Le socialisme, plus méconnu encore que le libéralisme ?

Le socialisme est encore plus méconnu que le libéralisme. La différence, c’est que cela ne dérange pas les socialistes.

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Le socialisme, plus méconnu encore que le libéralisme ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 3 février 2014
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Par Vladimir Vodarevski.

imgscan  contrepoints 2014640 socialisme méconnuLes libéraux se plaignent que le libéralisme soit si méconnu et si galvaudé. Pourtant, je défends la thèse que le socialisme est encore plus méconnu. La différence, c’est que cela ne dérange pas les socialistes.

Ainsi en est-il du socialisme et de l’économie. Quelle est la doctrine économique du socialisme ? À vrai dire, il n’y en a pas. Certes, il y a le marxisme. Mais celui-ci ne fait que décrire un monde capitaliste qui doit inévitablement conduire à la dictature du prolétariat, sans détailler ce que sera l’économie de ce nouveau monde socialiste.

Sinon, les socialistes reprennent des variantes du keynésianisme, qui consistent à dire qu’il suffit d’injecter de l’argent dans l’économie pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes du point de vue économique. Une hausse des bas salaires va ainsi mécaniquement relancer l’économie en accroissant la demande. C’est une théorie keynésienne, qui ne provient pas des auteurs socialistes à l’origine.

À vrai dire, il y a un socialiste qui a développé une théorie économique célèbre, et reconnue. Ironiquement, il s’agit de Léon Walras, un des fondateurs du marginalisme, de la théorie néo-classique, de la mathématisation de l’économie. Léon Walras, socialiste, défendait donc l’économie de marché pour améliorer la société.

Cependant, le socialisme a-t-il besoin d’une théorie économique ? Une recherche internet sur le socialisme permet de découvrir une théorie qui veut transformer la société en transformant l’être humain. C’est le thème de l’homme nouveau, dont l’article suivant donne un exemple : Les projets éducatifs socialistes des années 1830-1848 : pour former l’homme nouveau (ensuite, pour continuer la découverte, on peut faire des recherches sur les auteurs cités, c’est instructif).

En transformant l’être humain, en le formatant par l’éducation, on transforme la société, en quelque chose de mieux, car les comportements seront meilleurs.

Ce qui aboutit à un double paradoxe. Les socialistes dénoncent l’argent tout en adoptant, par défaut, la théorie keynésienne qui fait de l’argent le moteur de l’économie. Les gens votent socialistes pour connaître une amélioration matérielle de leur sort, alors que le socialisme apparaît plus comme un projet de transformation de la société par la transformation de l’être humain, notamment par l’éducation.


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  • Excellent de concision – hier je suis tombé sur une intervention de la Filipette où elle déclare vouloir mettre en place une taxe sur ??? je lis de travers, tellement c’est niais ! Ce que j’ai retenu est que la taxe n’est pas un impôt parce que la taxe est « affectée » pour un monde meilleur, plus juste, plus égalitaire… C’est fou, elle annonce, sans le savoir, qu’elle saura mieux utiliser le capital qu’elle prélèvera par la taxe affectée que le propriétaire du capital et ceux qui vont consommer la production de ce capital. Ces cerveaux socialistes devraient être traités à Charenton.

  • En fait on oublie un peu vite qu’il y eu tout un socialisme pré-marxiste et que paradoxalement les premiers théoriciens du socialisme étaient dans une logique coopérativiste à la façon des anarchistes ou de Robert Owen. Ils n’étaient donc pas à ce point anti-capialistes qu’ils ne le sont aujourd’hui (merci Marx là encore).
    De manière générale Libéralisme et Socialisme sont nés à la même époque et il y eu quelques formes de coopération au niveau des idées.

    Pour ma part je défends une thèse quelque peu différente à savoir que le Socialisme est en fait du Libéralisme mal compris qui tomberait dans le piège Constructiviste de l’Homme nouveau et une aversion profonde au libre-échange perçu comme une justification de l’injustice entre les hommes et à la propriété « privée » qui serait l’origine de leur perversion (Rousseau et le mythe de nature bonne de l’homme).

