Auto-entrepreneur : quand le gouvernement tue la survie, il tue aussi la vie

En détruisant le statut d’auto-entrepreneur, c’est la survie que ce gouvernement flingue.

En détruisant le statut d’auto-entrepreneur, c’est la survie que ce gouvernement flingue.

Un billet d’humeur de l’auteur du site Esprit.eu

Voilà, c’est presque fait. La promesse de Hollande et du PS faite au lobby du bâtiment va trouver son demi-aboutissement dans une réforme du statut d’auto-entrepreneur. Personne ne va pleurer à gauche puisque vouloir s’en sortir est perçu comme une honte. Mais le peuple cette fois doit comprendre : ces ministres socialistes haïssent l’initiative privée et ont décidé d’ignorer la crise.

Les entreprises du bâtiment accusent un ralentissement de leurs activités mais ces difficultés actuelles tiennent à la conjoncture et non au couillon qui débouche des éviers en tant qu’auto-entrepreneur, d’autant que ce travail, les PME n’en veulent plus. Essayez donc, vous allez rire. Pour autant, le puissant lobby du bâtiment continue d’asséner des stupidités sans nom.

En décidant d’abaisser le plafond de « survie » du statut d’auto-entrepreneur à 19.000 euros (pour les services) et 47.500 (pour le commerce) au lieu de 32.600 et 81.500 auparavant, plafond au-delà duquel il passe en statut « classique », le gouvernement lance un ensemble de messages complètement hallucinant en pleine crise économique.

Aux entreprises du bâtiment il dit : « Vous voyez je l’ai faite votre réforme… bon, pas totalement et en fait ce sera inutile mais voyez comme nous vous avons (à moitié) écoutés… »

Aux auto-entrepreneurs, il dit : « Dès que vous atteindrez tout seul un misérable SMIC net, je vous bascule chez les riches pour vous ponctionner avec ma grosse aiguille… »

Aux salariés qui ont déjà un emploi, une paie, une couverture sociale, il dit : « Vous, je vous aime bien, continuez, c’est une activité complémentaire, je vous laisse tranquille, après tout, vous êtes bien mal lotis comparés aux autres, hein… »

Les 900 000 micro-entreprises créées grâce à ce statut ne sont évidemment pas toutes des remparts contre la pauvreté. Mais tous ces gens essaient de s’en sortir au lieu de pointer bêtement chez un Pôle Emploi dépassé, incompétent et démuni. L’ampleur de cette crise mérite autre chose que les vociférations d’un Mélenchon ou les pitreries d’un Montebourg en bleu-blanc-rouge. Les gens de la base l’ont compris : ce qu’il faut avant tout, c’est se retrousser les manches sans chercher des poux à son voisin.

Pour avancer dans un projet, un créateur a besoin de « se projeter », de pouvoir s’imaginer plus loin, plus fort. Avec cette réforme imbécile, l’auto-entrepreneur sera forcément tenté de rester pauvre, de se limiter en développement pour ne pas se faire happer par le requin-État. Et il ne restera bientôt que les vendeurs de colliers en toc sur les marchés ou les bourgeoises qui tricotent des pulls pour trouver leur compte dans ce statut bâtard et involué.

Une tripotée de dangereux réactionnaires ne s’y prendraient pas mieux pour détruire une société, une économie, une solidarité. C’est la survie que ce gouvernement flingue. C’est la vie qu’il méprise. Et c’est la faillite qu’il aura.


Sur le web.