Damien Theillier : « il y a une place à prendre pour les libéraux dans le paysage culturel et politique »

L’Institut Coppet organise à Paris le 2 mai un séminaire « quel genre de libertarien êtes vous ». Son président, Damien Theillier, revient sur l’événement et les différentes écoles du libéralisme.

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Damien Theillier, président de l'Institut Coppet

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Damien Theillier : « il y a une place à prendre pour les libéraux dans le paysage culturel et politique »

Publié le 14 avril 2013
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Pourquoi ce thème, « Quel genre de libertarien êtes-vous ? », pour le prochain séminaire de l’Institut Coppet ? Il y a donc plusieurs manières d’être libertarien…

Ce séminaire s’adresse à tous ceux qui veulent connaître les différences fondamentales entre l’école autrichienne d’économie, l’école monétariste de Chicago, l’école des Choix publics, l’objectivisme randien, l’école classique d’économie politique, l’anarcho-capitalisme et le minarchisme. On le voit, une grande diversité d’écoles et de débats traversent en effet ce courant libertarien qui n’est autre que la version contemporaine du libéralisme classique européen du XIXe siècle. Il y a bien sûr un certains nombre de principes communs. Le premier principe du libertarianisme est que nous sommes tous propriétaires de nous-mêmes et de nos facultés. Un second principe fondamental est que toute propriété légitimement acquise doit être aussi protégée contre l’intrusion.

Partant de là, chaque école de pensée au sein du courant libertarien a ses propres conceptions juridiques, philosophiques, économiques, politiques et sociales, et sa propre façon de justifier ses positions sur le plan éthique et méthodologique. Le libertarianisme est une philosophie politique mais pas une philosophie générale de la vie, et encore moins une morale particulière. Le libertarianisme, par exemple, défend l’idée que chaque personne a le droit de poursuivre le bonheur comme il le souhaite, tant qu’il respecte les droits égaux des autres. Mais il ne dit pas quel genre de vie les gens devraient choisir : famille traditionnelle ou bien union libre, religion ou athéisme… Ces questions sont âprement discutées et controversées sur le plan philosophique au sein de la famille de pensée libertarienne.

Autre exemple, du point de vue social et politique, les libertariens affirment que les relations humaines devraient être volontaires. Par conséquent, les seules actions qui devraient être interdites par la loi sont celles qui impliquent l’utilisation de la force contre les autres, telles que l’assassinat, le viol, le vol qualifié, l’enlèvement, la fraude etc. Mais cela laisse entièrement ouverte la question de savoir quelle doit être la nature d’un gouvernement : privé ou public, monarchique ou démocratique… Ainsi la démocratie n’est pas nécessairement synonyme de liberté, c’est d’ailleurs la thèse fortement argumentée d’un livre que l’Institut Coppet vient de traduire, Dépasser la démocratiequ’on peut se procurer sur Amazon.fr.

Faut-il avoir lu quelques textes de Nigel Ashford ou être au courant de certains concepts pour mieux le suivre et le comprendre (en anglais) le 2 mai ?

Les auteurs qui seront abordés sont des prix Nobel, des universitaires reconnus ou des auteurs à succès comme Ayn Rand. Ce sont les héritiers du libéralisme classique européen du XIXe siècle mais ils offrent des analyses adaptées aux problèmes de notre temps. Un certain nombre d’ouvrages libertariens sont devenus des classiques qui ont façonné les grands débats du XXe siècle. Certains ont été traduits en français, je pense par exemple à Capitalisme et liberté de Milton Friedman, à La Constitution de la liberté de Friedrich Hayek ou à Anarchie, État et Utopie de Robert Nozick.

Nous avons mis en ligne de larges extraits de ces ouvrages sur le blog de l’Institut Coppet pour permettre à chacun de s’y plonger, avant ou après le séminaire. J’ajoute que Nigel Ashford est un remarquable professeur, très pédagogue. Il s’exprime en anglais mais même avec un niveau moyen en anglais on peut suivre sans problème le fil de sa pensée. Nous avons sous-titré sur YouTube quelques unes de ses conférences et chacun peut ainsi se familiariser avec son style et son vocabulaire avant le séminaire.

