Tournante fiscale : la France est-elle majeure ?

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Le gouvernement pratique pause fiscale et retrait de taxes. Techniques de contraception inefficaces : la France va accoucher de nouveaux impôts.

À défaut de recourir à l’abstinence, le gouvernement pratique la pause et le retrait. À techniques de contraception inefficaces, conséquences logiques : la France va accoucher de nouveaux bébés impôts.

Par Baptiste Créteur.

L’État viole régulièrement le droit de propriété. Dans ses fondements même, ils s’arroge un droit sur le fruit du travail des citoyens, considérant que rien de ce qu’ils produisent n’est réellement de leur fait ; l’État les a aidés, leur a tenu la main jusqu’à ce qu’ils apprennent à marcher, a construit les routes sur lesquels ils avancent, placé les panneaux qui les empêchent de s’égarer et les péages qui leur évitent de trop boire, conduire et fumer.

Pour accélérer l’érection de leurs sociétés idéales, sémantiquement éloignées mais effectivement proches, les majorités successives déploient une arme infaillible : l’impôt. Le raisonnement est simple : parce qu’on leur a offert éducation, soins, infrastructures et bienveillance, les Français ont une dette éternelle envers la France. Ou plutôt envers l’État français, qui collecte l’impôt et le claque flambe fume distribue dépense sans considération aucune pour l’avenir du pays et de ses habitants.

C’est le fameux contrat social, que chaque citoyen est censé respecter sans jamais l’avoir signé et selon lequel non seulement on est obligé de payer pour des services médiocres, mais on ne peut pas créer ou recourir à des services concurrents. Élection après élection, les Français votent pour choisir ceux qui vont décider du nombre de centimètres d’outrage en plus ou en moins qu’ils devront subir. Et élection après élection, ils s’arrangent pour choisir des représentants qui glisseront un peu plus profondément leur étatisme dans les espaces de liberté déjà restreints qui leur restent.

Le gouvernement actuelle, après une frénésie maïeutique d’impôts, a vu le Conseil Constitutionnel lui prescrire un peu de bromure, en vain ; pour ne pas endommager un peu plus les parties déjà meurtries des citoyens, il en vient à pratiquer la pause fiscale et le retrait de taxes.

Malheureusement, c’est plus fort que lui : la pause fiscale attendra, et le retrait de la taxe sur l’EBE n’est qu’un leurre. Le gouvernement ne recule que pour mieux sauter, la seule question n’étant ni quand ni si mais qui va prendre. Et ce seront les entreprises qui, au lieu d’une taxe sur l’EBE, seront soumises à une augmentation de l’impôt sur les sociétés.

Mais tout cela est-il bien légal ? Évidemment, l’impôt le sera toujours ; il suffit aux députés de le voter et hop, à moins que le Conseil Constitutionnel ne trouve un motif purement technique pour rendre une taxe à 75% sur les revenus non pas confiscatoire, mais irrecevable car portant sur l’individu et non sur le ménage. Sa légitimité n’est pas évidente, mais bien avant cela : la France est-elle en âge de se faire engrosser de la sorte ?

Les petits pères des peuples, les mères Thérésa et les tontons flingueurs qui peuplent les chambres de notre représentation politique ne voient-ils aucun mal dans la relation incestueuse qu’ils entretiennent avec la France ? N’ont-ils aucun scrupule à violer les droits les plus fondamentaux de citoyens qui, à force d’être infantilisés, en sont devenus mineurs ? L’amour des Français pour l’État-mère et l’État-nounou n’est-il pas la plus belle illustration de la théorie freudienne ?

Loin de gérer les caisses de l’État en bons pères de familles, les vicieux au pouvoir devraient cesser leurs odieuses orgies ; ils ont récemment défloré à l’impôt plus d’un million de Français. D’ici à ce que leurs postérieurs endoloris les amènent à réclamer non pas plus de vaseline, mais la fin des vexations, il n’y a qu’un pas ; aux Français de savoir combien de temps ils comptent continuer à courber l’échine.

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