Et pendant ce temps, que fait Hollande ?

Crise (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

Le regard de René Le Honzec.

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On ne va tout de même pas croire que Valls a fait tout ce barouf sur M’Bala M’Bala pour détourner l’attention des frasques de son souverain bien-aimé dont il joue les Iznogoud zélès. La France est renommée pour ses vaudevilles, avec femme/homme trompés, portes qui claquent, armoires qui grincent et tout ce délicieux esprit si parisien qui n’aime rien tant que ces histoires de Q. Sauf quand il s’agit de sa Majesté républicaine Hollande Ier : là, il y a blasphème. Parce que, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, le blasphème n’existe plus contre le catholicisme, vous pouvez pisser, déféquer, avorter sans problème dans une enceinte catho. Dans une mosquée, ce n’est pas encore sûr, sûr. Mais s’il y a atteinte à la « vie privée » du chef de l’État, alors là, les médias subventionnés trempent leurs plumes dans des encriers de larmes et répandent leur honte (rose) de voir le cul (rose aussi) du roi en une de Closer, presse people en plus. Et de sa « liaison » (courtisane dans l’Ancien Régime, demi-mondaine sous la IIIème République), révélée au grand jour, violant ce délicieux frisson du Club-de-ceux-qui-savent-mais-qui-ne-disent-pas.

Si la République adore étaler les stupres des affreux rois qui l’ont enfantée, détaillant les influences (néfastes) de leurs maîtresses ou femmes, ce féminisme pré-moderniste s’est brusquement interrompu avec la vertueuse République. Le Président baise, mais n’est pas baisé. Et seulement avec sa légitime, les ragots n’ayant pas droit de cité dans les médias subventionnés.

Si tous nos journaleux s’empressent de raconter à demi-mot les confidences dès que le Président ne l’est plus – de la fille Pingeot aux « trois-minutes-douche-comprise » du gâteux de Corrèze en passant par les histoires de laitier de Giscard – aucun ne se risque à dénoncer les prébendes distribués au passage du fond des alcôves, en particulier ces fameuses places réservées, depuis les listes européennes en passant par des ministères (même premier, devinette) ou sous-secrétariats et innombrables commissions franco-européennes. Certains citeront des noms dans la foulée, les autres se fouleront un peu sur internet pour se surprendre en constatant que la braguette présidentielle est une sorte de quenelle d’honneur discernée à celles qui sont passées à la casserole.

Quand à la légitimité d’un type qui trouve le temps, en plein milieu d’une crise qu’il a lui-même dénoncée, de guerres qu’il a déclenchées, de plans de suppressions d’emploi qu’il a promis d’empêcher, d’aller visiter des lieux de tournage de film de sa nouvelle dulcinée, de la rejoindre la nuit, pas fatigué par ses journées de labeur, tout en bouffant la galette des rois avec la first girl-friend, puis les petits croissants apportés au matin par son garde-du-corps, cette légitimité m’apparaît une faux-culerie.