Ainsi un étudiant en droit sera peut-être intéressé de savoir pourquoi les libéraux se réfèrent à la philosophie du droit naturel, le jusnaturalisme, qui est aux fondements mêmes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, du Bill of Rights aux États-unis, de la Magna Carta et de l’Habeas Corpus en Angleterre. Un étudiant en économie préfèrera découvrir ou réapprendre les nuances entre minarchisme et anarcho-capitalisme, entre monétarisme, école du Public Choice et école autrichienne, et comprendre les grands enjeux économiques et sociaux des débats entre Murray RothbardDavid Friedman, Milton Friedman, James Buchanan. Un étudiant en philosophie sera davantage intéressé par l’opposition d’Ayn Rand aux libertariens anarcho-capitalistes, ou par le débat qui a opposé Robert Nozick à John Rawls en philosophie morale. Tout l’enjeu de ce séminaire sera de proposer aux auditeurs de mettre au clair les distinctions fondamentales entre ces différentes conceptions du libéralisme contemporain.

Vous avez rencontré Nigel Ashford au rassemblement organisé par les Students for Liberty en février 2013 à D.C.. Pouvez-nous raconter cette expérience ?

La 6ème Conférence Internationale Students for Liberty (SFL) s’est tenue le 15 et 16 février dernier à Washington, D.C.. Plus de 1 300 étudiants (et non étudiants) étaient réunis autour d’un thème commun : la liberté. J’ai eu la chance d’y représenter l’Institut Coppet et d’assister ainsi pour la première fois à une conférence internationale SFL. Désormais, une conférence européenne se tient chaque année et, en 2013, elle avait lieu à l’université catholique de Louvain. Près d’un millier de groupes SFL sont répertoriés dans le monde à l’heure actuelle. SFL est né aux USA en 2008 lors d’une conférence qui réunissait une centaine d’étudiants à l’université Columbia à New York. Sa mission est de sensibiliser les étudiants aux avantages de la liberté et de la société civile. Ce réseau propose de très nombreuses activités, des programmes et du matériel pour soutenir ceux qui s’intéressent à la liberté.

À l’origine, le Dr Nigel Ashford était professeur de sciences politiques en Grande Bretagne à Staffordshire University. Il vit aujourd’hui à Washington, D.C. où il est responsable des programmes à l’Institute For Human Studies (IHS). Il excelle dans l’art de confronter les divers arguments, de poser des questions et d’encourager le débat plutôt que de défendre ses propres opinions.

L’Institut Coppet est connu pour diffuser sur Internet des textes de grands libéraux afin de permettre aux internautes de les (re)découvrir à l’état brut, sans les commentaires orientés de ceux qui prétendent les résumer. Quels sont les projets et les ambitions de l’IC ?

Le libertarianisme a connu un essor remarquable aux États-Unis au XXe siècle, en réponse à l’expansion de l’État fédéral avec le New Deal, puis avec la Guerre Froide et la mise en place du Welfare State dans les années 60. Mais ce courant plonge ses racines dans la pensée libérale européenne, et tout particulièrement dans l’école libérale française du XIXe siècle, dont Bastiat est la figure la plus connue.

L’Institut Coppet consacre ainsi son activité à la diffusion de cette tradition intellectuelle oubliée par nos compatriotes. Selon cette tradition, les principes d’une société libre et prospère sont la liberté individuelle, la responsabilité, les droits de propriété, un gouvernement limité par le droit et le libre marché. Pour déplacer les débats publics vers ces idées, nous cherchons à créer des outils qui permettront d’améliorer le climat des idées, au fil du temps, par le biais de la recherche et de la formation intellectuelle.

Nous mettons en ligne des ebooks de la tradition libérale classique : les grands textes et les grands auteurs. Nous traduisons des articles contemporains et nous avons créé une chaîne YouTube avec des vidéos sous-titrées en provenance de think tanks américains. Ce sont des petits programmes très pédagogiques de 5 à 10 minutes, qui introduisent aux principes fondamentaux d’une société libre : Quelle est la nature de l’homme et de la société ? Qu’est-ce que le droit de propriété ? Quel est le rôle approprié de l’État ? Nous invitons tous ceux qui veulent donner un peu de leur temps à nous contacter pour nous donner un coup de main. Il y a un gros travail de production à fournir : pas seulement les traductions mais aussi pour les conversions de fichiers pdf en epub (pour une lecture aisée sur smartphone et tablettes), la correction de textes scannés, etc..

Pensez-vous, comme Daniel Tourre, l’auteur de Pulp libéralisme, dans nos colonnes, que la pensée libérale est l’objet d’un sérieux renouveau ? 

Je dirais que nous avons sérieusement besoin d’idées neuves. Depuis 30 ans, les acteurs de la vie politique, de droite comme de gauche, sont en panne d’idées. Le problème principal de l’axe gauche-droite est qu’il ne laisse aucune place à la pensée libérale, celle-ci ne pouvant être rangée ni avec l’égalitarisme de la gauche, ni avec le dirigisme de la droite. Les socialistes défendent en général les libertés civiles, mais veulent que l’État contrôle les affaires économiques. Certains conservateurs inversent cette tendance, en prônant une plus grande liberté économique, mais sont désireux de contrôler la vie privée.

Mais si le libéralisme a un avenir en France, c’est parce qu’il n’y a quasiment plus rien qui oppose l’UMP au Parti socialiste, sinon des broutilles. En 2012, tous les candidats à l’élection présidentielle étaient étatistes. La droite et la gauche convergent de plus en plus vers un centre mou, à la fois étatiste et corporatiste. Ce mouvement historique correspond en fait à l’avènement de la social-démocratie : état-providence, droits « sociaux », prélèvements obligatoires, redistribution, multiculturalisme…

Les libéraux préconisent un maximum de liberté individuelle et économique compatible avec le respect d’autrui. Ils sont les défenseurs de l’individu et des communautés volontaires contre les défenseurs de l’État et de la redistribution forcée. Ils font confiance dans la capacité des individus à s’organiser librement de façon responsable contre ceux qui pensent que l’État doit faire le bien des gens à leur place, pour les protéger. Alors oui, il y a une place à prendre pour les libéraux dans le paysage culturel et politique, à condition qu’ils sachent d’abord se former intellectuellement et mener le combat des idées.

Les politiciens ou les partis ne sont pas les sources les plus importantes d’un changement politique. Ce sont plutôt les idées générées sur les campus universitaires, dans les think tanks et autres organismes de recherche qui marquent leur temps. Autrement dit, le cours des sociétés est seulement modifié par les idées. Si le libertarianisme connait aujourd’hui un essor politique important aux États-Unis, sous l’égide de Ron Paul, c’est parce que le terrain a été longuement préparé par des think tanks, des revues, des livres, des combats d’idées tout au long du XXe siècle et souvent de façon souterraine. C’est une leçon pour nous. Il faut créer des lieux indépendants de réflexion, de formation et de diffusion des idées et profiter à fond des opportunités dont Internet et le multimédia sont porteurs.

Infos pratiques :

Le séminaire aura lieu au 6 rue du Montparnasse, 75006 de 17h à 22h, avec un buffet offert et sera donc aussi un moment convivial pour se rencontrer. Il est ouvert à tous, l’entrée est libre mais l’inscription est obligatoire.

Programme :
17h00 : Accueil-café avec une exposition de revues et d’ouvrages.
18h00 : Première partie : école de Chicago, Public Choice et école autrichienne. Questions-réponses.
19h30 : Pause buffet.
20h30 : Seconde partie : école du droit naturel et anarcho-capitalisme. Questions-réponses.
22h00 : Fin du séminaire.

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  • « Mais si le libéralisme a un avenir en France, c’est parce qu’il n’y a quasiment plus rien qui oppose l’UMP au Parti socialiste, sinon des broutilles. »

    On se demande vraiment en quoi c’est bon signe pour le libéralisme… Le raisonnement est-il « Moins il y a de chances que nous existions, plus il y a de chances que nous existions » ? À ce compte-là, Cahuzac est le prochain Président de la République.

    « Ce sont plutôt les idées générées sur les campus universitaires, dans les think tanks et autres organismes de recherche qui marquent leur temps. »

    Quelle est la dernière bonne idée « née d’un think tank » et qui a « marqué son temps » en France ? SOS Racisme ?

    • Pour populariser le libéralisme, il faut s’intéresser aux besoins des Français, et adapter son discours en conséquent. Il faut faire une certaine autocritique également: qu’est-ce qui cloche dans notre discours, jusque là? Comment nous pouvons nous améliorer?

      • À mon sens, les libéraux français (je généralise) n’aiment pas la guerre, et ils ont tort. Si Churchill n’avait pas aimé la guerre d’amour fou, Hitler aurait gagné.

