Panique bancaire ou aléa moral : le dilemme de la régulation bancaire et de la garantie des dépôts

Que faire lorsqu’on fait face à une crise bancaire ? Que faire pour éviter de faire face à une crise bancaire ?

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Panique bancaire ou aléa moral : le dilemme de la régulation bancaire et de la garantie des dépôts

Publié le 26 juin 2013
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Que faire lorsqu’on fait face à une crise bancaire ? Garantir les dépôts, sauver les banques. Que faire pour éviter de faire face à une crise bancaire ? Ne pas garantir les dépôts, ne pas sauver les banques. Explications.

Par Acrithène.

Depuis la crise financière, la régulation bancaire est un sujet qui passionne et qui a suscité pas mal de critiques vis-à-vis de la communauté des économistes, jugés incapables d’en comprendre les tenants et les aboutissants.

Si on devait résumer le problème bancaire rapidement, on dirait ceci :

  • Lors d’une panique bancaire, un afflux soudain de retraits des déposants peut faire écrouler un système financier relativement sain. Garantir les dépôts permet d’empêcher de telles paniques parmi les déposants, et donc de garantir la stabilité du système.
  • Cependant, lorsque les dépôts sont garantis, le système bancaire a tendance à se développer de façon malsaine car les profits sont privés, et les pertes collectivisées.

Ce problème présente deux solutions raisonnables concurrentes, et une « solution » stupide qui a mené à la crise de 2008.

  • La première solution, d’inspiration libérale, consiste à ne pas garantir les dépôts et à peu réguler l’activité bancaire. Cette solution a pour avantage de permettre un financement performant de l’économie, mais le désavantage de ne pas garantir les dépôts.
  • La deuxième solution est plus interventionniste. Elle garantit les dépôts, mais en contrepartie régule fortement les banques afin que la garantie des dépôts n’entraîne pas des prises de risques excessives.
  • Quant à l’ânerie majeure, c’est d’à la fois garantir les dépôts et de déréguler l’activité bancaire. Auquel cas, l’État contraint les banques à faire n’importe quoi.

Ce débat est exposé de la plus limpide des manières par deux modèles économiques classiques et vieux de trente ans : Kareken & Wallace (1978) et Diamond et Dybvig (1983). Ces deux modèles sont amplement suffisants pour avoir une compréhension théorique satisfaisante de la partie bancaire de la crise de 2008.

Garantie des dépôts et prise de risque

Le premier modèle, développé par John Kareken et Neil Wallace explique pourquoi, lorsqu’un gouvernement s’engage à garantir les dépôts, il accroît la probabilité de faillite des banques.

La télévision a très mal retranscrit la manière dont cet effet pervers apparaît. Le fait que les profits soient privatisées et les pertes socialisées n’a aucune raison de permettre aux banques de réaliser davantage de profits. En effet, l’avantage étant octroyé à toutes les banques, la compétition le répercute entièrement au bénéfice des épargnants. Grâce à la garantie, l’ensemble des banques se retrouvent en position de réaliser des investissements plus risqués sans faire prendre de risque à ses clients. Il est donc logique que les épargnants réclament de la banque une telle stratégie. Certes, cette exigence n’est pas explicite. Cependant, lorsque l’épargnant compare les taux offerts par les différentes banques, il est indifférent au risque qu’elles prennent, dans la mesure où son placement est garanti. Il ira donc naturellement vers l’institution offrant le meilleur rendement, et ce grâce à un investissement plus risqué garanti par l’État.

En une telle circonstance, la question éthique pour le banquier n’a plus beaucoup de sens pour comprendre l’économie. La banque qui ne profite pas de la garantie pour jouer une stratégie perverse n’est pas capable d’attirer des clients, et donc disparaît.

Autrement dit, lorsque les dépôts sont garantis, les banques n’y trouvent pas tant un intérêt financier qu’une contrainte venant des épargnants d’offrir un rendement élevé dont le risque est porté par les contribuables. Comprendre que la prise de risque inconsidérée découle simplement du fait que les déposants cherchent le meilleur rendement est essentiel. En effet, lorsque le gouvernement américain a décidé de laisser Lehman Brothers faire faillite, il n’a absolument pas créé un exemple efficace, dans la mesure où l’origine de la perversité ne se trouvait pas tant chez les actionnaires des banques que dans la propension bien naturelle des déposants à chercher le meilleur rendement.

