Les révoltes : pour les malchanceux qui ont raté la conférence

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Plus d’une centaine de personnes ont assisté à la conférence exceptionnelle de Contrepoints samedi 21 septembre, qui avait pour thème « Les révoltes ».

Plus d’une centaine de personnes sont venus assister à la conférence exceptionnelle organisée par Contrepoints samedi 21 septembre, qui avait pour thème « Les révoltes ». Voici un résumé des échanges fructueux qui s’y sont tenus.

C’est le Professeur Serge Schweitzer qui introduit la matinée en donnant une perspective historique sur les révoltes. « Il faut comprendre pourquoi un individu rationnel est mené à consacrer une partie de son temps à  se révolter et transmettre son exaspération ». Il qualifie ces mouvements de « réactions » plutôt que de « révoltes ». Celles-ci peuvent surgir à toute époque, et venir de toutes les strates : étudiants, (vrais) intellectuels, classes populaires, etc. « Leurs conséquences peuvent être heureuses (Tea Party) ou bien plus dramatiques, comme en octobre 1917 ». De toutes, c’est bien la révolte fiscale qui est la plus fréquente, et la plus mobilisatrice.

Il enchaîne ensuite en appelant au rassemblement des luttes, parfois dispersées en petites chapelles indépendantes. « Il faut dépasser les revendications individuelles ou catégorielles », et c’est là le but de cette matinée. L’une des grandes questions posées consiste à se demander s’il faut lutter à l’intérieur du système, ou à l’extérieur.

Les exemples historiques le montrent : les Hommes de l’État n’hésiteront pas à faire tirer sur la foule.

Changer le système de l’intérieur a pour désavantage de le cautionner en partie, mais la lutte se fait de manière pacifique. Spontanément cependant, les libéraux de principe préfèrent la lutte exogène, comme celle menée par « Les Tondus » (refus de l’impôt jusqu’à implosion du système). Le grand risque, c’est alors de voir s’exprimer la violence physique des Hommes de l’État.

Une autre question à poser est celle de la pérennité du « vol par l’impôt » : on peut l’expliquer par l’idée que la redistribution fait de l’ensemble des citoyens des coresponsables, qui touchent de véritables « pots de vin » (allocations familiales, sociales, etc.). En clair, l’État, par des allocations de toutes sortes, a mis en place un clientélisme forcené (comme le rappelle la citation de Bastiat : « l’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde »). Une autre raison avancée est celle de professions créées par la complexification artificielle des règle de droit : « Le code général des impôts : un an pour le lire, une vie pour s’en remettre !»

De plus, on peut se demander pourquoi la hausse continue des prélèvements obligatoires n’a pas entraîné jusqu’à présent de grands mouvements d’opposition, sauf à quelques périodes précises et brèves (Margareth Thatcher et la poll taxe, la proposition 13 en Californie…). Une explication réside dans la dilution des conséquences positives de la révolte et de la tendance au comportement de « cavalier seul », qu’il faut combattre. « On n’a pas encore pris les fourches pour les planter dans la partie dodue des Hommes de l’État. Pourtant, avec la parité, cette idée pourrait devenir amusante… ».

Enfin, le Professeur Schweitzer termine son introduction en avertissant des périls de la révolte si elle devient véritablement violente : « Les exemples historiques le montrent. Les Hommes de l’État n’hésiteront pas à tirer sur la foule. Ils l’ont déjà fait et n’hésiteront pas à le refaire ».

Première table ronde : état des lieux des révoltes

Jean-Marc Piet, salarié dans le secteur médical et délégué syndical CFTC, annonce la couleur : « La France est devenue une République bananière ». Depuis l’arrivée de Valéry Giscard d’Estaing, de nombreux groupes de pression divers et variés se sont créés et les hommes politiques ont pratiqué un clientélisme effréné, au mépris de l’intérêt des Français et des entreprises en particulier. « Le monde politique a contribué à diviser les Français, à les opposer les uns aux autres (patrons contre salariés, jeunes contre vieux, etc. ». J.-M. Piet insiste sur la nécessité de se « déculpabiliser » vis-à-vis des générations futures, parce que c’est par ce biais que le monde politique n’a eu de cesse d’étendre ses prérogatives et justifier son action.

