Noir et libéral : un combat quotidien

noir et libéral

Les libéraux sont bien moins intéressés par l’esprit communautaire et les stéréotypes que par les droits de chacun et la liberté pour tous.

Par Addie Hollis, depuis les États-Unis.

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J’ai récemment eu une discussion avec une amie – social-démocrate – sur le fait que les libéraux ne sont pas d’accord entre eux sur tout.

« Évidemment que tu n’es pas d’accord avec tout ce que les libéraux disent », m’a-t-elle lancé. « Tu es noire. »

Les mains tremblantes (de colère), je lui ai répondu que ma couleur n’avait rien à voir avec le fait d’être d’accord ou pas avec les libéraux. Ils ne sont pas tout d’un seul bloc. Et les noirs non plus.

Je suis hautement consciente d’être noire. Sitôt que je l’oublie, il se trouve toujours quelqu’un pour me le rappeler – d’habitude ce sont les médias… ou bien un social-démocrate.

Cette obsession des races m’insupporte à tous les niveaux. En tant qu’individualiste et fière de l’être, j’enrage d’entendre des commentaires comme ceux de mon amie. Pourquoi toujours tout ramener à la race ? Les libéraux, bénis soient-ils, sont bien moins intéressés par l’esprit communautaire et les stéréotypes, que par les droits de chacun et la liberté pour tous.

C’est pour ça que je suis libérale.

Je sais que certains pensent que les libéraux ne parlent pas assez du racisme et du sexisme ; mais pour moi c’est justement ça qui est reposant. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de place dans le libéralisme pour ces sujets de réflexion. J’ai bien conscience que nous ne vivons pas dans une société exempte de discrimination. Mais je ne considère pas que ce soit décourageant, quand bien même c’est parfois frustrant. En fait, j’y trouve même des instants comiques.

Cela en vaut la peine, cette grande confusion et cet étonnement qui vient s’inscrire sur le visage de quelqu’un (généralement un social-démocrate) qui apprend que je n’ai jamais voté pour Obama, que je désapprouve la discrimination positive ou que j’affirme vouloir le départ d’Al Sharpton en retraite [NdT: c’est un pasteur noir militant célèbre de la cause antiraciste], pour qu’il cesse une bonne fois de nous rebattre les oreilles de ces bêtises.

Mais c’est aussi un peu triste que tant de gens présuposent que les noirs ne peuvent qu’être des sociaux démocrates votant pour le parti démocrate.

Ils disent qu’il n’y a pas de noirs libéraux. Qu’il n’y a pas de femmes libérales. Qu’il n’y a pas de femmes noires libérales.

Coucou ! Je suis là.

Nous n’étions certes pas beaucoup, mais notre nombre grandit. Et sur l’Internet au moins, je peux constater que nous sommes toujours les bienvenues. Il n’y a pas de défiance ni de préjugés fondés sur ma couleur.

Et c’est exactement comme cela que ça devrait être.


Sur le web. Traduction : J. Sedra pour Contrepoints.