        Même quand ils sont en colère, les libéraux français (je généralise) continuent à tenir un discours policé et respectueux des règles universitaires du débat – meilleur moyen de ne convaincre personne. Les microprartis libéraux se battent à fleurets mouchetés contre des tanks. On ne gagne pas un combat à mort (car le socialisme veut la mort du libéralisme, et il y met les moyens, lui : il ne se contente pas de conférer) en refusant de prendre des coups et en refusant d’en donner. On se croirait parfois au parti de l’In-Nicence de Renaud Camus.

        Le libéralisme contemporain a naturellement tendance à complexifier à l’extrême ses propres théories, par plaisir, en boucle. Il y consacre l’essentiel de son énergie. « Et maintenant, je vais vous expliquer les vertus de l’échange marchand libre entre les Jivaros et les Eskimos ». Le problème est qu’il n’est guère capable de simplifier, ou qu’il y répugne par orgueil. Or, on ne gagne pas une guerre avec des slogans complexes. Jamais.

        Qui peut croire qu’on convainc un peuple en lui disant : « Vous êtes propriétaires de vos corps » ? Dans Star Trek, peut-être. Mais nous ne sommes pas dans Star Trek. La vérité universitaire ne suffit pas.

        Et tout cela n’est pas sans rapport avec le fait que nombre de théoriciens libéraux français, étant profs en fac, sont fonctionnaires. Exemple : pourquoi ont-ils si envie de conférer dans les locaux de l’Assemblée Nationale ou du Sénat ?

        Une bonne partie du peuple français est prêt à écouter. Ce sont les intellectuels libéraux, qui lui parlent un langage auquel il ne comprend rien. En quoi je considère qu’ils imitent les marxistes. Tout le temps passé à différencier le minarchisme du libertarianisme est du temps perdu, équivalent au temps perdu à différencier la IIIème Internationale Trotskiste de la Quatrième. Je suis sévère, mais il faut l’être.

        Et ce que je viens de dire ne vaut pas pour Contrepoints, qui a l’immense vertu d’aimer la clarté et d’être pugnace. Un article de h16 vaut mille sites Alternative Libérale. Regardez un peu de quoi ces gens parlent :  » l’ampoule « verte » qui coûte 5/6 € de plus que celle à filament et ne s’amortit pas dans la plupart des cas ». Hyper-intéressant, quoi. De quoi faire se lever les foules.
        http://www.alternative-liberale.fr/index.php/index.php?option=com_content&view=article&id=1920:connaissez-vous-la-depense-metapublique-&catid=45:revue-presse-nationale&Itemid=111

    • « Quelle est la dernière bonne idée « née d’un think tank » et qui a « marqué son temps » en France ? »

      Damien Theillier a bien raison. La plupart des mesures politiques mises en œuvre aujourd’hui sont d’abord nées hors des partis politiques sous l’influence d’associations diverses (le DAL, ATTAC, tous les groupuscules écolos, et SOS racismes oui, etc.).

    • La demande ne disparait parce que l’offre a disparu. Et comme l’offre a disparu, il y a un boulevard pour desservir cette demande. Ici même, nous le constatons avec une aveuglante clarté, un peu plus chaque jour.

    • Une idée né d’un think tank est le rôle de conseil qu’à maintenant la Cour des Comptes, et qu’elle n’avait pas sous Chirac. Cette nouvelle fonction a été fortement porté par l’IFRAP.

      C’est déjà ça …

  • J’ai une idée : je propose qu’on édite (et vende ou distribue) une bonne série de T Shirts noirs avec un slogan bien gros : « Je lis h16, et toi ? »

    • pas mal comme idée 🙂
      ce n’est pas trop difficile à faire et si on fait ça bien, on peut créer un mini buzz.

      • Je sens mes chevilles enfler lolololol. Non, plus sérieusement, c’est une idée pas chère et qui peut cartonner. Ces bâtards (les politocards) sont des pros de la com ? On va leur montrer qu’on sait faire, nous aussi…

        • On commence à avoir la bonne attitude !
          Montrons-leur, à ces politicards, de quoi est capable un homme libre!

          • « No bastard ever won a war by dying for his country. He won it by making the other poor dumb bastard die for his country. »
            George Patton

          • @ Pascal

            « Une armée victorieuse l’est avant même de livrer bataille. Une armée vaincue se lance d’abord dans la bataille et ensuite recherche la victoire. »
            Sun Tzu

          • Aimons la guerre d’amour, alors. Retrouvez-moi sur mon compte Facebook.

          • SI VIS PACEM PARA BELLUM

          • Elle bat son plein, la guerre. Nous n’avons plus trop le temps de la préparer.