Aurélien Sallé, vice-président de l’Union des autoentrepreneurs, statut qu’il a contribué à créer avec Hervé Novelli, rappelle l’impact négatif des réformes de ce statut sous le gouvernement de F. Hollande : « depuis 4 mois, on constate 15.000 entreprises de moins que l’année précédente, un décrochage de 24% entre les deux mois d’août ». Pourtant la très grande majorité des Français soutient les autoentrepreneurs, responsables de la moitié de la création d’entreprises cette année.

Pierre-Louis Gourdoux (PLG) de Contrepoints pose alors la question de l’inégalité de ce régime avec celui, plus classique, des artisans, eux aussi remontés contre le gouvernement mais également contre les autoentrepreneurs. « Ils se trompent d’ennemis », affirme A. Sallé. « Il faut qu’ils demandent une simplification de leur régime pour se rapprocher de celui des autoentrepreneurs et non l’inverse. D’autre part, n’oublions pas qu’il s’agit d’un statut microsocial, qui n’a aucunement vocation à faire de la concurrence aux entreprises du BTP ! ». Enfin un rapport de l’IGAS a montré que ce statut n’est pas fiscalement avantageux. Il est simplement exempt de complexité et c’est ce qui fait sa grande force.

Puis Laurent C., habitué des colonnes de Contrepoints, explique pourquoi il a décidé de sortir du RSI, organisme qui fait l’objet de très nombreuses critiques. « Le Droit est pour moi ». Il rappelle que c’est la France qui bafoue le droit européen en refusant la mise en concurrence des organismes de sécurité sociale. « Je mène ce combat pour moi. Sauvez-vous vous-même ! ». Dans sa conclusion Serge Schweitzer rappellera d’ailleurs qu’il s’agit là d’un des fondements de la logique libérale. Se sauver soi-même, et ne pas chercher à sauver les autres. Sauver les autres, c’est croire que l’on sait mieux qu’eux ce qui est bon pour leur vie. C’est une ingérence inacceptable qui mène à toutes les dérives. « Pour le reste, je m’attends à être condamné au TASS en décembre prochain, puis en appel, avant de porter l’affaire au niveau européen où j’ai de grandes chances de l’emporter ».

Une femme a été menottée publiquement, sa vitrine saisie, pour un arriéré URSSAF de 200€.

Jennifer Landry, représentante du mouvement « Les médecins ne sont pas des pigeons », revient sur la naissance de celui-ci et les progrès accomplis. Suite aux décisions de la Ministre Marisol Touraine, le secteur 2, où les honoraires des médecins étaient en partie libre, est voué à disparaître. « À partir de 2016, les salariés n’auront plus le choix de leur complémentaire, qui sera effectué au niveau de la branche ». En outre, le niveau de vie des médecins ne cesse de se détériorer, avec un tarif de consultation qui est l’un des plus bas d’Europe, à seulement 23€. Tout ceci parce que la Sécurité sociale est « juge et partie ».

Philippe Herlin, chercheur en finance, juge la révolte fiscale de ces mouvements comme une opportunité de changer le système. Elle est la seule à pouvoir provoquer une prise de conscience dans l’ensemble de la population.

Guillaume de Thomas, fondateur des « Tondus », constitue un exemple puisqu’il a lui-même débuté une grève des cotisations sociales. « Les révoltes viennent du fait qu’on a pris aux gens ce qui leur appartient ». « On vole des compétences que l’on sous-paye ». À cause de la multiplication des prélèvements, on a fait des patrons et des salariés des ennemis sans qu’ils sachent pourquoi.

Il relate ensuite les coups de téléphone reçus de la part de différents ministres : « J’ai été insulté » sans pouvoir répondre. Leurs appels n’ont fait que renforcer sa détermination. Qualifié par eux de « hors-la-loi », Guillaume de Thomas affirme que ne pas payer ses cotisations patronales n’est pas un délit. « Liberté, Égalité, Fraternité » est la devise la République française. Pourtant, s’agissant de la Sécurité Sociale, la liberté de choix a disparu, l’égalité entre individus est systématiquement bafouée car les professions libérales cotisent bien plus que les salariés et l’opposition artificielle entre les citoyens a tué la fraternité.

J.-M. Piet conseille à tous de se plonger dans la lecture des rapports de la Cour des Comptes qui chaque année fustigent la gestion de la branche maladie de la Sécurité Sociale. Chaque année, des « millions d’euros » voire plus sont pillés par les organisations syndicales.

