Virage social-libéral : un grand soir libéral ?

Le Président Hollande évoque, semble t-il, un tournant social-libéral. Si même les socialistes pensent à des solutions libérales, pouvons-nous donc rêver à une France enfin libérée du joug étatiste ?

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Virage social-libéral : un grand soir libéral ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 25 janvier 2014
- A +

Par Didier Maréchal(*). 

Conférence de presse de François HollandeLes mesures libérales à mettre en œuvre en France ont été abondamment décrites, notamment  sur Contrepoints, et sont facilement accessibles à tous. Mais que faudrait-il pour que cette révolution ait lieu ?

Pour que la France devienne un pays libéral, il faudrait notamment que les deux conditions suivantes soient remplies :

1. Que ses élites dirigeantes promeuvent (ou au moins tolèrent) le reflux de l’État vers ses fonctions régaliennes, n’incluant pas la santé, l’éducation, les transports, l’énergie,…

Or, elles n’auraient pas un intérêt personnel immédiat à ce cantonnement de la sphère publique. En effet, plus un homme politique dispose de joujoux  leviers à manœuvrer (et de possibilités de placer ses copains de promo), plus il a le sentiment d’exister en prenant du plaisir, tout en étant persuadé que son action est utile à ses contemporains.

En conséquence, il est du devoir de tout libéral ayant l’occasion d’échanger avec un décideur public (élu notamment) de lui faire prendre conscience que notre beau pays est en train de mourir, écrasé par le poids de la fiscalité, de la dette, de la réglementation, des monopoles, de la connivence public/privé et de l’assistanat généralisé et institutionnalisé. Que les Français n’ont pas besoin que l’on s’occupe d’eux, qu’on les protège ou que l’on résolve leurs problèmes. Mais que l’État leur permette de contracter librement et en paix, et de conserver l’essentiel du fruit de leur travail et de leur patrimoine. La plupart des problèmes rencontrés par les Français est due à l' »action » des politiques (déficits et dettes, chômage, insécurité, mal-logement, manque de compétitivité …)

Il faut donc le convaincre que si son action est limitée à veiller à la sécurité, intérieure et extérieure, à une bonne et efficace justice, à gérer la diplomatie,  la voirie (et encore..), il rendra un sacré service à son pays. Pour deux raisons : d’abord, parce que le marché est toujours plus efficient qu’une brigade de hauts-fonctionnaires, même énarques et de surcroit dans les faits, irresponsables. Ainsi, il s’évitera (peut-être) d’avoir à gérer le naufrage d’un État obèse. Ensuite, que s’il se consacre exclusivement et efficacement aux fonctions régaliennes, il serait logique que la Police, Justice, …procurent une qualité de services que les contribuables sont en droit, raisonnablement, d’attendre. Pour ces deux raisons, il pourrait en plus bénéficier de la reconnaissance de ses électeurs. La campagne pour les élections municipales qui s’ouvre est propice à des échanges avec les prétendants aux mandats : que tout libéral en profite pour marteler notre message et casser la tête aux candidats, notamment à ceux qui ont une sensibilité libérale, comme Hervé Morin du Nouveau Centre !

2. Que la majorité des Français sollicitent (ou au moins acceptent) cette révolution libérale, très anxiogène pour beaucoup.

En effet, de l’école  primaire à la maison de retraite, l’Education nationale et les medias gavés d’argent public diffusent la propagande des politiques et syndicalistes en faveur de l’État-Providence-Nounou-Père Fouettard, sans lequel les Français erreraient, hagards, analphabètes, non soignés, sans retraite, voire sans toit.

De plus, notre système de redistribution a atteint un tel degré de généralisation (comme un cancer) que sa remise en cause fera perdre des avantages (petits ou grands) à pratiquement chacun d’entre nous. Qui n’a pas bénéficié d’allocations familiales, logement, chômage, des prestations de son CE ? De ce fait, chacun défend égoïstement ce système pernicieux.

En conséquence, chaque Français, en état de travailler, chaque entrepreneur, doit accepter de renoncer à la totalité de ses privilèges, avantages sociaux, monopoles et autres passe-droits, dont il bénéficie.

