Ce que les pays en développement peuvent apprendre de Taïwan

Les pays en développement pourraient tirer de nombreuses leçons de la belle histoire de Taïwan.

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Ce que les pays en développement peuvent apprendre de Taïwan

Publié le 19 mars 2013
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Les pays en développement pourraient tirer de nombreuses leçons de la belle histoire de Taïwan.

Par Obadias Ndaba (*).
Un article de Libre Afrique.

Les pays en développement pourraient tirer de nombreuses leçons de la belle histoire de Taïwan. Cette île est passée de la condition de pays pauvre dépendant de l’aide à une puissance économique développée.

Le voyageur est surpris par l’infrastructure et l’ordre qui caractérisent cette île – qui ont été réalisés en un temps relativement court. Aujourd’hui, des villes de classe mondiale s’étalent le long de rivages magnifiques et sous la brume verte de montagnes époustouflantes. Les tunnels qui traversent les montagnes rocheuses et le Taipei 101, le deuxième plus haut bâtiment au monde, témoignent de la réussite économique de Taïwan et de ses capacités en ingénierie.

Il n’en a pas toujours été ainsi.

En 1962, Taïwan était un pays beaucoup plus pauvre avec un revenu moyen annuel par habitant de seulement 170 USD (à l’époque, ce revenu était à égalité avec le Congo, pays le plus pauvre aujourd’hui mais, paradoxalement, l’un des plus riches du monde en ressources naturelles).

L’économie taïwanaise se classe aujourd’hui au 19ème rang mondial (en parité de pouvoir d’achat) avec seulement 23 millions de personnes. Le revenu par habitant y est légèrement supérieur à 37.000 dollars américains en 2011, un chiffre comparable à des pays comme l’Allemagne, le Danemark et le Royaume-Uni.

La croissance économique spectaculaire de l’île, le « miracle taïwanais »,  a permis au pays d’intégrer le groupe des « tigres asiatiques », avec la Corée du Sud, Singapour et Hong Kong. Entre les années 1960 et1990 ces quatre pays ont atteint une industrialisation rapide et sont désormais des pays avancés à revenu élevé.

En fait, Taïwan a prouvé que brûler les étapes dans le développement économique est possible. Le pays a fait un bond, passant d’une économie basée sur l’agriculture, dans laquelle la terre était une ressource clé dans les années 1950, à une économie industrielle dans laquelle les machines sont des ressources importantes dans les années 1980, vers une économie de la connaissance aujourd’hui.

Comment Taïwan a-t-il pu atteindre le succès si vite et quelles leçons peuvent en tirer d’autres pays en développement ?

Bien qu’il n’y ait pas de formule simple, de recette « taille unique » pour le développement économique, il existe de grandes orientations politiques qui peuvent faire une différence dans la transformation économique d’un pays. Ces politiques se concentrent sur l’essence du développement économique : créer de la richesse et valoriser les ressources. Les terres de Taïwan ne renferment pas de grandes quantités de pétrole, de diamants, d’or ou d’autres ressources naturelles pour justifier le grand saut dans son développement économique au cours des quatre dernières décennies. C’est parce qu’il n’est plus important qu’un pays dispose ou pas de ressources naturelles. Ce qui importe dans le monde de plus en plus globalisé et concurrentiel d’aujourd’hui, c’est un autre type de ressource, en fait la plus grande ressource au monde : le capital humain.

Et Taïwan ne s’y est pas trompé : il a fait des investissements en capital humain une priorité absolue et développé une main-d’œuvre qualifiée et talentueuse qui a transformé le pays en une économie moderne et sophistiquée à la croissance relativement équitable et inclusive. Taïwan a reconnu très tôt que son peuple était sa ressource la plus précieuse et investi dans l’éducation, la santé et les compétences de formation. Avec un leadership fort connu pour sa compétence et, par conséquent, des institutions fortes, Taïwan a canalisé ses maigres ressources de l’époque dans l’exploitation du potentiel de ses habitants.