Laurent C. rappelle à ce sujet que le passage au salaire complet serait une façon d’accélérer les prises de conscience. L’impression que les soins sont gratuits crée en effet une déresponsabilisation flagrante des individus. « Récemment, une patiente m’a affirmé qu’elle ne prenait pas de mutuelle parce que la sécu, c’était gratuit mais pas les mutuelles… » explique ainsi J. Landry. Elle ajoute ensuite que depuis plusieurs années, la Cour des Comptes refuse de certifier les comptes de la Sécurité Sociale du fait de leur opacité : « On ne sait même plus où va l’argent ! ».

Que demandent les mouvements ?

Selon Jennifer Landry, environ 10.000 personnes sont actuellement en train d’entamer les démarches pour quitter la Sécurité sociale. « Plus de 30.000 nous suivent sur Facebook, et nous sommes environ une cinquantaine de médecins très actifs partout en France qui faisons des tournées pour que le bouche-à-oreille continue. (…) Pourtant, Marisol Touraine (MST) ne nous a pas contactés. (…) Nous demandons davantage de liberté dans le choix de notre protection sociale. Actuellement, le système est tellement désorganisé que même ceux qui quittent la Sécurité Sociale ne font pas face aux mêmes situations. Certains reçoivent des recommandés en pagaille, d’autres rien. »

Philippe Marini : « Surtout ne parle pas de ça, c’est une bombe atomique ! »

Aurélien Sallé : « Notre premier objectif est d’enterrer les lois Pinel, qui divisent par deux le plafond maximal de chiffre d’affaires des autoentrepreneurs. (…) Ensuite, il faut aller vers une réelle simplification administrative de l’entrepreneuriat et de la fiscalité. C’est le premier frein à la croissance des entreprises, sans compter les fluctuations incessantes des règles fiscales. (…) Je crois que nous entrons dans le premier chapitre de La grève d’Ayn Rand. Nous allons voir se multiplier les John Galt ».

Pour Guillaume de Thomas, il faut d’abord « supprimer la violence de l’URSSAF ». Quand on leur demande un délai, on vous le refuse de la manière la plus rigide possible. « On m’a même expliqué qu’une femme a été menottée, sa vitrine saisie, pour un arriéré de… 200€ ». L’URSSAF dispose d’un pouvoir de contrainte encore plus important que celui des impôts.

Selon G. de Thomas, il faut également revenir à la défiscalisation des heures supplémentaires. La suppression de ce dispositif a démotivé les travailleurs à fournir davantage d’effort.

Enfin, d’après Jennifer Landry, il faut supprimer le RSI, qui n’a aucune existence légale. « Il n’a aucune légitimé, ce n’est pas une mutuelle et pourtant il encaisse des cotisations et reverse des prestations ! Il suffirait que quelques milliers de médecins arrêtent de cotiser pour faire s’écrouler le RSI. Nous sommes déjà 1500, nous sommes proches du but mais il faut qu’un maximum de médecins nous rejoignent. »

Tous s’accordent pour dire que ces mouvements peuvent s’allier mais ne doivent pas fusionner. Leurs revendications catégorielles sont nécessaires pour mobiliser des pans différents des acteurs économiques.

Finalement, Philippe Herlin se sent confiant dans la possibilité qu’ont ces mouvements de créer une véritable vague apte à faire profondément évoluer le système, à la condition qu’ils tiennent bon et soient rejoints par tous les citoyens concernés.

Lors de la séance de questions/réponses, J.-M. Piet livre une anecdote intéressante : « Dans les rapports de la Cour des Comptes le détail des recettes et des paiements de la Sécurité Sociale n’est pas donné. L’opacité est quasi-totale. Quand j’ai demandé plus d’explications à Philippe Marini, celui-ci m’a répondu texto : surtout, ne parle pas de ça, c’est une bombe atomique ! ».

Seconde table ronde : Quelles actions ? Quels espoirs de changement ?

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Claude Reichman : « Mon combat, depuis plus de 20 ans, est de mettre fin à l’État-Providence ». Lorsqu’avec mon confrère Bernard Debré nous avions créé des mouvements catégoriels à destination des professionnels de santé, nos revendications allaient généralement à terme mais la marche de l’État reprenait inexorablement d’où l’idée de créer des mouvements plus globaux. Grâce aux avancées européennes nous avons obtenu que les citoyens français résidents à l’étranger ne soient plus obligés de cotiser à la Sécurité Sociale. »

Nous sommes à un moment de vérité ; l’État va se défendre.

Claude Reichman continue ensuite en rappelant l’affaire Buffalo Grill (8000 salariés) dont le patron avait voulu quitter la Sécurité sociale pour que ses salariés aient le choix de leur protection. La réaction de Jacques Chirac fut de verrouiller le système, tant au niveau français qu’européen.

