Hollande : la liberté assassinée

François Hollande a les clés de la liberté. Encore faut-il vouloir et savoir les faire jouer.

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Hollande : la liberté assassinée

Publié le 12 avril 2013
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François Hollande a les clés de la liberté. Encore faut-il vouloir et savoir les faire jouer.

Par Michel de Poncins.

François Hollande sur le plateau de France 2 le 28 mars

Le Jeudi 28 mars 2013, François Hollande, Président très provisoire de la République Française, s’est exprimé sur France 2 sous la critique émoussée de David Pujadas que l’on a connu plus acerbe. Il s’est présenté comme le deus ex machina tirant toutes les ficelles de la politique nationale. Il s’agit bien de « ficelles » au sens propre comme au sens figuré. Le nom du premier Ministre n’a pas été entendu. Avertissement ou sanction ? Mais surtout le seul mot intéressant sur le plan économique et social celui de « liberté » fut totalement absent. Des journalistes ont calculé le nombre ahurissant de « je » et de « faire » et autres termes voisins. Tout cela reflète la pratique totalitaire du volontarisme étatique qui est le marqueur du socialisme ; ce socialisme n’est pas le monopole du parti du même nom. Celui de Sarkozy ou de Chirac ne valait guère mieux sauf par des précautions langagières. Dans la même veine, François Hollande a multiplié des termes très négatifs : boite à outils, dispositifs, décret-loi, ordonnances, etc.

Tout ce qu’il annonçait se résumait à du copier-coller. Il y avait une seule idée nouvelle : le choc de simplification. Un calcul récent établi pour les collectivités territoriales a repéré 600 000 normes ! L’idée de simplifier n’est pas mauvaise et nous en reparlerons. Le malheur est que dans tous les domaines cités ce fut la promesse d’usines à gaz multiples et variées avec contentieux, déclarations, menaces diverses… Il n’y a ni choc, ni simplification.

Des promesses mensongères

Promettre d’inverser la courbe du  chômage d’ici la fin de l’année relève de l’inconscience dès lors que le matraquage fiscal et social continue. Tout le monde sait que le double boulet des impôts et des charges sociales tue l’emploi. Il a promis de s’attaquer aux retraites dont les nouvelles sont inquiétantes ; une parlotte nationale est prévue pour bientôt. Parmi les idées avancées se trouve le rafistolage habituel pour sauver la répartition, la hausse prochaine des cotisations est une agression de plus contre l’emploi. La seule hypothèse exclue est le passage rapide et progressif à la capitalisation ; ce serait le seul moyen de résoudre le problème à l’instar d’autres pays. La philosophie socialiste ne la supporte pas à cause du parfum de liberté qu’elle dégage.

La haine des riches est étrange pour quelqu’un de si fortuné, elle reflète une sorte de cacophonie intérieure ! La taxe de 75% pour les salaires d’un million ou plus étant retoquée, la voici reconvertie en une taxe sur les entreprises. À l’évidence, la chasse aux entrepreneurs est calamiteuse pour l’emploi. Quant aux impôts, des promesses sont faites pour plus tard alors que la situation immédiate est tragique. Qui peut croire au demeurant à de telles promesses quand on connaît la folie taxatoire des personnes au pouvoir ?

Un autre souci du gouvernement est le recul du pouvoir d’achat ; un outil compliqué et inefficace est annoncé. Le Président s’est gardé d’avouer sa  propre responsabilité dans la paupérisation de la France dont le pouvoir d’achat est un in-dictateur.

Les prétextes invoqués

Ces prétextes sont nombreux.

Il y a la crise et il faudrait répartir les sacrifices. Pas un geste marquant n’est demandé aux super privilégiés que sont les politiques du sommet. La crise, d’ailleurs comme nous l’avons montré, est due précisément à l’interventionnisme échevelé et mouvant de l’État. Elle conduit aux sacrifices, à savoir l’austérité qui appelle d’autres sacrifices. Le pouvoir d’achat se recroqueville forcément.

