Libre circulation : ce qu’on ne voit pas

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
libre-circulation

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Libre circulation : ce qu’on ne voit pas

Publié le 6 novembre 2013
- A +

Par Jérémy Berthet, depuis la Suisse.

libre-circulation

Le principe de libre circulation des personnes fait l’objet de débats dépassant le cadre des milieux conservateurs. Dernièrement, le Parti Socialiste et les syndicats se sont emparés du sujet, car les questions liées à la criminalité induite par les flux migratoires ne sont qu’une partie de la problématique. Effectivement, ces derniers craignent la « sous-enchère salariale » due à l’immigration économique. Concrètement, ils accusent les entreprises d’engager des travailleurs venant de pays dans lesquels les coûts de la vie sont moindres. Ces employés sont enclins à fournir des prestations pour un salaire plus bas que celui exigé par un Suisse.

Tant la théorie économique que l’expérience nous montrent qu’ils ont parfaitement raison. Les patrons préfèrent embaucher de la main d’oeuvre moins chère, c’est un phénomène parfaitement naturel. Dès lors, il reste à déterminer si ce phénomène est souhaitable ou non. Pour le président du PS Tessinois, il est clair que non, ce dernier ayant demandé à son parti de forcer les cantons à légiférer en faveur de l’engagement de personnel local.

Comme toujours, en économie politique, il y a ce que l’on voit et ce qu’on ne voit pas. Dans la question qui nous préoccupe, les salaires, par le jeu de la concurrence (la fameuse « sous-enchère »), vont être tirés progressivement vers le bas à l’arrivée de travailleurs étrangers. Le phénomène est connu et constaté dans les cantons partageant une frontière avec un autre pays. Les entreprises se retrouvant avec des charges de personnel diminuées augmentent ainsi leurs marges pour autant qu’elles maintiennent le prix de vente de leurs services.

Les entreprises sont alors confrontées à un choix sur l’utilisation de ces nouvelles marges :
1. Verser des dividendes supplémentaires à leurs actionnaires,
2. Augmenter des salaires, éventuellement ceux des cadres supérieurs,
3. Constituer des réserves en vue d’investissements futurs,
4. Baisser les tarifs des prestations pour se repositionner face à la concurrence.

Quel que soit le choix ou la combinaison de choix que chacune réalisera, il arrivera forcément que dans chaque secteur concerné, au moins une société décide d’intégrer la baisse des tarifs. En cas d’existence d’un cartel, un des membres calculera tôt ou tard une meilleure rentabilité en se retirant de l’accord avec ses « concurrents » ou un nouvel acteur saisira l’opportunité de casser le marché à son propre profit.

Il découle de cette situation que, sur le long terme, les prix de vente de toutes les compagnies ayant bénéficié des services d’employés étrangers moins rémunérés diminueront. Cette déflation naturelle issue de la concurrence est tout à fait souhaitable et par effet domino, se propage à tous les secteurs d’activités. Les marges des clients des entreprises ayant baissé leur prix augmentent à leur tour et le même phénomène se reproduit cycliquement. L’effet final est un rééquilibrage du marché qui conduit à l’augmentation du pouvoir d’achat des populations environnantes, qu’elles soient étrangères ou Suisse.

Effectivement, même si la déflation diminue l’ensemble des revenus courants en faveur des prix de vente baissés, l’épargne accumulée gagne de la valeur, même pour des montants plus faibles. Les investissements sont réalisés plus facilement, ce qui conduira dès lors à une demande accrue de la production et naturellement à une diminution du chômage. À cet effet, s’ajoute une meilleure capacité des entreprises à exporter leurs services moins chers.

Il est très difficile de quantifier ces mécaniques du marché. Il est encore plus ardu de les observer dans le temps, car ces rééquilibrages se font sur plusieurs années, voire plusieurs décennies. De plus, d’autres facteurs, comme des modifications légales, la fiscalité, la situation économique globale peuvent influencer les choses dans un sens totalement contraire. C’est cette relative invisibilité du phénomène vertueux qui amène les acteurs politiques à dénoncer le problème visible de la « sous-enchère salariale », fruit d’une mise en concurrence du marché de l’emploi.

Revenir en arrière sur la « libre circulation » ou appliquer des mesures protectionnistes comme la préférence cantonale à l’embauche revient au même que de fermer les frontières à l’import de produits extérieurs. De telles politiques maintiennent des prix élevés qui empêchent les plus petits épargnants d’utiliser leur argent pour leur projet et paralysent l’économie dans son ensemble.