Il termine en affirmant que le nombre de personnes intéressées pour quitter la Sécurité Sociale a très fortement augmenté ces derniers mois, ce qui montre que le mouvement prend réellement de l’ampleur. « La révolution française, c’est celle que nous faisons en ce moment. Aux Pays-Bas, le Roi vient de déclarer qu’il fallait en finir avec l’État-Providence. Faisons-le ici aussi ».

Dominique Reynié, politologue et Directeur général de la Fondapol, commence par saluer le « courage et la détermination » des membres des mouvements en révolte. Il met ensuite en lumière la solitude de ces personnes : « La révolte, c’est l’expression de celui qui se sent seul contre tous. C’est la protestation exprimée par ceux que personne ne représente ». Il déplore en effet l’absence de représentation politique de ces mouvements dont l’objet concerne pourtant tous les citoyens.

La pensée unique social-étatiste des hommes politiques actuels se heurte frontalement à la vision défendue par de nombreux citoyens. Ils ne représentent pas l’intérêt général, mais l’intérêt de l’État. Pendant la campagne de 2007, « un seul candidat a esquissé un programme de réduction des dépenses publiques, c’était François Bayrou. Et en fait de baisses de dépenses, il s’agissait de suppressions de niches fiscales… ».

« Nous sommes à un moment de vérité, attendons-nous à ce que l’État se défende ». Les mouvements en révolte font preuve d’une grande vitalité, mais il faut à présent les structurer. « Il faut agir sur l’espace public et politique en général, à droite comme à gauche ».

Gaspard Koenig, Vice-président du PLD, revient sur la difficulté pour les nouveaux partis d’émerger. « Même à Londres, où je m’étais lancé dans des conditions idéales, j’ai pu à peine dépasser 4%. Alors que je rassemblais souvent plus de militants dans mes salles que les autres grands partis, les gens venaient me voir et me disaient qu’ils allaient voter UMP… ». Il existe une inertie psychologique extrêmement forte. Pourtant des mouvements rapides émergent parfois et il est rationnel de garder espoir.

David Feldman, représentant du mouvement « Entreprendre pour la France », indique que son mouvement est composé de personnes issues de la société civile, et que les Français de l’étranger constituent justement un soutien important. Il insiste sur l’urgence de la situation qui s’est fortement dégradée. « Ce qu’il manque, c’est un catalyseur ». Les mouvements sont encore un peu disparates, il manque encore un maillage territorial qui est la condition de l’agrégation de toutes ces revendications. « Nous avons commencé un travail de fond absolument fondamental ».

Gaspard Koenig reprend ensuite cette idée en insistant sur le fait que la France ne manque pas de libéraux : « Il y a des journalistes, des éditorialistes, des hommes politiques libéraux. Mais ils ne se sont pas encore alliés dans un projet commun ». Cela étant, David Feldman se demande si mêmes les nouveaux mouvements ne sont pas déjà en retard par rapport à la déferlante de mécontentements qui s’illustre aujourd’hui par les révoltes.

L’exemple de Ron Paul montre qu’il faudra en passer par les partis existants.

Pour renforcer l’impression de déconnexion entre les Français et leurs représentants politiques, Jennifer Landry rappelle les principaux résultats obtenus par d’importants sondages effectués ces dernières semaines : « 45% des Français sont prêts à ne plus cotiser à la Sécurité Sociale, voire même 60% selon un autre sondage ». De même, PLG rappelle les résultats du sondage effectué par Contrepoints qui montre que les Français sont largement favorables à la libéralisation de la protection sociale.

Cela montre une fois de plus le fossé grandissant entre les Français et leur personnel politique. Dominique Reynié rappelle que ceux-ci proviennent pour la plupart de deux ou trois écoles en tout.

Arnaud Boucheron, créateur du think-tank «L» à Sciences Po Paris, affirme que le mouvement de rejet (contre la fiscalité, la complexité juridique, etc.) ne se traduit pas encore en un mouvement d’adhésion aux idées libérales, qui restent encore assez méconnues. D’où la création de ce think-tank, qui ne pourra avoir des effets qu’à long terme. Il dit ne pas croire à la possibilité de faire émerger de nouveaux mouvements politiques. La seule possibilité reste de passer par les mouvements actuels. En cela, les primaires au sein des partis sont une bonne nouvelle pour faire connaître des tendances cachées des partis.

