Lettre ouverte d’un économiste aux entrepreneurs et à la jeunesse française

Mort de notre ancien monde économique et naissance d’un nouveau monde, en France, aujourd’hui.

Par Jean-Luc Ginder.

In mémoriam des start-upsSi nous voulions juger des entreprises de notre temps suivant les errements anciens, nous pourrions nous étonner de ne pas trouver la solution à cette situation économique qui nous inspire crainte et repli sur nous-mêmes.

En toute objectivité, il m’apparaît que rien ne serait, en réalité, moins justifié qu’un effacement, ni plus imprudent que trop de prudence. En effet, la situation présente aussi cruelle et compliquée qu’elle soit, ne doit pas nous suggérer l’abstention, mais, au contraire, elle doit nous pousser sur le chemin de l’esprit d’entreprise. Cela est vrai dans tous les domaines, en particulier dans celui de l’agriculture, de l’énergie et du numérique.

Car, sans vouloir exagérer l’urgence des raisons qui nous pressent d’aborder l’étude d’ensemble des problèmes économiques français, je crois que les graves événements qui bouleverseront l’Europe toute entière et la France en particulier nous engagent à ne pas tarder. La terrible épreuve de la fin du vieux monde économique ne retire rien à la France en quête de nouveaux devoirs et de droits et nous offre ainsi une occasion excellente de nous réunir pour faire naître un modèle économique et social nouveau, pour travailler ensemble, confronter nos idées et nos expériences.

Parcourons nos territoires avec le cœur et nous constaterons le progrès de ce qui a été élaboré par l’ensemble de la société française ces 80 dernières années en développement des richesses et pour le bien de nous tous. Cependant, de même qu’un rocher lancé sur la pente roule plus vite à chaque instant, ainsi l’œuvre économique française que nous avons tous entreprise nous impose sans cesse de plus larges tâches.

Au moment où commençait l’actuelle crise économique, apparaissait déjà la nécessité d’établir sur des bases nouvelles les conditions de la mise en valeur du cadre social de notre société, du progrès humain de ses habitants et de l’exercice d’une nouvelle gouvernance française.

La situation actuelle, lourde de conflits sociaux de plus en plus nombreux et vifs précipite l’évolution. Cette crise a été dans un premier temps plus une perception abstraite qu’une réalité, comme s’il s’agissait d’une crise virtuelle. La lumière crue du théâtre médiatique a dévoilé sa réalité et ses conséquences absolues et relatives.

Cette crise française imminente et fracassante a pour enjeu ni plus ni moins la condition de l’homme et, sous l’action des forces psychiques qu’elle va partout déclencher, chaque individu lèvera la tête, regardera au-delà et s’interrogera sur son destin.

Il est une puissance que les événements conduisent à s’inspirer de leurs leçons et à choisir noblement, libéralement, la route des temps nouveaux où elle entend diriger les soixante-quinze millions d’hommes qui se trouvent associés au sort de leurs enfants et familles, et cette puissance c’est la France.

En premier lieu et tout simplement parce c’est notre pays, c’est-à-dire la nation dont l’immortel génie est désigné pour les initiatives qui, par degrés, élèvent les hommes vers les sommets de dignité et de fraternité où tous pourront s’unir. Ensuite parce que, dans l’extrémité où une peur provisoire envers l’avenir l’avait refoulée, c’est dans sa jeunesse, qu’elle retrouvera son recours et la base de départ pour sa reprise économique et qu’il y a désormais entre l’ancien monde que nous quittons et le nouveau où nous entrons, un lien définitif et puissant. Pour cette raison, tirant leçon et conclusions de la lecture des taux de chômages, des fermetures d’usines, de la décroissance, la France est, aujourd’hui, pour ce qui la concerne elle-même et pour ce qui concerne tous ceux qui y vivent, animée d’une volonté ardente et pratique de renouveau.

De mon point de vue d’économiste, je crois que l’économie du monde de demain ne peut pas envisager l’autarcie qui ne serait, ni souhaitable, ni même possible. Je crois que la France doit articuler, dans une large mesure, le développement des ressources, de l’agriculture et du numérique. Mais, en France, comme dans tous les autres territoires où des hommes vivent, il n’y aurait aucun progrès qui soit un progrès, si les hommes, sur leur terre natale, n’en profitaient pas moralement et matériellement, s’ils ne pouvaient s’élever peu à peu jusqu’au niveau où ils seront capables de participer à la gestion de leurs propres affaires. Tel est le but vers lequel nous nous devons de nous diriger. Nous ne nous dissimulons pas la longueur des étapes. Nous avons, nous tous, Français, de cœur ou de souche, les pieds assez bien enfoncés dans la terre de nos régions pour ne jamais perdre le sens de ce qui y est réalisable et, par conséquent, pratique. Au demeurant, il appartient à la nation française et il n’appartient qu’à elle, de procéder, le moment venu, aux réformes de structure qu’elle décidera dans sa souveraineté.

Mais, en attendant, il faut vivre, et vivre chaque jour c’est entamer l’avenir.

Oui le changement de cadre économique arrive, il sera un choc de vie nécessaire, ce sera la mort d’un monde ancien qui laissera la place à un monde nouveau qui est déjà né.

Rassurons-nous il n’est point mauvais il est différent.

Ouvrons-nous aux autres, regardons au loin, croyons en nous, prenons nos destins en main pour ne pas oublier que la vie est une chance avant tout.