Le Mur des cons, indicateur de gauchisation des intellectuels

Au « Mur des cons » s’ajoute sa minimisation, qui montre une gauchisation des professions intellectuelles.

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Le Mur des cons, indicateur de gauchisation des intellectuels

Publié le 30 avril 2013
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Au « Mur des cons » s’ajoute sa minimisation, qui montre une gauchisation des professions intellectuelles.

Par Marc Crapez.

« Maladroit », « malheureux », « inapproprié ». La première réaction des socialistes fut d’insinuer que la chose ne porte guère à conséquence. Quant au Syndicat de la Magistrature lui-même, il impute la divulgation de cette affaire à un média « proche de la droite la plus dure ». Faut-il rappeler que la divulgation de faits non flatteurs sur l’URSS valait à son auteur l’accusation d’être « réactionnaire » ?

Le 28 avril, le Syndicat national des journalistes apporte son « plus total soutien » au Syndicat de la Magistrature, en opposant les « positions progressistes » de celui-ci aux « sympathies conservatrices » du média qui a divulgué l’affaire. Ce syndicat de journalistes, majoritaire dans la profession, fustige « une manipulation de l’opinion qui flatte les pires instincts » (sic).

Le Mur des cons existait au vu et au su de nombreuses personnes. Elles n’ont rien dit parce qu’elles n’ont pas été choquées. Elles n’ont pas été choquées parce qu’elles partagent peu ou prou cette manière de voir. Cette manière de voir est celle d’une gauche qui classe Manuel Valls et Jacques Attali parmi ses figures honnies, traîtres à la gauche. Autrement dit, qui considère que la droite dure commence au centre-gauche. Donc qui est elle-même d’extrême-gauche. Semblablement, c’est la gauchisation des professions intellectuelles, et non une réalité objective, qui explique l’omniprésence du discours sur la droitisation de la droite et la montée du populisme.

Conjonction de facteurs

C’est le symptôme d’une gauchisation des élites françaises en général et des intellectuels en particulier. Un candidat a, par exemple, été recalé par un jury d’agrégation parce que, dixit un des membres, « on ne va quand même pas donner l’agrégation à un type de droite ». Dans les professions intellectuelles, l’extrême-gauche exerce une pression qui fait peur à la gauche modérée et déporte le centre de gravité des débats. On peut expliquer cela par une conjonction de facteurs.

Désengagement : les citoyens de droite étant individualistes sont plus souvent passifs que militants, tandis que la droite politique étant pragmatique délaisse le terrain du débat d’idées au profit d’approches plus court-termistes (et aussi commet certaines bévues qui prêtent le flanc à des critiques légitimes de la gauche).

Champ libre : dans les professions intellectuelles, les insoumis se retrouvent atomisés et les activistes n’en font plus qu’une bouchée, car les grandes figures de droite, résolues à tenir tête à la gauche sectaire au risque de se faire traiter de fasciste, ont disparu (Raymond Aron, Maurice Druon, Jacques Ellul, François Furet, Annie Kriegel, Georges Suffert).

Mythologie politique : un légendaire d’extrême-gauche incite certaines corporations à cultiver les imaginations d’inquiétudes d’une posture de contre-pouvoir. Nouvelles perceptions : des strates successives consolident l’univers de références de groupes capables de produire dans leurs rangs de nouvelles catégories de perception de la société.

Auto-renforcement : des politesses entre journalistes, universitaires et corps constitués produisent des effets d’intimidation, ainsi certains groupuscules d’extrême-gauche peuvent être désignés sous le terme « les associations », pendant que la formule « les sociologues » peut servir d’argument d’autorité (début 2012, une équipe « scientifique » d’un département universitaire était censée avoir établi la supériorité intellectuelle des gens de gauche sur ceux de droite).


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  • « La droite politique étant pragmatique » : si c’était vrai, on pourrait espérer qu’elle réagisse à l’occasion des alternances. Dans le cas du SM, cela signifierait la mise à pied des magistrats rouge sang le lendemain de l’élection.

    Malheureusement, cette affirmation est fausse. La droite est plus certainement complice des socialistes, à l’image du mandat de Sarkozy ou encore de NKM à Paris qui propose ni plus ni moins de poursuivre leur politique. L’absence d’opposition effective aux socialistes, l’absence d’alternance crédible, réduit la démocratie à une mauvaise plaisanterie.

