Bourdes joyeuses, bourdes coûteuses

Devant les bourdes de Hollande, on en vient à regretter celles, mémorables pourtant, de Montebourg.

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Bourdes joyeuses, bourdes coûteuses

Publié le 3 septembre 2013
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C’est la rentrée et avec elle, le retour à la cantoche. Et cette semaine, au menu, nous avons des boulettes, en version industrielle, lourdes et grasses, de la bourde, bien visible, avec un peu de bave interministérielle, et des bévues en robe des champs. Un délice. Et quoi qu’il arrive, c’est à un tarif tout à fait inabordable.

Le meilleur, dans la grosse bourde, c’est lorsqu’elle s’ignore. Si grosse et pourtant si invisible, cela pourrait tenir de l’exploit. Mais ici, on parle d’Arnaud Montebourg, le fier chevalier quichottesque, qui ne recule devant aucune prouesse pour prouver à la fois sa virilité et la pureté de sa motivation pour mener à bien sa mission qui est, comme tout le monde le sait, de dresser tout ce qu’il pourra en vue d’une nouvelle reproduction. S’il faut aller se battre à main nue contre un ours kodiak, il le fera, quitte à rapporter en trophée la tête encore chaude de l’ursidé sur le bureau de Poutine. Et s’il faut distribuer les tartes à de grands patrons d’industrie, il ne sera jamais le dernier. Je n’exagère pas.

nono démonte-bourg mittalC’est en effet ce qu’il a expliqué devant un parterre d’entrepreneurs lors d’un déplacement en Italie, fin juillet, faisant ainsi fi de la moindre distance et de la plus petite parcelle de diplomatie qu’il pourrait encore abriter pour espérer arrondir les angles entre la grande industrie, la grande finance mondiale et ses petites lubies colbertistes. Lubies qu’il entend bien claironner à la France jusqu’à ce qu’on l’écoute pour de bon, en désespoir de cause et de tympans. En tout cas, pour lui, une chose est sûre : après son petit ministère rigolo, il arrêtera la politique, sauf pour la présidentielle. Et l’avouer à tout le monde n’est pas une boulette de plus. Meuh non.

À côté des bourdes grotesques et visibles que les fanfarons chèrement payés de la République nous offrent régulièrement, il y a celle qu’on aurait bien voulu éviter. Il y a celle de ces quelques millions de Français qui, recevant actuellement leur tiers provisionnel, mesurent maintenant l’ampleur de leur erreur ; avoir choisi de travailler plus pour parvenir à gagner moins ou tout juste autant, avoir choisi de coller à un poste important un rond de cuir insignifiant, voire pour certains, avoir fait confiance (et rire maintenant même si de désespoir) : que voilà de bien belles erreurs.

À ces erreurs individuelles de millions de votants qui commencent tout juste à prendre la mesure de ce qui va leur arriver sur la figure, il faudra ajouter la facture de ces boulettes qui se seront accumulées entre temps, et sans le moindre contrôle. Dans celles-là, on trouvera à n’en pas douter la belle bourde syrienne.

Quelle idée géniale aura eu notre président de bondir au créneau dès qu’il en eut la possibilité ! Qu’elle fut bonne cette saillie qui l’aura quasiment forcé à dire qu’une intervention était impérative, imminente et inéluctable ! Pourtant, comment imaginer que le petit François n’a reçu, au sujet de la Syrie, aucun débriefing un peu détaillé avant qu’il n’ouvre sa grande jatte pour jouer les va-t-en-guerre ? Pourtant, comment ne pas comprendre, depuis deux ans que le conflit interne syrien s’est déclaré, que la situation était tout sauf claire, simple et au résultat connu d’avance ? Dès lors, comment ne pas se douter qu’il était urgent d’attendre, de réfléchir et de s’informer avant de bondir à l’assaut, tout feu tout flamme comme un Montebourg grignotant du poppers ?

Oh oui, du gaz toxique a été utilisé ! D’ailleurs, c’est bien plus terrible que des baïonnettes, des cimeterres, du 7.65, des obus de mortier, des mines antipersonnel ou des missiles à explosifs haute densité tout ce qu’il y a de plus conventionnels ! Obama (comme Cameron et comme Hollande), avaient été forts clairs : vous pouvez, tous, vous éparpiller comme bon vous semble, tant que l’horreur et l’abomination n’atteignent pas la petite marque ici, où l’utilisation de combinaisons « NBC » devient impératif pour trotter dans les rues. Si vous dépassez, avaient fait comprendre haut et clair Obama (et Cameron, et Hollande), nous viendrons vous botter l’arrière-train.