          • Assurément.

            Ma citation s’adresse plus explicitement aux libéraux qui ont choisi le fleuret pour combattre… J’ai parfaitement assimilé que vous et moi (et d’autres) sommes déjà en guerre depuis un bout de temps…

        • Le rabat joie de service voudrait vous signaler que H16 ne convaincra que des convaincus, ce qui n’est pas le cas de Sexy Bird bien au-delà de son pseudo.

          Quand on part pour une conquête longue et difficile on ne prend pas un cheval fou qui se cabre à tout bout de champs !

          • Je crois qu’il y a un malentendu. Il s’agit de convaincre les élites qu’un autre choix de société est possible, qu’il y a des choix alternatifs à l’étatisme de gauche ou de droite, pas les foules. Vous rêvez tous de faire lever les foules… mais c’est un leurre. Il suffit qu’un homme politique reprenne l’une ou l’autre de nos idées et la mette en oeuvre. C’est ce qui est arrivé avec Reagan, Thatcher et dans les pays de l’Est notamment, après la chute du mur. Ce sont les idées, les idées radicales et les idées seules qui ont porté leurs fruits. Pas besoin des foules. Pas besoin de faire de la démagogie de gauche, du social-libéralisme ou je ne sais quoi pour essayer de convaincre les bobos parigots et autres Tartempions de province. Sexy Bird, Citoyen, Pascal Avot… vous êtes à côté de la plaque.

          • Au contraire, l’humour est l’un des meilleurs moyens d’attirer des non convaincus, de les intéresser.

          • M. THEILLIER,

            En premier lieu, je voudrais vous remercier pour votre article, fidèle à la qualité à laquelle vous nous avez habitués.

            Néanmoins, je ne suis pas d’accord avec votre commentaire. Oh, pas par égo mal placé, certainement pas : j’ai en effet cette capacité à reconnaître en toute humilité non feinte quand je tape à côté de la plaque (pour reprendre votre expression).

            En fait, je pense que vous avez raison que de vouloir « infiltrer » les partis politiques en place. Mais une élection ne se gagne pas simplement avec ça (Cf. Ron PAUL par exemple).

            Je crois qu’il faut également gagner l’appui d’une bonne partie de la population. Dans ce sens, je crois que nous avons de très bonnes armes entre les mains : Contrepoints, wikibéral et le blog de h16. Dans cette optique, faire connaître tous ces porte-étendards de la philosophie libérale sont l’exact complément du travail politicien. Ainsi, je crois sincèrement que Pascal Avot, Sexy Bird ou moi-même ne sommes pas plus -ni moins- « à côté de la plaque » que vous.

            Nous sommes complémentaires.

  • AlainLib, pardonnez le ton un peu sec de mon commentaire. Loin de moi l’idée de critiquer telle ou telle initiative. Il y place bien sûr pour une multiplicité d’approches. Mais encore faut-il que ces initiatives voient le jour et se concrétisent. Or dans les commentaires, je vois beaucoup de parlotte et peu d’action. A l’Institut Coppet, nous sommes prêts à soutenir tout type d’action. Mais il est bien difficile de pouvoir compter sur des gens qui s’engagent et tiennent leurs engagements.
    Enfin nous n’avons pas d’autre stratégie que celle des grands auteurs et des grands livres. La où je vous rejoins, c’est qu’il faut de la pédagogie, il faut expliquer, répéter, argumenter et le faire intelligemment, pour être compris des autres.

    • Certes, M. Theillier, il est très vrai qu’au moins vous êtes actifs. Il est vrai également qu’à mon (petit) niveau je n’ai pas l’impression de peser lourd dans la balance. J’adore le site de l’Institut Coppet (que vous voudrez bien me pardonner de n’avoir pas cité).

      Que fais-je à mon petit niveau ? Je ne me contente pas de balancer ici et là quelques commentaires sur Contrepoints. Je discute avec beaucoup de gens, de tous âges. J’échange, je les écoute, j’affirme et étaie mes opinions. Je parle de Contrepoints et de h16.

      Après avoir lancé l’idée du T Shirt, je n’ai pas attendu qu’elle s’organise à grande échelle : j’en ai commandé deux sur un site de T Shirts personnalisés. Et je vais les porter. Au travail (je côtoie pas mal de monde, en soirées, etc…

      Personne ne m’a dit ou demandé de faire cela. Simplement, et parce que j’y crois pour nous tous, pour mes enfants, pour nos enfants, je me bats au quotidien, à ma façon. Je fais mon travail de « fourmi ». Je ne sais pas si je le fais intelligemment, mais en tout cas je fais de mon mieux. Et certaines personnes à qui j’ai parlé semblent y être sensibles.

