La liberté des marchés contre le capitalisme

L’anticapitalisme de la gauche libertarienne cherche à se différencier des enthousiastes du marché qui confondent trop rapidement défense du marché et défense du capitalisme.

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La liberté des marchés contre le capitalisme

Publié le 28 décembre 2022
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On associe régulièrement le libertarianisme, l’aile la plus radicale de la philosophie libérale, aux idéologies de droite ou encore au mouvement conservateur américain. Historiquement et politiquement, l’association n’est pas dépourvue de fondements. Comme l’a très bien rappelé Sébastien Caré dans son essai de 2010 intitulé Les libertariens aux États-Unis : Sociologie d’un mouvement asocial, si le mouvement libertarien aux États-Unis s’est construit en s’autonomisant du conservatisme moderne à partir de la fin des années 1960, il s’enracine dans l’idéologie individualiste de la « vieille droite » d’avant-guerre.

Seulement, la radicalité critique du libertarianisme qui se traduit institutionnellement par la défense de l’anarchie de marché, c’est-à-dire la reconnaissance de la coopération volontaire entre individus comme seul fondement de l’ordre social, a débouché sur la naissance d’un courant certes minoritaire mais intellectuellement très actif, le libertarianisme de gauche.

Comme son frère ennemi « de droite », il défend les droits de propriété de l’individu tout comme les échanges volontaires au bénéfice mutuel de ses participants mais contrairement à lui il concentre sa critique contre le capitalisme, non pas au nom du marché libre, mais du marché « libéré ».

C’est d’ailleurs parce qu’il est anticapitaliste qu’il ne reprend pas à son compte l’étiquette « anarcho-capitaliste » populaire parmi beaucoup de tenants de l’anarchie de marché ou de la « société de droit privé ».

 

Trois définitions du capitalisme

Pour Gary Chartier, l’un de ses principaux théoriciens contemporains, il est possible de distinguer trois définitions du capitalisme :

  1. Un système économique qui se caractérise par des droits de propriété personnels et les échanges volontaires des biens et des services.
  2. Un système économique caractérisé par la relation symbiotique entre les États et les grandes entreprises.
  3. La domination des lieux de travail, de la société et de l’État par les capitalistes, c’est-à-dire par un nombre relativement peu élevé de personnes qui contrôlent la richesse mobilisable et les moyens de production.

 

Si les partisans du marché libre ne sont pas opposés au capitalisme au sens 1, ils sont critiques des capitalismes au sens 2 et 3.

De la confusion entre les trois définitions découlent une confusion parmi beaucoup de libertariens qui ne voient pas à quel point, toujours selon Chartier, le capitalisme implique une interférence directe avec la liberté de marché :

« Dans le cadre du capitalisme [au sens 2], les politiciens interfèrent avec les droits de propriété et les échanges volontaires de biens et de services pour s’enrichir et enrichir leurs électeurs et les grandes entreprises influencent les politiciens afin de favoriser l’interférence avec les droits de propriété personnelle et les échanges volontaires pour s’enrichir et enrichir leurs alliés1. »

Pour les libertariens de gauche, s’opposer au capitalisme au nom des marchés libérés signifie rappeler le caractère indésirable du capitalisme. Les libéraux critiquent régulièrement le corporatisme ou le capitalisme d’État pour parler de ce qui ne va pas dans le capitalisme réellement existant, mais pour Chartier, ils ne saisissent pas pleinement le problème posé par le système dans son entier. Dans ces critiques est souvent minoré le rôle joué par les grandes entreprises au sein de la symbiose qu’elles entretiennent avec les États.

L’anticapitalisme de la gauche libertarienne cherche également à se différencier des enthousiastes « vulgaires » du marché, qui confondent défense du marché et défense du capitalisme.

 

Plus libertaires que conservateurs

Plus profondément encore, l’anarchisme de marché défendu par la gauche libertarienne se réclame de Benjamin Tucker, anarchiste individualiste et membre de la première internationale socialiste, ce qui achève de les désaffilier des courants conservateurs et de centre-droit.

