Le Choc d’immobilité

Le Choc des mots permet de parler de réformes, sans faire aucune réforme.

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Le Choc d’immobilité

Publié le 23 juin 2013
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Le Choc des mots permet de parler de réformes, sans faire aucune réforme.

Par Pierre Chappaz.

Les politiques et les médias français aiment d’autant plus les « Chocs » que dans l’Hexagone rien ne bouge. Est-ce si surprenant ?

Pendant cinq ans Sarkozy n’a pratiquement pas réformé mais s’est beaucoup agité, ce qui a déçu les uns et inquiété les autres. L’an dernier les Français ont choisi Hollande non pas parce qu’il leur promettait « le changement maintenant », mais en réalité parce qu’il leur permettait d’espérer échapper encore quelques années aux réformes pourtant indispensables. Dans cette société bloquée, les mots remplacent les actes.

Le mot-clé de Hollande, c’est donc le mot Choc, qui mérite un petit commentaire psy.

Choc, le mot-clé de Hollande

Les Chocs hollandais (de compétitivité, de formation, de simplification, d’offre, de moralisation, etc) ne visent aucunement à changer les choses. C’est de la com’, qui s’adresse en priorité aux électeurs du Président, eux-mêmes en état de choc face aux changements d’un monde qu’ils ne comprennent plus.

Beaucoup de ces personnes vivent dans la peur. Et voilà qu’avec ses « chocs », tel un dentiste sadique, Hollande joue à les torturer, ou plutôt à faire semblant de les torturer. Car les électeurs socialistes, qui sont souvent fonctionnaires ou assistés, souffrent bien avant que le dentiste les touche. « Chocking ! je vais réformer » leur dit le Président… mais il ajoute bien vite en aparté : « rassurez-vous, c’était une blague ! »

Le seul Choc présidentiel qui ait eu un effet réel, c’est le Choc fiscal. Celui-là a choqué pour de bon les salariés du privé et les entrepreneurs, et a complètement bloqué l’économie.

En dehors de ce choc désastreux, tout le reste n’est que story telling, y compris la « Conférence sociale » qui prépare le déjà fameux Choc des retraites, dont vous savez bien qu’il ne règlera pas plus le problème que la réforme Fillon de 2010.

La France crie avant d’avoir mal

Le Choc des mots permet de parler de réformes, sans faire aucune réforme. Le pays est tellement crispé que ce petit jeu sémantique suffit à l’occuper. Car de nombreux Français sont convaincus d’avoir plus à perdre qu’à gagner si le système public hypertrophié et l’assistanat généralisé étaient ramenés à de plus justes proportions, compatibles avec la compétitivité des entreprises et du pays. Les exemples étrangers prouvent que les pays moins étatisés s’en sortent mieux, mais les parasites qui abusent du système sont si nombreux et si bien implantés dans les partis politiques, l’administration, les syndicats et les médias qu’ils parviennent à bloquer toute évolution. Le moindre changement les choque…

Sous leur influence, la France continue à vivre dans le déni de réalité et à crier avant d’avoir mal.

Le déni français est choquant

C’est ainsi qu’on a assisté à l’hallucinant débat sur le « trop d’austérité », orchestré par les politiques de tous bords et les journalistes subventionnés. Pourtant, l’austérité à la Hollande ressemble comme un frère à celle de Sarkozy : on augmente les impôts et la dette, mais on ne réduit jamais les dépenses de l’État. La France est le seul pays européen qui n’a jamais connu d’austérité depuis le début de la crise en 2007 !

Comment ne pas être choqué par cette incapacité française à comprendre que, pour s’en sortir, il faut diminuer le poids des impôts et des charges sur l’économie, mettre plus de gens au travail et travailler plus longtemps, enfin cesser de remettre à demain les réformes que tous les autres pays ont faites afin de s’adapter à la compétition internationale ?


Sur le web.

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  • Le français vit dans l’affolement permanent, et tout indice qui pourrait faire entrevoir un changement suffit à déclencher la panique.

    On l’a vu très clairement dès l’annonce de la crise, il y a quelques années. Le marché français s’est effondré sans l’ombre d’une raison objective, tandis que le marché belge, par exemple, ne bronchait pas.

    La France est l’hyper spécialiste de la prédiction créatrice neuro-dépressive, et c’est pourquoi la première mesure du gouvernement devrait être d’ajouter des euphorisants à l’eau de distribution !

