Sir Graham Watson : « Sans l’Euro, les économies européennes auraient été dévastées »

Contrepoints a rencontré Sir Watson pour lui demander ce qu’il pensait du fonctionnement des institutions et des politiques européennes.

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Sir Watson

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Sir Graham Watson : « Sans l’Euro, les économies européennes auraient été dévastées »

Publié le 10 avril 2013
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Samedi dernier se tenait la conférence « Entrepreneuriat : comment libérer les talents et les compétences en France ? », organisée par le forum libéral européen et le mouvement Alternative Libérale. En invité d’honneur, Sir Graham Watson, président de l’ALDE – Alliance of Liberals and Democrats for Europe. À cette occasion, Contrepoints l’a rencontré pour lui demander ce qu’il pensait du fonctionnement des institutions et des politiques européennes. L’Europe est-elle nécessaire ou nuisible ? Voici le résumé de l’entretien.

Pour lire l’interview complète, cliquez ici.

Par PLG, pour Contrepoints

Sir Graham commence par répondre aux accusations récurrentes portant sur le supposé « ultralibéralisme de la Commission ». Selon lui, il n’y a pas d’idéologie européenne en soi, elle n’est que la résultante des consensus nés des positions de 27 sept chefs d’États européens. De plus ses positions globalement anti immigrationnistes récentes la placent plutôt du côté des conservateurs. Le fait que beaucoup de Français considèrent l’Europe comme ultralibérale viendrait du fait que les politiques français « cherchent constamment un bouc émissaire. Le libéralisme, c’est mal ; la commission européenne est libérale donc l’Europe c’est mal ».

Le président de l’ALDE fait ensuite l’éloge de Jacques Delors qui était, à défaut d’être libéral, « un visionnaire ». En revanche, José Manuel Barroso ne fait « pas le poids », son second mandat étant jugé décevant.

Quant au manque de couverture médiatique des travaux de la commission, celui-ci est considéré comme globalement nuisible. Mais il s’explique en partie par le mode d’élection retenu. Les députés européens en France sont choisis sur une liste nationale ; les têtes d’affiche sont des personnalités politiques déjà connues, qui ont généralement une carrière nationale, et voient l’Europe davantage comme une punition que comme un lieu d’action. Élire le président du conseil de l’Europe au suffrage universel direct est ainsi une des propositions phares de l’ALDE.

Sur le plan économique, Sir Graham Watson prône des politiques héritées des travaux des théoriciens de la croissance endogène, qui considèrent que le rôle de l’État est de bâtir des institutions favorables à la croissance, via notamment des politiques d’investissement dans les infrastructures de transport, d’énergie, et d’éducation. « Je préfère favoriser des politiques d’éducation que des politiques de santé ».

Vient ensuite la question de l’euro. Sur ce point, Lord Watson considère que « sans l’euro, les économies européennes auraient été dévastées ». Grâce à l’action saluée de Jean-Claude Trichet, les marchés européens ont évité l’effondrement.

La PAC, qui repose sur le principe de préférence communautaire est vue comme un élément de réponse nécessaire aux nouvelles demandes des consommateurs liées en particulier à l’impératif de sécurité alimentaire. La PAC permet une harmonisation des législations qui améliorent l’information et la traçabilité.

Ensuite est posée la question de la création d’une armée européenne. Sir Graham regrette l’échec de la CED (communauté européenne de défense) en 1954. Si elle avait été votée, « la construction européenne serait aujourd’hui bien plus avancée ». Il considère que le seul avenir possible est une armée européenne dans laquelle se fondraient les différentes armées nationales. Les budgets agrégés des pays membres représentent la moitié des dépenses des États-Unis, pour une efficacité « 10 fois moindre ».

En guise de conclusion, Sir Graham affirme que « le champ des libertés a globalement augmenté grâce à l’Europe ». Il s’alarme cependant des dérives récentes de la commission, qui tend à céder du terrain face « aux démocrates-chrétiens et aux nouveaux mouvements nationalistes qui émergent dans de nombreux États-membres ».


Lire l’interview complète ici.