Cette volonté affichée de rupture et de désaffiliation ne va pas d’ailleurs parfois sans excès. Il arrive régulièrement que par anticapitalisme les tenants du libertarianisme de gauche reprennent les théories contemporaines de l’ultragauche liant anticapitaliste, luttes intersectionnelles (féminisme, critique du patriarcat, etc.) et ouvriérisme.

Contentons-nous ici de rappeler à quel point la nouvelle gauche identitaire qui prospère sur les campus aux États-Unis comme en Europe, par leur anti-universalisme et leur antirationalisme, ne fait que réhabiliter le discours réactionnaire le plus primitif pour détourner le capitalisme – woke cette fois-ci – tant honni en faveur de ses propres clientèles et de son propre personnel bureaucratique2.

Matt Zwolinski remarque également que si les libertariens plus traditionnels ont beaucoup à apprendre de leurs camarades anarchistes « de gauche », en particulier sur le caractère révolutionnaire de leur théorie, tout comme sur les dangers de l’immobilisme, ils peuvent à leur tour modérer leur radicalisme égalitaire parfois exagéré. Nous retrouvons ici une ligne de démarcation bien connue entre deux conceptions de la justice, l’une visant à s’insurger contre les inégalités, l’autre visant à les rendre moins insupportables en enrichissant les plus démunis.

  1. Gary Chartier et Charles W. Johnson, Markets not Capitalism. Individualist anarchism against bosses, inequality, corporate power, and structural poverty. New York, Autonomedias, 2011.
  2. Stéphanie Roza, La gauche contre les Lumières ? Paris, Fayard, 2020.
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  • Je ne suis pas capitaliste, mais libéral.
    Premièrement il ne faut pas reprendre les éléments de langage de l’ennemi.
    Ensuite être libéral c’est le respect de la propriété, c’est à dire l’usus, fructus et abusus. Abusus, le droit de disposer de son bien; c’est à dire le vendre. Donc la définition 1 me suffit.
    La 2 (symbiose Etat/Gdes entreprises) ne peut exister que si l’état intervient dans le marché ce qu’un libéral refuse.
    La 3 (domination) ne peut exister que s’il existe un monopole et pas d’alternative, pour le lieu de travail. Pour l’état dans une démocratie c’est l’électeur qui domine.

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  • La confusion des trois « définitions » du capitalisme vient des ennemis du capitalisme. C’est parce que l’ultra gauche veut s’opposer au droit de propriété qu’elle présente comme conséquence les ingérences de l’état dans les grandes entreprises. Ironiquement, ces interventions étatiques sont réclamées pour régler ce même problème, et s’ils étaient au pouvoir, ils les augmenteraient tout en limitant la liberté des petites gens.
    Actuellement en France, ce sont les petites et moyennes entreprises qui sont à la peine. Les grandes entreprises ont déjà l’oreille de l’état, et il n’est même pas sûr qu’elles aient intérêt à un virage libéral. Et je ne dis pas qu’il y a dans la taille une différence de nature, c’est juste que quand on devient gros, il est plus facile de faire chanter l’état (à l’emploi notamment) pour avoir des privilèges, et donc le lobbying devient plus intéressant que l’innovation.

  • bah..autrement dit ,sauf préciser sa définition parmi ces trois ci.. qui sont toutes d’ailleurs assez floues ou irréalistes, les gens qui critiquent le capitalistes sont juste des gens qui cherchent à éviter de dire le fond de leur pensée et ce qu’ils veulent vraiment.
    accepter de débattre du capitalisme est déjà une forme d’impasse.. et une demi défaite..

  • Il n’y a qu’une définition du capitalisme, c’est la propriété privée des moyens de production, terres et entreprises. Le capitalisme est un mode d’appropriation des moyens de production, le mode privé, qui s’oppose au socialisme (réel) qui se définit par l’appropriation collective (par l’Etat) de ces moyens de production.
    A distinguer de l’économie de marché, qui est un mode de régulation des activités économiques, caractérisé par la décentralisation et la liberté des prix et des offres et demandes, l’économie de marché s’oppose à l’économie planifiée, caractérisée par la centralisation des décisions dans le cadre d’un plan central impératif. Economie de marché et économie planifiée sont deux modes de régulation des activités économiques.

