Sarko, no!

Présidentielles : Juppé conforté, Sarkozy distancé By: Virginia Manso - CC BY 2.0

Il semblerait que certains, dans leur désespoir, soient tentés de se tourner de nouveau vers Sarkozy. Cette situation a pourtant déjà été éprouvée : appelle-t-on un empoisonneur quand on a besoin d’un médecin ?

Par Philippe Robert.

Présidentielles : Juppé conforté, Sarkozy distancé By: Virginia MansoCC BY 2.0

Lors des dernières élections du printemps 2012, en désespoir de cause les Français n’ont eu à choisir, sans d’ailleurs avoir vraiment le choix, qu’entre un sempiternel passé personnifié par le sortant Nicolas Sarkozy et un avenir à rebours de toute liberté économique et de progrès social avec le nouveau président François Hollande.

Ainsi, dix-huit mois après l’élection qui, finalement, propulsa Hollande à la tête de la République française, nombre de nos concitoyens se mordent déjà les doigts d’avoir cru dans les promesses du nouveau chef de l’État dont il faut bien dire, à l’expérience des faits, qu’elles ne cessent plus, les unes après les autres, de faire pschitt !!…

En effet, après être passés de l’ombre à la lumière (selon Jack Lang, en 1981), notre pays se trouve donc, en si peu de mois, rejeté dans l’ombre non seulement en étant confronté à une situation de paupérisation sans pareille mais aussi et surtout, peut-être à une nouvelle donne politique rappelant, mais en bien pire, le séisme d’avril 2002.

Alors, que faire ? Dans un réflexe de ras-le-bol généralisé, la tentation est forte de tout flanquer par-dessus bord et de faire la part belle au Front national et à son égérie de choc Marine Le Pen ; car, aujourd’hui, en dehors du mirage attaché à cette offre populiste, il nous faut aussi faire face à une vacuité politique d’ordre sidéral !

Guillaume Peltier : « Si notre famille politique fait le choix de l’ouverture à gauche, aux vieilles idées ou au politiquement correct, la droite ne s’en remettra pas ! En revanche, si nous nous ouvrons au peuple, au courage, aux idées neuves, nous pourrons à nouveau rassembler une majorité de Français. Je souhaite le retour de Nicolas Sarkozy, et je pense que ce sera sur nos valeurs. »

Un sondage Ifop pour Atlantico.fr nous apprend, sans grande surprise, que Nicolas Sarkozy, dans la perspective de la prochaine présidentielle de 2017, jouit d’une sérieuse avance parmi les siens avec 60% d’intentions de votes : comment pourrait-il en être autrement dès lors que la Droite s’est complètement repliée sur elle-même ?

Ainsi, notre pays au trente-sixième dessous, se trouvant à court d’hommes et de femmes d’État, ou bien encore, sachant que cette haute compétence a déserté la France, d’hommes et de femmes d’État dignes de ce nom, les Français au désespoir se mettraient-il alors à adorer ce qu’ils ont précédemment brûlé avec entrain ?

En 2007, Nicolas Sarkozy s’est fait élire sur le thème de la « rupture ». Rupture en particulier avec la France chiraquienne qui se hâte, succombant sans combattre aux sirènes de la pensée (verte) répressive ambiante, de graver dans le marbre de la Constitution le principe de précaution : adieu donc OGM, gaz de schiste etc. au grand dam de la recherche scientifique !

Mais de rupture, point… Tout est pratiquement resté en place, comme avant, y compris les maudites 35 heures dont l’influence sur le déclin moral et économique de la France demeure, en 2013 comme hier sous Martine Aubry et les dix années qui ont suivi sous la fausse Droite, plus vivace que jamais : touche pas à mes RTT…

Enfin, c’est bien le Président Sarkozy, premier responsable politique français, qui est à l’origine de la calamiteuse intervention en Libye, certes confirmée par la résolution onusienne 1973, mais qui n’en finit plus de déstabiliser la zone sahélienne en portant aujourd’hui la guerre en République centrafricaine (RCA).

« Je veux dire à chacune et à chacun d’entre vous que je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas (…) Je vous ai promis le plein emploi, je vais me battre pour le plein emploi. J’ai dit que le pouvoir d’achat était un grave problème, je me battrai pour le pouvoir d’achat. »

Soit, Président. Mais on en a assez vu et restons-en là.