Quels que soient les calculs, la croissance est plate ce qui est un autre prétexte. Là encore nous avons montré que les coupables sont justement les responsables politiques. À ce sujet, l’UE à laquelle par plusieurs coups de force nos élites frelatées ont donné des clés, est un exutoire commode. Par plusieurs mécanismes, les Eurocrates sont à l’origine des calamités dont souffrent tant d’Européens.

Le souci affirmé de diminuer l’endettement public alarmant de la France a une bonne apparence de vertu. Mais la surcharge fiscale envisagée détruit cette apparence. Les économies nécessaires ont été saluées du chapeau. Merci. Pour échapper à la tornade fiscale et atteindre au plus vite à l’équilibre des comptes, il faut des économies immédiates, certaines et liquides. C’est possible juridiquement et pratiquement.

Le casse-tête

Il est à la fois drôle et tragique que pour chaque problème les médias parlent de casse-tête. Tournant dans ses contradictions, il est inévitable que le Président ait bobo la tête.

La solution serait d’annoncer un moratoire fiscal pour au moins deux ans. Pour être crédible vis-à-vis des marchés, ce serait épaulé par des économies répondant aux critères énoncées ci-dessus ! La richesse pour tous se répandrait alors à grande vitesse dans le corps social.

À cette fin, Hollande devrait renoncer au socialisme qui le nourrit intellectuellement et financièrement depuis si longtemps et sacrifier les intérêts financiers de ses amis. Il a les clés de la liberté mais il faut vouloir et savoir les faire jouer.

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  • « Par plusieurs mécanismes, les Eurocrates sont à l’origine des calamités dont souffrent tant d’Européens. »

    Pas plus qu’un Huissier n’est responsable de la prodigalité des gens qu’il saisit ! L’Europe est la seule chance de voir les états démagogues cesser de vivre au-dessus de leurs moyens.

    Imaginez un instant que la France soit entrée dans la crise avec un Budget en équilibre et pas de dette publique … Elle l’aurait à peine sentie !

    En mettant toujours l’UE en cause, vous êtes comme un drogué qui met tout sur le dos de son médecin 🙂

    • +1

      Bien sûr, l’Europe bureaucratique pourrait être une menace un jour prochain si elle cède aux socialistes, aux illusions de la dévaluation monétaire et de la solidarité financière aveugle entre les Etats. Mais pour l’instant, ce n’est pas l’Europe qui me taxe (1%), mais bien l’Etat socialiste obèse (57%). Ce n’est pas l’Europe qui prétend réglementer ma vie ad nauseam mais l’Etat socialiste obèse. Ce n’est pas l’administration européenne qui me harcèle avec mépris mais l’administration socialiste hautaine bien franchouillarde.

      Typiquement, Chypre : les deux tiers de la dette chypriote sont des dettes socialistes (retraites, fonctionnaires…), pas des dettes résultant des délires bancaires. Au contraire, l’Etat obèse chypriote encourageait les banques car il espérait financer la nuisible providence grâce à elles. Pas de bol (comme d’habitude pour les socialistes), c’est raté !

    • l’Europe sauveuse alors qu’elle demande une rallonge de presque 3 milliards !!
      Elle demande de mieux gérer les budgets nationaux et va même plus loin en Grèce … et elle n’est même pas capable d’appliquer ses propres règles … :
      L’Europe a un potentiel énorme mais elle est muette et pillé par les technocrates qui ont des privilèges indécent au vu du niveau de vie des Européen (Salaire très élevé, pas d’impôt, transport quasi gratuit …)

      Peut-être oui à l’Europe mais pas l’Europe d’aujourd’hui

  • Le « volontarisme » de Hollande n’est que l’entêtement des petits qui doivent faire face à des problèmes complexes qui les dépassent de beaucoup.
    La France à élu son champion socialiste, elle en paie le prix tous les jours.
    Le règne de Mitterrand a fini par sombrer dans le mensonge et les affaires.
    Hollande gagne du temps, il commence là où à fini son maître.
    Il y a toujours un boutique de farces et attrapes rue du Fg Siant Honoré, et il en sort de plus en plus de boules puantes !

  • Avoir trop d’outils ne rends pas service, on peine à trouver les clefs de 8.

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