L’Union Européenne, c’est du bonheur en barre et du beurre en branche

L’Union Européenne montre dans différents domaines qu’elle n’est plus qu’une entité collectivistes en marche pour asservir son peuple.

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L’Union Européenne, c’est du bonheur en barre et du beurre en branche

Publié le 23 mai 2013
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L’Union Européenne, c’est ce magnifique assemblage hétéroclite d’États européens qui ont décidé de se mettre ensemble afin de résoudre tous ces problèmes qu’ils n’auraient jamais eus s’ils étaient restés séparés.

Animée au départ des meilleurs sentiments et se contentant, essentiellement, d’abaisser les frontières commerciales et culturelles entre les populations du vieux continent, l’Union a peu à peu dérivé vers un engin politique débridé doublé d’une administration tatillonne et délicieusement décalée des contingences du monde actuel…

Oh, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il faut bien comprendre que la bureaucratie européenne reste encore microscopique comparée à l’administration de certains pays membres, à commencer par la France. Et c’est en partie pour cette raison qu’on arrive encore à lire de lucides analyses produites par exemple par la Commission Européenne, dans lesquelles on apprendra (sans vraiment le découvrir) que l’Hexagone multiplie les problèmes macro-économiques qui ont une furieuse tendance à réduire sa capacité à réagir dans l’environnement international. Bon : c’est le langage policé de la Commission, mais cela veut clairement dire que le pays est dans le caca et semble y patauger avec un plaisir non feint.

Mais voilà.

À côté de ces moments évidents de lucidité où l’Union Européenne se permet un jugement perspicace de la situation, on trouve des déclarations consternantes d’un Commissaire, comme par hasard français, ou une récente avalanche de décisions prises dans le plus parfait n’importe quoi chimiquement pur.

Ainsi, l’absence évidente de toute culture économique de la part de Michel Barnier, pourtant en charge du portefeuille européen du Marché Intérieur et des Services, laisse franchement perplexe. On peut se demander comment ne pas l’être en effet lorsqu’il déclare dans une interview accordé récemment au JDD, probablement sous l’emprise de l’alcool (je cite) :

« Nous devons revenir vers l’économie sociale de marché, que l’on a abandonnée depuis trente ans au profit d’une ligne ultralibérale. »

Ben oui, rappelez-vous, cette furieuse ligne ultralibérale qui a poussé la France à consacrer 56% de PIB en dépenses publiques ! Cette ligne ultralibérale qui voit les impôts, les taxes et les ponctions fleurir comme jamais, partout en Europe et particulièrement en France. Cette ligne ultralibérale qui, depuis 40 ans, aura vu les budgets en déficits s’aligner les uns après les autres permettant d’empiler une dette turbolibérale de 2000 milliards d’euros, sans compter les engagements néolibéraux de l’Etat pour les retraites des fonctionnaires et des autres, ou les soultes gigalibérales de ses entreprises mégacapitalistes comme la SNCF, EDF, GDF et tant d’autres. Cette ligne ultralibérale qui voit aux commandes une tripotée de socialistes, soit franchement affirmés, soit sous le manteau comme avec la fine équipe précédente dont Barnier fut d’ailleurs l’un des éminents bras-cassés. Tout cet ultralibéralisme qui bave partout, ça me rend coi !

barnier plaide moins d'ultralibéralisme

Mais à vrai dire, même lorsque la Commission s’exprime autrement que par la bouche un peu moisie d’un Français approximatif et trop confit de ses douillettes certitudes, et même si elle dit des choses techniquement exactes, on ne peut s’empêcher de trouver sa façon de procéder et le timing de ses interventions particulièrement maladroits. Par exemple, on comprend fort bien que Günther Oettinger, le Commissaire allemand en charge de l’Energie, se soit fendu de remarques acides à l’encontre de l’État français : après tout, l’hippopotame incontinent le mérite bien :

« Il ne peut y avoir d’aménagement de la réduction de la dette que si c’est lié à une série de mesures de réforme. La France doit revoir son système de pensions et libéraliser son marché du travail. Elle doit aussi réduire sa dette publique. « 