Au contraire, si les dépôts ne sont pas garantis, les banques se spécialisent. Certaines acquièrent une réputation de prudence et attirent les clients frileux et leur versent de faibles intérêts, tandis que des banques réputées plus audacieuses offrent des intérêts plus élevés à des déposants prêts à prendre davantage de risque.

Liquidité et panique bancaire

Le second modèle, proposé par Douglas Diamond et Philip Dybvig en 1983 est encore plus célèbre.

Concrètement, une banque est une entreprise qui collecte l’épargne de ses clients, et la prête à des investisseurs qui l’utilisent pour créer des richesses. La création de ces richesses permet de rémunérer ceux qui ont financé les investissements, c’est-à-dire les déposants, en leur versant les intérêts du remboursement.

Mais dans ce cas, pourquoi les banques existent-t-elles ? Après tout, les épargnants pourraient directement prêter aux investisseurs sans passer par la banque.

La raison est que les épargnants veulent à la fois obtenir un rendement sur leur dépôt, ce qui implique de prêter durablement leur argent, et en même temps pouvoir le récupérer à tout moment. La manière de concilier ces deux objectifs est de faire de la banque un pool de liquidité. Imaginons 100 épargnants, qui veulent investir dans un projet industriel, mais veulent pouvoir récupérer leur argent demain si l’envie ou le besoin leur en vient. Ils anticipent que 20 d’entre eux voudront effectivement reprendre leur argent demain, mais ignorent qui. Dans ce cas, il leur suffit de mettre l’ensemble de leurs ressources en commun, d’en garder 20% sous forme de billets, et de prêter 80% à des entreprises. Auquel cas, le problème est résolu. Les 20% en billets permettent à ceux qui voudront reprendre leur argent demain de le faire, et le reste permet à l’argent de faire des petits.

Ce système est un puissant levier de financement de l’économie et de rémunération de l’épargne. Cependant, il comporte un risque.

Imaginons en effet que le lendemain de cet accord, pour telle ou telle raison, l’ensemble de nos 100 clients se disent qu’en fait, 30 personnes vont réclamer leur argent précocement. Sachant les décisions prises la veille, les 100 clients savent que cela est impossible, et que pour honorer ses engagements la banque va devoir récupérer l’argent qu’elle a prêté à long terme. Cela va entraîner des pertes importantes, et les derniers à réclamer leur argent n’en récupéreront qu’une partie. La décision la plus rationnelle pour chaque client est d’alors de se précipiter au guichet pour récupérer son pécule avant les autres, de sorte que la prophétie, même si elle n’avait aucun fondement, devient réalité. On appelle cela une panique bancaire. Un phénomène à la fois rationnel et ne nécessitant aucun fondement réel.

Diamond et Dybvig suggèrent alors d’introduire la garantie des dépôts. En effet, une telle garantie enraye le processus destructeur décrit plus haut, et donc prévient les faillites bancaires inutiles ainsi que leur contagion par la panique.

Un problème insoluble ?

Les deux théories ne sont en rien contradictoires. Elles prennent le problème sous deux perspectives différentes. D’ailleurs, Diamond et Dybvig, qui écrivent les seconds, invitent leurs lecteurs à aller lire Karaken et Wallace. Depuis des modèles tentent d’intégrer les deux raisonnements.

On pourrait résumer le problème en deux questions/réponses :

  1. Que faire lorsqu’on fait face à une crise bancaire ? Diamond et Dybvig répondent : garantir les dépôts, sauver les banques.
  2. Que faire pour éviter de faire face à une crise bancaire ? Karaken et Wallace répondent : ne pas garantir les dépôts, ne pas sauver les banques.

La solution a posteriori est l’origine du problème a priori. Situation courante en théorie des jeux. Ce qui est certain, c’est que la garantie sans régulation est la pire des solutions.

Sans grande conviction, je choisirais personnellement la suppression de la garantie des dépôts, ou sa forte limitation. Au-delà de ses effets pervers, la régulation bancaire efficace qu’impose la garantie des dépôts me semble improbable, car le lobby bancaire fait du régulateur une marionnette à son service. La régulation par des déposants contraints par le risque à surveiller la réputation de leur banque me semble plus convaincante, et constitue la solution plusieurs fois millénaire.


Sur le web.

