Nous exportons l’inflation, puis la récession

À l’euphorie de la drogue monétaire succède maintenant l’angoisse du sevrage.

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Nous exportons l’inflation, puis la récession

Publié le 27 février 2014
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Par Jean Yves Naudet.
Un article de l’aleps.

planche_a_billetIl y a un fantasme et une réalité. Le fantasme, c’est celui de la déflation, qui menacerait le monde développé. Nous l’avons dénoncé ici même (« Un spectre hante l’Europe : la déflation »). La réalité, c’est celle de l’inflation, qui touche les pays émergents. Cette inflation, nos banques centrales en sont responsables. Maintenant elles envisagent de changer de politique en fermant progressivement le robinet monétaire, mais ce faisant elles perturbent un peu plus les économies des pays émergents, jusque-là florissantes. De quoi nous rappeler qu’on ne doit pas jouer avec la création monétaire.

Inflation ? Déflation ?

Il n’y a pas d’exemple de création monétaire massive qui n’ait provoqué une inflation. La situation actuelle pourrait donc sembler paradoxale : le laxisme monétaire est la règle dans les pays développés. Les banques centrales fixent des taux directeurs quasi-nuls et pratiquent des politiques monétaires non-conventionnelles, telles que le « quantitative easing ». Que deviennent les contreparties de la masse monétaire gonflée au point de doubler, voire de tripler ? Les banques centrales ont racheté directement ou indirectement de la dette publique, de sorte que la garantie du dollar ou de l’euro est faite de créances sur le trésor américain ou sur les États européens

Dans ces conditions, les liquidités créées n’ont pas été injectées dans le circuit de la consommation ou de l’investissement privé, ce qui explique que les tensions inflationnistes ne sont pas (encore) apparues. Est-il pour autant justifié de parler de déflation ? Les derniers chiffres de l’OCDE font état d’une hausse des prix en un an (novembre 2012 à novembre 2013) de 1,5% pour la moyenne de l’OCDE, de 1,3% pour le G7, de 1,0% pour l’Union européenne. Ce n’est pas une déflation, mais ce n’est pas non plus, reconnaissons-le, l’hyper-inflation qu’on aurait pu craindre.

Mais devons-nous être totalement rassurés ?

Risque de bulles spéculatives

Le premier phénomène à prendre en compte, c’est l’apparition de bulles spéculatives. Pour qu’elle ait lieu, il ne suffit pas qu’il y ait des spéculateurs, il faut qu’il y ait des raisons et des moyens de spéculer. Ces moyens sont massivement fournis par les banques centrales, qui poussent la création monétaire et le crédit qui en découle. La crise des subprimes vient de là, de même que les diverses crises et bulles immobilières que l’on a vu éclater ici ou là. À d’autres moments, la bulle concernait les métaux précieux, comme l’or, qui a avoisiné les 2000 dollars l’once, avant de retomber. Les marchés financiers sont aussi touchés par ces phénomènes, ils montent sans raison objective apparente, puis la bulle éclate et les cours chutent. L’inflation est un phénomène complexe et multiforme : une hausse artificielle d’actifs financiers ou réels c’est aussi de l’inflation.

L’inflation touche les pays émergents

Un deuxième phénomène à considérer, c’est que nous exportons notre inflation. Lorsque les Américains, du joli temps du système de Bretton Woods (changes fixes), pratiquaient le laxisme monétaire, on disait qu’ils exportaient leur inflation et lorsqu’ils resserraient le robinet et pratiquaient une rigueur excessive, on disait qu’ils exportaient leur récession. Depuis, la mondialisation financière s’est développée et les capitaux circulent d’un pays à l’autre.

C’est heureux si ces capitaux représentent la contrepartie d’une réalité économique, ça l’est moins quand ils ont été créés massivement par le laxisme des banques centrales. Toujours est-il que ces liquidités sont allées massivement s’investir dans les pays émergents.

Elles ont contribué à la hausse des taux de change des monnaies de ces divers pays, ils ont entraîné des investissements massifs qui ont poussé la croissance déjà très rapide au point de faire naître dans les pays émergents un risque de surchauffe.