L’analyse présentée ci-dessus démontre que les effets néfastes initiaux de la libre circulation à savoir une diminution des salaires avant la diminution des prix sont compensés à long terme par la déflation et l’augmentation du pouvoir d’achat général. Ce phénomène économique, bien que peu vendeur, mériterait vraiment d’être étudié en profondeur par les partis politiques et partenaires sociaux. Ils pourraient alors cesser de réfléchir en termes de revenu absolu et envisager de calculer les effets de leur proposition sur les revenus relatifs des travailleurs.


Sur le web.

Voir les commentaires (8)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • L’auteur feint d’oublier qu’en Suisse, comme au Canada, on ne peut
    Embaucher un étranger que lorsqu’aucun national n’est disponible
    pour le job,tout l’article est donc de la parlote. Merci Contrepoints.

    • Vu le CV de l’auteur et son job j’aurais du passer mon chemin, pardon!

      • Un ingénieur informatique champion de la macroéconomie,je propose de le marier a
        Karine Berger,ça nous fera des petits énarques tout mous!!

        • Bonjour,

          Je trouve regrettable la condescendance de votre part envers la profession informatique et moi-même. Je suis tout à fait ouvert à la critique et suis très loin de me prétendre champion de macroéconomie. Cependant, vous feignez d’oublier qu’en Suisse, les décisions politiques ne sont pas prises exclusivement par des économistes, ni des juristes. Les législatifs et les exécutifs sont composés de miliciens issus de tous les corps de métier, qui doivent donc naturellement s’intéresser tant au droit qu’à l’économie et qui doivent être capable de s’exprimer à leur sujet.

          Pour répondre à votre objection. En Suisse, il existe des mesures d’accompagnement pour l’immigration et le nombre d’étrangers engageables par année de manière globale est limité (http://www.vaud.ch/fr/prestations/expat-guide/sinstaller/permis-de-sejour-de-travail/). Cependant, à ma connaissance, il n’y a pas de base légale pour la préférence nationale à l’embauche, sinon je ne vois pas pourquoi le PS Tessinois revendiquerai la mise en place de cette mesure.

          Cordialement,
          Jérémy Berthet

  • Tiens, vu de Suisse, l’immigration du travail est donc mise en place (car s’il y a débat c’est qu’elle n’est pas aussi idylliquement naturelle que le laisse supposer l’auteur) pour abaisser le coût du travail local.
    Dites ça en France et vous avez une ONG aux fesses.

    Concernant la réponse à votre questionnaire Proustien au sujet des marges consécutives à l’abaissement des coûts salariaux :
    1. Verser des dividendes supplémentaires à leurs actionnaires
    C’est toujours dans ce sens, la aussi, il faut arrêter de se masturber avec de fausses propositions.

    Tout le reste n’est que niaiserie, agrémenté de termes de circonstance « libre circulation », « pouvoir d’achat », « épargne accumulée », etc…
    Tel l’argumentaire socialo-communiste aux plus belles années, vous êtes au mieux un faussaire, M. Berthet, appréciez la retenue.

    Ce que je ne vous autorise pas (plus) à dire et surtout à faire, c’est d’amalgamer immigration et travail.
    Vous, comme tant d’autres, déplacez le débat en réunissant deux phénomènes qui ne sont pas commun, sinon à avouer clairement (et vous le faite avec superbe) que l’immigration est pour vous un prétexte au dumping social et salarial.

    Dès lors votre argumentaire est irrecevable, il s’oppose aux fondements même de la nation.

    L’immigration ne devrait offrir aucun statut particulier, à quiconque, état ou individus, sinon quoi ?

    L’immigration telle que vous la concevez, n’est qu’une mesure compensatoire aux délocalisations, vous qui prônez à juste titre une libre concurrence, vous contournez l’obstacle en souhaitant par extension appliquer cette compétition aux citoyens d’un pays en déstructurant leur milieu, afin de rester compétitif en vos murs.

    Un pays s’adapte à l’économie mondiale, elle s’impose à lui mais ne saurait être déstructurante, hélas c’est exactement l’erreur que vous commettez, ne sachant pas vous adapter, vous arrivez avec un argumentaire fallacieux, mélangeant immigration et travail, au grès de vos inspirations économiques et surtout fantaisistes.