Voir les commentaires (19)

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  • Bon … un peu faible hein! Il est dit dans ce billet que l’euro nous a sauvé, soit! Mais où sont les arguments? Il est dit que la PAC est un élément de réponse nécessaire à etc. Écoutez, moi je veux bien mais là c’est un peu brut de fonderie quand même et pour tout dire très insatisfaisant. Quels éléments? Quelles demandes (que le libre marché n’aurait pu satisfaire)?

    Ce billet me laisse un peu sur ma faim car il eut été vraiment utile et intéressant de lire Sir Graham(*) nous exposer le fonds de sa doctrine et les tenants et aboutissants qui, selon lui, justifient cette Europe.

    (*) oui, selon le protocole, c’est Sir + prénom, et non pas Sir + nom de famille. Lord Watson, s’il l’était, mais pas Sir Watson.

  • sir watson est un social democrate bon tain et en rien un liberal. penser que sans l euro, les economies auraient ete devastees, c est ne pas se rendre compte qu elles sont deja devastees et justement a cause de l euro. penser que la PAC c est bien, allo non mais allo quoi! franchement c est une blague.

    • Les économies européennes ne sont pas dévastées par l’euro mais par le socialisme qui prédomine dans de nombreux pays.

      Les Etats obèses qui s’endettent pour « faire du social » n’étaient pas obligés de grossir. Ces Etats socialistes ont enflé indépendamment de la monnaie. Certains disent que le laxisme socialiste a pu être financé grâce à la solidité financière que l’euro à donné à tous. C’est très hypothétique : la psychose égalitariste ne s’embarrasse pas de vulgaires questions financières.

      D’autres affirment que la monnaie unique interdit la recherche des équilibres de compétitivité par les variations des changes. C’est tout aussi faux : la compétitivité, c’est d’abord investir beaucoup et ensuite bosser fort, de plus en plus. Pas manipuler la monnaie ! Quand certains pays fixent l’âge de départ à la retraite à moins de 60 ans alors que d’autres l’établissent à 68 ans, quand d’autres pays fixent la durée légale du travail à 35h alors que d’autres travaillent au minimum 42h, quand certains pays taxent les investissements à plus de 50% alors que d’autres les détaxent, qu’on ne vienne pas nous dire que les pays mal gérés auraient un « mystérieux » problème de compétitivité !

      Ces pays ont fait des choix sociaux inconsidérés, indépendamment de la monnaie. Tôt ou tard, il arrive le moment de payer le socialisme au prix fort, par la déflation des actifs publics et l’appauvrissement de la population dépendant des rentes publiques.

      • Merci d’avoir mit les choses au clair. Votre commentaire devrait être annexé à cet article débile, qui aurait d’ailleurs du être posté sur Terra Nova et non Contrepoints.

        • Bonjour,

          D’une part cet article n’en est pas un, mais uniquement le résumé de l’entretien, dont le lien est donné.

          Ensuite, il ne vous aura pas échappé qu’en tant qu’interviewer, nous ne sommes pas responsables des réponses fournies par l’interviewé.

          Nous posons les questions, et libre à chacun de juger du degré de libéralisme de la personne. Dans un sens, ce degré est assez facilement identifiable ici. Dans un sens ou dans l’autre…

          • Je comprend bien et mon commentaire était une critique de l’interviewé et non de l’interviewer, mais c’est vrai que le terme « article » était maladroit, autant pour moi.

          • Je vous remercie de votre précision. Le premier commentaire pouvait en effet laisser planer un doute.

            Je vous avoue que de la part du Président Anglo-saxon d’un parti « libéral », je m’attendais à des positions plus.. tranchées, disons.

      • On est bien d’accord. Néammoins les taux bas de la BCE au début de la décennie 2000 pour favoriser la reprise allemande a provoqué un appel à s’endetter dans les pays compétitifs. Disons que la BCE a aggravé la situation mais que le ver était déjà dans le fruit.

  • Ça sent le lobbying à plein nez. LA propagande massive, totale et sans complexe.
    En résumé : tout va bien et d’ailleurs tout va mieux : pas de chômage, d’immigration, de révolte nationaliste….que des gens heureux qui, les vilains, cherchent un bouc émissaire

  • D’accord avec Cavaignac. Ce Sir Graham n’a rien d’un libéral. On ne peut pas être :libéral et être favorable à l’euro: c’est antinomique.
    L’Europe est une machine de plus en plus technocratique avec des gens cooptés, non-élus, qui décident de ce que je peux manger ou non (et de bien d’autres choses). Qu’ils aillent tous se faire f…
    Le seul parlementaire avec lequel je suis entièrement d’accord est Nigel Farage.