      En clair, cela fait pas mal de temps que je me suis engagé dans ce combat auquel je crois. Et personne ne me paie pour ça. (Et je ne demande rien du reste lol)

      • Il faut des slogans dérangeants et pour la gauche, et pour la droite.

        Exemple : « Vous préférez être riche, ou être libre ? »

        Là, on sort la liberté de son pré carré économique. On ne peut plus être taxé d’hyper-libéralisme.

        Ce n’est qu’un exemple en vitesse. No private jokes. Comme disait un stratège d’Anonymous à la grande époque (apolitique) du mouvement : « Ne faites jamais, jamais, jamais ce à quoi ils s’attendent.

        Ils s’attendent à ce que vous défendiez les riches ? Ne défendez que les pauvres.

        Ils s’attentent à ce que vous défendiez la droite ? Attaquez-la.

        Ils s’attendent à ce que vous sortiez des chiffres, des courbes et des pourcentages ? Ne parlez que de choses inquantifiables.

        Ils aiment la guerre de tranchées ? Adoptez la guerre de mouvement.

    • Damien, je vous le dis du fond du cœur et en toute amitié : il n’y a rien à expliquer. Le libéralisme s’explique, pas la liberté.

      Le travail des libéraux n’est pas d’expliquer le libéralisme, mais de vendre la liberté.

      Quand vous faites de la pub pour une voiture, vous n’expliquez pas comment marche le moteur.

      • « Le travail des libéraux n’est pas d’expliquer le libéralisme, mais de vendre la liberté. »

        Je ne comprends rien à cette phrase. Pour moi, ce n’est qu’un slogan qui ne veut rien dire.
        Alors quoi, le libéralisme ne cherche pas à promouvoir la liberté ?

        Et désolé, mais pour moi, la liberté n’est pas un paquet de lessive.
        Il serait donc légitime de manipuler les gens pour parvenir à nos fins ? Mais quelle différence y aurait-il alors avec les communistes que vous pourfendez dans vos articles à juste raison ?

        • « la liberté n’est pas un paquet de lessive »

          La liberté est une idée absolument simple. Un enfant de douze ans est capable d’en comprendre l’essence.

          Plus vous l’intellectualisez, moins vous la rendez évidente. Ce qui n’est pas grave en soi, puisque c’est le rôle de la philosophie : creuser.

          Où le bât blesse, selon moi, c’est que les clubs libéraux veulent que la population comprenne le concept de liberté comme ils la comprennent : via des usines à gaz conceptuelles du genre « Je suis propriétaire de mon corps » – Femen est d’accord, soit dit en passant.

          Mais la population n’a pas besoin de comprendre. Elle s’en fout, de comprendre. Elle sent qu’elle manque de liberté, et cela lui suffit. Elle a besoin qu’on lui fasse aimer cette idée.

          Si vous n’aimez pas vendre, si pour vous c’est un acte sale, une manipulation (ce qui, pour un libéral, frôle le risible), ne vous lancez pas dans la politique.

        • Et comprenez bien que je respecte votre démarche de recherche et d’explication. Mais je ne crois pas à la possibilité d’influencer un politicien, ni de faire avaler Hayek à la vox populi. Je n’y crois pas une seule seconde.

          Je suis peut-être pessimiste. En clair : j’espère de tout cœur que vous avez raison et que j’ai tort. Je vous le dis le plus sincèrement du monde.

          Désolé si je vous ai un peu bousculé. J’aime le débat. Rien dans mes propos ne vous vise, ni ne vise votre implication.

          • (Mon dernier commentaire ci-dessus s’adresse à Damien Theillier.)

          • Je crois que Pascal Avot n’a pas tort : si vous allez essayer de négocier avec un politicien lambda, la toute première chose qu’il se demandera, c’est : « Combien vous pesez ? » en terme de voix, donc en terme de popularité. C’est tout.

            Vous les croyez stupides, ces politiciens ? Vous pensez peut-être qu’ils n’ont pas lu Hayek ? Vous espérez sincèrement les convaincre de changer ?

