Politique européenne : l’Islande sort du rang

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Le centre droit est revenu au pouvoir en Islande ; les Islandais ont rejeté les politiques d’austérité du gouvernement social-démocrate sortant. Le vote va certainement annuler la candidature de l’Islande à l’UE.

Le centre droit est revenu au pouvoir en Islande ; les Islandais ont rejeté les politiques d’austérité du gouvernement social-démocrate sortant. Le vote va certainement annuler la candidature de l’Islande à l’UE.

Par Richard North, depuis Bradford, Royaume Uni.

L’une des grandes fiertés des européistes dans le passé était le nombre de pays souhaitant rejoindre l’Union Européenne. Parmi ceux-ci, on incluait implicitement l’Islande et la Norvège – si seulement ces pays entêtés arrêtaient d’être hostiles à la « mère Europe ».

En tout cas, une partie de ce rêve a été bel et bien brisée avec les élections législatives islandaises. Le centre-droit est revenu au pouvoir après que les électeurs aient rejeté les politiques d’austérité du gouvernement social-démocrate sortant. Il est généralement admis que cette victoire va annuler la candidature de l’Islande à l’UE. Le décompte des votes a donné le résultat suivant : le parti de l’indépendance et le parti du progrès totalisent conjointement 38 sièges dans un parlement doté de 63 sièges, et comptent donc pour 61% du vote national. L’alliance des sociaux-démocrates avec leur récent partenaire, le mouvement écologique de gauche, a perdu un peu plus de la moitié de ses sièges.

Avant les élections, Bjani Benediktsson et Sigmundur Davíð Gunnlaugsson, respectivement leaders des partis de l’indépendance et du progrès – les grands vainqueurs du jour – ont clairement indiqué qu’ils pourraient interrompre les négociations d’adhésion à l’UE, qui avaient été suspendues depuis janvier en anticipation de l’élection. Et personne ne peut suggérer qu’il s’agit là d’autre chose qu’un rejet viscéral. Contrairement à bien d’autres pays où l’indifférence règne, en Islande, les citoyens sont très impliqués dans la politique. Le taux de participation à ces élections était ainsi de plus de 80%, pour près de 238 000 votants.

Avec une population de 320 000 personnes, la petite Islande fait cavalier seul. Malgré les grands troubles qu’elle a traversés, il s’agit là d’une nation confiante qui ne ressent pas le besoin de s’amarrer à un cadavre. Le rejet de l’Union Européenne est complet et définitif.


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Traduction : Eriul/Contrepoints.