    • N’oubliez pas Daniel Hannan, tout de même.

    • Pour préciser à nouveau, l’euro n’est pas le responsable de la crise, notamment de la situation de la France. La France était en crise bien avant l’euro : plusieurs décennies de chômage de masse, de dettes publiques incontrôlées, d’affaissement économique, de corruption du pouvoir et d’illusion démocratique ont précédé l’euro.

      L’euro a certes des défauts mais le pire serait de revenir aux monnaies nationales, de redonner ce pouvoir à Hollande, à Montebourg, à Sarkozy, à NKM, à la Pen, etc. ! Imaginez la catastrophe ! Non, il faut garder l’euro tant que le socialisme reste le modèle de pensée unique de la classe politique de droite comme de gauche.

      Si on veut rester cohérent, on ne peut pas être pour un retour aux monnaies monopoles étatisées. Pour sortir de l’euro par le haut, il n’y a pas d’autre choix que de privatiser les monnaies, de les mettre en concurrence, donc d’interdire les dettes publiques.

  • Etant moi-même libéral, je dénie à ce « Sir » la juste représentation des opinions présentes dans cet agglomérat de pensées. Voyez ce que le belge « libéral ex-PM » (nom = Verhofstadt) peut gesticuler au sein de cet ALDE … se fabriquant l’image d’un libéralisme social = proche de la social démocratie (?) … afin de postuler dès après 2014 la succession de l’inefficace girouette Barroso.
    Puis, positionner Delors tel un visionnaire ? Ce « Sir » me fait rigoler !

  • L’euro à sa fondation devait selon nos grands économistes créer des emplois et développer la croissance. Nous sommes tous témoins du résultat.
    La question n’est pas de savoir si l’euro a sauvé nos économies ou si cela aurait pu être pire.
    il s’agit de savoir si ĺeuro est sur évalué par rapport au dollar (qui lui ń hésite pas a se reproduire indéfiniment sur la planche …a billet)
    La Grèce et consorts – Portugal, Espagne…PIGS doit maudire ce genre de raisonnement car l’euro ne permet aucune dévaluation pour relancer les exportations qui permettraient de relancer les entreprises exportatrices.
    Merci a nos dirigeants qui pour un certain nombre d’entre eux sortent de chez Goldman.
    Mais les peuples ne sont ils pas la pour combler les incompétences de certains de nos dirigeants européens ?
    La crise est un jeu à somme nulle : ce que le uns (majorité) perdent les autres (une minorité) le gagnent

    Vivent l’Europe et la mondialisation !!!(globalization in english)
    Vive la crise systémique!!!
    Vivent les spéculateurs de tout bord!!!
    Vivent les instruments financiers!!!!
    Vive le cloud économique !!!
    Vivent les oligarques de la finance internationale!!!
    Vive bilderbergh!!!
    Vivent les G4,G8 et autres G20!!!

    Et l’homme dans tout ce foutoir a t il encore une place ?

    • « par rapport au dollar (qui lui ń hésite pas a se reproduire indéfiniment sur la planche …a billet) » Parce que le voisin se suicide, il faudrait en faire autant ? Stupide !

      « l’euro ne permet aucune dévaluation » L’aveu éhonté, pour ceux qui en doutaient encore.

  • Le 1er Avril, c’était il y a dix jours…L’europe est libérale…qui peut prétendre qu’une armada de fonctionnaires qui pondent à longueur de journées des directives pour controler, harmoniser…écraser tout ce qui dépasse soit libérale ?
    Quant à la crise…et bien elle n’aurait tout simplement pas survenu si l’euro n’avait pas existé. Pas de crise grecque, pas de mutualisation des dettes, pas de cavalerie entre les banques et les états dans une alliance contre-nature, point de départ de beaucoup de dictature. L’etat et la finance sont fait pour être des gardes fous mutuels. Lorsuq s’instale un capitalisme de conivence, toute les dérives sont permises.

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