    Votre texte comporte d’autres éléments, tel le fait d’envisager d’augmenter les salaires des cadres, par le gain escompté sur l’exploitation des salariés importés, réalisez vous ce que vous dites ?

    C’est de votre attitude que le libéralisme pâtit le plus, vous ne respectez pas les hommes, vous les utilisez; vous êtes, et relisez vous bien, un esclavagiste moderne, ce n’est pas un discours technique ou plutôt mécanique de circonstance qui maquillera ce fait.

    Restez dans votre métier, ce sera déjà bien.

    • Bonjour,

      La liberté de se déplacer sans nuire à la propriété d’autrui me paraît fondamentale et c’est avant tout pour cela que je milite pour une ouverture des frontières. Dans cet article, j’essaie de démontrer que la pression sur les salaires engendrée n’est pas automatiquement une mauvaise chose sur le long terme, malgré les difficultés à court terme (qui sont, cela dit, largement atténuée par une série de mesures politiques non-évoquées). Je ne prétend nul part que l’immigration est idyllique et que tout va bien dans le meilleur des mondes lorsqu’elle existe.

      Concernant l’augmentation des marges. Derrière votre propos aux limites de l’insulte, je ne vois aucun argument rationnel opposant aux autres propositions. Je vous signale, par ailleurs, que des dividendes supplémentaires sont certainement une pratique courante des entreprises cotées en bourse, ce n’est pas forcément le cas des plus petites structures, notamment des PME qui constituent le 90% de l’économie helvétique. Charité bien ordonnée, commencez par vous même à appliquer la retenue dans vos propos et à éviter de sortir les poncifs socialo-communistes usuels.

      Je vous assure que je me passe volontiers de votre interdiction ou autorisation à dire quoique ce soit. Si l’immigration est effectivement un phénomène séparé du travail, son existence a un impact sur le travail et les rémunérations. Dès lors, je ne vois pas où est le problème d’essayer d’analyser les effets de l’un sur l’autre et leurs conséquences, ce qui est le propos de l’article.

      Vous savez, le concept de nation dans un pays qui est un agglomérat de micro-état est assez artificiel. S’opposer aux fondements d’une nation artificielle, par conséquent à l’Etat qui la délimite et y à dépasser depuis longtemps ses stricts tâches régaliennes ne me pose aucun problème, c’est même le devoir d’un libéral. Ce qui importe, c’est que la culture issue de cette nation soit préservée et je ne me fais aucun souci pour que les Suisses préservent et entretiennent leur tradition et leur état d’esprit même en présence d’un nombre important d’étrangers … c’est déjà le cas aujourd’hui.

      Je n’avais absolument pas en tête la question des délocalisations, mais effectivement, un abaissement des coûts du travail en Suisse et une augmentation des coûts à l’étranger (mettons la Chine par exemple) conduit à des relocalisations industrielle. J’y vois des modifications structurelles, mais je ne vois pas de déstructuration. J’attire votre attention sur le fait que je ne me suis pas intéressé à l’économie mondiale, mais déjà à l’économie intérieur et au problème du renchérissement de la vie qui est une réalité en Suisse. Ce n’est pas pour rien que bon nombre d’entre eux vont vivre en France voisine (coût de l’immobilier et de la vie moins cher) tout en continuant à travailler en Suisse … la libre circulation ne va pas que dans un sens. Ma vision économique est très certainement théorique, elle répond cependant partiellement à la problématique des coûts de la vie. De la à dire qu’elle est fantaisiste, il vous appartient de le démontrer.

      J’attire votre attention sur un fait que je n’ai pas abordé dans l’article.

      « exploitation des salariés », tiens, c’est moi le socialo-communiste ? Cela dit, je vous signale que je ne fais qu’envisager une réalité possible du comportement des entreprises, cela ne signifie pas que je défend, ni n’encourage ce comportement. Bien au contraire, je préconise un abaissement des prix de ventes.

      Je respecte tout à fait les hommes et n’utilise, ni n’esclavagise personne. L’article ne fait que mettre en lumière une perception de phénomène économiques. Cette dernière, comme je l’ai dit, peut être fausse ou incomplète, mais dans ce cas, il faut le montrer rationnellement comme l’a fait le premier intervenant sur cet article.

      Je me relis bien, et la conclusion de l’article est assez équivoque. Je n’ai pas explicité, ni prôné la mise en place d’une politique migratoire, j’ai invité les acteurs politiques à considérer des phénomènes économiques qu’ils oublient un peu trop facilement lorsqu’eux même prônent des politiques migratoires.