    L’erreur courante est de confondre capitalisme et économie de marché, et socialisme et économie planifiée. Le capitalisme et l’économie de marché vont le plus souvent ensemble, comme socialisme et économie planifiée, mais ce n’est pas toujours le cas, on peut avoir du capitalisme sans économie de marché, et inversement ; de même du socialisme sans économie planifiée, et inversement.
    Un système économique est la combinaison d’un mode de régulation et d’un mode d’appropriation (des moyens de production).

    Système économique = mode d’appropriation (des mp) + mode de régulation (des activités économiques)

    Ainsi il y a quatre systèmes économiques possibles (aux extrêmes car il y a souvent mixité dans la réalité), dont les deux premiers sont les plus courants :
    – Capitalisme de marché
    – Socialisme planifié
    – Capitalisme planifié
    – Socialisme de marché
    On peut trouver des exemples de ces différents systèmes économiques au XXe siècle.

    Le premier est le seul qui assure une séparation des pouvoirs entre pouvoirs politiques ET pouvoirs économiques, ce qui permet la mise en place de démocraties (ie les principales libertés individuelles et politiques), mais ce n’est pas une condition suffisante, seulement une condition nécessaire.

    • Je vois mal comment le capitalisme planifié diffère du socialisme planifié. Il me semble que la planification l’emporte sur la propriété. A quoi bon posséder des moyens de production si leur utilisation est dictée par une autorité centrale ? Par extension, à quoi bon posséder quoi que ce soit si on n’est pas libre de l’utiliser ?

      • A cause des profits, qu’on est toujours en droit de bénéficier si on est propriétaire de l’entreprise, même si la production, les investissements et les prix sont fixés par le plan.
        Le socialisme planifié est bien connu, c’est le système de l’URSS, des démocraties populaires, de la Chine de Mao, de la Corée du Nord ou de Cuba.
        Le capitalisme planifié, c’est un oiseau rare. Mais il y a un cas dans l’histoire du XXe siècle, c’est l’Allemagne nazie. Le capitalisme n’a pas été remis en cause, puisque la propriété des entreprises et des terres reste privée. Les Thyssen, les Krupp, etc., par exemple, gardent la propriété de leurs entreprises. Mais des plans impératifs sont mis en place par les autorités, la production, les investissements, les prix, les exportations et les importations sont fixés par le plan de façon autoritaire. C’est un capitalisme (propriété privée), mais planifié (les mécanismes du marché sont remplacés par le plan central).

        • des profits, dont on est toujours en droit de bénéficier si on est propriétaire de l’entreprise
          Désolé pour la faute…

        • « A cause des profits, qu’on est toujours en droit de bénéficier si on est propriétaire de l’entreprise » … à condition d’obéir aux ordres, ce qui rend la différence avec un potentat socialiste aussi mince qu’une feuille de cigarette. D’ailleurs Nationalsozialismus se traduit par « socialisme national ».

          • Exactement, à condition d’obéir aux ordres. Le capitalisme planifié, à la sauce nazie, n’est guère préférable au socialisme planifié, à la sauce soviétique.

        • « Le socialisme planifié est bien connu, c’est le système de l’URSS, des démocraties populaires, de la Chine de Mao, de la Corée du Nord ou de Cuba. »
          Vous allez pouvoir y rajouter la France.

          • 🙂 Hélas. La France, c’est plutôt l’étatisme tous azimuts. Mais les entreprises et les terres ne sont pas collectivisées, et on n’a pas encore interdit à un individu de créer une entreprise ou posséder un terrain. Il s’agit plutôt d’un capitalisme d’Etat, ie une économie capitaliste (la propriété privée des moyens de production existe) mais avec un Etat interventionniste, dirigiste, voulant contrôler tout et rien, avec des effets néfastes à tous les étages.

        • « C’est un capitalisme (propriété privée), mais planifié (les mécanismes du marché sont remplacés par le plan central) »

          Usus, fructus et abusus, c’est la propriété privée. Votre truc c’est le vol, pas le capitalisme.
          Si je ne peux faire ce que je veux de ma propriété, y compris la détruire, ce n’est pas ma propriété. Le propriétaire n’est pas un fonctionnaire au service du Plan.

          • « Votre truc c’est le vol ».
            Je parle de ce que vous décrivez dans la phrase que je cite. Je ne vous accuse pas d’être un voleur.
            Je n’apprécie guère qu’on explique doctement que le capitalisme est la propriété des moyens de productions puis qu’on peut être propriétaire des moyens de production et suivre les ordres du Plan et que c’est aussi du capitalisme. J’appelle cela de l’ esclavage, même si votre gars, directeur de l’usine en somme puisqu’il ne peut disposer de sa propriété ( ses moyens de production pilotés par le Plan ) comme bon lui semble, gagne beaucoup d’argent et que son activité dégage des bénéfices.
            Le terme « capitalisme » n’a plus beaucoup de sens puisqu’on peut y mettre tout et son contraire. Merci de l’avoir démontrer avec brio.
            Vive l’anarchisme de marché, au moins on sait de quoi on parle.

            • l’avoir démontré, pp, merci.
              L’anarchisme de marché, c’est quoi au juste ? L’économie de marché sans aucune intervention étatique ?

              -1
          • Tout à fait, c’est pour ça que ce système ne marche pas, et qu’il n’y en a pas d’exemple, hormis l’expérience temporaire de l’Allemagne nazie, une dizaine d’années.
            Le capitalisme doit aller de pair avec l’économie de marché, pour être relativement efficace.
            La liberté économique, c’est la liberté d’entreprendre plus la liberté des prix.

        • Et pour le socialisme de marché, vous avez des exemples ?

          • Oui, la Yougoslavie de Tito, entreprises collectivisées (socialisme), mais pas de plan central.
            La Chine post-Deng, années 1980 et 1990 : le plan central est aboli, la liberté des prix est rétablie, mais les entreprises et les terres restent collectivisées.
            La possibilité de créer et posséder des entreprises ne sera rétablie qu’à la fin des années 1990. Les terres restent collectivisées, même si les paysans ont retrouvé la liberté de décider.

            -1
      • C’est effectivement seulement l’emballage qui change, mais c’est beaucoup.
        Quand le dinosaure Mitterand « nationalise » le Crédit Lyonnais (qui foire -évidement- mega quelques années plus tard) le public entrevoit brièvement la lumière et se dit que décidément l’économie d’état ne fonctionne pas.
        Pour éviter que cette situation fort dangereuse ne se reproduise, les étatistes procèdent plus subtilement de nos jours.
        Ainsi, les grandes banques françaises -et les autres- sont maintenant, de facto, beaucoup plus controlées par l’état que le CL ne l’était à l’époque de Mitterand (au travers de millers de kilos de règlements absconds, de la BCE qui fabrique leur pognon etc. etc.) avec tous les effets pervers qu’il serait trop long d’énumérer ici, alors que l’état n’en est pas officiellement propriétaire.
        Ce qui permet aux différentes polices de l’opinion de continuer à faire porter le chapeau de toutes les crises aux méchants-capitalistes- avec-cigares auprès d’un public abusé par cette mise en scène.
        C’est le « c’est moi qui pète et c’est lui qui pue » revisité par les étatistes!

    • On ne saurait faire plus judicieux rappel que vos définitions.
      Toutes celles qui ne s’y apparentent que de loin peuvent être suspectées de vouloir embrouiller le lecteur, au profit d’une vision idéologique qui ne voudrait pas dire son nom.

        • Ah non, j’ai compris de travers, j’ai mal vu à quelle message vous répondiez. Désolé d’embrouiller les lecteurs. C’est mon inconscient marxiste qui croit en la lutte des classes qui me joue des tours. Je ne prône pas un système économique, je défends la propriété ( usus, fructus et abusus ) et la liberté non pas absolue mais restreinte par les limites que son autrui et Sa propriété, je suis libéral ( d’extrême gauche si ça fait plaisir à certains) , certainement pas un défenseur du système économique capitaliste, ni de celui de la Chine, ni de celui des E.U, ni de celui de l’Allemagne sous le joug de la dictature, vu que visiblement toussa c’est pareil, c’est du capitalisme après tout, ça génère du profit, y’a bon profit.
          Nan mais sérieux, ça fait pas tilt à un moment le terme de propriétaire ! Une terre peuplée de propriétaires libres, ça aurait de la gueule. Les planistes pourraient toujours planifier leur vie si ils s’ennuient de ne plus pouvoir planifier la mienne.

          • Exactement, moi aussi je me définis par ce qui est ma propriété (moi, mes biens, etc.) et dont j’attends d’autrui qu’il le respecte comme je le respecte chez lui. Un capitaliste, qu’est-ce donc ? Des moyens de production ? En six jours, le Tout-Puissant créa la Terre et les Cieux, l’Homme, les Plantes et les Animaux, le 7e jour Il se reposa, et le lundi suivant Il créa les moyens de production pour répondre aux syndicats qui Lui demandaient des moyens ? Quel que soit le système, il se détermine essentiellement par la manière dont traite la propriété, dont la liberté n’est que la manifestation.

        • Pour info, je répondais à l’excellent post de JB.
          Et n’ayant pas compris grand-chose à votre correctif, n’ayant sans doute pas cherché à le faire, je m’en tiendrais à votre sympathique emoji.

          -1
    • non de fait il yen a plusieurs… et surtout n’oublez pas que nous vivons selon les anticapitalistes dans une société capitaliste ..bien que..la santé l’education etc etc .

      non il faut en revenir au concret..en effet..
      propriété privée..et liberté économique des individus..

      • Toutes les caractéristiques du capitalisme, le salariat, la concurrence, la recherche du profit, de l’innovation, l’accumulation du capital, etc. découlent de la définition : la propriété privée des moyens de production. Tant qu’elle existe, c’est-à-dire qu’un individu ou un groupe peut créer et posséder une entreprise, ou acheter, posséder et vendre une terre, on est dans le capitalisme. Encore une fois, ce n’est qu’un mode d’appropriation des moyens de production, ie le mode privé.
        Maintenant que dans la réalité cette appropriation privée ne soit pas étendue à tous les moyens de production, que l’Etat en possède ou en contrôle une bonne partie, on est bien d’accord. C’est pour ça que j’ai parlé de systèmes mixtes.
        Même en France, un des pays les plus étatisés de la planète, une étatisation délirante source de la plupart de nos maux, on a une économie capitaliste. En Corée du Nord ou à Cuba, où tout appartient à l’Etat, une économie socialiste.
        Socialisme au sens originel, au sens économique, ou socialisme réel : la collectivisation des moyens de production par l’Etat.
        Pas socialisme au sens politique, comme dans PS, où là, c’est tout autre chose, une forme de social-démocratie, qui accepte la propriété privée des moyens de production.

        • Le seul problème dans toutes vos définitions c’est que « propriété » n’est pas défini ou pas clairement.
          Suis-je propriétaire si je ne peux pas décider réellement de l’usage d’un bien ? Suis-je propriétaire si je reçoit une part du profit que « mon » bien produit ? Dans ce cas, les fonctionnaires de la poste sont propriétaires de leur entreprise publique, les salariés de leur entreprise, etc.
          Habituellement, comme rappelé à plusieurs reprise, la propriété d’un bien est définie par le concentration de l’usus (j’ai le droit d’user comme je veux du bien), le fructus (je reçoit ce que produit mon bien, en négatif ou positif) et l’abusus (je peux le détruire, le saccager, si l’envie m’en prend, m’en séparer d’une façon ou d’une autre). Il me semble que dans un contexte « planiste » seul le fructus reste… c’est à dire à peine 1/3 du droit de propriété. Le tiers qui ne contient finalement pas de liberté.

          Dommage en fait, ça aurait fait bien de parler de capitalisme dans l’Allemagne nazie, mais ça n’avait que l’habit, et de très loin. Un peu comme dans la France d’aujourd’hui si on n’est pas du bon côté de l’État : on fait semblant de vous laisser être propriétaire de votre logement, mais c’est seulement pour assumer l’entretien etc. Sinon vous ne pouvez le vendre que sous contrôle, le transformer que sous contrôle et on peut toujours faire une loi pour vous imposer de ne pas en jouir par ce que les gentils squatteurs, ils ont froid l’hiver. Mais par contre, s’ils se blessent parce que le bien n’est pas « entretenu assez bien », faudra casquer, vous êtes « propriétaire », après tout !

          • Bien d’accord, la propriété est en butte à des attaques multiples, surtout dans un pays ultra étatisé et étatiste comme ici.
            Mais ces définitions ne servent qu’à poser un cadre.
            En outre il reste une différence énorme entre des pays comme Cuba et la Corée du Nord où tout est collectivisé, et les pays à capitalisme de marché en dépit de leur degré plus ou moins marqué d’étatisation.

  • Bonjour,

    Quelle nouvelle de ce bon matin, on découvre que des libertariens qui ne supportent pas le capitalisme de connivence (point 2, le point 3 n’étant que la conséquence du point 2) sont maintenant marque au fer rouge (de gauche).

    Il n’y a pas de libertariens de gauche ou de droite, Le point 1 est ce qui réunis les libertariens avec un état réduit a sa plus simple expression.
    Le point 2 n’existe que par le fait que l’état outrepasse son rôle.

    • Bah, moi je me revendique de plus en plus de gauche, ça marche bien avec les nanas.

      • Parlons d’échange libre donc également de consentement avec l’autre moitié de l’humanité, cela n’est pas renier la propriété, la liberté et la responsabilité et ce n’est ni être de gauche ni être de droite, c’est seulement un bon comportement d’échanger librement et justice d’avoir le droit de ne pas y consentir lorsqu’on n’y consent pas.
        Nous sommes peut-être de gauche, comme si cela avait de l’importance lol, mais nous sommes libéraux et défendons l’individu et sa propriété quelque soit les opinions, la couleur, le sexe ou la religion de cet individu.

  • Je remarque qu’on peut tout à fait être capitaliste et ne pas être libéral. Il suffit de regarder la liste des capitalistes les plus riches, ou même des moins riches, pour s’en convaincre.
    On peut même prôner le capitalisme, être socialiste et président des E.U., preuve que le terme ne veut plus rien dire.
    J’ai un ami, propriétaire de son entreprise ( il détient tout le capital ) et je vous assure qu’il vote socialiste, à des opinions de socialiste, et me casse les oreilles avec l’intérêt général et la redistribution et que pour rien au monde il n’accepterait de recevoir ses ordres d’un commissaire au plan. Allez comprendre !
    Comme beaucoup de gens, il est libéral avec sa propriété et socialiste avec celles des autres. Je lui propose bien de devenir philanthrope, mais bizarrement il préfère que tout le monde passe à la caisse de la redistribution, y’a pas de raison qu’il n’y ait que lui. Tant d’altruisme m’enchante ( mais il est sympa quand même, très accueillant, très bon entrepreneur et possède un talent incroyable pour créer de la richesse. Nul n’est parfait. Nous nous aimons beaucoup, même si tout nous oppose, nos cœurs ont certainement leurs raisons que nos raisons ignorent. C’est tout le charme de la vie. )