Il faut intégrer et annoncer courageusement aussi que les sacrifices concerneront plus les agents de la sphère publique, dont le nombre diminuera beaucoup, que ceux du privé.

Il en résultera une baisse massive des prélèvements obligatoires, tant sur les entreprises que sur les particuliers, une forte incitation à travailler (surtout si une flat tax à 10% remplace l’impôt sur le revenu progressif) et une augmentation importante de l’activité du pays.

Que pouvons-nous souhaiter et/ou espérer ?

– Que notre oligarchie (et si possible tous les Français) rencontre, tel Saint Paul avec Jésus, son chemin de Damas libéral, avant l’inéluctable effondrement économique et financier du pays.  J’admets volontiers qu’il faudrait un miracle pour qu’elle renonce volontairement à son statut actuel, si confortable.

– Que la matérialisation de l’effondrement probable fasse tomber les écailles des yeux de chacun et ne conduise pas certains à croire que c’est l’insuffisance d’État, et non son obésité, qui en est la cause.

Au total, la question principale posée à tous les Français est la suivante : « Acceptez-vous de renoncer à vos avantages particuliers immédiats et non financés, pour préserver les intérêts à long terme du pays, des vôtres et des ses (et vos) enfants, et ainsi éviter un désastre de l’ampleur de celui de 1940 ? »

* Didier Maréchal, Trésorier d’Alternative Libérale et expert-comptable.

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  • Si vous n’aviez-pas parlé d’Hervé Morin du Nouveau Centre (un ersatz de l’UMP) et qu’au final je n’avais pas vu votre appartenance à Alternative Libérale (Un autre ersatz de l’UMP), je serai peut-être tombé dans le panneau…

    En vous associant avec le Nouveau Centre vous avez mis le vers dans la pomme Libérale… Vous ne me ferez pas manger ce fruit véreux, qui sans cet « intrus » aurait pourtant eu un vrai goût de Liberté.

    Dommage…

    • +1

      Souhaiter « échanger » avec un politicien en espérant éveiller une prise de conscience c’est de la niaiserie. Certains hommes se sont accordé des pouvoirs démesurés sur d’autres hommes, et on leur demanderait d’y renoncer eux-mêmes par prise de conscience ? On a plus de chance en écrivant au père noël.

      • En principe les idées valent indépendamment de la personne qui les exprime. Le problème avec les politiciens ici, c’est qu’ils nous proposent des déclarations d’intention sans originalité ni détails pratiques qui ressemblent un peu trop à des promesses électorales.

  • L’ ultime question est bonne, mais je pense qu’ aucun homme politique français n’ est capable de la poser et surtout de suivre la réponse, tout d’ abord parce qu’ il aura le plus grand mal à s’ entourer de personnes valables. Raison de plus pour tous, absolument tous les foutre dehors: le goudron et les plumes. Et pour les suivants: un mandat, voir deux, et retour dans le privé.

  • J’ai le sentiment qu’on a souvent tendance à prendre nos hommes politiques pour de parfaits idiots.

    Or, je pense qu’ils ont parfaitement conscience des conséquences néfastes de leurs politiques et répondent en grande partie à la demande de leur électorat aussi peu prêt que ces hommes à lâcher leurs avantages. Nous savons ce qu’il faut faire pour redresser le pays, mais malheureusement le peuple préfère de douces paroles encore et encore à la dure réalité. Il suffit de voir avec la popularité du fn (parti avec un programme fondé sur du vent) ou encore la retraite à 60 ans pour tous ahah..

    Non, décidément le problème n’est pas de savoir ce qu’il faut faire, mais comment donner les rênes à une personne capable de le faire, car pour le moment, la France ne veut pas d’un dirigeant qui assume les pleines responsabilités de ce qu’implique un douloureux redressement du pays.

  • SVP M. Maréchal évitez de prendre vos rêves pour la réalité.!

    Ni Morin ni la bande dont vous vous réclamez ne possède une once de libéralisme !

  • C’est assez drôle de défendre dans le même article l’idée que l’état doit être restreint aux seules fonctions régaliennes, et parler de la sensibilité « libérale » de Morin ! Sacré grand écart !

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