      Je peux donc dormir avec la conscience tranquille et continuer à pratiquer mon métier.

      Cordialement,
      Jérémy Berthet

  • (Désolé pour la réponse tardive, je ne m’étais pas aperçu que Contrepoint avait repris cet écrit)

    Bonjour,

    Merci pour votre commentaire très constructif et apportant un éclairage supplémentaire. Il est clair que la problématique de l’immigration va bien plus loin que la question de la pression sur les salaires. Je me suis limité à ceci dans l’article car c’était l’argument principal du parti socialiste et des syndicats pour poser des barrières supplémentaires à la libre circulation des personnes et appliquer la préférence nationale.

    Je vous rejoins sur l’effet d’incertitude vis à vis du chômage et des flux de reconversion. Comme tout processus économique et comme appuyé dans l’article, il faut du temps pour que les choses se stabilisent dans une direction ou l’autre.

    Pour les infrastructures publiques, les employés étrangers sont imposés à la source et la répartition de cet impôt entre le pays d’origine et la Suisse fait l’objet d’accord bilatéraux. Les employés étrangers contribuent au moins partiellement à la croissance d’infrastructures.

    L’influence sur l’immobilier et le foncier est extrêmement forte et observable aujourd’hui. Il faut quand même relever que l’immigration n’est pas seule responsable de la congestion du marché immobilier. Les cantons et la confédération sont assez championne de réglementations parfois délirantes sur la construction. Nos lois ont depuis longtemps dépassé la « protection contre le mitage du territoire » pour entrer dans la planification immobilières pure et dure (Loi sur l’aménagement du territoire en particulier).

    Si l’on veut traiter la question dans son ensemble, il faudrait écrire une thèse, voire un livre. Encore une fois, l’objectif de ce modeste article est de lutter contre l’apriori socialiste qui veut que la pression sur les salaires et une tendance déflationniste soit fondamentalement une mauvaise chose.

    Cordialement,
    Jérémy Berthet

  • Voici des documents qui aident à comprendre l’enjeu de cette votation, afin d’assurer un futur indépendant pour la Confédération suisse.
    Et tout d’abord un texte relatif à l’initiative à lire, à faire lire et… aussi à redistribuer ! :

    VOTATIONS DU 9 FEVRIER 2014

    INITIATIVE CONTRE L’IMMIGRATION MASSIVE

    1 Les pays industrialisés reconnus (Canada, USA, Japon, Inde, etc.) disposent tous d’une politique d’immigration. Elle leur permet de lutter contre l’immigration illégale, le travail au noir, le dumping salarial, la précarisation des conditions de vie dans le pays, la criminalité et le chômage montants. Invoquer la libre circulation UE comme principe fondamental pour refuser ce droit de contrôle aux Suisses est irrespectueux de la part de nos élus politiques. Aujourd’hui, les accords bilatéraux privent la Suisse d’une capacité de mise en œuvre d’une politique d’immigration autonome, non conforme à la volonté de Bruxelles.

