Radicalisme écologiste : Pourquoi tant de haine ?

Yves Cochet à l'INSA de Toulouse (Crédits Guillaume Paumier, licence Creative Commons)

Préfacé par Yves Cochet, un ouvrage collectif d’écologistes radicaux préconise sans complexe un malthusianisme débridé. Terrifiant.

Par Thierry Levent.

yves-cochet
Pour Yves Cochet, député EELV, sauver la Terre exige de punir les hommes. Beau programme.

 

Les écologistes tutoient les sommets. Si, si c’est possible… mais dans le pire. Un collectif d’humanistes pur jus, vient de publier un ouvrage inoubliable préfacé par Yves Cochet, qui est une ode à un malthusianisme débridé et pour tout dire décomplexé1. Benoît Rayski en a fait une analyse impitoyable2.

De grands humanistes à l’œuvre

moins nombreuxL’écolocentrisme a fait la peau de l’anthropocentrisme, l’homme prolifère et est coupable de tout. Cette idée était déjà défendue par Hans Jonas, philosophe prophétique des écolos3.

Le Saint commandant Cousteau, icône des poissons et des crevettes, préconisait de réduire la population de 300.000 personnes par jour4 sans nous préciser les moyens. À sa disparition, la Terre s’en est remise, mais son fidèle second, Yves Paccalet, commit un ouvrage humaniste inoubliable5 (encore un) et nous affirmait que « la disparition de l’homme, au fond serait une bonne nouvelle ».

Autre amoureux d’homo sapiens, Philippe d’Édimbourg, déclarait en 1998 à l’agence de presse Deutsche Agentur : « Si je devais être réincarné, je voudrais que ce soit sous la forme d’un virus mortel afin d’apporter ma contribution au problème de la surpopulation ». Rappelons que ce cher Philippe est l’un des fondateurs du WWF, ONG adoratrice du Saint Panda.

Toujours plus fort et nettement plus viril, James Loverlock, le père de l’hypothèse Gaïa, s’est prononcé pour une réduction de la population mondiale à 500 millions d’individus. Plus social, Yves Cochet proposait en 2009, une inversion du montant des prestations familiales à partir du troisième enfant au motif qu’un nouveau-né « aurait un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York6. » Tant pis pour l’aéronautique et les gamins parasites.

Un allumé sévère tendance radicale affirmait que le véritable écologiste est celui qui ne laisse aucune trace de son passage sur Terre. Toujours la célèbre empreinte carbone…

Les faits

Nous sommes loin de ses prédictions apocalyptiques malthusiennes de Paul Erlich. « Le XXI° siècle ne sera pas celui d’un prétendu surpeuplement, mais celui d’un phénomène inédit par son ampleur : le vieillissement de la population. La transition démographique, passage d’un régime de forte natalité et de mortalité élevée à un régime de basse mortalité puis de faible natalité, est portée par les progrès techniques, économiques, sanitaires et par de meilleurs comportements sanitaires. La croissance démographique des deux derniers siècles n’est nullement due à une augmentation de la natalité ou de la fécondité, mais à la diminution de la mortalité. Les populations adaptent leur comportement de fécondité aux changement structurels de la mortalité et entrent dans la seconde étape de la transition démographique, celle de la décélération, baisse du taux de natalité dans le monde de 45% en 25 ans, baisse de la fécondité mondiale de 44% sur la même période, baisse du taux d’accroissement et du solde naturel7. »

L’urgence alimentaire est évidemment mise en avant pour justifier la réduction des populations sauf que « les géographes sont unanimes pour dire que la planète est loin d’avoir atteint ses possibilités maximales en termes de production alimentaire8. » La Terre est largement suffisante pour nourrir la population mondiale, le problème se situant plus au niveau de l’accessibilité et de la répartition que de la production. Le réchauffement climatique qui se fait attendre, permettrait en outre d’augmenter les surfaces cultivables, la Russie voyant d’ailleurs d’un très bon œil cette éventualité.

Tentative de réflexions philosophico-sociologiques

Jacques Julliard s’inquiète de « La réintroduction en contrebande d’une philosophie irrationaliste, anti-industrialiste, réactionnaire, à relent fasciste9 en parlant de l’écologie politique qui découle d’une conception romantique de la nature et d’un refus des lumières. Elle est une philosophie conservatrice, empreinte de pessimisme. « Le radicalisme écologique ambiant ne serait-il pas une mode, une idéologie dans l’air du temps, tout comme le fut le marxisme durant une époque ? Un faisceau d’indices va dans ce sens10. »

Il existe en outre au sein du mouvement écologiste, des courants ouvertement antisémites11. Rappelons pour mémoire, que la structure fondatrice des Verts allemands en 1980, l’AUD, comprenait un nombre important de militants de la droite radicale. Ces derniers ont participé à l’élaboration du programme des Verts12, et à la revue, Die Grünen, qui a été dirigée un temps par les néo-droitiers allemands.

Des écologistes suisses mettent en œuvre le partage citoyen, mais en militant pour l’entre soi[L’homme-phobie.]. Tout en se défendant de xénophobie, ils s’inquiètent que les migrants atteignent le même niveau de vie que les Suisses car ce développement n’est pas durable à la longue. C’est donc du principe de précaution appliqué : que les pauvres restent pauvres car nous ne sommes pas certains que leur enrichissement soit bénéfique  pour la Terre.

Conclusion

Sauvons la Terre et punissons les hommes, beau programme. Merci Monsieur Cochet.

  1. Collectif, Moins nombreux, plus heureux. L’urgence écologique de repenser la démographie, Éditions le Sang de la Terre, 2014.
  2. Qu’est-ce qu’il y a de plus con qu’un écologiste ? Douze écologistes, Atlantico, 7.03.14.
  3. Hans Jonas. Le principe de responsabilité, « Champs », Flammarion, Paris , 1998.
  4. Courrier de l’Unesco, novembre 1991.
  5. Yves Paccalet, L’humanité disparaîtra, bon débarras, Éditions Arthaud.
  6. Gilles Finchelstein, La dictature de l’urgence, Éditions Fayard, 2011.
  7. Gérard-François Dumont, in Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête, 15 grands scientifiques géographes nous rassurent sur notre avenir, Éditions Lattès, 2010.
  8. Gérard-François Dumont, op. cit.
  9. Le Nouvel Observateur, 3 décembre 2009.
  10. Stéphane François, L’écologie politique, Une vision réactionnaire du monde ? Éditions du CERF, 2012.
  11. Gilles Finchelstein,, op.cit.
  12. Pierre Milza, L’Europe en chemise noire, Les extrêmes droites en Europe de 1945 à nos jours, Fayard, 2002, p. 219.