Le Mur des cons, indicateur de gauchisation des intellectuels

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Au « Mur des cons » s’ajoute sa minimisation, qui montre une gauchisation des professions intellectuelles.

Au « Mur des cons » s’ajoute sa minimisation, qui montre une gauchisation des professions intellectuelles.

Par Marc Crapez.

« Maladroit », « malheureux », « inapproprié ». La première réaction des socialistes fut d’insinuer que la chose ne porte guère à conséquence. Quant au Syndicat de la Magistrature lui-même, il impute la divulgation de cette affaire à un média « proche de la droite la plus dure ». Faut-il rappeler que la divulgation de faits non flatteurs sur l’URSS valait à son auteur l’accusation d’être « réactionnaire » ?

Le 28 avril, le Syndicat national des journalistes apporte son « plus total soutien » au Syndicat de la Magistrature, en opposant les « positions progressistes » de celui-ci aux « sympathies conservatrices » du média qui a divulgué l’affaire. Ce syndicat de journalistes, majoritaire dans la profession, fustige « une manipulation de l’opinion qui flatte les pires instincts » (sic).

Le Mur des cons existait au vu et au su de nombreuses personnes. Elles n’ont rien dit parce qu’elles n’ont pas été choquées. Elles n’ont pas été choquées parce qu’elles partagent peu ou prou cette manière de voir. Cette manière de voir est celle d’une gauche qui classe Manuel Valls et Jacques Attali parmi ses figures honnies, traîtres à la gauche. Autrement dit, qui considère que la droite dure commence au centre-gauche. Donc qui est elle-même d’extrême-gauche. Semblablement, c’est la gauchisation des professions intellectuelles, et non une réalité objective, qui explique l’omniprésence du discours sur la droitisation de la droite et la montée du populisme.

Conjonction de facteurs

C’est le symptôme d’une gauchisation des élites françaises en général et des intellectuels en particulier. Un candidat a, par exemple, été recalé par un jury d’agrégation parce que, dixit un des membres, « on ne va quand même pas donner l’agrégation à un type de droite ». Dans les professions intellectuelles, l’extrême-gauche exerce une pression qui fait peur à la gauche modérée et déporte le centre de gravité des débats. On peut expliquer cela par une conjonction de facteurs.

Désengagement : les citoyens de droite étant individualistes sont plus souvent passifs que militants, tandis que la droite politique étant pragmatique délaisse le terrain du débat d’idées au profit d’approches plus court-termistes (et aussi commet certaines bévues qui prêtent le flanc à des critiques légitimes de la gauche).

Champ libre : dans les professions intellectuelles, les insoumis se retrouvent atomisés et les activistes n’en font plus qu’une bouchée, car les grandes figures de droite, résolues à tenir tête à la gauche sectaire au risque de se faire traiter de fasciste, ont disparu (Raymond Aron, Maurice Druon, Jacques Ellul, François Furet, Annie Kriegel, Georges Suffert).

Mythologie politique : un légendaire d’extrême-gauche incite certaines corporations à cultiver les imaginations d’inquiétudes d’une posture de contre-pouvoir. Nouvelles perceptions : des strates successives consolident l’univers de références de groupes capables de produire dans leurs rangs de nouvelles catégories de perception de la société.

Auto-renforcement : des politesses entre journalistes, universitaires et corps constitués produisent des effets d’intimidation, ainsi certains groupuscules d’extrême-gauche peuvent être désignés sous le terme « les associations », pendant que la formule « les sociologues » peut servir d’argument d’autorité (début 2012, une équipe « scientifique » d’un département universitaire était censée avoir établi la supériorité intellectuelle des gens de gauche sur ceux de droite).


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