    2 Sur recommandation du Grand Capital, l’EU fédérale a édité la directive concernant le détachement des travailleurs étrangers sur un modèle ultralibéral permettant la mise en concurrence des peuples à l’intérieur des frontières européennes (salaires pratiqués selon le niveau dans le pays du lieu de travail additionné des charges sociales pratiquées dans le pays d’origine). En 2005, lors des votations sur les accords bilatéraux, notre classe dirigeante ne nous a pas expliqué les conséquences de ces dispositions européennes. Elle a préféré mettre l’accent sur des mesures soi-disant accompagnatrices qui se sont révélées finalement inappliquées, (cf. motion de la Conseillère nationale Viola AMHERD qui n’a pas été reçue).
    Pourquoi la Suisse a-t-elle imposé aux entreprises du gros-œuvre de la construction le modèle de « la responsabilité solidaire des entreprises face à l’immigration de masse due à la libre circulation » ?
    Réponse : notre classe politique dogmatique, eu égard aux accords bilatéraux qu’elle ordonne en accord avec Bruxelles, applique la politique élaborée par cette dernière. Ainsi dès le milieu de l’année 2013, la Suisse a mis en pratique une nouvelle disposition de cette directive européenne, relative à la responsabilité solidaire aux seules entreprises de construction (plus tard ce sera le tour des autres branches économiques, en fonction du souhait de Bruxelles). Cela sans débat en Suisse et bien avant que cette responsabilité solidaire fasse l’objet d’un accord définitif et clair entre les 28 membres de l’UE… Elle n’entrera en vigueur probablement qu’en 2016, a souligné Mme Annick LEPETIT, porte-parole PS rapportant ces propos du groupe des députés socialistes français à Bruxelles !
    En Suisse à travail égal on tend à donner un salaire égal. Or maintenant, en raison de la directive européenne, la concurrence est déloyale ; car il est possible de verser à un travailleur européen détaché en Suisse un salaire et des charges sociales inférieures de plus de 30% à ce qu’elles sont pour les travailleurs fixes. Dans ces conditions, comment les entreprises utilisant du personnel établit en Suisse peuvent-elles encore rester compétitives face à des concurrents cupides desserrant leurs responsabilités sociales et leurs devoirs économiques, en défaveur de la population de notre pays ?
    Des modifications éventuelles de cette directive annoncées par l’UE fédérale ne règleront rien en Europe et en Suisse… en accord avec le Grand Capital. Ainsi en Suisse, le contrôle de l’immigration massive en votation constituera le moyen de rajustement uniforme du niveau de vie du pays, actuellement menacé par une pratique de concurrence déloyale d’origine européenne autorisée par les accords bilatéraux dans notre économie.

    3 Avant nos accords bilatéraux avec l’UE fédérale, la Suisse disposait d’une économie qui fonctionnait déjà… clients et entreprises commerçants auparavant par-dessus les frontières, sans accords bilatéraux. Un bon produit s’impose de lui-même. N’ayons crainte d’abandonner ces accords bilatéraux, car les produits de qualité renverseront toujours toutes les barrières pour arriver vers une clientèle séduite et ainsi s’imposer. Pensons à reconstruire le goût du bien commun et soyons soucieux de protéger la solidarité nationale en danger, à travers la répartition de l’aisance, 1er rôle social des entreprises.

    4 Etre contre l’immigration de masse, c’est surtout permettre l’entrée d’immigrants aidant à renforcer le bien-être du pays, face à une politique d’ouverture non maîtrisée par l’UE. Cela en répartissant mieux les revenus et par une lutte efficace contre : le travail au noir, l’immigration inégale, la criminalité, le dumping salarial, le chômage montant et la précarisation des conditions de travail en imposant aux travailleurs entrants en Suisse des salaires et des prestations sociales agréés par les partenaires sociaux suisses.

    5 Le contrôle des immigrants ne compliquera pas le recrutement de main-d’œuvre étrangère. Au contraire, il va l’optimiser en permettant d’accueillir en nombre les travailleurs dont nous avons besoin, sans exhumer le statut de saisonnier dépassé. Cela contrairement aux affirmations des personnes favorables à l’UE fédérale.

    6 Le contrôle de l’immigration ne demandera pas plus de travail administratif que la situation actuelle ne l’exige, puisque les travailleurs étrangers doivent déjà aujourd’hui régulariser leurs rapports de travail. Seuls les papiers échangés différeront de ceux actuellement. Dans un même temps une baisse des effectifs de police et un regain de respect du savoir-vivre et des mœurs suisses pourraient être appréciés par tous…

    7 Etre contre l’immigration de masse ne permettrait-il pas de renégocier avec l’UE fédérale ? Et même si, en raison de la clause guillotine, tout l’édifice bilatéral s’écroulerait, cela constituerait-il vraiment une menace rédhibitoire pour notre économie ! Soyons pragmatiques : la Suisse est un petit hors-bord économique et non un pétrolier. Multiplions des accords économiques respectueux avec des pays d’Asie. Il y a là-bas un avenir pour notre Etat-nation.

    8 Une politicienne a dit que le contrôle de l’immigration est un poison pour la Suisse. Elle ne considère pas la grande quantité de mauvais cholestérol que nos accords bilatéraux avec l’UE fédérale déversent dans notre économie, sang de notre pays : dumping salarial, risque de coûts accrus du chômage, démographie et insécurité ainsi qu’incivilité montantes, perte de notre culture et de nos valeurs, pollution grandissante, augmentation des fréquences d’expertises des véhicules, contraintes sans valeur ajoutée pour devenir « euro-compatible », etc. Le peuple suisse supporte beaucoup d’obligations jugées inutiles. Il souffre de la baisse de sa qualité de vie, de ses routes surchargées, de ses trains bondés, de ses écoles et de ses hôpitaux débordés !