    Ce qu’on ne sait vraiment pas assez en réalité c’est à quel point les expériences socialistes diverses et variées ont toutes échouées. Y compris celles qui ont été volontaires et non violentes.

  • En 1974, à la demande de François Mitterrand, Lionel Jospin, a écrit un petit opuscule à l’attention des jeunes militants enrôlés au parti socialiste dans lequel il recommande des lectures destinées à se forger une culture politique de combat. Dans ces recommandations, il cite inévitablement Marx, Engels, Lénine, Rosa Luxembourg, Gramsci, Marcuse et Mao. Tous de grands économistes. Les socialistes français installés au pouvoir sont incapables de proposer des réformes susceptibles de faire revenir durablement la croissance et la prospérité, qui restent fondamentalement la croissance d’une économie de marché, d’une économie capitaliste. C’est pourquoi, prisonniers d’une grille de lecture obsolète ils ne peuvent pas comprendre ce qui se passe en France, a fortiori ce qui se passe dans le monde de plus en plus ouvert et globalisé et porté par la croissance mondiale de l’économie de marché.
    J.F Revel, de l’Académie Française, a écrit que les socialistes français étaient surdéterminés par un « sur-moi communiste » inscrit profondément dans leurs racines culturelles et idéologiques . Nos socialistes hexagonaux ne comprennent pas le libéralisme (il est déjà peu compris à droite) car ils n’ont jamais lu et ne liront jamais les auteurs classiques libéraux qui ont posé les fondations du libéralisme (JB Say, Ricardo, Adam Smith, Turgot, Bastiat, Benjamin Constant…).

  • Oui le socialisme est aussi très méconnu. J’en viens, on se persuade qu’est la force du « Bien », qu’elle sert la Justice et la Liberté, la Vérité…. en nous privant de toutes responsabilités, d’initiative, en nous infantilisant.
    Le socialisme, c’est le déterminisme, le collectivisme, l’égalitarisme et l’infantilisme…. Tout ce que je déteste. Le Socialisme m’a fait mentir à moi-même pendant des années.
    Pour vous dire, que j’en ai gros sur la patate. Que tout ce que j’ai réussi, c’est en adoptant une attitude (jusque là je l’ignorais) libérale.
    Cette méconnaissance de l’essence du Libéralisme et du Socialisme trompe tout le monde, y compris de fameux et cultivé journalistes.

    Merci au à Jean Luc Mélenchon et au Parti de Gauche de m’avoir ouvert les yeux sur la vrai nature du Socialisme. Et merci du hasard qui m’a amené sur Contrepoints où j’ai découvert ce que ça signifiait le LIbéralisme.

  • C’est étrange de parler de la méconnaissance du socialisme sans évoquer une seule fois la « propriété commune des moyens de production ».

    • Tout ceux qui connaissent de près ou de loin les « propriété commune », comme les indivisions ou les co-propriétés immobilières savent à quel point c’est un merveilleux système qui satisfait tous le monde (c’était de l’ironie).

    • La « propriété commune » est surtout un prétexte à la propriété étatique.

  • Le socialisme n’est pas un systéme économique mais un système de domination politique visant à établir une société d’ordres esclavagiste.

    Les socialistes ont le même rapport à l’argent que les prostituées tout en étant obsédés pathologiquement par celui-ci

  • Les commentaires sont fermés.

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Si vous défendez en France le libéralisme classique vous êtes rapidement soumis à un exercice pénible. Face à l’ignorance de votre auditoire, vous êtes contraint d’expliquer les « droits naturels », de remonter à l’humanisme et à l’école de Salamanque, de justifier laborieusement que le libéralisme n’est pas que le marché et la concurrence loyale. Ni le capitalisme de connivence.

Définir facilement le libéralisme est si malaisé que beaucoup commencent par expliquer « ce qu’il n’est pas ».

Bref, en invoquant le libéralisme, vous ... Poursuivre la lecture

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