France, qu’as-tu fait de ta jeunesse ?

Jeunesse travail (Crédits somgestio, licence Creative Commons)

Depuis l’extinction programmée des Trente Glorieuses, puisque tout a une fin, qu’avons-nous vraiment fait de notre jeunesse ?

Depuis l’extinction programmée des Trente Glorieuses, puisque tout a une fin, qu’avons-nous vraiment fait de notre jeunesse ? 

Par Philippe Robert.

Depuis l’extinction programmée des Trente Glorieuses, puisque tout a une fin, qu’avons-nous vraiment fait de notre jeunesse ? Depuis lors, dans un saisissant raccourci du temps et de l’espace, comment la jeunesse de 2013, désormais, imagine-t-elle l’avenir en fonction de son environnement présent ?

L’environnement présent ayant d’ailleurs été conditionné par des décennies de politiques durablement ôtées de toute cohérence, dans le sens où le pire s’est toujours rapidement substitué au meilleur et vice-versa, nous pouvons aujourd’hui constater que nous sommes parvenus au pire du pire !

Ainsi j’ai pu remarquer, et dois-je le préciser à mes dépens, à quel point l’humeur des jeunes gens d’aujourd’hui a pu se dégrader jusqu’à faire preuve, pour un motif le plus souvent futile, d’un comportement clairement caractériel sans qu’aucun signe précurseur ne vînt à en dessiner les douloureux contours.

Cette expérience quelque peu traumatisante pour un vieux monsieur qui, pourtant, en a vu d’autres a revêtu, pour lui, la confirmation physique d’un immense malaise au sein de notre jeunesse qui, manifestement, souffre d’une détresse morale qui la conduit à pratiquer un repli sur soi aux effets explosifs.

C’est en tout cas ce que j’ai vécu tout récemment et j’ai ainsi pu constater par moi-même combien les limites entre la maîtrise de soi et le passage à l’acte, dont le franchissement représente un signal d’alerte rouge, peuvent se révéler d’une grande fragilité dès lors que la décence se trouve bafouée.

Et à propos de repli sur soi, je tiens à citer ici un chef d’entreprise [1] dont l’expérience en matière de recrutement est particulièrement éclairante concernant l’état d’esprit dans lequel, après des années de bourrage de crâne, se trouvent enfermés les jeunes et les moins jeunes à la recherche d’un travail :

“Après avoir passé des dizaines et des dizaines d’entretiens avec des personnes de tous âges, après avoir parcouru des milliers de CV (…) l’écart est saisissant entre ce que les moins de 25 ans perçoivent de l’entreprise et la réalité. Ce n’est pas leur faute, évidemment, mais il serait utile que l’on s’interroge sur ce qu’on leur raconte tout au long de leurs études”.

Julien Leclerq, le chef d’entreprise en question, contribue dans son domaine d’élection à faire ressortir la grande misère des jeunes et des moins jeunes auxquels l’État-providence, lui-même en route pour le cimetière, ne laisse que peu de chance de s’en sortir sauf, pour les plus qualifiés d’entre eux, à choisir l’émigration.

Mais M. Leclerq ne se contente pas de déplorer une situation qui n’a que trop duré pour donner leur chance à une population représentant les vraies forces vives de la nation ; il explique aussi de quelle manière l’on pourrait s’y prendre pour redresser la barre et sortir d’un marasme installé de longue date par des élites irresponsables :

“Si nous passons beaucoup de temps à expliquer aux jeunes que le marché du travail est au plus mal (pas très motivant !), il est à mon sens important d’en prendre également pour leur expliquer ce que l’on attend d’eux : des connaissances qu’ils seront seuls à avoir, du talent, de l’investissement… et du coup ce qu’ils peuvent légitimement espérer en retour”.

Il faut donc éviter de briguer un travail en retournant les termes de l’échange avant même d’en connaître la teneur et d’avoir fait ses preuves au contact de la réalité entrepreneuriale… Et comme rien, jamais, n’est acquis sans effort, faisons en sorte d’en instruire dès potron-minet et pour la vie les jeunes générations.

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  1. Julien Leclerq : “Chronique d’un salaud de patron – Bienvenue dans le vraie vie d’un patron de PME” (aux éditions Les Cavaliers de l’Orage, mai 2013).