PLG fait alors le lien avec cet article de Contrepoints, qui relate la manière dont les libéraux et libertariens américains ont élaboré le projet de tous se regrouper dans le New Hampshire afin de s’infiltrer dans l’ensemble de l’administration et faire de cet État américain une province libertarienne.

Par ailleurs, les hommes politiques, au-delà de leur tendance social-étatiste, ne sont-ils pas avant tous des statisticiens, qui analysent les thèmes porteurs ou non ? Ce n’est pas l’avis de Dominique Reynié, qui les qualifie avant tout de « mécaniciens ». Ceux-ci réagissent en fonction de leurs émotions, plus que de leur raison. « Le libéralisme est injustement vu comme une pensée froide ». Le changement doit aussi passer par la manière de faire de la politique, ce qui ne peut se faire que par l’émergence d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques.

Mélenchon et Le Pen sont des conservateurs qui n’ont que l’État à la bouche.

Claude Reichman affirme ensuite que « la seule possibilité, c’est de casser l’administration en utilisant ses propres méthodes ». « C’est en étant un juriste retors que j’ai pu faire primer le droit européen et permettre un espace de liberté. Ce ne sont plus les hommes politiques qu’il faut convaincre, mais bien les Français. Convaincre les hommes politiques est voué à l’échec. (…) Jacques Chirac, alors ministre du Budget, avait reçu l’ordre par le Général De Gaulle de ne pas dépasser le taux de 30% de prélèvements obligatoires… ».

Aurélien Sallé intervient ensuite pour défendre l’idée que le système ne peut être changé que de l’intérieur ; il cite l’exemple d’Hervé Novelli qui, discrètement, a réussi à mettre en œuvre la réforme très importante des autoentrepreneurs. Selon lui, le changement attendu nécessite une nouvelle génération d’acteurs politiques. « Nicolas Sarkozy a perdu parce qu’il a été aspiré par le système ». Il déplore le fait « qu’aujourd’hui, les politiques qui incarnent la révolte sont J.-L. Mélenchon et M. Le Pen ».

Dominique Reynié conteste cette analyse : « Mélenchon et Le Pen sont des conservateurs qui n’ont que l’intervention de l’État à la bouche ; il n’est pas impossible que l’État dans son être cherche à favoriser ces deux organisations, car leur discours illustre ce que l’État pense de nous et de lui ».

PLG conclut ensuite la matinée : « Ce qui est en cause, c’est le droit de propriété même. C’est sa défense qui doit constituer le ciment de tous les mouvements en révolte aujourd’hui. Jamais, dans toute l’histoire de France, la classe moyenne n’a été autant taxée. Pourtant, disposer pleinement des fruits de notre propre travail devrait être la condition comme la conséquence de nos vies d’adultes libres et responsables ».

S’attaquer à la sécurité sociale, c’est s’attaquer à l’achat des votes

La conclusion revient au Professeur Schweitzer.

« La richesse de ces débats a tranché avec ceux des colloques habituels ». Il rappelle que « le seul camp qui ne s’est jamais compromis, ni avec le communisme, ni avec le fascisme, c’est le libéralisme ». Il vante ensuite l’action des mouvements en révolte : « Ces gens sont des héros solitaires. Jamais leur nom ne sera gravé sur des colonnes et pourtant ce sont eux qui contribuent à changer le monde. Pourtant les risques qu’ils prennent sont immenses. Le Docteur Reichman fait partie de la race des survivants. »

Il recommande de ne pas prendre « les bureaucrates pour des idiots. Ils sont extrêmement travailleurs et produisent sans cesse des normes pour justifier leur action ». « Dis-moi quel métier tu choisis et je te dirai qui tu es. Choisir de faire l’école nationale des impôts et devenir percepteur révèle quelque chose ! ».

Il rappelle ensuite pourquoi la sécurité sociale est si protégée : « Longtemps, je n’ai pas compris pourquoi s’attaquer au monopole de la sécurité sociale était si difficile. Cela tournait à l’injure, au procès, à des menaces d’emprisonnement. En fait s’attaquer à la sécurité sociale, c’est s’attaquer à l’achat des votes ».

Pour terminer, le Professeur Schweitzer a conclu sur une fable de son invention, que vous pourrez prochainement retrouver ici !

 

Retoruvez ici les vidéos d’interview de fin de matinée :

Dominique Reynié

Claude Reichman

Guillaume de Thomas

Aurélien Sallé

Serge Schweitzer

Pierre-Louis Gourdoux (PLG)