    9 Les politiciens suisses affirment que la paupérisation grandissante, résultant de la concentration du capital et du pouvoir en main d’un tout petit nombre, est causée par la crise économique. Aussi pour y voir plus clair, il y a lieu d’évoquer une suite vraisemblable :
    En même temps que cette course effrénée à la concentration des richesses et du pouvoir, Economie Suisse nous propose d’engager les femmes pour lutter contre l’immigration de masse. A première vue, cette proposition séduisante permet aussi à certains ménages – de la classe moyenne – de rester à flot en envoyant épouses et mères de famille au travail. Certes, l’émancipation des femmes joue un rôle important, ainsi que l’offre croissante d’emplois dans le secteur des services où l’activité est moins pénible que dans l’industrie. Mais cette féminisation du travail est surtout dictée par la nécessité… d’atteindre les buts économiques visés. Grâce à cela, demain les salaires pourront à nouveau baisser et le supplément de revenu deviendra à terme insuffisant pour prendre en charge les frais de garde d’enfant(s) …, comme c’est d’ailleurs déjà le cas aujourd’hui en Espagne et au Portugal.
    Puis, lorsque ce levier financier sera totalement exploité, il nous sera proposé un deuxième mécanisme d’adaptation : tous ceux qui le pourront allongeront leurs temps de travail. D’autres, de plus en plus nombreux, cumuleront deux ou trois emplois exigeant chacun au moins 20 ( ?) heures de présence. Le troisième mécanisme sera alors la ponction de l’épargne et le recours massif au crédit simple ou hypothécaire gagé sur la résidence principale, dont la valeur ne cesse(ra) d’augmenter… jusqu’à l’effondrement de l’immobilier et le rachat des plus beaux morceaux par…, devinez qui ?
    C’est ainsi que le dépouillement et l’asservissement des peuples s’obtient pour le Grand Capital, au nez et à la barbe des honnêtes travailleurs, des bien-intentionnés, des ignorants et des simples d’esprit, tous collaborant à leur insu. Aujourd’hui, les armes sont essentiellement économiques : la pauvreté (réduction de la force du peuple) et la dette (asservissement du peuple)… Aussi il faut être conscient que, durant cette dernière décennie en Europe, les actions du Grand Capital, agissant à travers les organes de l’UE fédérale, ont été couvertes de succès retentissants : il dispose désormais d’une vaste zone territoriale et d’une population à coûts de production de plus en plus faibles, avec des systèmes sociaux différents aux services des populations qui seront finalement déclarés contraires aux règlements économiques européens que la Bruxelles fédérale développe…

    Lire les « PRINCIPES DE RICARDO », chapitre 7, d’après l’essai de Robert TORRENS : (…) le taux de profit ne peut jamais hausser qu’en raison d’une baisse des salaires.

    10 Pour réduire un peuple en esclavage, on pénètre son territoire, on s’installe chez lui et on lui confisque ses droits, en particulier celui de battre monnaie. De façon inavouée, l’Europe fédérale poursuit la dissolution des Etats-nations en imposant des pratiques de coûts de main-d’œuvre inégaux, appauvrissant ainsi les Européens et permettant de dévaloriser les places de travail existantes en Suisse ! Cette misère montante est révoltante. Un oui le 9 février prochain en faveur de l’initiative contre l’immigration massive permettra à la Suisse de garder le contrôle des niveaux des salaires et des charges sociales pratiqués par les Suisses et les travailleurs européens détachés en Suisse.

    11 Selon l’AFP, en France actuellement, un débat sur la limitation de l’immigration fait colère. Au-delà de ce thème récurrent inscrit au programme du Front National depuis longtemps, c’est maintenant l’UMP et son Président, M. Jean-François COPE, qui s’en emparent. Déclarant cette question « trop sérieuse pour être laissée à la gauche et aux démagogues de l’extrême droite », il dépose 41 propositions pour « reprendre le contrôle ». Dans un document de travail d’une trentaine de pages, le groupe de travail UMP coordonné par M. Hervé MARITON déroule des propositions qu’il veut « concrètes, fermes, et justes, inspirées des meilleures pratiques des grandes démocraties occidentales ». L’objectif, explique sans détour le député de la Drône au Journal Le Point, est de mettre en place une immigration non plus subie mais choisie. Un principe fondateur qui rappelle à s’y méprendre le projet porté par M. Nicolas SARKOZY en… 2006. « Nous ne voulons pas d’une immigration subie, nous voulons une immigration choisie », avait-il déclaré alors qu’il était ministre de l’Intérieur.
    Cette thématique fait également l’objet d’un rapport que la gauche au pouvoir conduit non sans quelques fuites provoquant une situation facétieuse entre le Président Hollande et son Premier Ministre… Ces évènements peuvent être compris grâce à Internet. Observez l’évolution de la France, comprenez le lien intime entre immigration non contrôlée et insécurité montante, conséquence des volontés de l’Europe fédérale et de ses mécanismes révélés fin 2013 à un peuple de France impuissant face à Bruxelles.