Dès qu’ils eurent posé leurs conditions d’une intervention musclée, on comprit qu’elle serait vite remplie. Parce que c’est commode.

C’est d’autant plus commode que cela donne une bonne idée de la marge de manœuvre pour Kim Jon Un qui fricote de l’atome, massacre son peuple par l’habile truchement d’une famine carabinée (suivant en cela les préceptes communistes soviétiques, hat-tip l’Holodomor) et qui n’a reçu pour le moment aucune menace directe du même Obama (ni de Cameron et de Hollande). Très clairement, non seulement la méthode de mise à mort compte, mais l’origine des morts est au moins aussi importante. Attention : ceci n’est pas une discrimination. C’est de la diplomatie.

Mais foin de comparaison, qui n’est pas raison, tant pis pour les millions de morts coréens, revenons à la boulette hollandaise, caractérisée par sa sauce si riche qu’elle déclenche un infarctus par hypercholestérolémie morbide instantanée sur plus de 50% des cobayes testés. Le déroulé de l’action, au ralenti, mérite qu’on s’y attarde : ce n’est pas tous les jours qu’on voit un pachyderme socialiste s’aplatir en plein trottinement !

éléphant avec des bottes

Si le conflit s’éternise depuis un moment, c’est le 27 août 2012 (il y a un an, donc) qu’Hollande prévient : « L’emploi d’armes chimiques serait une cause d’intervention directe. » ; à l’époque, on comprend bien qu’Assad, jouant la survie de son régime, doit avoir la tentation d’utiliser ces armes (même si elles sont encore sous garantie, car fraîchement vendues par les Anglais oups non oubliez). Mais voilà, il ne le fait pas. Zut et zut. Et à ce moment là, l’Arabie Saoudite, qui arme presque officiellement les rebelles, n’a peut-être pas encore eu le temps de leur livrer quelques bonbonnes de sarin ? Oups, je n’ai rien dit. En tous cas, le 14 juin 2013, Obama entre dans la danse : pour lui aussi, il faudra pour intervenir, des preuves claires et évidentes qu’ont été utilisées de vilaines armes chimiques (par opposition aux armes conventionnelles, bisou-compatibles).

Sauf qu’entre temps, la fameuse rébellion s’est fait disperser petit à petit. Les armées bigarrées, patchwork de soldats d’origines diverses, qui étaient parvenues à prendre quelques territoires à l’armée régulière, se font repousser. Les financiers de ces factions trouvent le temps long et le coût trop gros : il va falloir hâter.

soldats américains contre la guerre en syrieCoup de bol monstrueux (ou pas) : Assad, contre toute logique, fait alors preuve d’un manque total de lucidité et décide d’utiliser une bonne dose de gaz chimiques, alors qu’on lui avait dit de ne pas taper dans le stock (petit coquin !) et que – c’est ballot – tout le monde le regardait. Quel garnement ! Certains Américains trouvent la blague un peu dure à avaler. C’est le cas de Rand Paul. C’est le cas de certains soldats américains eux-mêmes.

Et là, tout va se dérouler très vite : Hollande, souple comme un verre de lampe, s’élance sur la piste aux (généraux) étoilés, décide que puisqu’il en est ainsi, on va devoir punir le responsable, Obama lui emboîte le pas, Hollande continue sa prise d’élan, Cameron prend sa respiration et fait lui aussi un premier pas, Hollande s’élance, Cameron demande un vote du parlement anglais, qui refuse toute intervention sur place. Cameron expire bruyamment. Obama l’entend, jette un coup d’œil en arrière et propose de consulter le Congrès, que tous lui savent fort défavorable. Même l’OTAN décide que bah, finalement, non. Hollande a maintenant deux belles foulées d’avance, personne n’est à côté de lui, personne ne regarde dans son sens, tout le monde semble même tourner les talons, l’air gêné. Le mur, compact, semble impossible à traverser et l’espace manque pour la galipette.

Pourtant, Hollande avait été des premiers à réclamer, lui-même, le vote du parlement concernant une précédente guerre. L’embarras du passé pèse sur Pépère. Le pied pris dans son histoire, son vol plané s’achève, tête la première, seul, à devoir partir pour une guerre qu’il n’a pas vraiment déclarée, pour un type qu’il ne connaît pas, dans une situation dont on ne voit pas comment il pourrait tirer profit, ni lui, ni l’armée, ni la France.

De toute façon, peu importe : l’issue de la pirouette, on la connaît déjà. Les os broyés, les ecchymoses et les foulures ne seront pas pour l’éléphant. Et malgré une propagande médiatique assez unilatérale, comme jadis pour le Oui européen, c’est le peuple, pourtant majoritairement contre cette intervention, qui paiera la facture. C’est le peuple qui devra s’enfiler la boulette. C’est lui (de ce côté-ci de la méditerranée ou de l’autre) qui devra essuyer la bourde, les bévues et bavures.

On en regrette celles d’Arnaud.
—-
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  • Encore de la propagande pacifiste, bachar a utilisé ces gaz chimique car il n’a plus d’autres options il a perdu la moitié de son armée et la chute de ce régime qui finance des groupes terroristes et qui est une insulte à la liberté et à la démocratie ne sera qu’une bonne chose

    • La seule bonne chose serait l’instauration d’un régime libéral. C’est quelque chose qui n’éclot pas spontanément, et la chute d’un régime dictatorial n’en est le premier pas que dans les rêves humides de ceux qui nomment libérale la dictature d’autres dogmes qui leur sont plus favorables.

    • Alors tant pis.

      Si vous voulez faire la guerre allez-y, je ne vous en empêche pas.
      Mais pas avec mon argent, pas avec notre armée, celle-là même que les socialauds méprisent…

      Quant au fait qu’un régime étranger soit une « insulte pour la liberté et la démocratie », si c’est dommage pour les habitants de ces pays, ce sont leurs oignons. Personnellement, je ne suis pas adepte de la révolution permanente…

  • Commentaire d’opinion pas de critique sur l’édito en lui-même.

    La Corée du Nord a l’arme nucléaire, une armée de plus d’un million et des alliés proches et économiquement importants de l’Occident (Corée du Sud, Japon) sont à portée direct de ses missiles. Une guerre humanitaire se traduirait par plus de morts que de ne rien faire.

    La Syrie, c’est un régime fasciste du monde arabe, sclérosé par son armée et un socialisme datant de la guerre froide. Qui a financé le terrorisme islamiste chez ses voisins (Al Qaeda en Irak, Hezbollah au Liban et Hamas en Palestine et Israël) et détient assez d’armes chimiques pour gazer tout le Moyen Orient.

    Certes, l’Occident devrait se garder d’agir mais limiter l’opposition à Assad à Alqaeda et aux Frères Musulmans syriens alors que le parti Baas a lui même souvent usé de l’arme fondamentaliste…

    En Jordanie, les Frères Musulmans sont sous contrôle dans un cadre un peu plus démocratique. Pas la peine de gazer des êtres humains ou les tuer comme des chiens comme ca se fait en Egypte ou Syrie.

  • Hollande, qui la pris la grosse tête, s’est pris les pieds dans le tapis et s’est ridiculisé aux yeux du monde entier . Son opinion publique aura du mal à lui pardonner l’humiliation nationale qu’il nous fait subir par son imprudence. L’inspecteur Clouzeau !

    Tant mieux.

  • Hollande= incompétent!Au risque de ruiner la France!

  • Pour la Syrie, connaissez vous http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=127928&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1 ? Je vous invite à lire ce lien car la désinformation peut être présente partout.
    Pour la volonté d’agir de Obama, savez vous qui est sa conseillère pour le Moyen Orient ? Il s’agit d’une descendante du créateur des frères musulmans. C’est même frères musulmans qui soutiennent la rébellion syrienne et détruisent ce riche pays qu’est l’Égypte.

    Je pense que tout le monde passe à coté d’un facteur qui me parait très important pour comprendre le problème syrien: La religion. La guerre entre sunnites et chiites existent depuis le chiisme, en gros depuis 1300 ans avec des périodes de plus ou moins vives tensions.
    Assad est un allaouite, branche du chiisme et donc soutenu par Téhéran. Les Allaouites et chiites sont minoritaires en Syrie mais détiennent les postes clés. Le Hezbollah libanais et les palestiniens sont soutenus par l’Iran et sont à majorité chiites d’où leur soutien au régime.
    Le reste de la population est en grande majorité sunnite, tout comme les frères musulmans, l’Arabie Saoudite, le Qatar et les autres pays du Golfe, tout comme l’était avant Saddam Hussein et l’Irak (d’où les tensions actuelles encore présentes dans ce pays).