Le résultat c’est que l’inflation, qui ne s’est pas produite chez nous, s’est produite chez eux. Qu’on en juge. Selon l’OCDE, pour les douze derniers mois connus, l’inflation a atteint 10,5% en Argentine, 11,5% en Inde, 8,4% en Indonésie, 5,8% au Brésil, 5,3% en Afrique du sud, 7,3% en Turquie, 6,5% en Russie, que l’on peut classer dans les pays émergents, en tous cas dans les BRICS. Reste le cas de la Chine, qui n’en est qu’à 3,0%, mais qui avait connu une forte inflation (5,4% en 2011), avant de pratiquer une politique de lutte contre la hausse des prix ; au demeurant l’inflation salariale y reste forte. Difficile pour tous ces pays de parler de déflation !

Et maintenant, allons-nous exporter notre récession ?

Partout la croissance des pays émergents s’est ralentie. Les économies sont de plus en plus interpénétrées, de sorte que la récession en Occident a impacté les pays émergents, touchés pour une partie de leurs débouchés. Bien, sûr, leur croissance reste sans commune mesure avec la nôtre, mais avec 7,5% en Chine ou 5,4% en Inde, on est loin des 10 ou 8% de la période précédente. Mais le plus grave n’est pas là.

Il a suffi que les États-Unis annoncent qu’ils seraient un peu moins laxistes sur le plan monétaire (75 milliards par mois d’achats d’actifs au lieu de 85, puis 65 en février) pour que chacun anticipe un resserrement progressif : les marchés anticipent la fin du robinet à dollars et sa fermeture progressive. On se demande si la Banque Centrale Européenne suivra le même chemin. Ainsi à l’euphorie de la drogue monétaire succède maintenant l’angoisse du sevrage.

On finit par se rendre à l’évidence : les bulles inflationnistes et boursières n’étaient que des bulles, elles sont sur le point de crever. Le résultat se constate de jour en jour : après avoir artificiellement monté, le cours de devises telles que le peso argentin, la lire turque, le real brésilien ou la roupie indienne s’effondre. Les marchés boursiers de ces pays suivent le même chemin. Réajustement légitime après des excès en sens inverse ? Peut-être, mais réajustement douloureux et dangereux. La fragilité des pays émergents se fait sentir à son tour sur les pays développés, dont les bourses sont impactées.

Ne pas laisser les banques centrales jouer avec la monnaie

Le sevrage peut être aussi nocif que l’overdose.

Inquiets de voir les capitaux s’enfuir, prenant le chemin inverse des années précédentes, certains pays comme l’Argentine ou la Russie, prennent des mesures protectionnistes. Ils ont restreint les achats en ligne à l’étranger, pour freiner l’exil des capitaux. Si la tentation pour s’en sortir était de récréer un protectionnisme, monétaire puis commercial, les dommages seraient alors considérables pour tous.

Nous entrons à nouveau dans une zone dangereuse, avec les risques du repli, en attribuant l’inflation puis la crise financière à la mondialisation. Certes, l’inflation puis le retournement sont bien venus de l’extérieur mais la responsabilité en incombe essentiellement aux seules banques centrales pratiquant des politiques monétaires actives, conjoncturelles et artificielles. Comme le disait Friedman : « rien n’est moins important que la monnaie… quand elle est bien gérée ». Faute de gestion rigoureuse, les monnaies occidentales dominantes perturbent la mondialisation et tous les pays, émergents comme très développés, peuvent lourdement payer les erreurs des banques centrales. Comme le précisait encore Friedman : « La monnaie est une chose trop sérieuse pour la laisser entre les mains des banques centrales. »


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  • Les banques ne prêtent pas leurs réserves. Maintenant vous pouvez réécrire votre article a la lumière de cette découverte.

    • @Henri

      Pouvez-vous être un peu plus explicite?

      • La création monétaire vient des banques privées, et les opérations de la banque centrale ne concernent que les réserves, qui ne circulent jamais dans l’économie réelle. Cet article ne comprend pas le fonctionnement du crédit bancaire, et par extension les phénomènes d’inflation. La banque centrale ne peut pas décider de masse monétaire, juste essayer de l’influencer.
        TL;DR: le « loanable funds market » ça n’existe pas, pas plus que le multiplicateur

        • La BCE « influerait » la création monétaire avec des taux directeurs très bas n’est ce pas ?
          Elle ne crée pas l’inflation mais l’encourage fortement.
          Quid des banques privées ? Ne sont elles pas réticentes a contrario à accorder des crédits ? (ce pourquoi la BCE répond en baissant ses taux).
          La création monétaire est ppur ainsi dire entre les mains d’institutions privées.

