Résister à la banqueroute : l’Islande montre l’exemple

L’exemple islandais montre que laisser les banques faire faillite permet une reprise forte et relativement rapide après une période de difficulté économique.

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Résister à la banqueroute : l’Islande montre l’exemple

Publié le 13 juin 2013
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L’exemple islandais montre que laisser les banques faire faillite permet une reprise forte et relativement rapide après une période de difficulté économique.

Par Matthew Feeney depuis les États-Unis.
Un article de Reason.

Les contribuables européens (et américains) terrifiés depuis 2008 par leurs gouvernements les alertant d’un Armageddon économique, de catastrophes et de la peste, devraient se tourner vers la minuscule Islande pour voir qu’il y a peu à craindre lorsque les experts ne peuvent sauver les gens.

Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, a récemment qualifié les performances économiques de l’Islande d' »impressionnantes« . Au cours des dernières années, la petite île de l’Atlantique Nord a réussi à réduire son déficit, réduire son chômage et permettre à son économie de se développer.

Pendant ce temps, sur le continent européen, il n’y a guère de croissance économique à observer, et les pays qui se sont engagés à mettre en place des réformes d’austérité nécessaires ont très certainement échoué.

La croissance de l’État, l’activisme budgétaire et le ressentiment national sont la norme. Des responsables de la zone euro ont tenté d’aider les pays lourdement endettés comme la Grèce, le Portugal et l’Italie à éviter l’effondrement du système bancaire et la sortie de la monnaie unique. S’ils avaient examiné l’exemple de l’Islande, ils pourraient voir qu’un effondrement financier temporaire et la souveraineté monétaire offrent de meilleures chances de reprises économiques que les renflouages soutenus par des politiques d' »austérité » impopulaires et inapplicables.

L’Islande, comme le reste de l’Europe, a été confrontée à une situation économique presque sans précédent en 2008. La Banque centrale d’Islande a tenté de sauver certaines des plus grandes banques du pays, se mettant elle-même en faillite dans le processus. Les plus grandes banques d’Islande détenaient près de 10 fois le PIB du pays en actifs (en grande partie étrangers) en 2008. La Banque centrale d’Islande fut forcée de tenter le sauvetage après avoir accepté de garantir de futurs plans de sauvetage en 2001. Avec la banque centrale hors service et un secteur financier paralysé, le PIB islandais chuta fortement.

Parce que la plupart des actifs détenus par les banques islandaises étaient étrangers, la retombée diplomatique fut presque aussi grave que celle économique. Le Premier ministre britannique de l’époque, Gordon Brown, utilisa  la législation anti-terroriste afin de geler les dépôts d’une banque islandaise au Royaume-Uni.

Le PIB islandais par habitant était d’un peu plus de 65.500$ en 2007, contre près de 38.000$ en 2009. Il serait cruel de négliger l’effet d’une perte soudaine de richesse telle que l’a connue l’Islandais moyen sur son bien-être économique. Voir des investissements que vous pensiez sûrs disparaître est malheureux au mieux et tragique au pire. Toutefois, l’avenir économique des jeunes Islandais sera probablement bien meilleur que leurs pairs en Grèce.

Les Islandais seront mieux lotis que les Grecs précisément parce que les institutions financières se sont effondrées en Islande, paradoxalement en partie à cause de mécanismes mis en place par la Banque centrale d’Islande pour éviter cet effondrement. L’effondrement économique a permis un refinancement correct. La Grèce a souffert de trop d’attention et à cause de cela, la taille réelle de l’économie grecque a été oubliée.

Le PIB de la Grèce est à peu près l’équivalent de celui du Maryland (NdT : un État américain), environ 300 milliards de dollars. La zone euro dans son ensemble a un PIB de près de 12.000 milliards de dollars. De tels chiffres mettent en évidence les motivations strictement politiques derrière la tentative de sauvetage de la Grèce par le reste de la zone euro. Certes, une sortie grecque de la zone euro serait un événement majeur. Cependant, l’exemple islandais montre que laisser les institutions financières être en faillite permet une reprise forte et relativement rapide après une période de difficulté économique.

Sans surprise, les tentatives gouvernementales pour résoudre la crise financière européenne ont aggravé la situation et humilié sévèrement les pays les plus affectés. Si la Grèce avait fait défaut sur sa dette et quitté la zone euro au début, les effets politiques et économiques auraient été bien moins terribles par rapport à l’effet d’une sortie grecque maintenant. Ce qui est oublié dans l’exemple islandais, c’est que bien que la réaction initiale internationale à l’effondrement de l’Islande fût la colère, la réputation du pays s’est rétablie. L’animosité entre les Grecs et les autres Européens (en particulier les Allemands) ne va pas diminuer d’ici quelques mois. Trop souvent, les changements culturels qui se déroulent en Europe sont éclipsés par le fiasco économique.

La comparaison entre la Grèce et l’Islande n’est pas parfaite. Si le PIB grec de 300 milliards de dollars le met à égalité avec le Maryland, l’Islande et ses 15 milliards de dollars est même en dessous du Vermont, l’État américain au PIB le plus bas. Mais quoi de mieux ? La stagnation économique causée par la doctrine du « Too Big to Fail », dont la « crise » de l’Euro est l’exemple le plus monstrueux, résulte du fait que les décideurs pensent que le même calcul que vous savez vrai au niveau local ne s’applique pas au niveau macroéconomique. Les banques centrales ont tort sur le sujet et l’exemple de l’Islande fournit à la Grèce et au reste de l’Europe continentale un exemple précieux.