  • Ce travaille se produit a tout les niveaux; la meilleur institutrice que mon fils a eu a l’école primaire n’a pas eu sont examen de titularisation pour des raisons d’orientation politique. Dommage, même les cancres suivaient biens les cours et ils avaient fait une très bonne année scolaire!

  • Sans blague ? …

  • L’effrayant est que cette idéologie semble ne plus avoir besoin d’être véhiculée par des gens qui s’en revendiquent : elle a muté à la faveur de la prétendue « fin des idéologies » et s’est détachée de son substrat marxiste pour devenir parfaitement amphibie, compatible aussi bien avec les opinion de droite qu’avec celles de gauche. Si bien qu’on voit les thèses gauchistes tenues par des gens qui ne se considèrent en rien comme gauchistes. Nous avons du pain sur la planche.

    • Oui… Une forme de « spectacle » à la Guy Debord, retournée à l’envers de ce qu’il croyait. Un système qui vit de lui même et pousse même ceux qui a priori ne sont pas d’accord à se couler dans le moule et ensuite à forcer d’autres à s’y couler, pour prouver (pense-t-ils) qu’ils sont bien du bon coté.

  • Jamais entendu parler de terrorisme intellectuel ?
    Jusqu’alors plus ou moins larvé et entretenu par une presse qui l’encourage à sa manière dans sa grande majorité, ses tenants se relâchant nous sommes en plein dedans.
    Il serait temps de s’en apercevoir

  • A côté des raisons économiques, sans doute principales, il n’est pas exclu que l’exode massif de jeunes éduqués et cultivés ne soit pas étranger à ce pourrissement des intellectuels en France.

    • Je le pense aussi. Le résultat tangible de la situation actuelle dans le milieu « intellectuel » (au sens large) est en effet que tout semble tenu par ces confréries gauchisantes, et donc qu’il est pratiquement impossible d’y entrer et surtout d’y survivre (sauf exceptions, sans doute). Tout, ou presque, apparaît bloqué, sans issue. Et la « seule » solution est alors de s’expatrier…

  • Chaque juge membre de ce syndicat est sujet à suspicion. Le manque de civisme, l’insulte et l’idéologie sont à l’exact opposé des qualités d’un magistrat. S’entend, des magistrats d’une démocratie.

  • Votre description et votre analyse sont très pertinentes. Le milieu de la recherche, que je connais bien, est sous la coupe d’une pensée unique gauchisante toute-puissante, et de réseaux qui en vivent en la perpétuant.
    Les recrutements sont effectivement en partie biaisés par des considérations politiques, et les promotions, au CNRS du moins, dépendent de comités dominés par des syndicats de gauche. Pour être promu, mieux vaut être adhérent et surtout s’être un peu remué pour le faire savoir!
    Je connais un peu un personnage qui y a officié. Quand nous appartenions au même laboratoire, il consacrait une bonne part de son temps à « sonder » les nouveaux venus afin de déterminer leurs orientations politiques, tel un petit commissaire du peuple. Je me souviens m’être dit qu’il aurait sans doute fait une brillante carrière dans un régime totalitaire…

  • Il est clair que la privatisation de l’audiovisuel public relève désormais des nécessaires mesures d’assainissement qu’il convient de mener sans délai.

  • « Un candidat a, par exemple, été recalé par un jury d’agrégation parce que, dixit un des membres, « on ne va quand même pas donner l’agrégation à un type de droite ». » On brûle d’en savoir plus. Une agrégation de droit ou de sciences économiques pour les professeurs d’université ?

  • Quelles sont les sources de cette affirmation : « Un candidat a, par exemple, été recalé par un jury d’agrégation parce que, dixit un des membres, « on ne va quand même pas donner l’agrégation à un type de droite ».

    • Exemple typique de première étape dans le déroulement du procès en intention permanent (peut-être à votre corps défendant). On demande les « sources » quand il s’agit de faits gênants, la notion de témoignage étant par définition suspecte dans ce cas. Pourtant, ce sont bien les témoignages dont les médias et relais de gauche font état en permanence quand ils veulent pousser leur point de vue contre la majorité, non?
      La réalité, c’est que le vent a tourné et que ces méthodes ont vécu. La meilleure preuve, c’est que vraie ou pas n’a plus d’importance pour un témoignage comme celui-ci: ce qui compte c’est que la très grande majorité le croient crédible, en particulier parce qu’ils le voient eux-mêmes au quotidien.

  • Eh oui la vieille technique de la menace fasciste complètement fantasmée marche en France depuis février 34 au moins.
    Et la meilleure défense est l’attaque. Rien de tel que de qualifier un média de « droite dure » ou pire de « sarkozyste » pour déplacer le champ de la polémique !
    La même technique est utilisée pour discréditer la « manif pour tous ». Mais il est intéressant de noter que, dans ce cas, la technique a d’abord été de nier purement et simplement l’existence des opposants. Pourtant la mobilisation est allée croissante. Un signe que cette technique d’intimidation commence à s’essouffler ?

    PS – moi aussi j’aimerais en savoir plus sur cette histoire d’agrégation refusée.

  • Un pays mérulé à ce point n’a plus aucune chance de s’en sortir.
    Les plus lucides se sauvent, bien entendu.
    Les autres attendent,confits dans leur militantisme, que la charpente s’écroule.

    Quand la recherche devient « politique », que la Justice devient « politique », que les entreprises s’effondrent sous les règles et doivent comparaître devant des prud’hommes qui ne cherchent qu’à faire la peau aux patrons, que la presse n’informe plus mais fait de la propagande, et que les marmots n’apprennent plus à lire mais à honorer les homosexuels, c’est le fond du tonneau.

  • Pascal Salin devait faire partie d’un jury d’agrégation en économie, il avait déjà été nommé. La plupart des membres de ce jury ont demandé et obtenu son exclusion. C’était il y a bien longtemps.

    • Heu, non. Il a bien présidé le jury. Mais a subi de fortes pressions.
      http://www.quebecoislibre.org/06/061210-3.htm

      • Quand on lit le lien que vous indiquez, on ne peut qu’être en accord avec ceux qui jugeaient Salin incompétent pour présider un jury d’agrégation : il semble ne pas savoir ce qu’est l’agrégation. Aucunement un concours de recrutement exclusivement lié à l’enseignement supérieur, les candidats devaient être titulaires d’une maîtrise et pas d’un doctorat. S’il n’est même pas au courant de la formation des candidats comment a-t-il pu les juger correctement ?

        • Mort de rire !!!

          Franchement, quand on ne sait pas de quoi on parle on ferait mieux de se taire. L’agrégation qu’il a présidée est l’agrégation du supérieur, celle qui se charge du recrutement des professeurs d’université, et non l’agrégation du secondaire, celle qui qui se charge du recrutement des enseignants de lycée.

          Ça ne connaît rien du sujet en question, et ça ose juger la compétence des gens… Au secours.

          • Mea culpa effectivement, comme quoi plutot que persifler j’aurai mieux fait de me renseigner… je suis digne de figurer sur le mur !

  • Quand on aime on châtie bien.

    Tout le monde ne voudrait pas accrocher ces portraits à son mur, ça relèverait presque d’une certaine folie.

    • C’est justement la question que je me posais. Un type qui colle « l’image » de son ennemi exprime une haine farouche, il faudrait qu’il consulte. Il est possible qu’ils s’en sortent en expliquant que ce n’était qu’un jeu de potaches et je veux bien le croire. L’indice ? ce tableau n’est pas à jour, les photos ont été collées les unes sur les autres sans actualiser les commentaires. Par exemple, « l’homme de Vichy », c’est bien connu, ce n’est pas Hortefeux. Ce tableau doit être ancien et la photo d’Hortefeux a été collée sur un autre (me souviens plus qui c’est !)

    • et si on y trouve des trous d’aiguilles… là c’est chaud !
      Messes noires ou roses dans les culs de basses-fosses du palais et tout et tout.

  • Sur le sujet, lire:

    Le Terrorisme intellectuel – Jean Sévillia

  • On a bien raison d’être xénophobe envers le Quatar.
    Soutiendriez-vous qu’il est dans notre intérêt de consentir à toutes les prétentions de tous les pays étrangers ? Par principe ? Parce que ce ne serait « pas bien » de ne pas aimer les étrangers ?

  • Bah, les nobles collaient sur leurs murs les portraits de leurs ancêtres.

  • Les commentaires sont fermés.

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