          • Le taux directeur bas permet juste au marché interbancaire d’être liquide, et donc aux banques commerciales de faciliter le crédit; mais si la demande de crédit par le secteur privé n’est pas là, comme c’est le cas dans une crise, cet effet d’incitation est très faible voire inefficace (on l’a vu en 2008). Le problème vient de la demande et non pas de l’offre de crédit: une banque peut toujours accorder des crédit dans la mesure où elle peut se refinancer sur les marchés interbancaires, mais ça ne donne pas confiance en l’avenir aux clients pour autant.
            Les banques centrales ne savent donc pas enrayer un épisode déflationniste de manière efficace: même avec des séances de QE, le chômage est toujours au plus haut (normal, le taux d’intérêt qui correspondrait au plein emploi est négatif). Les tentatives de réduction du déficit public contribuent par ailleurs à diminuer encore la masse monétaire, et donc à la pression déflationniste qui crée du chômage involontaire.
            A l’inverse, l’inflation n’est absolument pas un problème car on sait très bien la calmer: il suffit de monter les taux d’intérêt et les impôts, et que la banque centrale vende des OAT qu’elle avait neutralisés lors d’un QE (qu’elle fasse un QE à l’envers, donc).
            La création monétaire est en effet aux mains du secteur privé: la monnaie est endogène, la banque centrale n’a qu’une action à la marge sur elle, via les réserves bancaires. C’est pourquoi il est complètement absurde de crier à l’inflation en parlant des banques centrales: c’est bien ne pas comprendre que la monnaie est endogène, pas exogène.

            • Je souscris à l’idée que la monnaie est endogène. Cela étant, l’Etat EST un des élément du système de création monétaire, même en régime de banque centrale indépendante. C’est même de très loin le principal, compte tenu de son endettement colossal.
              La création monétaire N’est PAS aux mains du secteur privé : le secteur privé crée de la monnaie, oui,et même beaucoup, mais c’est de la monnaie et très très solide (il y a des actifs valables derrière : des entreprises qui fonctionnent, des maisons utiles, etc. ) et à vitesse de circulation très très lente e, qui a très peu d’effet monétaire

            • « Les banques centrales ne savent donc pas enrayer un épisode déflationniste de manière efficace »
              La deflation. c’est la purge du malinvestissement, enrayer la deflation, c’est enrayer le nettoyage du systeme, ca ne peut donc jamais etre efficace

              « même avec des séances de QE, le chômage est toujours au plus haut »
              je dirais plutot a cause des seances de QE

              « normal, le taux d’intérêt qui correspondrait au plein emploi est négatif »
              bizarre, d’autres pays comme la suisse ont le plein emploi sans avoir de taux negatifs. Les fables keynesiennes sur les taux negatifs ne sont pas tres realistes. On a baisser les taux, 6 ans plus tard l’europe est toujours au bord de la recession, mais c’est surement parce que l’equilibre de l’economie n’est possible qu’avec des preteurs qui paient les emprunteurs pour emprunter… n’importe quoi

              « A l’inverse, l’inflation n’est absolument pas un problème car on sait très bien la calmer »
              sur, le 20 ieme siecle en est la preuve: republique de Weimar, USD qui perd 99% de sa valeur, stagflation des annees 80… sur, on maitrise.

              « La création monétaire est en effet aux mains du secteur privé: la monnaie est endogène, la banque centrale n’a qu’une action à la marge sur elle, via les réserves bancaires. C’est pourquoi il est complètement absurde de crier à l’inflation en parlant des banques centrales: c’est bien ne pas comprendre que la monnaie est endogène, pas exogène. »

              Allez dire ca aux habitants du Zimbabwe

            • @P En fait par monnaie il faut comprendre « unité de compte », et c’est bien endogène: chaque individu peut émettre des chèques et, tant qu’ils ne sont pas encaissés, localement augmenter la masse monétaire. Idem avec des produits financiers, du crédit pour les banques, les monnaies virtuelles, etc.

              @F. Bastiat Le « malinvestissement » traduit une hypothèse erronée qu’est l’ABCT, cf http://pragcap.com/understanding-why-austrian-economics-is-flawed par exemple. la déflation ne purge rien, elle détruit le tissu économique, fout plein d’innocent au chomage, et pousse les extrêmes au pouvoir. Parfait outil pour tout anti-libéral avec des ambitions politiques.

              « je dirais plutot a cause des seances de QE » Sauf votre respect, c’est bien la preuve que vous ne comprenez pas ce qu’il se passe, cf http://econbrowser.com/archives/2014/02/birthers-stimulus-deniers-and-economic-myths

              « d’autres pays comme la suisse ont le plein emploi sans avoir de taux negatifs » Bien évidemment ils n’ont pas d’outpout gap, leur taux d’équilibre y est donc positif, leur système est sain.

              « On a baisser les taux, 6 ans plus tard l’europe est toujours au bord de la recession » Bien sur, l’output gap n’est pas résorbé !

              « republique de Weimar » Dette libellée en devise étrangère

               » USD qui perd 99% de sa valeur » … et pouvoir d’achat qui n’a jamais monté aussi vite.

              « stagflation des annees 80 » 70, et c’est une histoire démographique: http://www.interfluidity.com/v2/4706.html

              « … sur, on maitrise. » demandez à Volcker

              « Allez dire ca aux habitants du Zimbabwe » Et vous allez lire sur ce qu’est une hyperinflation:http://pragcap.com/understanding-hyperinflation 🙂

            • « Le « malinvestissement » traduit une hypothèse erronée qu’est l’ABCT »

              je ne vois aucun argument dans votre lien qui remette en question l’ABCT, juste les poncifs habituels… l’Etat pourrait depenser aussi bien que les individus? Mais pourtant qu’elle legitimite a-t-il pour influencer l’allocation du capital dans l’economie? Ce qui detiennent les capitaux les ont recus (la plupart du temps) dans le cadre d’un marche libre, ce sont donc les individus qui ont decide par la somme de leurs choix individuels ou le capital devait se diriger, entre les mains de quels individus il devait se concentrer. L’intervention de l’Etat dans l’economie, ou la poursuite d’une politique monetaire par une banque centrale, vont donc necessairement se traduire par une reallocation sous optimale du capital, puisque pas decide librement par les individus.

              « Sauf votre respect, c’est bien la preuve que vous ne comprenez pas ce qu’il se passe »
              le QE consiste (consistait) en l’achat d’UST et de MBS, donc desincite l’Etat a reduire son deficit, donc in fine augmente la depense publique. Or un emploi public detruit au moins 2 emplois dans le prive, par la concurrence deloyale qu’il genere, par les impots supplementaire (present ou a venir) qu’il engendre…

              « Bien évidemment ils n’ont pas d’outpout gap, leur taux d’équilibre y est donc positif, leur système est sain. » votre raisonnement est une tautologie. Il n’integre pas non plus le fait que des taux plus bas ne signifie pas forcement un chomage plus bas, car dans une economie ou le capital fournit une part importante du PIB (en augmentant la productivite, en generant des revenus), il genere plus d’emploi quand il est mieux remunere. L’output gap est un concept fumeux qui en represente rien de concret.

              « et pouvoir d’achat qui n’a jamais monté aussi vite »
              le pouvoir d’achat augmentait plus vite au XIX siècle Durant les episodes de croissance deflationiste. Il augmente aujourd’hui encore grace aux secteurs deflationistes, qui fournissent innovation et emplois. Par contre, les secteurs dans lesquels l’Etat depense (grace entre autre au QE qui monetise la moitie du deficit americain) sont ceux ou l’inflation est la plus forte (education, sante, securite).

              « Et vous allez lire sur ce qu’est une hyperinflation »
              sur, je vais aller apprendre ca sur votre site de propaganda anti-ABCT
              vous, expliquer moi comment avoir une hyperinflation en dehors d’un systeme de monopole de la creation monetaire par une banque centrale.

            • « je ne vois aucun argument dans votre lien qui remette en question l’ABCT » C’est que vous ne l’avez pas lu, où que c’est l’idéologie qui parle. L’ABCT se fonde sur l’existence du « loanable funds market », qui n’existe pas puisque la monnaie est endogène. Dès lors, si vous refusez d’en tirer la conclusion logique qui s’impose, ce n’est pas le site en question qui pose problème.

              « l’Etat pourrait depenser aussi bien que les individus? » Pas nécessairement, mais ce n’est pas la question ici.

              « le QE consiste (consistait) en l’achat d’UST et de MBS, donc desincite l’Etat a reduire son deficit, donc in fine augmente la depense publique. » Vous mélangez tout. Le QE sert juste à échanger un actif liquide (des UST) contre un actif encore plus liquide (du cash). Et ce qui compte ce n’est pas la dépense publique, mais le niveau de déficit: à tout moment dans l’économie la somme des surplus privés, publics et extérieur s’annule, donc si l’Etat réduit son déficit pile au moment où le secteur privé chercher à augmenter son surplus, cela empire la récession, c’est mathématique, et c’est surtout indépendant du niveau de dépense publique. S’il faut 5% de déficit, ça peut se faire à bien des niveaux différents de dépense publique (et de nature de celle-ci: l’Etat pourrait très bien dépenser sans embaucher plus que d’habitude). Je ne peux que vous inviter à lire les auteurs chartalistes du XIXème, qui ont une bien meilleure compréhension du sujet que vous.

               » L’output gap est un concept fumeux qui en represente rien de concret. » TIL 10% de chômage ça na rien de concret, LOL. La récession, c’est dans la tête, facepalm. Et vous voulez parler d’économie ? Laissez moi rire.

              « le pouvoir d’achat augmentait plus vite au XIX siècle Durant les épisodes de croissance deflationiste » Poncif et contresens historique. Les périodes déflationistes aux XIXème étaient de massives récessions qui ruinaient des millions de gens. A l’inverse les périodes de croissance étaient liée à l’augmentation de la masse monétaire par ruées vers l’or ou développement du crédit.

              « je vais aller apprendre ca sur votre site de propaganda anti-ABCT » Que l’ABCT s’appuie sur la théorie fausse de la monnaie exogène n’est pas une propagande, c’est un fait, ce n’est pas ma faute si vous refusez de l’admettre.

              « vous, expliquer moi comment avoir une hyperinflation en dehors d’un systeme de monopole de la creation monetaire par une banque centrale. » Faut lire, c’est écrit dans le lien. Principalement, un effondrement du système productif lié à des causes indépendantes de la seule monnaie.

            • quand la banque centrale decide de racheter des MBS et des UST aux banques a travers le QE, elle cree bien de la monnaie, non? en quoi cette monnaie est-elle endogene?

              si l’Etat se fait racheter la moitie de son deficit, ca l’incite bien a depenser plus, non? Si cette depense est moins efficace que la depense privee, il s’agit bien de malinvestissement.

              alors l’output gap, c’est le chomage? la recession est finie aux USA depuis 2009.

              et en plus vous niez les periodes de croissance avec deflation, pourtant il suffit de googler « deflationary boom in US history » pour avoir de nomreux articles sur le sujet.

              Si vous introduisez la concurrence dans le domaine monetaire, l’hyperinflation ne peut pas exister, puisque qu l’inflation est definie alternativement comme l’augmentation de la masse monetaire ou des prix, et que rien n’empecherait alors de choisir une monnaie differente a celle en hyperinflation.

            • « quand la banque centrale decide de racheter des MBS et des UST aux banques a travers le QE, elle cree bien de la monnaie, non? en quoi cette monnaie est-elle endogene? » Elle échange des UST contre du cash, la masse monétaire en circulation reste inchangée.

              « si l’Etat se fait racheter la moitie de son deficit, ca l’incite bien a depenser plus, non? » Non, pas nécessairement. On peut augmenter le déficit tout en réduisant la dépense: il suffit de diminuer massivement les impôts (à la Reagan). Ce qui compte, c’est que le déficit public est toujours égal au surplus privé, en temps de crise si on veut restaurer la confiance au sein du secteur privé, on peut argumenter que le déficit public y contribue.