    PS : il est faux de dire que Sarkozy n’a pas réformé énormément de choses (dont la presse n’a bien entendu jamais parlé, mais qu’on pouvait suivre en direct aux « questions au gouvernement » deux fois par semaine sur Frnce-3. Jamais un gouvernement n’a tant et si bien travaillé, parole d’expert !

    Mais quand une réforme risque de se voir, il faut y aller sur ses chaussettes : pour le Français, toute modification est une menace !

  • Bravo pour votre article ! c’est la course éternelle à la lâcheté dans ce pays , on refile la patate chaude au suivant … mais quel parti osera faire les vrais réformes ? le FN ? … le seul qui n’ai finalement jamais eu la parole et qui compte le plus de membre de la société civile en son sein ? on n’en sait rien et on en est réduit à conjecturer encore et encore , pendant ce temps la dette enfle , enfle …

    • Le FN, comme les autres partis politiques de l’UMP au FG, doit renoncer au socialisme. Mais alors, ce ne sera plus le FN !

  • On sait que la plus pessimiste des hypothèses du COR, fondée sur une hypothétique croissance, est irréaliste, le besoin réel étant bien plus élevé d’ici 5 à 6 ans que ce qui est prévu. Les Français doivent avoir conscience que la France ne peut déjà plus payer ses retraites, entre 15 et 20% des pensions étant d’ores et déjà financées par l’endettement.

    Certes, la France subit l’environnement international mais pâtit surtout de sa crise interne, la crise de ses choix de politique économique. En prenant un peu de recul, on comprend que la faiblesse spécifique à la 5e économie mondiale pénalise également nos voisins et contribue notablement à l’affaiblissement de l’économie mondiale. La France, maillon faible de l’Europe parce qu’elle a fait de mauvais choix économiques, a sa propre responsabilité dans la crise mondiale.

    Le retour d’une croissance d’un volume régulier de 3% par an est impossible tant que le niveau relatif des dépenses publiques l’interdira. En effet, le niveau de la dépense publique, à cause notamment des retraites par répartition, provoque une destruction de richesses égale ou supérieure à tous les efforts de productivité accumulée ces dernières décennies. C’est le cercle vicieux amplement documenté des économies plus ou moins socialisées : plus il y a de dépenses publiques, moins il y a de croissance potentielle, jusqu’à provoquer la décroissance, la déflation, la récession permanente, avec son cortège de chômeurs, de pauvres, de dettes et d’anarchie sociale.

    Le vieillissement de la population n’est pas une fatalité mais plutôt une chance, une opportunité à saisir, dans la mesure où les investissements des anciens créent les emplois des plus jeunes. Mais ceci n’est vrai qu’à la condition d’opter pour le système de retraites par capitalisation. L’actuel système de retraite par répartition détruit la richesse en limitant l’action économique des anciens à la dilapidation des capitaux. Pour réintégrer les anciens dans le cercle vertueux productif, il convient d’opter pour la capitalisation sans tarder.

    La croissance signifie évidemment travailler plus, produire plus. Deux facteurs seront déterminants pour y parvenir : des capitaux privés investis en masse et de la compétitivité. Les capitaux seront mobilisés en abandonnant la répartition pour la capitalisation. La compétitivité sera trouvée non par la baisse des salaires mais par le recul des charges fiscales et réglementaires sur les entreprises et les ménages, et d’abord les charges qui pénalisent les salariés productifs du secteur privé. Le recul des charges sont conditionnées au recul des dépenses publiques et à l’abrogation des lois sociales devenues anti-sociales à force d’être anti-économiques.

    Dit autrement, pour mettre fin aux 30 piteuses qui ont réduit l’économie française à l’état de crise permanente, la solution existe. Elle est simple, réaliste, à portée de main et aura des effets immédiatement positifs pour tous, des plus jeunes aux plus anciens. Il ne manque plus que la volonté politique de la mettre en œuvre car cette solution est à l’exact inverse de la politique économique imposée obstinément depuis plusieurs décennies par tous les partis au pouvoir, indifféremment de Mitterrand à Hollande en passant par Chirac et Sarkozy.

    TINA.

    • Oups… « Le recul des charges est conditionné » est mieux.

    • En gros, il faut se mettre au boulot et recommencer à produire, innover et créer de la richesse. Il faut renvoyer un maximum de fonctionnaire dans l’économie réel pour qu’ils créent de nouveau de la richesse au lieu d’en détruire. Il faut libérer les force créatrice en déréglementant massivement et baisser considérablement les impôts pour réinjecter des capitaux dans l’investissement seul capable de nous permettre d’améliorer notre sort présent et futur.

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