Que se passerait-il si la France sortait de l’Euro ?

Si la France sortait de la zone euro et réinstaurait un nouveau-nouveau-franc, ça ne poserait pas vraiment de difficulté insurmontable.
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Que se passerait-il si la France sortait de l’Euro ?

Publié le 11 mars 2013
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Si la France sortait de la zone euro et réinstaurait un nouveau-nouveau-franc, ça ne poserait pas vraiment de difficulté insurmontable.

Par Georges Kaplan.

Techniquement, si la France [1] devait décider de sortir de la zone euro et de réinstaurer un nouveau-nouveau-franc, ça ne poserait pas vraiment de difficulté insurmontable. Dans la mesure où, d’une part, la Banque de France existe toujours et où, d’autre part, le dispositif légal qui permet à l’État de nous imposer l’utilisation de sa monnaie à l’exclusion de toute autre n’a jamais cessé d’exister, remplacer l’euro par une nouvelle version du franc se résume à une simple reniement de nos promesses passées – lesquelles, surtout en politique, n’engagent que ceux qui les ont écouté. Bien sûr, l’opération comporte quelques difficultés d’ordre technique et coûterait sans doute un peu d’argent mais, mon Dieu, rien dont nous ne puissions venir à bout.

En pratique, donc, l’État français pourrait très facilement décider que l’euro n’a plus cours légal en France et le remplacer par le franc avec – par exemple – une parité d’un franc français pour un euro. Au jour et à l’heure dite, vos comptes bancaires ne seraient donc plus libellés en euros mais en francs, les commerçants n’auraient qu’à remplacer un mot par un autre sur leurs étals, aucune modification majeure ne serait nécessaire dans nos systèmes comptables, notre dette publique serait convertie en francs [2] et nous aurions bien le temps d’organiser l’échange de nos pièces et de nos billets comme ce fût le cas, ces dix dernières années, avec nos anciens-nouveaux-francs. Bref, c’est assez facile.

L’objectif, c’est de dévaluer

Ce qui pose problème dans l’hypothèse d’un retour au franc, c’est l’objectif de la manœuvre. Bien sûr, nous avons tous eu notre compte de marketing politique à ce propos ; on nous a expliqué en long, en large et en travers que l’objectif était de recouvrer notre indépendance nationale, de nous protéger des méfaits de la mondialisation, de rétablir la « vraie » [3] parité de notre devise – que sais-je encore ? Laissons les grands mots à ceux qui en vivent et considérons la réalité concrète qu’ils recouvrent : l’objectif, c’est, sitôt que nous aurons rétabli le cours légal du franc, de le dévaluer.

Soyons bien clairs : je n’extrapole pas plus que je ne verse pas dans la théorie du complot. Les partisans d’un retour au franc l’admettent en général bien volontiers : c’est – au moins à court terme – le principal objectif de la manœuvre. Par « recouvrer notre indépendance nationale », il faut comprendre « redonner à l’État le moyen de sabrer la valeur de la monnaie dans laquelle il s’est endetté afin de réduire le poids réel de sa dette » ; par « nous protéger des méfaits de la mondialisation », il faut entendre « pratiquer une dévaluation compétitive pour favoriser les exportateurs aux dépens des importateurs » ; par la « vraie » parité de notre devise, il faut entendre une parité nettement inférieure à celle de l’euro aujourd’hui.

Ne vous y trompez pas : lorsque notre estimable camarade Laurent Pinsolle nous explique, avec force références à des papiers de recherche [4], que le nouveau-nouveau-franc ne perdra que 10% par rapport au mark mais s’appréciera face à la lire ou à la peseta, il faut bien comprendre : avant la dévaluation. Après, ce sera une autre paire de manches.

Techniquement, dévaluer le franc sera encore plus simple que d’abandonner l’euro. En substance : il suffit à la Banque de France d’imprimer quelques milliards de francs – ce qui ne coûte rien puisque cette monnaie sera essentiellement électronique – et d’utiliser cet argent pour acheter du dollar américain, du renminbi, du yen ou du mark. Résultat des courses : sauf contremesure des banques centrales concernées, le dollar américain, le renminbi, le yen et le mark s’apprécieront par rapport à l’euro. Naturellement et contrairement à ce que vous avez peut être entendu çà et là, il en ira de même face aux autres monnaies puisque c’est bel est bien la valeur du franc qui baissera ; et il baissera non seulement face aux autres devises mais aussi par rapport aux marchandises et aux services que vous consommez tous les jours – ça s’appelle de l’inflation.

Prendre à Paul, donner à Jacques

C’est sur les effets attendus de cette dévaluation que les avis divergent. Je vais laisser à ses partisans le soin d’exposer leurs arguments et me contenter de dire ce que j’en pense.