Références :

  • Diamond, Douglas W & Dybvig, Philip H, 1983. « Bank Runs, Deposit Insurance, and Liquidity, » Journal of Political Economy, University of Chicago Press, vol. 91(3), pages 401-19, June.
  • Kareken, John H & Wallace, Neil, 1978. « Deposit Insurance and Bank Regulation: A Partial-Equilibrium Exposition, » The Journal of Business, University of Chicago Press, vol. 51(3), pages 413-38, July.
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  • le ministre des finances allemand a proposé de ponctionner de 8% les comptes de tout les déposants européens pour garantir la survie des banques en difficultés ; est ce à dire que les banques sont en mini faillite ?et que la suppréssion de la garantie des dépots est déjà en route ?

    • « le ministre des finances allemand a proposé de ponctionner de 8% les comptes de tout les déposants  » : d’où sort cette info ? Si quelqu’un dispose d’une source, merci de la fournir.

  • si mon garagiste fait faillite, est-ce que ma voiture sera séquestré avec une ponction éventuelle sur sa vente ? non

    alors pourquoi les banques, ambitionnent faire assumer ce risque sur leur client ?

    • Si votre garagiste fait faillite et que vous retrouver votre voiture en pièces détaché il vous faudra la remonter à vos frais et il y a de grande chance que si vous avez payer une avance sur la réparation elle soit perdue.

  • Pourquoi ne os évoquer la solution proposée par Vincent Bénard et d’autres, la faillite « ordonnée » des banques (conversion dettes en actions, donc pas d’appel au contribuable) qui laisse faire faillite les banques si ça ne suffit pas (suppression de l’aléa moral) mais qui agit in fine comme une garantie des dépôts minimale, puisque les déposants sont considérés comme prioritaires et sont donc les premiers à être remboursés?

    C’est la solution qui me paraît la plus efficace et la moins irrespectueuse des droits naturels.

    • Le concept de faillite ordonnée d’une banque est juste fictionnel.

      Une banque, c’est des millions de créances et d’engagements, la plupart n’ayant aucune valeur officielle. Je me demande comment on les converti en actions sachant que chacun des millions de porteurs de parts aura une appréciation subjective de la valeur de son actif.

      Rien qu’en combinant les coûts d’une liquidation précoce des actifs et les frais d’avocats pour les litiges sur les millions de contrats concernés, vous aurez dilapidé l’essentiel de la valeur théorique de liquidation.

      A ma connaissance, la faillite ordonnée de Lehman Brothers n’est toujours pas terminée. La société est toujours occupée à organiser sa liquidation, et à se battre en justice, plus de cinq ans après son effondrement.

      De plus, la solution proposée ne résout absolument pas la question de la possibilité de la faillite d’une banque saine sous le simple effet d’une panique bancaire.

      • La finance n’est pas mon milieu, mais l’idée ici est justement de mettre en place des mécanismes « accélérés » et plus ou moins « automatiques », conçus à l’avance, afin d’éviter les écueils que tu évoques. Selon Vincent Bénard: « Zingales et d’autres estiment donc qu’une loi « super-chapitre-11 », permettant de prédéfinir pour chaque banque des règles préventives de faillite, avec formules de calcul préétablies, devrait permettre de gérer la conversion dette-capital (debt to equity swap) d’un simple trait de plume, « pendant la nuit » (overnight) ou le week end. »

        La transformation des dettes en capital permet, c’est le but, d’augmenter les fonds propres des banques en difficulté sans prendre aux contribuables.

        2 liens (parmi tant d’autres) décrivant plus en détail le mécanisme:
        http://www.objectifliberte.fr/2009/04/sauver-les-banques-sans-spolier-les-contribuables-c-est-possible.html
        http://www.objectifliberte.fr/2010/01/la-faillite-seule-regulation-efficace-de-la-finance.html

        D’autre part, ce mécanisme serait également appliqué aux autre banques créancières de la banque en difficulté si nécessaire.

        Et sinon, il y a une méthode alternative, quand ce mécanisme ne suffit pas à sauver les banques en difficulté de la faillite: la méthode « Dinkic » permettant de protéger les déposants. Cf http://www.objectifeco.com/economie/politiques-economiques/banques-centrales/gerer-des-grandes-faillites-bancaires-en-bon-ordre-la-methode-dinkic.html

        Idée: ce serait pas mal un petit débat à ce sujet sur Contrepoints entre Vincent Bénard et toi 😉

        • L’idée est intéressante, mais obliger un créancier à devenir propriétaire d’une ruine, ça n’est pas aussi le spolier ?

