Les choix du libéral

Le libéral ne réclame qu’une seule chose : qu’on le laisse vivre sa vie comme il l’entend. Ne vous occupez pas de son bonheur, il s’en charge.

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Les choix du libéral

Publié le 8 août 2013
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Le libéral ne réclame qu’une seule chose : qu’on le laisse vivre sa vie comme il l’entend. Ne vous occupez pas de son bonheur, il s’en charge.

Par Guillaume Nicoulaud.

Je suis libéral. En tant que tel, j’estime qu’à l’unique condition que vos choix de vie ne portent pas atteinte à ma liberté, vous devriez pouvoir mener votre existence comme bon vous semble.

Il est sans doute utile que je précise ce point : quels que soient vos choix de vie et à l’unique condition que vous ne cherchiez pas à m’en faire supporter les conséquences, je serai le premier à me battre pour que vous puissiez vivre selon votre cœur.

Je le pense vraiment.

Je crois, en toute sincérité, que le collectivisme ne créera jamais rien d’autre que de la misère. Je le crois profondément. Mais si vous désirez fonder un phalanstère ou toute autre communauté basée sur ce principe, sachez que vous pourrez toujours compter sur mon soutien le plus indéfectible. De toutes mes forces et en toute sincérité, je défendrai votre droit à vivre selon vos convictions.

Je réprouve, à titre tout à fait personnel, l’attitude de ces femmes musulmanes qui, alors qu’elles ont la chance de vivre dans un pays où le port du voile n’est pas imposé par la loi et alors que rien, ni dans le Coran, ni dans les hadiths ne le leur impose, se sentent obligées de cacher leur visage. C’est un choix que je ne comprends pas et que je n’approuve pas. Mais jamais, ô grand jamais, je ne ferai rien qui vise à le leur interdire.

J’ai choisi de travailler dur et de prendre des risques pour construire mon avenir et celui de ma famille. C’est mon choix et peut-être ne le partagez-vous pas. Là encore, c’est votre droit le plus strict ; un droit que je respecte sans aucune arrière pensée. Ne travaillez pas, ne prenez aucun risque, faites comme bon vous semble mais, de grâce, ne le faites pas à mes dépens. Assumez vos choix et laissez-moi assumer les conséquences des miens !

Je réprouve absolument le racisme. De mes convictions, comme de mon expérience personnelle, je tiens qu’un homme est avant tout un individu qui doit être jugé pour ce qu’il est et pas en fonction du groupe dans lequel on veut le classer. Mais si c’est ainsi que vous voulez voir notre humanité, ainsi soit-il. Je ne ferai jamais rien pour vous l’interdire. Mais prenez garde : si vos convictions vous amènent à faire usage de la force, vous me trouverez sur votre chemin.

Au fond, je ne réclame qu’une seule chose : laissez-moi vivre ma vie comme je l’entends. Ne vous occupez pas de mon bonheur, je m’en charge. Si le fruit de mon travail vous semble trop cher ou mal adapté à vos besoins, n’hésitez pas à vous fournir ailleurs. Si le travail que je vous propose vous semble mal payé ou trop contraignant, refusez-le. Si vous pensez que vous pouvez produire mieux et moins cher que moi, devenez mon concurrent.

Voilà ce qu’est le libéralisme. C’est la seule forme d’ordre social qui ne nécessite pas que l’on use de violence pour la maintenir pour la bonne et simple raison qu’elle résulte de vos propres choix.

Sachant cela, posez-vous une simple question : quelles que soient vos idées, pensez-vous qu’elles puissent être mises en œuvre sans faire usage de force ? Faudra-t-il exproprier les propriétaires d’entreprises ? Faudra-t-il obliger les musulmanes à se dévoiler ? Faudra-t-il prendre le fruit du travail des uns pour le distribuer aux autres ? Faudra-t-il expulser celles et ceux qui ont le malheur d’avoir la peau trop sombre à votre goût ?

Si vos idées nécessitent l’usage de la force pour être appliquées, c’est que vos idées n’ont aucune valeur.


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  • Sous réserve d’une structure garantissant la propriété, la liberté et la sécurité des individus, c’est une bonne définition de ce qu’est un libéral.

  • Vous avez tout mon soutien.

    Pour ce que vous avez écrit, je suis en accord avec vous, je pense que notre pays souffre de sa solidarité imposée, qui grève la liberté d’entreprendre.

    Pourquoi toujours légiférer et ajouter des lois de plus en plus oppressantes alors que nous sommes « le pays de la liberté » ?

    La solidarité a pris le pas sur la liberté et nous en subissons les effets pervers.

  • Tissus de bêtises.

  • « Le libéral ne réclame qu’une seule chose : qu’on le laisse vivre sa vie comme il l’entend. »

    La vraie question que vous devez impérativement vous poser, et chaque jour, c’est : « est-ce que, quand je vis ma vie comme je l’entends, je ne pourris pas la vie de milliers d’autres personnes ».

    Dans votre secteur d’activité, les marchés financiers, c’est une question qui vous mênera bien souvent à conclure qu’il faut que vous en changiez.

    • Ce n’est pas parce que la propagande ambiante dit que les marchés financiers sont le mal que c’est automatiquement une vérité incontrovertible.

      Les marchés comme les patrons ne s’imposent à personne : ils proposent des opportunités. Celui qui veut vivre en dehors le peut ; mais il vivra comme nous vivrions tous si ceux-ci n’existaient pas, c’est-à-dire très pauvrement.

      Il n’y a pas de paradis perdu. Les richesses sont intégralement dues à l’inventivité humaine. Qu’on la bride pour rassurer la masse, et tout ce que vous espérez partager tombera en poussière.

    • Dans votre cas la question ne se pose même pas, pourrir la vie des autres c’est une vocation.

  • Le problème du voile intégral n’est pas un problème de racisme ou d’intolérance religieuse, mais de sécurité.

    Vous ne pouvez pas vivre en sécurité dans un pays où des gens couverts de la tête au pied sous des vêtements amples peuvent se balader en toute impunité, étant donné les possibilités que ça offre aux malfrats de tout poil.

    • Les indépendantistes corses utilisent des femmes en burqa pour faire sauter des bâtiments ?

      • En France dissimuler son visage est interdit, et attire donc immédiatement l’attention. Il serait plus judicieux de poser cette question pour les pays où se genre de dissimulation est toléré. J’avoue ne pas avoir de réponse à cette question.

        • Et les travestis, d’une certaine manière ils peuvent aussi cacher leurs visages par le maquillage.

          On les arrête aussi ?

        • A londres, il y a 2 mois, des voleurs equipés de haches, cachés sous des burqa…

          • Et dire qu’il aurait suffit d’interdire le voile intégral pour que ces braqueurs se trouve un emploi honnête. Sont bêtes les anglais, qu’ils prennent donc exemple sur la France où les braquages ont considérablement diminué depuis l’interdiction du voile intégral !

          • C’est un fait.

            Mais l’utilisation abusive d’une chose ne doit pas systématiquement provoquer son interdiction, il ne faudrait pas tomber dans le deux poids deux mesures, il me semble que majorité de libéraux critiquent les pros sécuritaire sur la question des armes à feu. Ici c’est le même problème, liberté VS sécurité.

          • tout à fait d’accord avec vous, je ne pense pas qu’il faille interdire quoi que ce soit, je ne faisait que poster un lien sur une news que j’avais lue récemment!

          • « Mais l’utilisation abusive d’une chose ne doit pas systématiquement provoquer son interdiction »

            Et dans quels cas les interdits vous semblent ils justifiés ?

            Si je pointe un flingue chargé et armé vers vous, sans vous menacer verbalement, est ce que ça vous parait acceptable ?

    • En gros vous êtes présumé coupable et vous devez justifiez en permanence de votre identité même si on aucune raison de vous suspecter de quoi que ce soit.

      En plus c’est bien connu qu’un voile intégral est un vêtement très pratique pour commettre des infractions. Et on sait bien que l’interdiction de se couvrir le visage (enfin sauf casque de moto, cagoule contre le froid, maquillage de soirée déguisée…) c’est le genre de loi respecté par les malfrats.