    Oh mais bizarre, je viens de citer le Qatar. N’est ce pas ce pays très riche qui veut venir nous aider pour remettre de l’instruction dans nos banlieues ??? N’achetons nous pas notre pétrole à l’Arabie Saoudite au fait ? Le fameux Ben Laden n’est il pas d’ailleurs issu de ce dernier pays ? Al Quaïda n’est il pas soutenu par les régimes sunnites (chut faut pas le dire) ?

    Alors si la Syrie tombe, je serai le roi de Jordanie, j’aurai peur. Si j’ai bonne mémoire, Hussein de Jordanie est sunnite. Les sunnites sont d’ailleurs en minorité et contrôlent les postes clés. La grande majorité de la population est chiite. Que se passerait il si une révolution éclatait là bas ? Qui soutiendrons nous ? Le pétrole ou l’Iran ?

    • Non, 92 % de la population jordanienne est sunnite, 6% chrétienne, ce qui ne laisse pas beaucoup de place aux chiites. (Wiki et autres).

  • Le rat est fait !
    Je crois qu’il serait temps que vous H16, ou contrepoints, que vous nous proposiez un petit dossier avec des chiffres sur la France. Cette France qui crève depuis 40 ans. Si Hollande aime à dire: çhest pas moôi c’est l’autre, il est une vérité pire que la guerre en Syrie. C’est l’Etat de cette France donneuse de leçon…un grand programme. Il est un fait que la France est aujourd’hui à environ 70% socialiste (commune etc…) Un pouvoir jamais connu qui pourrait (chance unique) permettre de réformer le pays dans le bon sens. A savoir que le système politique Français ne permet pas de réformes car il est mi figue mi raisin et surtout dans le sens des votants (socialo ecolo syndico communiste…. ) Il serait super de faire un dossier pour prouver que la gauche, non seulement ne fait rien, mais surtout que si elle ne faisait rien, et bien ça serait pas pire, voire mieux. Bref, prendre date, faire une photo pour leur balancer ça dans la tronche aux prochaines élections….enfin si il y a qq’un qui me lit.

  • C’est vrai que pour une guerre mondiale, c’est ridicule de se mettre tous du même coté !

  • Bonjour,

    Je réagis à cet article pour exposer quelques interrogations qui me tarabustent un peu depuis l’annonce de l’attaque chimique prouvée en images. Je vais passer pour une tatillonne, et sur le fond, arme chimique or not, une intrusion militaire étrangère dans un conflit civil me dérange de toute façon. Précision faite, je m’accorde quelques minutes pour passer en revue les images. Et je demande : en quoi prouvent-elles l’utilisation d’armes chimiques ? Y-a-t-il un docteur ou un spécialiste qui me lise qui puisse m’expliquer clairement les symptômes liés spécifiquement aux vilaines armes décriées par le mainstream médiatique ? Où sont les échantillons (sanguins, physiques), les preuves matérielles (on se rappelle de la fiole présentée au sénat pour prouver les armes de destruction massive en Irak ?) ? Je laisse le lien « google image » https://www.google.ch/search?q=images+chimiques+syrie&client=firefox-a&hs=sD1&rls=org.mozilla:fr:official&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=h7EtUvvNBNC2hAf0kIHIDg&ved=0CAkQ_AUoAQ&biw=1280&bih=661
    Donc on voit des masques à gaz, certes. Pleins de civils morts, certes. Des preuves de ?
    Bon. Admettons qu’un médecin dans la salle m’explique clairement la symptomatologie clairement établie par les images (admettons), quelle image prouve que c’est untel et pas machin qui a foutu le bordel ? Quelle image prouve que c’est volontaire, et pas accidentel (sacro-saint (normatif) droit à l’erreur humaine inefficient dans CE cas précis ?) ?

    Une réponse, quelqu’un ?
    Merci d’avance

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La France a été pendant 7 siècles environ un acteur majeur dans la région, c’est-à-dire des pays allant d’ouest en est de l’Égypte à l’Iran et du nord au sud de la Turquie au Yémen. Donc des pays presque tous musulmans, à l’exception de moins en moins nette du Liban, et surtout d’Israël.

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