          Si votre épargne représente 100 euros en actif disponible à la banque, on vous dit que maintenant vous allez avoir 100 euros en action. Si vous voulez sortir, vous allez probablement y laisser des plumes en revendant votre action au cours du jour (alors qu’initialement vous avez mis votre argent là où il était convenu que c’était garanti).

          C’est toujours mieux que rien, cela aurait au moins le mérite de ne pas spolier les contribuables. A voir…

          • Oui, bien sûr que les créanciers voient la valeur de leurs actifs diminuer. Et les différents promoteurs de cette idée en sont bien conscient et disent clairement.
            Mais c’est soit les créanciers, qui ont volontairement investis dans la banque en difficulté, soient les contribuables, qui n’ont rien demandé, qui devront payer. Ou alors c’est la faillite pure et simple, avec ses conséquences.

            « Entre deux maux, il faut choisir le moindre »…

          • Convertir d’autorité une créance en capital revient à obliger le créancier à devenir propriétaire. La propriété forcée, c’est un nouveau concept, un faux semblant libéral. Jusqu’à preuve du contraire, quand on choisit d’être créancier, c’est qu’on ne souhaite pas être propriétaire.

            « Ne pas spolier les contribuables » : il faut arrêter avec les distinctions économiques inopérantes ! Les contribuables et les créanciers des banques sont les mêmes individus.

          • « Les contribuables et les créanciers des banques sont les mêmes individus. »

            Pas forcément, vous pouvez être un bon contribuable tout en étant débiteur à la banque (cas de l’emprunt supérieur aux actifs).

            De plus les créanciers de ces banques peuvent aussi être contribuables mais dans d’autres pays. non?

          • Je sais bien que c’est pas du 100% libéral pur-sucre. Et Vincent Bénard ou d’autre le savent (et le disent) aussi.

            Par contre, non les créanciers et les contribuables ne sont pas forcément les mêmes individus.

          • Je vous concède qu’il y a quelques cas où les contribuables ne sont ni créanciers ni épargnants des banques… 😉

      • Oui, même si ce n’est pas ma préférence, une faillite ordonnée ne prépare pas 2h00 avant que la banque constate sa faillite.

        De même qu’on ne définit pas les plans d’évacuation d’une immeuble 10 minutes avant l’incendie ou l’organisation des chaloupes et des gilets de sauvetage 5 minutes après l’iceberg.

        Parmi les tonnes de réglementation qui submergent les banques à l’heure actuelle, une large partie sont consacrées à leur éviter de faire faillite, et une toute petite aux conséquences d’une éventuelle faillite (collateral obligatoire pour certaines opés). On pourrait bien plutôt imaginer des réflexions plus poussées sur les plans de liquidation préalables de toute institution exerçant une activité bancaire. Lehman Bro illustre surtout ce manque. Cela ne serait bien sur pas parfait mais suffisant pour sécuriser les dépôts.

        D’autant votre théorie des jeux avec le « ne pas garantir les dépôts, ne pas sauver les banques. » oublie tout de même un joueur éléphant : le politique. Vous êtes ministre ou directeur de la BC, votre téléphone sonne, l’une des premières banques du pays est en faillite avec des dizaines de milliers de comptes particuliers ou entreprises dessus. Entreprises qui demain ne vont pas pouvoir payer. Vous avez 10 min pour décider. Une loi/aide d’exception pour sauver la banque dans le soulagement général ou vous partez en we comme étant le ministre qui a détruit en 48 h la croissance pour x années. Et je vous parle même pas d’un Montebourg… juste d’un Raffarin.

        La réalité est qu’avec un schéma où les dépôts sont en risque, le politique ou une BC sera là au final, et les vrais perdants seront ceux qui ont payé une protection inutile pour leurs dépôts.

        On revient donc à la nécessité de protéger les dépôts « mécaniquement », soit par la faillite ordonnée , soit par l’abolition des réserves fractionnaires (ma préférence).

  • « ne pas garantir les dépôts, ne pas sauver les banques. » est une solution supérieure à la situation actuelle.

    La dernière solution consistant à abolir les réserves fractionnaires, distinguer clairement ce qui est un dépôt -et qui ne sort pas des coffres de la banque- et ce qui est un prêt.