    12 …
    • Comprendre les motivations de l’actuelle UE imposant une Europe fédérale. Etre conscient des volontés de dissolution des Etats-nations poursuivies par l’UE.
    • Comprendre la différence entre l’Europe fédérale actuelle et une autre Europe, celle « des Etats-nations », respectueuse des peuples et de leurs différences.
    • M. David CAMERON (Angleterre) veut réformer l’immigration légale …
    • Volonté d’indépendance affichée par la Catalogne vis-à-vis de l’Espagne.
    • Emeutes en Grèce… ; Trajectoire des Français et de la France…
    • Révolte des fourches en Italie…
    • Confiscation des dépôts bancaires (bail-in) à Chypres, et demain ailleurs …
    • Consulter les sites Web européens concernés et leurs blogs… etc.
    XII/2014.

    Puis toujours au sujet de cette initiative, encore quelques documents permettant de mieux saisir les actions de l’Union Européenne actuelle et l’enjeu qui pend au nez des Suisses, en matière de souveraineté nationale :
    http://www.lecontrarien.com/la-dissolution-de-letat-nation-18-12-2013-edito
    http://www.contrepoints.org/2013/12/31/151797-suisse-une-prosperite-en-trompe-loeil
    http://dessousdebruxelles.ellynn.fr/spip.php?article184

    Enfin, pour savoir où en est la démocratie Suisse et son concept à travers la mise aux ordres demandée par L’UE à ses nombreux vassaux, voici deux articles instructifs. Notamment pour comprendre cette sorte de Grande Alliance de notre classe politique supérieure qui se trouvent légitimée par l’idéologie « économiste » et par la guerre économique :
    http://leblogalupus.com/2013/12/31/la-democratie-suisse-a-lepreuve-de-la-mondialisation/
    http://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2013/09/05/la-democratie-suisse-devoyee/

    Bonne lecture. Avec mes meilleures salutations.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

En France, il faut davantage d'enseignants, il faut davantage de juges, il faut davantage de policiers, il faut davantage d’informaticiens, davantage de plombiers et on pourrait allonger la liste…

Et cela pour d’excellentes raisons que nous allons rappeler, car des problèmes à résoudre sont très importants. Mais ces revendications se terminent par des demandes de moyens financiers… alors que la question n’est pas là.

Les raisons de recruter sont excellentes

Il n’y a pas assez de profs ? C’est vrai, il y a encore des classes surc... Poursuivre la lecture

1
Sauvegarder cet article

Par Thomas Renault.

Le taux de syndicalisation correspond au rapport du nombre de salariés membres d'un syndicat sur le nombre total de salariés. Si l'on observe l'ensemble des pays membres de l'OCDE, la France est le deuxième pays avec le plus bas taux de syndicalisation, juste devant la Turquie, avec un taux de syndicalisation de seulement 7,8 % (voir graphique plus bas).

Taux de syndiqués et taux de chômage

En théorie, on pourrait alors se dire qu'un taux bas de syndicalisation devrait être synonyme de davantage de flexibilit... Poursuivre la lecture

2
Sauvegarder cet article

Un sondage (Smartvote) fait en Suisse, le 19 août 2019, révèle que la majorité des candidats à la députation est en faveur d’un recul de l’âge de la retraite à… 67 ans. Impensable ici. Pourtant, s’il y a une chose à expliquer dans cette période de consultation sur la loi retraite, c’est comment s’en tirer, chez nous, sans bouger significativement l’âge de la retraite ni augmenter la durée de cotisation ?

Surcharge pour les entreprises

Rappelons quelques faits. En 1983, quand Mitterrand a lancé l’idée de la retraite à 60 ans, il y avait... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles