Gibson lance une nouvelle guitare : la Les Paul Série « État »

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Gibson lance une nouvelle guitare avec un slogan publicitaire détonnant : « Lutter contre le pouvoir avec cette puissante Les Paul ! »

Par Meredith Bragg & Anthony L. Fisher.
Un article de Reason.

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Deux ans après la descente des agents de l’État dans les usines Gibson du Tennessee, l’illustre fabricant de guitares a mis sur le marché une série spéciale, la  « Government Series II Les Paul ». Ainsi que l’indique le communiqué de presse  :

« Les fameuses guitares électriques Gibson ont longtemps été un cri de ralliement contre le système ; c’est donc tout naturellement que nous célébrons la confiscation de stocks de bois de lutherie de l’usine Gibson à Nashville – stocks qui ont fini par nous être rendus, à l’issue de l’enquête. Voici donc, en cette année 2014, la « Government Series II Les Paul », une nouvelle guitare remarquable de Gibson USA, qui marque de façon appropriée cette période sombre de l’histoire de Gibson.

Chaque « Government Series II Les Paul » est à elle seule un véritable pan de l’histoire de Gibson USA, avec ses touches en bois palissandre massif, issu du fameux stock rendu à Gibson par le gouvernement après le dénouement de l’affaire. »

Reason TV avait fait mention dès 2012 de l’affaire Gibson (vidéo en anglais d’une durée de 6 minutes).

Voici le texte originel de la vidéo du 23 février 2012 :

« Ils (…) entrent avec des armes, saisissent pour un demi-million de dollars de propriété, ferment notre usine, et pourtant ils ne nous accusent de rien », raconte Henry Juskiewicz, Directeur Général de Gibson Guitars, à propos de la descente d’août 2011 faite par des agents de la Sécurité Intérieure et du Département de la Biodiversité sur ses usines de Nashville et de Memphis.

Le coup de filet des fédéraux s’appuie sur la violation du Lacey Act, la loi anti-trafic, dans le cadre de l’utilisation d’un code erroné de tarification sur du bois importé d’Inde. Le problème provient non pas du statut de protection de l’essence en question, mais de la question de savoir si son épaisseur et sa finition avant exportation depuis l’Inde sont conformes aux normes en vigueur. « L’Inde souhaite s’assurer que le bois brut n’est pas exporté sans temps de traitement préalable effectué en Inde », explique Juskiewicz.

Andrea Johnson, de l’EIA (Agence d’Enquête Environnementale) rétorque que « ce n’est pas à l’entreprise Gibson de décider quelles lois (…) elle souhaite respecter ». Elle rappelle d’ailleurs que Gibson avait déjà été perquisitionné dans le cadre du Lacey Act, suite à des importations en provenance de Madagascar.

En tous cas, une chose est sûre : le gouvernement n’est pas en mesure de monter un dossier à charge contre Gibson, de les traîner devant les tribunaux, ou même de saisir son matériel. « Il ne s’agit pas ici de sylviculture éco-responsable, de filière bois renouvelable, ni même d’exploitation forestière illégale ; il s’agit de lois bureaucratiques » clame  Juskiewicz, qui a témoigné l’année dernière, avant un audit du Congrès réclamé par le sénateur Rand Paul (Parti Républicain, Kentucky). Il s’agit, affirme-t-il, « d’une porte ouverte à tous les abus ».


Sur le web. Traduction : Nyamba/Contrepoints.

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