            En revanche, imaginons que les idées libérales -ou tout du moins de plus de liberté- gagnent du terrain au point un jour de ne plus pouvoir être étouffées médiatiquement, alors là, oui, vous verrez certains de ces politiciens virer de bord, vous recevoir, vous écouter, voire vous intégrer à leur équipe.

            La seule question est : comment réussir à gagner la bataille des idées auprès du peuple ? Doit-on en chier des ronds de chapeaux, comme les ex-pays de l’Est ? Ou bien peut-on -grâce à l’appui des sites web et de gens comme vous- infiltrer l’idée de liberté dans la cervelle de nos concitoyens ?

            C’est là que se situe le combat, pas (pour l’instant) au niveau des « élites ».

          • Bien évidemment, il n’y a pas « une seule » stratégie. Mais, vu l’échec monumental du libéralisme français depuis 1981 (je pense qu’on a le droit de parler d’échec, et même cuisant, car les cercles libéraux ont fait mille efforts, et leur école de pensée a tout bonnement disparu du paysage médiatique français), on est bien obligé de se demander laquelle sera la plus efficace à l’avenir – quitte à maintenir les autres en forces d’appui, bien entendu. Dans ce contexte, l’entrisme me semble la plus longue et la plus incertaine (demandez donc à Revel ce qui est advenu de ses conseils à Mitterrand, du temps où ils se fréquentaient).

          • Il se trouve que j’ai eu très récemment l’occasion de discuter au cours d’un repas avec le conseiller de J-L. BORLOO. Voici qui ne va certainement pas faire plaisir à nos amis du PLD, d’ailleurs.

            Il me demande à un moment du repas pour qui je vote. Je lui réponds que je m’abstiens, en l’absence de candidat libéral aux élections. Il me rétorque alors qu’il est lui-même « libéral », tout en refusant l’idée de légalisation des drogues, etc… J’éclate de rire, lui affirmant que s’il est libéral, alors je suis le Pape.

            Puis je lui dis : « au fait, j’ai appris que le PLD apporte son soutien à l’UDI ? » Il me répond alors avec un geste dédaigneux de la main : « Ah oui, mais ça, c’est rien… »

          • À vrai dire, j’ai du mal à comprendre qu’un parti libéral se sente obligé de préciser qu’il est démocrate. À mes yeux, c’est une première concession à l’adversaire, par peur d’être jugé, et les ennuis commencent. Si l’on défend la liberté, toute la liberté et elle seule, il faut assumer, sans quoi la population ne comprendra jamais que là, chez nous autres, se trouve la seule vraie rupture avec l’ordre étatique.

          • C’est clair, Pascal, en tout cas tu reconnaîtras que la réaction spontanée de ce conseiller de Borloo est éloquente…

          • Je n’imagine pas que l’on puisse attendre autre chose des centristes, qui sont les plus opportunistes des opportunistes.

          • En tout cas la démonstration est faite, pour ceux qui espèrent encore y parvenir par cette voie…

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Intervention d’ouverture de la 4ème édition de l’Université d’automne en école autrichienne, 2014, dont les éditions de l’Institut Coppet ont publié les conférences en format papier.

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Je ne vais pas vous parler tellement d’École autrichienne ce soir. Je préfère laisser cela à des spécialistes, demain. Mais je vais vous parler un peu de l’École française, l’É... Poursuivre la lecture

Par Damien Theillier.

Damien Theillier est professeur de philosophie, fondateur de l'Institut Coppet et président de l'École de la Liberté. Il rappelle que le rôle du Droit est de sanctionner les actes qui violent le principe universel de non-agression, et non les paroles qui en aucun cas ne sauraient être assimilées à une agression physique, car c’est de la seule libre confrontation des idées et des opinions, même lorsqu’elles sont méchantes et haineuses, que peut résulter le progrès de la connaissance du vrai. Partant de là, Damien T... Poursuivre la lecture

Un article de l'Institut Coppet. Séance de la Chambre des Députés. — Budget des dépenses.

[Le Courrier Français, 19 mai 1846. — Article non signé.]

Chaque année, les revenus du Trésor s’augmentent de 30 à 40 millions, et cependant chaque année les recettes sont insuffisantes pour couvrir les dépenses. Chaque année le gouvernement, comme un enfant prodigue, anticipe sur les ressources de l’avenir ; chaque année l’équilibre des recettes et des dépenses devient de plus en plus insaisissable. On nous affirme, à la vérité, que cet équ... Poursuivre la lecture

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