À la suite de cet investissement, Taïwan s’est spécialisée dans la production de haute valeur, fabrique actuellement un grand nombre de produits électroniques grand public dans le monde tels que les ordinateurs personnels et les téléphones. Foxconn, le plus grand sous-traitant mondial selon The Economist et la 43ème plus grande entreprise au monde  avec 117,5 milliards de dollars de recettes selon le classement mondial du Fortune 500, est originaire de Taïwan. Il fabrique des produits pour des sociétés telles qu’Apple, Cisco, Nokia, Toshiba, Dell, et d’innombrables autres.

Les étudiants taïwanais se classent parmi les meilleurs au monde en sciences et mathématiques, comme le montre le dernier rapport publié TIMSS en Décembre 2012. Les politiques du pays ont contribué à propulser l’esprit d’entreprise, stimulant la créativité de ses habitants. Sans surprise, Taïwan dispose d’un nombre croissant de parcs d’entreprises hi-tech tels que le Hsinchu Science & Industrial Park, le Neihu Science Park et le Nankang Software Park, créant de nouveaux secteurs et orientant l’économie moderne toujours davantage vers une économie de la connaissance.

À côté de sa réussite, Taïwan offre une autre leçon. Ou plutôt un avertissement. Le défi principal de l’île n’est pas une Chine toujours plus puissante mais le déclin démographique. Ce qui a fait de Taïwan une puissance économique est malheureusement actuellement en train de se réduire comme peau de chagrin.

En 2011, Taïwan faisait les manchettes avec son taux de fécondité le plus bas au monde, bien en-dessous d’un enfant par femme (à 0,9), en dépit de nombreuses politiques pour stimuler la natalité. Si Taïwan parvient à renverser son hiver démographique ce sera la naissance d’une autre « miracle taïwanais ». Taïwan a construit un incroyable système de santé universel : un taïwanais va en moyenne 50 fois à l’hôpital par an, un chiffre à la fois réjouissant et inquiétant. Taïwan a parcouru un long chemin pour arriver à une société moderne, de style européen, avec un système de couverture universelle de soins de santé. Toutefois, l’inquiétude est là : en effet, qui va bientôt payer pour ces dépenses de santé ?

Les pays en développement devraient prendre bonne note.


Sur le web.
Une version de cet article a été publiée originellement en anglais sur www.AfricanLiberty.org.

(*) Obadias Ndaba est président du World Youth Alliance, une organisation internationale ayant un statut consultatif auprès de l’Organisation des Nations Unies et de l’Union européenne. Il a récemment visité Taïwan.

 

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  • Désolé mais cet article donne plusieurs fausses idées.

    D’abord l’idée qu’un pays ‘existe’ comme une personne existe. Quand vous dites ‘Taiwan a fait des investissements’, vous voulez dire: le gouvernement a fait des investissements. Ce n’est pas tout a fait la meme chose. Vous donnez l’impression que c’est par la vertu du gouvernement que Taiwan se developpe, or c’est l’inverse. C’est la population de Taiwan qui developpe Taiwan en dépit de son gouvernement.

    Ensuite, vous reconnaissez le succès de Taiwan mais vous ne semblez pas trouver le point commun qui existe entre la Coree du Sud, Singapour, Hong Kong et Taiwan. Je vais donc vous le dire, ce n’est pas un secret: c’est que l’Etat intervient beaucoup moins dans l’economie que les autres pays (en particulier les pays d’Europe).

    Par example, le gouvernement de Taiwan ne s’approprie que 16% du produit national brut. Cela signifie que 84% du PNB est géré par le secteur privé. Cela signifie aussi que l’etat n’a – pour l’instant – pas les moyens d’assurer les fonctions de l’Etat providence tel qu’on le connait en Europe, avec tous ses aspects destructeurs. Je suis d’accord qu’il y a des raisons de s’inquieter si cette situation venait a changer.

    Mais s’il suffisait qu’un gouvernement investisse dans l’education de sa population, pour qu’un pays devienne prospère, nous ne parlerions pas du miracle Taiwanais, mais bien du miracle Francais!

    • Ce n’est certainement la mauvaise gestion de nos gouvernements successifs qui remet en cause la nécessité d’un Etat providence sain. Il n’y a qu’à constater les résultats des entreprises privées et de l’absurde loi du marché que nous subissons en regard de la gestion de l’eau, de l’électricité et des transports pour ne citer qu’eux. La richesse d’un pays est une chose, le bien-être de ses habitants en est une autre.

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