Malheureusement, il semble que ce sera une leçon apprise avec le recul. La gravité des effets de l’activisme budgétaire et monétaire sur la zone euro dépendra en partie de la rapidité avec laquelle les décideurs politiques du continent pourront abandonner leur agenda politique et se concentrer sur l’économie.


Sur le web. Traduction : Cthulhu/Contrepoints.

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  • Si mes souvenirs sont exacts la cascade (très belle photo) est celle de Skogarfoss, mais je n’en suis plus très sûr. Ce sont bien des moutons en premier plan et non pas des chèvres. Pour l’anecdote, l’élevage en Islande est la deuxième source de revenu en cash après la pêche, y compris le saumon d’élevage et l’Islande produit ses propres bananes et bien d’autres fruits et légumes dans des serres chauffées par la vapeur des volcans et éclairées par l’électricité 100 % géothermique gratuite, de quoi faire rêver notre Delphine nationale …

  • Déduire de l’option disctutable des islandais une saine politique générale, c’est comparer des poires et des pommes.

    Les banques islandaises n’avaient pas grand chose à voir avec l’économie islandaise, qui se résume d’ailleurs à bien peu de choses. C’étaient de gros cochons en plastique rose, abritant des avoirs étrangers, ou plutôt des sièges sociaux de banques « dites islandaises » et qui avaient leurs activités ailleurs. Forcément, leur disparition n’avait pas plus d’incidence sur l’Islande que celle qu’une fabrique de baguettes à manger le riz dans le Poitou.

    Rien de comparable donc avec les grands banques européennes, qui sont indispensables à toute l’économie.

    Notons encore que si les résultats sont satisfaisants pour l’instant (on augmente forcément facilement ses revenus quand on part de pas grand chose), la leçon est retenue : l’Islande est le pays qui laisse tomber ses déposants et ne rembourse pas ses dettes. Autrement dit, ce pays s’est mis au ban et n’a d’autres perspectives que de multiplier ses bains chauds et ses caques de harengs.

    • Bonjour mps
      « l’Islande est le pays qui laisse tomber ses déposants et ne rembourse pas ses dettes »
      Un état n’a pas à rembourser les déposants des banques. Un état ou une banque peut tout à fait faire défaut, même il est plus sain pour tout le monde de faire défaut à temps quand le situation devient inextricable.
      Evidemment quand un état fait défaut il ne peut plus emprunter… c’est pour cela que tout les état européens ne veulent pas de défaut d’état (la grece pour ne pas la citer) parce que les états devraient faire des efforts et baisser leurs dépenses ce qu’ils ne veulent pas (argent=pouvoir). Tout bêtement.

    • 1/ Quelles dettes n’ont pas été remboursées ? L’Islande n’a pas fait défaut, elle n’a juste pas fait de bail out.
      2/ L’État n’a pas à être une assurance omnium des banques aux frais du contribuable. Si les banques veulent s’assurer, qu’elles aillent voir des assureurs.

  • « Le PIB islandais par habitant était d’un peu plus de 65.500$ en 2007, contre près de 38.000$ en 2009 »

    $65K/habitant? faut pas abusé non plus.

    Les chiffres correspondent absolument pas à ce qu’on peut trouver ailleurs.
    http://www.tradingeconomics.com/iceland/gdp-per-capita

  • Ce genre de raisonnement me parait bien simpliste , en effet :

    1) l’esprit américain « cigales » ne tâche guère de thésauriser une part de ses revenus, ce sont d’excellent consommateurs… dont leurs placements patrimoniaux vont aisément vers des véhicules financiers générateurs d’une dynamique de croissance… boules de neige avec crashes périodiques. Le dollar US aide à pas mal de choses mondialisées.
    2) tandis que d’autres « fourmis » – japonaises et européennes – épargnent dans des proportions fort variables… au sein de systèmes fiscaux lourds… avec en résultante un esprit de prise de risques dans l’investissement qui semble bien plus hésitant. A la longue, il se construit culturellement des régimes & formes d’économie bien plus étatisés. L’exemple type se voit chez certains scandinaves ; le pire actuel est (irrémédiablement?) la France socialiste !

    3) Le cas islandais est très singulier ! Ce ne sont pas leurs 300.000 habitants qui amènent des flots de richesse, mais bien les étrangers. Or, qui a pris la claque majeure : ceux-là qui firent confiance à des banques islandaises se prenant pour La grenouille devenue boeuf (J. de La Fontaine).
    Après coup, les gouvernements étrangers ont jouer amortisseurs sociaux pour les drames survenus au loin (a) du subprime USA ; (b) du crash islandais.
    Leçon de la chose : ne pas se fier sur des études simplistes de quelques-uns, idéologues du libertarisme aux USA. Il est trop tôt pour déceler les vraies raisons d’un redressement rapide islandais. Mme L. se goure ! Voyons les chose avec les yeux en face des trous !
    Moi je suis heureux d’être libéral (d’une manière bien comprise). :o)

  • Quel rapport avec la souveraineté monétaire ?

    Dans ou en-dehors de la zone euro, les banques grecques auraient pu faire faillite.

    C’est un peu comme si une ville était surendettée et devait avoir sa propre monnaie pour faire faillite, ça n’a aucun sens. Elle fait faillite, peu importe la monnaie, point barre.

    Les créanciers qui avaient évalué le risque (et sur lequel ils se rémunéraient) se retrouvent simplement à devoir l’assumer.

    Avec ou sans euro, parce que les créanciers de la Grèce sont les Europeéns, « nous » avons tenté de renflouer la Grèce à coups de milliards. Sans réussite bien évidemment. Il aurait mieux valu assumer le risque.

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