Baisse du nombre de chômeurs au mois d’août : moi doute.

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Le nombre de chômeurs a apparemment baissé au mois d’août. Oui, apparemment, et c’est tout. youpi quand même ?

Le nombre de chômeurs a apparemment baissé au mois d’août. Oui, apparemment, et c’est tout. Youpi quand même ?

Par Baptiste Créteur.

Le gouvernement devrait se féliciter, le président a évoqué cette formidable performance lors de sa visite à Florange : le chômage a reculé au mois d’août. Pourquoi alors ne pas claironner, fanfaronner, s’émerveiller devant un succès plus rapide qu’attendu ?

Michel Sapin, le ministre du Travail, veut rester prudent : « les résultats d’un mois ne font pas un retournement» a-t-il déclaré, dans un communiqué. Pis, « une baisse en août ne permet pas d’exclure une hausse le mois suivant »

Mince, l’inversion qu’on verra sur la courbe ne serait pas durable ? Comment est-ce possible, après tant d’efforts et une aussi vigoureuse politique du gouvernement ? Pourquoi ne pas se lancer, entre membres du gouvernement, des félicitations même molles ? Il doit bien y avoir une explication…

Mais les chiffres montrent surtout qu’en août – et c’est la principale raison de la baisse de 50.000 affichée – un nombre plus important de personnes (77.000 de plus qu’en juillet – soit une hausse de 40% sur un mois et un an) ont « oublié » d’actualiser leurs données à Pole Emploi, ce qui a conduit à la suspension temporaire de leur inscription. Un effet purement statistique qui effectivement relativise la baisse du chômage.

Ah. Hum. Pardon. Un effet purement statistique relativise – un peu – la baisse du chômage. 50 000 chômeurs de moins, moins 77 000 de pur effet statistique dû aux vacances des chômeurs qui n’ont pas pensé à mettre à jour leur profil, ça nous laisse donc une baisse de -27 000 chômeurs. On pourrait aussi parler d’une hausse de 27 000 chômeurs, mais évitons.

Donc, dans la vraie vie, 27 000 nouveaux demandeurs d’emplois en catégorie A de plus ont rejoint au mois d’août les plus de 3 millions d’autres Français en recherche d’emploi, qui seront ravis d’apprendre que le président créera un centre de recherche en sidérurgie, contredisant Arnaud Montebourg.

Pour le vaillant Arnaud, l’État ne doit pas investir dans les entreprises sans avenir. Un changement du tout au tout, qui conduirait l’État à céder toutes ses participations et véhicules d’investissement : il existe un lien de causalité presque parfait entre l’investissement par l’État et la compromission de l’avenir de l’entreprise.

On peut même aller plus loin, en étendant le raisonnement à ces étranges secteurs qui échapperaient pour des raisons qui nous échappent à toute logique de marché, et constater que l’investissement par l’État a aussi des conséquences dévastatrices sur l’éducation, la sécurité, les transports, l’énergie, la santé, la diplomatie, la justice, la culture et les médias, et bien d’autres encore.

Quel revirement de situation depuis le Montebourg de Florange qui, casque vissé sur la tête et regard hagard, voulait nationaliser !

Ségolène Royal, elle, n’en démord pas : la région doit aider Heuliez. Sa région, ses contribuables, son argent.

« On n’a pas le droit de laisser tomber Heuliez », a déclaré la présidente du Conseil régional, Ségolène Royal, aux élus. « Seule la région peut maintenir Heuliez à flot en attendant une éventuelle commande. Il y a un contexte transitoire à aménager. Il faut tenir en attendant », a-t-elle déclaré.

Maintenir à flot en attendant une commande, aménager un contexte transitoire : c’est bien beau mais, une fois de plus, ça ne fonctionnera pas. h16 l’avait déjà évoqué dans un précédent billet ; Royal intervient, Heuliez calanche.

Avec une baisse négative du chômage, des emplois d’avenir sans avenir et une pause fiscale à retardement, ce gouvernement aura décidément joué de l’oxymore autant que du pipeau.