      • Je ne comprends pas bien votre argument. Si une loi n’est pas respectée par les malfrats, elle est inutile. Autant dire de suite que toutes les lois sont inutiles. Et après ?

      • Au passage, si je suis votre logique, vous ne voyez aucun problème à ce que n’importe qui puisse se balader un flingue chargé, sécurité dégagée, à la main, en pleine rue ? Où à ce que n’importe qui puisse synthétiser des gaz de combat/bombes dans son garage ?

          • J’aimerais bien savoir, Fergunil, quelle définition vous donnez au mot « menace ». Car a priori, tout libéral extrémiste que vous soyez, les menaces sont, je pense, inacceptables de votre point de vue.

        • « Je ne comprends pas bien votre argument. Si une loi n’est pas respectée par les malfrats, elle est inutile. Autant dire de suite que toutes les lois sont inutiles. Et après ? »

          Je ne parle pas de toutes lois, uniquement de celles qui prétendent lutter contre les crimes et les délits graves… en créant une nouvelle contraventions. « Braqueurs, cambrioleurs et voleurs : je vous préviens désormais on ne rigole plus ! Si jamais on vous arrête avec une cagoule on vous mettra une amende de 150 euros !Tremblez ! »

          « Au passage, si je suis votre logique, vous ne voyez aucun problème à ce que n’importe qui puisse se balader un flingue chargé, sécurité dégagée, à la main, en pleine rue ? » Je vous dirais bien que je ne suis pas contre le port d’armes par les particuliers mais ce n’est même pas la peine : on parle d’un morceau de tissu là.

          Cela ne pose aucun problème de sécurité, c’est un juste un prétexte sorti du chapeau. La loi est d’une hypocrisie sans nom : elle est rédigée de telle sorte à ne s’appliquer qu’au cas du voile islamique intégrale… mais sans jamais dire son nom. On notera donc qu’il est toujours permis de porter un casque intégral, du maquillage de carnaval, une cagoule pour le froid, un ensemble lunettes/casquettes/fausses moustaches… en fait tout sauf le voie intégral.Pour faire un braquage dans une boite de nuit on peut se déguiser en drag queen : faut-il interdire les drag queen ?

          Bien sur si une banque ou bijouterie ne veut pas laisser entrer une femme avec un voile intégral c’est son droit le plus strict (mon petit doigt me dit que les bijouteries préfèrent prendre le « risque » vu le genre de clientèle que cela peut représenter).

          « Où à ce que n’importe qui puisse synthétiser des gaz de combat/bombes dans son garage ? » Franchement la comparaison parle d’elle même.

          • D’accord pour dire qu’en l’état, c’est mal foutu. Mais sur le principe, je pense qu’il y a vraiment de quoi argumenter du côté de l’interdit.

  • « C’est la seule forme d’ordre social qui ne nécessite pas que l’on use de violence pour la maintenir pour la bonne et simple raison qu’elle résulte de vos propres choix. » Le libéralisme ce n’est pas la non-violence. Il faut parfois se défendre, réparer les torts et les punir.

  • Comment ne pas être d’accord avec tout ça !? Je poserai quand même la question d’une définition claire de la liberté individuelle qui ne nuit pas aux autres. C’est mon droit d’allumer la télé. Mais si elle consomme de l’électricité nucléaire dont le combustible provient de mines où on exploite les travailleurs locaux, est-ce vraiment mon bon droit d’allumer cette télé ? La complexité de notre système de société mondiale où tout est interconnecté rend la définition du libéralisme trop floue. Libéral d’accord, mais avec des règles du jeux ?

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Pascal Salin est économiste, professeur émérite de l’université Paris-Dauphine, et fut président de la société du Mont-Pèlerin de 1994 à 1996.

Parmi les ouvrages qu’il a publiés, citons notamment La Vérité sur la monnaie (Paris, Odile Jacob, 1990), Libéralisme (Paris, Odile Jacob, 2000), Français, n’ayez pas peur du libéralisme (Paris, Odile Jacob, 2007), Revenir au capitalisme pour éviter les crises (Paris, Odile Jacob, 2010), La T... Poursuivre la lecture

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