Une bonne nuit pour la démocratie britannique

David Cameron a restauré l’autorité du Parlement britannique.

David Cameron a restauré l’autorité du Parlement britannique.

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.

Nous venons de voir le meilleur venant de notre Parlement et le pire venant de nos médias. Sans relâche, les journalistes ont ressassé leur clichés : « David Cameron gravement affaibli », « erreur de faire appel au Parlement », « met son jugement en question » et ainsi de suite. Quelques sympathisants du Labour Party s’en attribuent les mérites. Toute comme des sympathisants de l’UKIP. Les historiques Twitter sont à mourir de rire : « S’il vous plait, Premier Ministre, écoutez vos députés, écoutez l’opinion publique… Ah ! Faible ! Demi-tour ! »

En réalité, nous venons d’assister à un grand moment. Le Parlement a récupéré une prérogative qu’il avait eu pendant quelques brèves années dans les années 1640, à savoir le contrôle du déploiement des forces armées. Ce changement vient du fait que David Cameron a respecté une promesse faite lorsqu’il était dans l’opposition. Il n’avait pas l’obligation légale d’obtenir le consentement parlementaire pour une frappe contre le régime baasiste. Mais il avait donné sa parole et il était assez sage de ne pas vouloir lancer une action militaire non défensive sans consentement national.

J’ai déjà discuté des raisons d’intervenir ou non, donc je n’y reviendrais pas. Je suis sceptique sur la solution de bombarder Assad, bien que j’aurais soutenu la motion du gouvernement telle qu’elle est. Mais ce qui est arrivé aura encore des effets quand la guerre syrienne sera terminée. Le pouvoir de paix et de guerre, la puissance la plus terrible qu’un État possède, vient de passer de l’exécutif au législatif. David Cameron était manifestement sincère dans sa conviction qu’une frappe militaire améliorerait la situation syrienne. Pourtant, il a accepté la décision du Parlement gracieusement, courtoisement et sans hésitation. Tant mieux pour lui. Tant mieux pour la démocratie.


Sur le web. Traduction : Cthulhu/Contrepoints.