La France, championne du monde des dépenses sociales

Les dépenses sociales ont atteint près de 50% de toutes les dépenses publiques françaises. Toute réforme sérieuse de l’Etat passe par leur réduction.

Les dépenses sociales ont atteint près de 50% de toutes les dépenses publiques françaises. Toute réforme sérieuse de l’État passe par leur réduction franche.

Par Valérie, d’Emploi 2017.

Les dépenses sociales représentent le poste le plus important des dépenses publiques en France. Sur les cinquante dernières années, la part des dépenses sociales dans les dépenses publiques a considérablement augmenté. Elles représentaient un tiers des dépenses publiques au début des années soixante. À l’heure actuelle, les dépenses sociales ont atteint près de 50% de toutes les dépenses publiques de la France.

Si nous parlons chiffres, les dépenses sociales ont atteint plus de 600 milliards en 2013 contre 400 milliards pour le budget de l’État dans le PLF.

Comme chaque automne, les députés vont bientôt passer quelques centaines d’heures à discuter ce nouveau projet de loi de finances (PLF) pour 2014. En fin de compte, cela ne changera rien, puisque comme toutes les années précédentes, ils ne vont pas bouger plus d’un pour mille dans la proposition de budget récemment envoyée par Bercy.

Les choses les plus intéressantes seront laissées de côté. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui couvre des domaines aussi importants que la santé, les retraites et la famille, sera voté en autorisant encore une fois de nombreuses hausses de taxes et des augmentations d’impôts. Tout cela en espérant réduire le déficit de la Sécurité sociale, qui est toujours très loin de l’équilibre.

En effet, le PLFSS vise à maîtriser les dépenses sociales. Il propose des objectifs de dépenses en fonction des prévisions de recettes. Mais le problème avec le PLFSS, c’est que le Parlement n’a pas le droit de limiter les dépenses sociales, il ne peut que les évaluer et fixer les objectifs. La direction du Budget ne peut les contrôler comme elle le fait pour le PLF.

À ce propos, l’OCDE publie des comparaisons internationales très intéressantes. Il se trouve que depuis 2000, la France est le premier pays en termes de dépenses sociales, en laissant derrière elle même les pays scandinaves, historiquement très redistributifs.

En 2013, les dépenses sociales en France ont atteint 33% du PIB [1]. Ce chiffre dépasse ceux du Danemark et de la Belgique (31%), de la Finlande (29%) et de la Suède (28%), ainsi que ceux de nos autres voisins qui ont un niveau de développement similaire au nôtre (Allemagne 26%, Royaume-Uni 24%) [2].

Mais qu’avons-nous pour cette somme modique de plusieurs centaines de milliards d’euros ?

Selon les données officielles, plus d’un tiers de ces dépenses sociales sont consacrées à la vieillesse (38%), un autre tiers à la santé (28%), le reste étant partagé entre la famille (10%), l’incapacité et la survie (6% pour chaque poste), le chômage (5%), le logement et les autres postes de la politique sociale.

La proposition du ministre de la Santé, Marisol Touraine, de vendre les médicaments à l’unité, est-elle vraiment à la mesure du problème ?


Sur le web.

Notes :

  1. OCDE, Bases de données des Statistiques des dépenses sociales, et Social spending during the crisis, 2012.
  2. Même en tenant compte de la part importante du secteur privé dans le financement des dépenses sociales dans des pays tels que les Pays-Bas (24% public, 6% privé), les États-Unis (20% public, 10% privé) et le Canada (18% public, 5% privé), cela ne change rien.