  • La liberté des marchés a tué l’Ancien Régime avec la spéculation sur les grains, donc la farine et le pain, follement tolérée par Turgot en période de mauvaises récoltes au nom d’un libéralisme borné, même logique mortifère avec la crise de 1929 qui combine folle spéculation et laisser-faire comme soi-disant remède à la crise, ce qui a surtout réussi à favoriser l’arrivée au pouvoir d’Hitler, et depuis trente ans et les crises spéculatives successives le capitalisme mondial ne survit qu’à coups de rachats massifs d’actifs par les banques centrales, Maurice Allais, prix Nobel d’économie bien sûr, a été bien seul à alerter contre cette cavalcade mortifère sans fin de dettes et spéculation, je désespère donc que se mette enfin en place un système bien plus constructif et responsable de maximum des prix avec abondement des salaires par la banque centrale et protectionnisme constructif pour créer des marchés nationaux circulaires qui profitent le plus possible à tous dans la recherche d’un maximum d’indépendance et de prospérité nationale auto-engendrée par chaque pays au moins pour ses besoins les plus essentiels.

    -1
    • Le refus de la spéculation, c’est la fin de tout ce qui distingue l’homme du végétal. Oui, il y a eu des crises, des famines, des massacres, des injustices, etc. Cependant, il serait bien prétentieux d’en attribuer la cause à la liberté des marchés : ça voudrait dire que certains sauraient, par leur régulation éclairée des marchés, faire mieux. Or tous ceux qui s’y sont essayés ont jusqu’ici fait pire !

    • Ah, oui, l’esclavage c’est tellement plus civilisé que ce sauvage capitalisme où (pour reprendre directement St Paul) « celui qui ne travaille pas (ou plutôt ne contribue pas à l’intérêt des autres) ne mange pas »…

  • 2 eme definition le capitalisme ne peut exister sans grande entreprise ..
    troisième définition, domination.. c’est à dire? par les capitalistes ceux qui possèdent les parts des entreprises..ça peut se traduire par faire ce qu’on veut de sa propriété;. notez que l’idée de domination par un groupe pose question , le groupe devant alors avoir un interet commun….

    ce n’ets pas un hasard si le le terme capitaliste est prioritairement utilisé par des idéologues..

    mais notez ça vaut pour libéral…en revenir à ce qui importe… qu’est ce qui est faux ou injuste…

    je ne suis pas libéral, j’aspire à vivre le plus libre possible, dans une société ou la violence non légitime est combattue.. je veux être le maitre de mes aliénations, donc les celles à l’état et la loi, autrement dit ce n’estpas un hasard non plus si l’homme qui aspire à la liberté finit par voter avec sa valise…

    la liberté va avec le risque mais aussi le minimum de lois…
    la démocratie qui est une firme de tyrannie doit être discutée pour être remise à sa place…

    la croissance , le taux de chômage, l’industrialisation , l’éducation, le taux de vaccination, la longévité , la mortalité infantile le climat ou l’environnement la religion le sexe, et le mariage ne sont pas l’affaire de l’état.

  • Quelques éléments de réflexion :
    – Le capitalisme est un homme de paille inventé pour draguer les pauvres à une époque de scrutin censitaire (fin XIX°).
    – Les états actuels ne peuvent s’empêcher de mettre leurs doigts partout, en particulier dès qu’il y a des sous.
    – La définition actuelle de la propriété est de droit positif (usus, abusus, fructus), donc régie par l’Etat.
    – Il existe une autre définition de la propriété basée sur l’utilité sociale : ce qui n’a pas de propriétaire disparaît rapidement parce que personne n’en prend soin.
    – Le choix de cette 2° définition vs la précédente est ce qui définit idéologiquement la droite depuis que l’on a introduit la démocratie et la lutte des bons contre les méchants.
    – Enfin, un échange enrichit toujours les 2 parties, peut être de façon inégale, et donc l’autarcie (made in France, coopérative, locavore, soviet, kolkhozes, etc…) est à la fois le summum de l’égoïsme et le meilleur moyen de s’appauvrir, mais surtout d’appauvrir les autres. (sur ce dernier point, la « droite » ferait bien de faire la morale, au lieu de subir des leçons de culpabilité en s’apitoyant sur son sort)

  • L état n est même pas capable de faire respecter le droit des citoyens,d ailleurs c’est lui le premier spoliateur .
    Comment lui faire confiance pour l économie.
    Donc passons nous de l état sur tout le sujets.

  • Les commentaires sont fermés.

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