Ce qui, on en conviendra, est un tacle poli mais aussi musclé que mérité contre son collègue franchouille, mais qui tombe assez mal actuellement alors que la France cherche, précisément, des noises à l’Allemagne et semble y trouver un excellent bouc-émissaire pour éviter toute réforme de fond. D’autant qu’aujourd’hui, le capitaine du pédalo est justement allé serrer la louche aux dirigeants du parti socialiste allemand ce qui revient, diplomatiquement, à filer un petit kick latéral dans les genoux d’Angela Merckel, du parti concurrent, et en plein pendant sa campagne électorale. Réponse du berger à la bergère qui appuya Sarkozy dans des circonstances équivalentes. Tout ceci est d’une classe raffinée, on en conviendra aisément.

S’il n’y avait que ces histoires de politiciens, ces petites phrases feraient, finalement, sourire. Malheureusement, l’Union Européenne se caractérise aussi pour ses prises de positions, ses directives et ses projets de lois de plus en plus ahurissants.

On pourrait s’étendre à loisir sur les petites vexations quasi-quotidiennes dont la bureaucratie européenne nous agonit, comme par exemple la récente interdiction de l’huile d’olive artisanale distribuée en pichets sur les tables de certains restaurants : les meilleures intentions du monde (assurer la qualité de la nourriture et des produits qu’on utilise en Europe, la santé du consommateur, etc…) provoquant comme d’habitude la mise en musique de contraintes absurdes et destructrices, d’ailleurs sourdement propulsées par des lobbies de gros producteurs qu’un étatisme galopant ne fait que favoriser.

Mais ce serait encore anecdotique. De même que les débats homériques sur composition des confitures et des marmelades, ou le diamètre des salamis, avaient entretenus la chronique européenne sur le mode goguenard, les interdictions comme pour l’huile d’olive restent presque bon enfant devant ce qu’on découvre, régulièrement, et qui, pour le coup, ne font plus rire du tout.

Il y a, bien sûr, les travaux en cours sur un projet de législation européenne, dans l’une des commissions du Parlement Européen, et qui vise à protéger les petits déposants à concurrence de 100.000 euros (dit comme cela, ce serait presque rassurant) mais surtout, à faire admettre aux titulaires de comptes disposant de soldes supérieurs un risque de passer des pertes en cas de faillite bancaire. Bien sûr, ceci n’est que le prolongement logique de ce qui est arrivé à Chypre en début d’année, et qui n’avait servi, finalement, que de répétition. Il est maintenant absolument certain que cette directive (voire, plus rapide, ce règlement) sera mise en place, qu’elle s’imposera à tous et qu’on pourra en mesurer l’importance assez vite lorsque, ô surprise, l’une ou l’autre banque (française ?) carafera avec pertes et fracas.

Il y a, évidemment, les autres travaux, parallèles et obstinés, sur le même sujet d’une union bancaire à la fois solide (ici : on peut pouffer) et durable (là : on peut rire), comme par exemple ce projet d’échange automatique de données bancaires sur tout le territoire européen, afin de lutter contre la fraude fiscale, et ce dès 2015. On ne s’étonnera pas de lire que les dirigeants européens entendent capitaliser sur la « dynamique » (ou l’effroi, si l’on veut parler clairement) née ces derniers mois avec Chypre, notamment, et s’engager vers l’adoption d’une série de textes pour faire de la coopération fiscale une réalité, youpi youpi.

grand theft eurozone

Évidemment, on comprend que l’abandon progressif des spécificités fiscales des États est un rêve humide des fédéralistes de l’Union tant ce domaine (avec l’armée) est à ce point fondamental pour déterminer le périmètre d’un État, justement. Le fait même que tous soient maintenant prêts à coopérer de façon de plus en plus ouverte indique à la fois à quel point ils ont décidé d’essorer leurs populations en termes d’impôts, et jusqu’à quelles extrémités ils sont prêts à pousser pour faire durer leur chimérique monnaie-papier. Une telle obstination n’augure généralement rien de bon…

