Tourisme en Suisse : des entrepreneurs plutôt que des percepteurs

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Tourisme en Suisse : des entrepreneurs plutôt que des percepteurs

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 10 janvier 2014
- A +

Par Philippe Nantermod, depuis le Suisse.

taxmanCertes, le tourisme doit faire mieux pour rester concurrentiel, mais je ne peux que regretter les réactions systématiques – pour ne pas dire épidermiques – de notre classe politique. Pour améliorer notre capacité d’accueil, pour augmenter l’offre d’hébergement à la nuitée, la solution passerait forcément par la contrainte publique, par l’État.

Le tourisme valaisan n’est pas la première branche à subir une crise majeure. On se rappelle des affres qu’a connu le secteur horloger, voyant ses parts mondiales de marché s’effondrer de 83% en 1970 à 15% en 1983. Cette économie exportatrice, comme le tourisme, est pourtant sortie de ses tourments, non pas en adoptant des lois, des règlements, des directives, des taxes et des impôts, mais en s’appuyant sur le génie et l’inventivité d’entrepreneurs. Plutôt que de graver dans la loi que seule la « qualité » comptait, on a permis à quelques-uns de faire tout l’inverse : remplacer les cadrans en argent par des morceaux de plastique, blasphème salvateur s’il en fut. C’est Swatch, et non pas le Grand Conseil neuchâtelois, qui a sauvé l’horlogerie suisse.

Les débats au parlement cantonal qui ont entouré la révision de la loi sur le tourisme m’ont fait sursauter. Aux yeux de la majorité, à chaque problème, une taxe. À chaque défi, une disposition légale. Lorsqu’il fut question de considérer que les acteurs privés avaient un rôle prépondérant à jouer dans la promotion touristique, il a été répondu qu’à ce niveau là, c’était l’État qui devait intervenir.

Je ne m’oppose pas par principe à l’introduction de taxes sur les résidences secondaires. Je m’y oppose par pragmatisme. Pourquoi ne pas financer les infrastructures qui ne ressortent pas clairement de la mission étatique par la participation volontaire des privés ? L’année passée, à Morgins, lorsqu’il a été question de sauver notre discothèque, c’est en vendant des actions que nous avons pu mener l’opération. Les propriétaires de résidences secondaires, comme les citoyens ont répondu à l’appel, avec enthousiasme.

Pour investir dans le tourisme, deux moyens sont à notre disposition. Le premier consiste à employer la force, en l’espèce l’impôt. Une assemblée primaire vote une taxe qu’elle ne paiera jamais, offrant à l’État (au sens large) des moyens pillés pour réaliser des projets dont l’utilité n’est pas toujours démontrée, s’aliénant au passage la sympathie des contribuables-clients. L’autre solution consiste à convaincre. Persuader les particuliers, y compris propriétaires de résidences secondaires, qu’ils ont des intérêts à ce que des investissements se réalisent. C’est certes plus compliqué, il faut rendre des comptes, mais certainement plus efficace sur le long terme pour améliorer tant la qualité de nos infrastructures que notre esprit d’entreprendre.

Nous appuyer sur des entrepreneurs plutôt que sur des percepteurs, c’est mon vœu pour notre tourisme en 2014.


Sur le web. Article publié dans le Nouvelliste du 8 janvier 2014.

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • J’ai la désagréable impression qu’en France il ne serait même pas possible de lire ce genre d’opinion dans le journal

  • Bon, il faut être clair, l’état n’a rien à faire du tourisme ou de quoi que ce soit d’autre que de lui-même, il s’en tape comme de sa 1ere taxe.

    En revanche, quand il peut trouver une raison de grossir, il est très vite sur la brèche et propose toutes sortes de nouveaux gras possibles dans les bourrelets du léviathan.
    Il faut bien comprendre que les élus vivent sur les « bonus » qu’ils récupèrent à chaque nouveau service que le publique fourni.

    Alors, la moindre plainte, le plus petit besoin devient donc une source de profit, d’ailleurs, on peut se demander si finalement, vu le résultat de leurs politiques, ils n’auraient pas tendance à fabriquer du besoin (surtout ne pas bien gérer le pays) pour satisfaire leur appétit.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La plupart des plans de transformation ne donnent pas grand-chose malgré l’importance des moyens mis en œuvre. L’une des raisons est qu’ils essaient d’aller trop vite. Cette volonté d’aller vite est guidée à la fois par la peur d’échouer et par une mauvaise compréhension de la nature profonde de la transformation, qui est un processus social.

Je n’ai qu’un vague souvenir du reportage, car c’était il y a longtemps, mais il m’a marqué. La scène filmée se passe dans un centre de formation d’apprentis en mécanique. Le professeur, vieux de ... Poursuivre la lecture

Par Marius-Joseph Marchetti.

 

1) Big Players and The Economic Theory of Expectations, de Roger Koppl (2002)

J’ai terminé récemment la lecture de cet ouvrage, que je conseille ardemment à tout un chacun.

Méthodologiquement, Koppl part de deux fondements qu'il qualifie de misésiens, inspirés de Friedrich Hayek et Alfred Schultz. Il construit par la suite une théorie des anticipations cognitives (subjectives) et a-cognitives (objectives), plus ou moins fiables selon la nature des institutions.

Basant sa t... Poursuivre la lecture

Par Natsuko D'Aprile. Un article de The Conversation

La notoriété culturelle de la France a toujours été ancrée dans l’esprit des audiences étrangères. Qui n’a jamais entendu parler des Misérables, n’a pas souhaité s’aventurer dans les galeries du Château de Versailles ou ne s’est pas émerveillé devant les pâtisseries de Pierre Hermé ?

C’est de cela que traite le concept de soft power. Conceptualisé par Joseph Nye dans les années 1990, le soft power (littéralement « pouvoir doux »), désigne la capacité d’un État à séduire et à a... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles