« Hourré Poutine ! »

Crimée Poutine (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

Le regard de René Le Honzec.

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« Hourré Staline » hurlaient les milliers de soldats soviétiques montant à l’assaut des lignes allemandes (nazies) dopés par leur patriotisme et l’ordre 270 qui assimilait tout prisonnier à un déserteur et permettait de fusiller sa famille. Non, aucun rapport avec Poutine, mais on ne peut comprendre la Crimée et son « oui » à 93% à la réunification avec la Mère Russie sans passer par l’Histoire. Les hurlements démocratiques de l’Europe sont à rapprocher avec la collaboration de celle-ci avec l’Union Soviètique : le premier gaz russe, c’était avec Raymond Barre, indifférent aux détenus utilisés sur les gazoducs. Avec la proximité constante et persistante avec l’idéologie communiste : c’est juste après l’invasion de l’Afghanistan que Mitterrand installe des ministres du PCF au pouvoir. Avec la marxisation des esprits à travers une université qui engageait et défendait un kapo des camps de concentration Viet-Minh (Bourdarel). Avec le noyautage des institutions, des syndicats, de l’information par les groupuscules trotskystes (hein, Jospin, Dray, Plenel).

Poutine a commis le crime infâme d’infidélité à la vulgate marxiste, il est celui qui a liquidé définitivement et sans regret l’URSS pourrie pour renouer avec le patriotisme russe, horreur absolue, ce nationalisme qui hérisse, par exemple M. Sorman. Avec une économie tournée vers le libéralisme, bien entendu en tenant compte d’un contexte de soviétisme qui colle aux basques des entrepreneurs : que l’on songe aux difficultés de la création d’un cadastre, de la création du concept de propriété privée, etc. Mais avec un projet affirmé et des idées pour le mener à bien, avec l’aide de son double Medvedev. Et une économie qui décolle.

Il faut penser aussi au traitement médiatique subi par Lech Walesa, authentique prolétaire catholique et anti-communiste, par tous ces compagnons de route du marxisme installés derrière les écrans d’informations chez nous.

La Crimée, donnée par un satrape communiste sans consultation, s’est vue proposer, à l’occasion d’une convulsion socio-économique ukrainienne, de rejoindre la « Mère Patrie », et elle a dit oui à 93%. Horreur démocratique ! Ah, oui, les « vrais » « Criméens », ces pauvres Tatars musulmans dont la seule contribution à l’Europe a consisté à nous envoyer la Grande Peste Noire de 1347 : que l’Europe et surtout la France s’intéressent à leurs minorités et ratifient, par exemple, la Charte Européenne des Droits des Langues Minoritaires ?

Enfin, et surtout, l’Europe a cessé de pouvoir donner des leçons quand elle a procédé au dépeçage guerrier  de la Yougoslavie sur des critères purement ethniques, créant même l’affaire du Kosovo et l’État mafieux qui s’ensuivit. Quant a Obama, moi, si américanophile, il me fait détester cette Amérique arrogante qui s’arroge le droit du plus fort de prétendre intervenir dans des affaires « européennes », comme d’ailleurs au Kosovo. Je suggère à Poutine de signer des accords de défense avec le Mexique. J’ai honte de la nullité de l’Europe, et je cris « Hourré Poutine ! »