D’autant qu’il y a, enfin, l’interprétation très câlin par la cour de Cassation française de la directive 2005/690/CE, ainsi que d’une flopitude de jurisprudence, qui amènent les bons juges français et humanistes à décider que, finalement, on peut continuer à répandre généreusement les mannes des allocations familiales à des ressortissants de n’importe quel pays, y compris hors Européens. J’ai été assez surpris de ne pas voir ce sujet repris par la presse nationale et les médias d’importance, alors qu’il démontre à l’envi qu’on est sans doute allé bien trop loin dans la distribution d’argent gratuit des autres. Bien évidemment, sur le plan du droit, plusieurs tortillent déjà de l’arrière-train pour trouver un moyen de limiter les largesses sur des critères de plus en plus compliqués à mettre en place, République du Bisounoursland oblige, alors que tout démontre que supprimer une bonne fois pour toutes, et pour tout le monde, toutes formes d’allocations, avec la disparition de la ponction correspondante, redonnerait instantanément du pouvoir d’achat aux ponctionnés et résoudrait tout aussi rapidement une partie des problèmes français, à commencer par celui de la fraude relative.

Oui, décidément, à lire ces éléments, on ne peut plus voir en l’Union Européenne autre chose qu’une suite malheureuse et acharnée de dérives. En définitive, ces institutions démontrent encore une fois, s’il était nécessaire, que l’enfer européen est pavé de bonnes intentions inscrites dans de volumineux traités.
—-
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  • Excellent billet , c est savoureux , drôle et navrant en même temps , Sankyû H16

  • Excellent, j’ai bien ri ;-))) Ils sont terribles ces ultra-turbo-néo-thatchero-libéraux qui gouvernent.

  • On a beau la critiquer, on l’aime notre petite union européenne.
    Elle est si mignonne !
    Sérieusement, arrêtez votre europhobie à deux francs !
    Le saut fédéral et démocratique résoudrait bien ds problèmes qu’on reproche à l’UE actuelle. Revenir aux états-nations is a suicide.

    • Je ne veux pas exprimer ce que je « subodore » en vous lisant, mais votre Europe si mignonne est en train de niveler les états comme les socialistes, par le bas, pour amener tous les peuples au niveau des plus bas d’entre eux….. L’islande s’est séparée de l’Europe est connaît depuis une croissance commerciale de plus de 2 % cette année. Pourrons-nous en dire autant ???? Certainement pas.
      Notre système de santé tombe en vrille, notre industrie est morte, notre économie est dans le coma et l’Europe nous impose de diminuer certains quotas provoquant la mort de l’agriculture et du commerce ???? Bravo pour la « mignonne ». Regardez autour de vous !

    • Mon cher « garcon arabe » (parlons francais), quelques questions :

      – « on l’aime bien » : c’est qui ce « on »? apparemment, de moins en moins de gens.

      – « notre petite union », la je suis d’accord, c’est vraiment du rikiki : petite defense, petite politique etrangere, petites ambitions

      – « europhobie » : erreur, on n’en n’a pas peur, on n’en veut plus, nuance!

      – « a deux francs »,….. euh, on parle en euro depuis quelques annees.

      – « federal » : genre Union sovietique ? Oh oui, oh oui, fouette-moi le cul maitresse, j’ai ete tres vilain !

      – « democratique » : primo : j’attends encore que le vrai resultat du referendum de 2005 soit applique. Secundo : je doute que des technocrates a Bruxelles, selectionnes par on ne sait qui, soient vraiment representatifs du peuple, par le peuple et pour le peuple…

      – « revenir aux etats-nations est un (et non « is a ») suicide » : la, on frole le sublime. Revoyez votre definition de l’etat-nation, qui associe frontiere et composition de la population. Ici, il s’agit de la disparition d’une union politique et non d’un deplacement de populations.

      En conlusion, mon cher « garcon arabe » votre post etait vraiment sympa et rafraichissant ! Perseverez !

      Post-scriptum : attention pour le choix d’un pseudo, il peut y avoir, parmi les lecteurs de ce blog des leaders socialistes importants, assez friands de votre profil,… (sortez couvert et surveillez vos arrieres).