    A ce moment-là, la banque fait faillite, les dépots retournent aux déposants par une procédure d’urgence définie à l’avance et les prêts entrent dans une procédure plus longue traditionnelle de liquidation.

  • Les mots me manquent pour dire tout le bien que je pense de ce papier.

  • La garantie des dépôts pour faire face à une panique bancaire est assurée par la planche à billets de la BC.

    En cas de panique bancaire, la BC alimente les banques avec toutes les liquidités nécessaires pour satisfaire les demandes de retraits. Les paniqués constatant après quelques jours ou semaines que les banques sont insensibles aux retraits massifs finissent par déposer à nouveau leurs liquidités en banque, ces dernières remboursant alors la BC de la monnaie temporairement créée. En effet, en dehors des pics de crise, l’attrait des déposants pour le rendement est plus élevé que le risque perçu.

    La doctrine actuelle des BC consiste à faire en sorte de supprimer tout risque de liquidité. Reste le risque de solvabilité. Les banques étant gavées jusqu’à la gueule de titres souverains, leur solvabilité est strictement égale à la solvabilité des Etats obèses. Autrement dit, du fait de l’existence des BC, la question bancaire n’est plus à proprement parler économique mais plutôt politique. Qui a dit « aléa moral » ?

  • Très intéressant; dommage finalement, que Dieu soit mort.
    Il aurait été possible de proposer la vente d’indulgences..

  • Bravo pour vos articles!

  • « La première solution, d’inspiration libérale, consiste à ne pas garantir les dépôts et à peu réguler l’activité bancaire. Cette solution a pour avantage de permettre un financement performant de l’économie, mais le désavantage de ne pas garantir les dépôts. »

    Oui pour cette première solution (il y a la deuxième et l’ânerie majeure), mais il n’y a pas la solution la plus protectrice du droit de propriété !

    Le système est ainsi fait aujourd’hui que, l’idée de proposer une solution « d’inspiration libérale » (laisser les banques crever avec les dépôts des épargnants) n’est libéral que dans ce qui se voit. En revanche, ce qui ne se voit pas est anti-libéral :

    – les épargnants ont déposé leurs fonds sachant qu’il existait une garantie (leur droit de propriété serait donc spolié) ;

    – les prises de risques excessives n’entraînent pas véritablement de responsabilité (il est toujours facile de spéculer avec le fric des autres, si ça marche on partage si ça ne marche pas, c’est pour vous).

    On comprendra tous, qu’il n’est malheureusement pas possible de changer les règles du jeu en cours de partie. C’est encore un coup à faire détester le libéralisme. Mais il n’est pas non plus acceptable de privatiser les profits et collectiviser les pertes.

    Je partage aussi ce point de vue : « si les dépôts ne sont pas garantis, les banques se spécialisent. » Mais ça ne semble pas suffisant.

    Quid d’une solution plus juste ?

    Celle-ci reviendrait à substituer la responsabilité indéfinie et solidaire à la responsabilité limitée des dirigeants sociaux, voire des managers.

    Dans la législation actuelle, ça existe déjà : la SCA (Société en Commandite pas Action), il suffirait d’y ajouter la responsabilité des managers prenant des positions à risque.

    Lorsque l’on engage sa responsabilité sur les décisions que l’on prend, on évite au maximum les mauvaises surprises.

    • « Quid d’une solution plus juste ? »

      La solution juste est la privatisation et la mise en concurrence des monnaies au sein d’une même zone territoriale.

      Une banque ? Une monnaie !

      L’irresponsabilité bancaire actuelle est rendue possible par la solidarité forcée qu’implique la monnaie monopole imposée à tous, où les risques pris par certains sont finalement assumés par autrui.

      Le risque majeur de nos économies réside dans les dettes publiques des Etats obèses. Mise en concurrence, la monnaie de la banque publique perdrait sa valeur relativement aux monnaies privées en cas d’émission excessive. Les politiciens et les fonctionnaires étant payés en monnaie publique, le clientélisme dépensier sans frein serait contraire avec leur intérêt personnel.

      • Une banque, une monnaie. Oui… mais ça me parait tellement plus loin que de voir reconnaître la responsabilité. L’idéal serait les deux !

        • Cette crise met en évidence l’imbrication inextricable des Etats obèses et des banques TBTF, au mépris des intérêts individuels que les Etats s’apprêtent à sacrifier une nouvelle fois au nom de l’immoral intérêt général. Réjouissons-nous ! Aujourd’hui, l’Etat ne tue plus ses citoyens, il se contente de les spolier.

          En dernière analyse, l’aléa moral est dû au monopole monétaire. On peut inventer les solutions les plus subtiles pour liquider les banques faillies, ces solutions resteront partielles ou insatisfaisantes tant que le monopole monétaire contribuera diluer la responsabilité des politiciens, des fonctionnaires et des banquiers.

          • C’est sûr. Mais en attendant le grand soir libéral du système bancaire et monétaire, il faut faire avec l’existant.

  • Ne mélangeons pas tout.

    1°. Garantir la petite épargne est un geste social utile. Donc oui.

    2°. Les banques sont aussi utiles que la circulation sanguine, et ne sont pas des entreprises comme les autres. Contrairement à ce que croit le bon peuple, elles croulent sous les règles, et là n’est pas le problème.

    3°. Le principe légal qui assure la stabilité des banques tient en peu de mots : indépendance du pouvoir, et séparation hermétique entre banques de dépots et banques d’investissements (holdings)
    La banque de dépôts est en principe un lieu de tout repos, le holding c’est « invesitissez ici ce que vous être prêts à perdre).

    Qu’il s’agisse de la crise des subprimes ou des difficultés actuelles, tout vient de ce que les Etats ont tendance à considérer les banques comme des annexes à leur Budget : on les oblige à acheter des obligations d’Etat, à financer des entreprises ou des particuliers dont les dossiers feraient fuir un bookmaker, on les taxe, les rackette, puis on les désigne d’une gros doigt bien rouge comme « de sales boites riches et égoïstes » Bref, quand la vache à lait devient moins productive, on lui montre le chemin de la boucherie.

    Sans les dettes folles de démagogie des Etats, il n’y aurait pas de crise bancaire. Encore que cette crise, où les Etats ont emprunté pas cher pour prêter bien plus onéreux aux banques, a été une recette imprévue de colossale pour les Etats, et donc le contribuable.

  • « Lors d’une panique bancaire, un afflux soudain de retraits des déposants peut faire écrouler un système financier relativement sain. »
    Un système frauduleux et inflationniste n’est pas « relativement sain ». Vivement qu’il s’écroule !

  • Depuis quand est-il libéral de prôner l’injustice et la spoliation ?

    Ce genre d’articles est écrit par des gens dont c’est le métier de jouer avec l’argent des autres, et il prétend expliquer au salarié lambda que si sa banque fait faillite, c’est sa faute, c’est qu’il ne l’a pas « choisie » avec suffisamment de soin.

    J’aimerais qu’on arrête un peu de se moquer du monde.

    Tout d’abord, il est obligatoire de mettre son argent à la banque. C’est la loi. On ne peut pas y échapper. Les salaires ne peuvent pas être versés en liquide, et la plupart des paiements, sauf les plus petits, sont soit impossibles à faire en liquide, soit carrément interdits.

    Ensuite, 99,99 % des gens n’ont évidemment aucun moyen de savoir si leur banque est fiable (sauf les gens qui écrivent ce genre d’article, tiens donc ! puisque la finance est leur métier).

    Enfin, que fait-on si 100 % des banques accessibles sont non-fiables, ce qui est un cas de figure pas du tout invraisemblable ?

    Peut-on sortir cinq minutes le nez de la théorie, et revenir au bon sens, au bon droit et à la justice ?

    • Tout d’abord il n’y aucune honte à jouer avec l’argent des autres. c’est comme si on accusait les fabricant de voiture ou d’avion de jouer avec la vie des passager. c’est partiellement vrai mais répondre aux besoin d’un client est toujours assorti d’un part de risque pour celui ci (je ne travail pas de près ou de loin dans le milieu bancaire).
      Quant au solutions proposé, elle présupposent à mon avis que le système actuel à été purgé. car comme vous le faite remarquer, à l’heure actuelle aucune banque ne survivra « baturellement » à un vrai crise financière donc 100% des déposant sont en danger. De ce point de vu il ne faut pas se faire d’illusion d’une manière ou d’une autre il va falloir rembourser la fausse croissance payé à crédit ce 40 dernières années. En clair la France va s’appauvrir et la grande majorité des Français va s’appauvrir. Que cela se passe comme à chypre ou a travers une inflation galopante ou à travers une augmentation massive des impôts (ou les 3 à la fois) les français verront leur conditions de vie se dégrader.
      La question est : lorsque la purge sera terminée, lorsqu’on sera près à repartir vers la croissance que choisira t on de faire? La même chose qu’avant ou bien différemment? Et la doit être poser la question de la responsabilité des banques et des déposants. Les banques doivent être responsables de leur gestion et couler le cas échéant et les déposants doivent également être responsable dans une certaine limite et assumer le choix qu’ils ont fait en confiant leur argent à une banque. Lors de nos achat quotidien nous sommes constamment en train d’évaluer de comparer d’analyser les produits que l’on nous vend dan sle but de minimiser les risques et de faire les mailleures affaires possible. pourquoi le choix d’une banque serait différent?

    • Comme si vous aviez besoin d’être un génie de la mécanique et un théoricien des moteurs à combustion pour savoir qu’une BMW est plus fiable qu’une Renault…

  • Le problème c’est que les comptes non rémunérés sont utilisés à l’insu de leur propriétaire par les banques pour réaliser des investissement. Il y a tromperie. Il suffirait que les banques joue carte sur table en proposant des compte rémunérés mais risqués d’un coté et des compte de dépôts payant de l’autre pour que les choses soient claire et « honnête ».

    • Je suis parfaitement d’ accord, et à ce moment là, on peut laisser couler une banque dont les responsables ont fait n’ importe quoi. Parce qu’ une petite entreprise en liquidation, c’ est un endettement pour son gérant, si son actif est inférieur à la dette, d’ ailleurs les huissiers ne s’ embêtent pas trop à récupérer le maximum. Pour les banques, est-ce possible de faire porter des dettes monumentales à des individus si elles ( ou ils) se plantent?

      • Remarquez, une gorsse banque, c’ est un gros porte feuille immobilier, on peut le saisir ça.

        • Quand on voit les ennuis des banques qui ont récupéré des maisons invendables dans la crise des subprime, on peut légitimement hésiter à saisir de l’immobilier pour le plaisir de saisir…

  • Et quid de la critique autrichienne dans Money, Bank credit and Econo;ic Cycles de Jesus Huerta de Soto ?
    Pourquoi ne pas imposer aux banques de re-différencier dépôt et épargne, avec 100% de réserve sur les dépôts et beaucoup moins de réglementation pour le reste ? Evidemment la croissance maximum serai moindre, mais si on échappe au crise on peut-être gagnant

    • Il ne faut pas « imposer aux banques », mais ouvrir les activités bancaires à d’autres, l’état ne gardant que le contrôle et la garantie de la transparence et de la sincérité.
      Les banques remplissent une fonction de contrôle au service de l’état qui induit des relations perverses. On est obligé d’avoir un compte en banque, de payer via la banque au dessus d’un certain montant (toujours plus faible), de payer des commissions à la banque pour acheter ou vendre à terme, etc. L’état doit contrôler la transparence des banques, pas utiliser les banques pour rendre leurs clients transparents et esclaves.

  • Comment que faire quand une banque doit de l’argent ? Mais on prend les responsables, leurs femmes, leurs enfants et on les vend aux plus offrants.

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Sommes-nous face à la crise financière qu'évoquent depuis plusieurs mois de nombreux économistes ? C'est ce que laisse présager la gueule de bois avec laquelle se sont réveillés les marchés lundi malgré un rebond deux jours plus.

En cause, l'échec des négociations entre l'OPEP et leurs partenaires les 5 et 6 mars derniers en Autriche, amenant à une réduction unilatérale du prix du baril par l'Arabie Saoudite. Une position destinée à inonder le marché face à la Russie. De quoi provoquer une chute d'un quart... Poursuivre la lecture

Geert Noels est ce qu’il est convenu d’appeler en Flandre, een bekende Vlaming, un Flamand influent. Licencié en sciences économiques appliquées de la Haute École de Commerce d’Anvers et titulaire d’un MBA de la K.U. Leuven (la section flamande de l’Université catholique de Louvain), en 2009, à la suite de la crise, il a fondé et dirige la société de gestion de patrimoine Econopolis. Il s’est fait connaître du public grâce à un premier livre, Econochoc, vendu à plus de 100 000 exemplaires, et en tant que leader d’opinion dans différents média... Poursuivre la lecture

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