              « Si cette depense est moins efficace que la depense privee, il s’agit bien de malinvestissement. » La dépense des uns est le revenu des autres: cette dépense publique va dans le secteur privée, et devient donc, a un proxy près, de la dépense privée. Idéalement, l’Etat pourrait juste faire un chèque à tout le monde et laisser les gens dépenser comme ils veulent (impôt négatif). Et l’investissement n’est pas un problème, le crédit on peut en créer autant qu’on veut, la question est de savoir si la consommation sera en face suffisante pour rentabiliser ces investissements; et cette consommation dépend de la confiance des acteurs en l’avenir.

              « alors l’output gap, c’est le chomage? la recession est finie aux USA depuis 2009. » La récession oui, la crise non. Une économie qui n’est pas au plein emploi est malade, par définition.

              « Si vous introduisez la concurrence dans le domaine monetaire, l’hyperinflation ne peut pas exister, puisque qu l’inflation est definie alternativement comme l’augmentation de la masse monetaire ou des prix, et que rien n’empecherait alors de choisir une monnaie differente a celle en hyperinflation. » Mais je suis d’accord. Ca n’empeche pas les chocs externe cela dit.

            • « Elle échange des UST contre du cash, la masse monétaire en circulation reste inchangée. »
              faux, elle le sort d’ou ce cash quelle n’avait pas avant le QE?

              « Non, pas nécessairement. On peut augmenter le déficit tout en réduisant la dépense »
              je dis que c’est une incitation, pas que c’est mecanique

              le deficit publique restaure la confiance du secteur prive? faudra expliquer au gouvernement americain pourquoi son deficit massif ne permet pas une reprise plus vigoureuse. Le deficit publique fait peur au secteur prive, qui ne veut donc plus investir autant dans un pays dont les finances ne sont pas viables

              « Et l’investissement n’est pas un problème, le crédit on peut en créer autant qu’on veut, la question est de savoir si la consommation sera en face suffisante pour rentabiliser ces investissements; et cette consommation dépend de la confiance des acteurs en l’avenir. »

              c’est l’economie magique votre truc: vous voyez pas le lien entre investissement productif et consommation, vs investissement improductif et destruction de richesse?

              « La récession oui, la crise non. Une économie qui n’est pas au plein emploi est malade, par définition.  »
              oui malade de la politique keynesienne de la Fed, et de la politique socialisante d’Obama

              http://www.zerohedge.com/news/2014-03-04/says-law-and-permanent-recession

        • @Henri

          Bien sur que les réserves à un instant t, par définition, ne circulent pas dans l’économie (sinon on ne parlerait pas de réserves, non?). cependant, le niveau de réserves fluctuent sous l’influence de la politique de la banque centrale, des banques commerciales et de leurs clients et le niveau des réserves conditionne le volume de prêts qu’il est possible d’injecter dans l’économie (via le multiplicateur de crédit). Par exemple, si la banque centrale injecte des liquidités sur le marché (achat de titres d’Etat) et que les clients des banques n’empruntent pas, alors ces liquidités reviendront à la banque centrale sous forme de réserves. Mais si les clients ont de nouveau envie d’emprunter et davantage, alors les banques auront d’autant plus de quoi répondre à cette demande que leurs réserves à la banque centrale seront importantes. En revanche, si les réserves sont maigres, les crédits accordés seront relativement plus faibles, obligeant les banques à se refinancer auprès de la banque centrale pour continuer de répondre à la demande. Actuellement, malgré les injections massives de liquidité par la FED (QE), les réserves bancaires ont augmenté fortement aux Etats-unis, le volume de crédits à l’économie n’ayant que très peu progressé. Mais attention, les banques US ont maintenant de quoi injecter massivement des liquidités dans l’économie. Il suffit juste que la confiance revienne pour que l’offre et la demande de crédits ne redécollent. En conclusion, l’augmentation des réserves bancaires accroit le risque d’inflation dans le futur (ceteris paribus).

  • On se rend compte egalement que les revoltes en Ukraine et au Venezuela sont des consequences de la politique monetaire de la Fed: si on prete a taux 0 et en quantite (QE), les banques utilise cette opportunite pour faire du carry trade avec des pays aux taux eleves (donc des pays mal geres), et quand l’argent repart, c’est la guerre civile.

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