Vers un réveil de la société civile française ?

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À l’instar du mouvement Tea Party aux États-Unis, le peuple va-t-il finir par se lèver en masse pour réclamer justice ?

À l’instar du mouvement Tea Party aux États-Unis, le peuple va-t-il finir par se lever en masse pour réclamer justice ?

Par Philippe S. Robert.

Certes, la France n’est pas l’Amérique. Mais le temps politique s’accélérant chez nous sous l’influence conjuguée de la faillite de l’État-providence et de l’impuissance grandissante de nos élites déconsidérées, nous assistons, comme aux États-Unis avec le mouvement des Tea Party, au réveil de la société civile française.

Rien n’est plus noble que le Tea Party, qui, finalement, n’est rien d’autre que l’expression d’une résistance assumée à l’oppression du pouvoir politique dès lors que celui-ci, au mépris des textes et en particulier de la Constitution, tente d’imposer sa tyrannie en outrepassant les limites imposées par la loi fondamentale.

En France, le Tea Party est ressenti, en particulier au sein de notre classe politique en admiration béate devant Barack Obama, comme un mouvement d’extrême droite alors qu’il s’agit de tout autre chose : la réaction indignée de colonisés contre une tentative de racket légal fomentée en l’occurrence par le colonisateur britannique :

Le 16 décembre 1773, soixante Bostoniens nommés les Fils de la liberté grimpèrent à bord des trois navires (…) costumés en Amérindiens (…) Silencieusement, entre 18 et 19 heures ils ouvrirent les tonneaux et jetèrent 342 caisses de thé par-dessus bord, puis ils les refermèrent pour les remettre à leur place, vides (Wikipedia).

Est-il besoin de rappeler, tant cela tombe sous le sens, que l’article 2. de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 stipule : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression » ?

Or que se passe-t-il aujourd’hui dans la France du Président Hollande et de la secte socialo-vert-communiste dont il est l’émanation la plus achevée puisque les Français, embobinés par un faux discours annonçant un pseudo-changement, ont alors jugé bon de le porter, « in der Not frisst der Teufel fliegen » [1], à la magistrature suprême ?

La majorité démocratiquement élue au printemps 2012, François Hollande en tête, depuis lors se conduit littéralement en condottière suscitant alors le plus légitimement du monde une levée de boucliers que, pour ma part, je qualifierai de civique et mieux encore de citoyenne au sens même de la Déclaration des Droits de 1789.

De même que le mouvement Tea Party s’est levé en 2009 devant les tentatives réitérées d’Obama de s’en prendre aux libertés individuelles, de même aujourd’hui la « Manif pour tous » s’insurge-t-elle, pacifiquement mais avec détermination, contre les mauvaises manières du pouvoir en place dès lors que celui-ci sombre dans l’arbitraire :

Oui, la France peut aussi continuer à porter la promesse de l’égalité (…) Cela a été le sens de la loi sur le mariage pour les couples de même sexe. J’ai voulu un grand débat (…) Ce débat a eu lieu. Longtemps (…) Ce débat était légitime et toutes les opinions doivent être respectées, toutes les sensibilités [2].

Sachant donc que, d’une part, ce débat légitime a été réduit à sa plus simple expression par divers artifices de procédures législatives et que, d’autre part, le débat citoyen fondamental pour une telle réforme d’ordre civilisationnel a été tenu pour nul et non avenu, qui peut encore s’étonner que le peuple se lève en masse et réclame justice ?!


Notes :

  1. Locution-phrase allemande : « Dans la misère, le diable mange des mouches »… En bon français : « faute de grive on mange des merles ». Mais je préfère de loin la traduction germanique tant elle décrit avec bonheur la réalité française.
  2. Extraits de la conférence de presse-fleuve de François Hollande à l’Élysée le 16 mai 2013.