  • Vous êtes particulièrement en forme aujourdh’ui. J’adore ! Quel humour et quelle perspicacité. Tout ce que je pense ! L’Europe est un carcan, une hydre, un monstre qui broie toute individualité, toute souveraineté, toute initiative, toute créativité. On dirait une marâtre face à 27 garnements qui ne lui obéissent pas. Ridicules dans certaines décisions, elle devient particulièrement tyrannique sur d’autres et quelque résistance qu’ils mettent en place, les états-enfants doivent subir ses lubies. L’Europe actuelle n’a qu’une très lointaine ressemblance avec l’Europe voulue par De Gaulle et Adenauer. D’économique, elle a voulu passer à politique, et elle a décidé de trancher dans le vif et de s’ingérer dans tous les plans des nations, sociétaux y compris. Une « colonisation » insupportable, une « main mise » insoutenable et surtout, un asservissement aveugle et liberticide.
    Je sais que vouloir sortir de l’Europe, comme de l’Euro, est d’une ringardise sans nom pour les « bien-pensants » à la pensée aseptisée, unique et métissée. Mais dans des périodes de crise comme celle que nous vivons actuellement, nous préférons revivre dans un contexte qui nous a apporté la sécurité plutôt que d’avancer vers un avenir nouveau mais ô combien dangereux pour l’humanité, les valeurs, la raison et la stabilité.

  • Oui, c’est la merde cette Europe. Un truc machin pour diriger un autre bidule. Le bidule, ici la France, n’arrive dejà pas à se diriger. Le truc machin, qui ne sert à rien d’autre que de constater la misère, ici, l’Europe. Le bidule, holande, rêve d’une grosse caisse géante pour taper dedans comme un porc, les autres pays d’Europe disent : Ah, ouai, le petit capitaine de pédalo, il veut rien foutre et se gaver sur le dos des autres qui font des réformes courageuses. La fin est logique et inévitable : fin de l’Euro et chacun avec sa merde ! Et c’est le mieux pour tous (et toutes pour la parité homme/femme/homo…et plus si affinité)

  • «Oh, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : il faut bien comprendre que la bureaucratie européenne reste encore microscopique comparée à l’administration de certains pays membres, à commencer par la France.»

    Je dirais plutôt ceci : par la structure même de l’UE, celle-ci crée les directives, les réglementations, mais ce sont les États européens qui sont chargés de les appliquer et de les financer, ce qui fait qu’une bonne partie du coût de l’UE est assumée par les États et donc cachée dans leurs dépenses. Ce qui fait que l’administration UE n’a pas l’information concernant le coût de ses délires et est donc fortement déresponsabilisée.

  • J’aimerais bien que le gouvernement me demande mon avis de temps en temps, que ce soit sur l’UE ou autre chose, mais on n’a même plus de référendum. Je ne suis jamais sondé non plus.

    • Cher Postagalene,

      La derniere fois que le gouvernement nous a demande notre avis sur l’Europe c’etait en 2005. Vous vous rappelez du resultat ? C’etait « non » a traite europeen.

      Resultat : c’est quand meme passe en force par decision politique, contre l’avis du peuple : cette date marque pour moi la fin de notre democratie (revoir la definition).

      Il vaut donc mieux faire des arrangements entre partis politiques (ou des ordonnances, ca devient a la mode actuellement avec Flamby (en Russie, on appelait ca des Oukazes)).

      Pour ce qui est de vous faire sonder,…. je pense que vous ne suivez pas assez bien l’actualite actuellement.

  • Bravo, pour votre premier paragraphe sur la définition de l’Europe!

  • On dirait du Bastiat.

  • En réalité l’UESSE est en cours d’éffondrement, il suffit de regarder autour de nous et de comparer avec l’histoire…En attendant la suite…

  • Bien trop vrai, c’est triste.

    Cependant, gardons bien à l’esprit ce que l’Europe nous a apporté :
    – Schengen est une véritable avancée libérale,
    – l’UE a largement contribué à détruire certains monopoles en France.

    Malheureusement, c’est comme si l’UE se transformait progressivement en machine jacobine…

  • Très bien!
    Merci…

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