouer autoritairement les ressources par la manipulation monétaire est irrésistible pour les mégalomanes qui nous gouvernent, mais ce viol de la monnaie est au détriment de l’intérêt général.

            • Voilà. Le mot clef c’est « purement ».
              Le rôle du marché est purement informatif ; il donne des ordres, mais libre à vous de les suivre ou pas, aucun homme armé ne viendra vous y contraindre. Simplement, comme le marché a en général raison, ne pas suivre ses ordres vous expose à des pertes d’occasion de profit. Et il arrive que ce soit le marché qui finalement s’aligne sur votre position (à votre grand profit).
              Le rôle de César est informatif et performatif ; il donne des ordres, et il a les moyens de vous contraindre à les suivre.
              Quand César s’aligne sur le marché, il est inutile. Quand il ne s’aligne pas sur le marché et que ce dernier a raison, il est nuisible. Et rarement, très très rarement, César avait raison contre le marché, et il en tire gloire.

              (parenthèse : techniquement, la monnaie n’est pas un instrument d’information, c’est au contraire un instrument d’anonymisation du détenteur d’une créance, anonymisation qui rend la monnaie transférable donc extraordinairement utile)

  • Quand allons-nous sortir des idéologies et des théories «économiques» pour tomber dans les vraies réalités vécues par le monde ordinaire?
    Le pape François n’a pas une lorgnette socialiste ni capitaliste pour dépeindre ce qu’il ressent des milliards d’humains qui souffrent, justement, de la mise en boîte socialiste ou capitaliste.
    La réalité vécue n’est ni socialiste ni capitaliste.
    La misère dans le monde n’a aucun camp idéologique.
    Aucune logique n’arrivera à donner à boire aux 690 millions de personnes qui ont soif, chaque jour et pas d’eau à boire.
    Ça me paraît diablement imbécile de juger le pape François socialiste dans ses propos.

    Ouvrez les yeux! On dit système économique, bien, il ne marche pas.
    Vous connaissez le chiffre des valeurs du monde souterrain, des comptes en paradis fiscaux, de l’argent noir, de celle des diverses mafias? 693000 milliards$$$$ US! Pas moi qui sort ça, informez-vous pardi!

    On a toutes les preuves que c’est de travers ces marchés pas libres, figés dans le temps.
    Quand j’entends un économiste chevronné divaguer sur les raisons des pourquoi d’une crise ou de l’explication d’une conjoncture économique, on dirait un commentateur sportif!

    STOP! N’EN METTEZ PLUS, MARINE LE PEN EST MIEUX NANTIE…

    • Faudrait savoir ce ce que vous voulez. Parce que mettre dans un même sac les paradis fiscaux, l’argent « noir », les mafias etc. pour arriver à un total de 693000 milliards$, c’est typiquement de l’idéologie.
      Dire que le système économique ne marche pas, c’est encore de l’idéologie (dire qu’il marche, ça le serait aussi, évidemment).
      Or ce n’est pas le sujet.
      Le sujet c’est : quel prix êtes vous, VOUS personnellement, prêt à payer pour que, par exemple, 690 millions de personne qui ont soif aient de l’eau à boire ?
      Le chrétien est prêt à tout donner de ce qui lui appartient, sans rien demander en retour
      Le socialiste est prêt à tout donner … à condition qu’il puisse tout prendre d’abord, et qu’il conserve tout pouvoir sur ce qu’il à pris.
      Le libéral est prêt à vendre ce qu’il possède, l’eau ou les moyens de s’en procurer, moyennant une honnête rétribution (généralement pécuniaire, mais parfois purement symbolique, comme une simple gratitude)

  • Les commentaires sont fermés.

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