Écologie : le sommet des pastèques

Ecologie pastèque au Sommet de la Terre (Crédits : René Le Honzec)

Jour 11 de l’anthologie des 30 textes de Robert Wenzel qui vous amènera à devenir un libertarien bien informé : cet essai est paru sur LewRockwell.com en 2012.

Jour 11 de l’anthologie des 30 textes de Robert Wenzel qui vous amènera à devenir un libertarien bien informé : cet essai est paru sur LewRockwell.com en 2012.

L’Institut Coppet vous propose pour cet été, en partenariat avec Contrepoints, l’anthologie des trente textes libertariens de Robert Wenzel traduite en français. Robert Wenzel est un économiste américain éditeur du site Economic Policy Journal et connu pour son adhésion aux thèses autrichiennes en économie. Cette anthologie regroupe une trentaine de textes qui s’inscrivent quasi-exclusivement dans le courant autrichien et plus généralement dans la pensée libertarienne. Le but principal de cet ensemble bibliographique de très grande qualité est de former au raisonnement libertarien, notamment économique, toute personne qui souhaiterait en découvrir plus sur cette pensée.

Lire aussi les premiers textes de l’anthologie.


Résumé : Le véritable nom du Sommet de la Terre devrait en fait être le sommet des pastèques : l’écologisme politique n’est finalement qu’une résurgence du socialisme et des mouvements anticapitalistes, obligés de trouver une parade après l’effondrement du socialisme réel. Les environnementalistes sont comme des pastèques, verts à l’extérieur et rouges à l’intérieur.


Thomas J. DiLorenzo est professeur d’économie au Collège Loyola dans le Maryland et l’auteur de The Real Lincoln, Lincoln unmasked et How Capitalism Saved America.

Cet article a été originellement traduit par 24hGold.

Un « environnementaliste » est un socialiste totalitaire dont l’objectif réel est de raviver le socialisme et la planification centralisée de l’économie sous le prétexte de « sauver la planète » des démons du capitalisme. Il est vert à l’extérieur, et rouge à l’intérieur, ce qui ne fait de lui rien de plus qu’une pastèque.

Un « conservationniste », en revanche, est une personne réellement intéressée par la résolution des problèmes environnementaux et écologiques et par la protection des animaux sauvages et de leur habitat. Il n’est pas favorable aux politiques gouvernementales séparant l’homme de la nature grâce à la nationalisation du territoire et des ressources, à la confiscation de propriété privée, à l’interdiction de certains types d’animaux, à la régulation des régimes alimentaires humains, etc. Il n’a rien à voir avec un idéologue socialiste prêt à tout pour détruire le capitalisme. Il n’annonce pas publiquement espérer qu’un « nouveau virus » fasse son apparition et tue des millions de personnes, comme l’avait une fois fait le fondateur de « EarthFirst ». Il recherche en revanche des moyens d’utiliser les institutions capitalistes afin de s’attaquer aux problèmes environnementaux. Il existe aujourd’hui un nouveau nom permettant de décrire ces personnes : enviropreneur. Elles pourraient également se faire appeler « environnementalistes du marché libre ». Elles comprennent comment les droits de propriété, la loi et les marchés peuvent être utilisés afin de résoudre les problèmes liés à l’écologie.

Du fait même de cette distinction capitale entre un environnementaliste et un conservationniste, le terme de « réunion des pastèques du monde » devrait être utilisé pour décrire le « Sommet de la Terre » commençant le 19 juin prochain à Rio. Les sujets abordés lors de ce sommet se concentreront sans aucun doute sur la manière dont la création d’une économie mondiale centralisée (placée entre les mains des bureaucrates des Nations Unies) pourrait favoriser l’euphémisme socialiste qu’est le développement durable. Cela ne signifie aucunement que les pastèques du monde verront leurs projets se réaliser, mais simplement qu’elles sont aussi nombreuses que des mouches dans un champ de vaches, et n’abandonneront jamais leur rêve d’une économie socialiste centralisée, et ce sans égard pour tous les dommages qu’a pu déjà causer le socialisme tout au long de l’histoire.

La stratégie que l’on pourrait appeler stratégie de la pastèque a été élaborée et encouragée par l’éminence grise du socialisme académique Robert Heilbroner dans son essai intitulé After Communism, et publié le 10 septembre 1990 dans le journal The New Yorker. Écrit en pleine période d’effondrement du socialisme, et très peu de temps après que le monde ait réalisé que les gouvernements socialistes du XXe siècle avaient assassiné plus de 100 millions de leurs propres citoyens sous prétexte d’établir un « paradis socialiste », l’essai de Heilbroner fait effet de mea culpa (voir Death by Government par Rudolph Rummel). Heilbroner est même allé jusqu’à y écrire que « Mises avait raison » lorsqu’il parlait des défaillances inhérentes au socialisme, et y inclure des références aux ouvrages écrits par Mises dans les années 1920-1930 expliquant pourquoi le socialisme en tant que système économique ne pourrait jamais fonctionner (voir son livre Le socialisme).

Après avoir admis s’être trompé durant les cinquante années au cours desquelles il a dévoué sa carrière économique à la promotion du socialisme aux États-Unis (sujet principal de son livre The Worldly Philosophers, l’ayant rendu millionnaire), Heilbroner a déclaré « ne plus avoir confiance en le socialisme en tant qu’organisation économique ». Alors que le reste du monde célébrait la chute de cette institution diabolique, Heilbroner en pleurait toutes les larmes de son corps au-dessus de son plat de pâtes.

Plutôt que de faire face à la réalité et d’accepter le caractère diabolique du socialisme, Heilbroner a préféré dire que « l’effondrement des économies planifiées nous force à repenser notre vision du socialisme ». (Écrivant pour The New Yorker, Heilbroner imaginait naturellement que tous ses lecteurs étaient, comme lui, des socialistes – d’où l’emploi du terme « nous »). Selon ses propres termes, « le socialisme représente une forme de société dans laquelle nous aurions aimé que nous petits-enfants grandissent, mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ? »

Notre homme était bien évidemment déprimé par le fait que l’histoire ait levé le voile sur la fraude que représentait sa carrière académique, mais n’était pas pour autant prêt ni de l’admettre, ni de cesser de prêcher cette fraude qui avait déjà été perpétrée depuis plus d’un demi-siècle. Un nouveau subterfuge devait être inventé, qui pourrait duper les gens et les pousser à adopter à nouveau la voie du socialisme. Un tel projet pourrait prendre du temps, mais comme le disait Heilbroner, « nos arrière et arrière-arrière-petits-enfants pourraient finir par accepter des arrangements sociaux que nos enfants et nos petits-enfants refuseraient encore. »

Heilbroner expliquait son subterfuge de la manière suivante : « Il existe une autre manière d’appréhender le socialisme, qui est de le concevoir comme étant une société qui serait forcée d’émerger si le poids de la croissance économique sur l’environnement devenait trop lourd. »

En d’autres termes, les socialistes devraient tous devenir des pastèques. Si assez de membres du public se laissaient avoir par ce subterfuge, alors le capitalisme pourrait être régulé et contenu à tel point qu’il n’en reste plus rien. C’est là exactement ce qui sera discuté lors du prochain « Sommet de la Terre », à Rio.


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