À moins que vous ne soyez atteint du syndrome Balthazar Picsou, vous savez que le simple fait de créer de la monnaie ne crée pas la moindre richesse. Ainsi, si le fait de dévaluer le franc permettra effectivement d’alléger le poids réel de la dette de l’État – et donc, de l’enrichir – il faudra bien que cette richesse vienne de quelque part et, en l’occurrence, elle viendra de la baisse de la valeur réelle de votre épargne. Vous aurez toujours autant de francs qu’au lendemain de l’abandon de l’euro mais ces francs ne vaudront plus grand-chose. Jacques Sapir, par exemple, parlerait de « liquider les rentiers » – il va de soi que les gros rentiers, ceux dont le patrimoine est géré par des banques privées ou des family office n’auront aucun mal à échapper à la tonte ; en revanche, les retraités modestes qui ont épargné toute une vie pour leur retraite seront les premiers à y passer.

Le deuxième volet de l’argument dévaluationniste consiste à nous promettre qu’en rendant nos industries exportatrices plus compétitives, le franc dévalué permettra de donner un coup de fouet à la croissance et à l’emploi. Encore une fois, et pour les même raisons que précédemment, rien n’est gratuit : ce gain – bien réel si l’on suppose qu’il ne déclenchera pas de contremesure – sera compensé par une perte de pouvoir d’achat des consommateurs français puisque désormais tous les produits importés coûteront plus cher. En d’autres termes, ce regain de compétitivité n’est rien d’autre qu’une baisse généralisé des salaires réels ; vous gagnerez toujours autant de francs mais ces francs auront juste moins de valeur.

Dans un cas comme dans l’autre, ce plan qui consiste à revenir au franc pour le dévaluer revient à organiser un gigantesque transfert de richesse : on appauvrira les épargnants au profit de ceux qui sont endettés et on appauvrira les salariés au profit des chômeurs ou des employeurs. Dès lors, je pose une simple question : dans un État réputé démocratique et respectueux du droit, ne serait-il pas plus approprié de le faire de manière transparente et concertée ? Je laisse à chacun le soin de répondre pour lui-même.

Vae victis !

Reste un dernier problème que l’on peut illustrer avec les succès électoraux de M. Grillo en Italie. Ce dernier n’en a jamais fait mystère : dans l’état actuel des finances transalpines, une bonne dévaluation serait la bienvenue et, si les Allemands refusent de saper la valeur de l’euro, il plaidera en faveur d’un retour à la lire – mêmes causes, mêmes effets. Évidemment, quand ils entendent ça, les Italiens – qui ne sont pas plus bêtes que les autres – ont une réaction immédiate : ils envoient leurs euros prendre quelques vacances dans des banques allemandes ou suisses après avoir vendu leurs d’obligations d’État. Bref, ils s’organisent pour échapper à la tonte ; si vous avez reconnu là un scénario familier, c’est tout simplement que c’est précisément celui de la fameuse crise de l’euro à laquelle nous assistons depuis quelques années.

En conséquence de quoi, le retour au franc, s’il doit avoir lieu (et c’est bien parti…), doit être préparé dans le plus grand des secrets afin que celles et ceux d’entre nous qui – par manque de patriotisme (au sens de notre ami David Desgouilles) – souhaiteraient échapper au rinçage ne puissent pas le faire. Au jour et à l’heure dite, le Président de la République [5] lors d’une allocution télévisée, nous annoncera que nos comptes sont bloqués, que les transactions en devises étrangères sont interdites sauf autorisations spéciales et que les mouvements de capitaux sont gelés jusqu’à nouvel ordre. À ce moment-là, il sera trop tard pour vous poser des questions ; il y aura des gagnants et des perdants – Vae victis !

La suite des événements, il vous suffit d’ouvrir un bouquin d’histoire pour en connaitre les grandes lignes. De retraités ruinés qui doivent retourner travailler, des salariés de plus en plus précaires, quelques grands patrons proches du pouvoir qui accumulent des fortunes indécentes, la dénonciation des fameux « spéculateurs » à cause de qui, dit-on, les prix s’envolent, le blocage des prix et le contrôle des changes qui provoquent la pénurie, le chômage qui explose, la fuite en avant inflationniste, la dénonciation des ennemis de l’extérieur et des traîtres de l’intérieur etc. Bref, le programme habituel.

En attendant, je vous propose un exercice amusant : demander à un partisan de la dévaluation du franc ce qu’il fera, lui, à titre personnel, s’il apprend qu’elle est imminente. Si vous n’avez jamais discuté avec une anguille, vous verrez : c’est un exercice vraiment fascinant.

NB : à titre personnel, l’auteur de ces mots est immunisé contre une dévaluation – il en bénéficierait même. Je ne plaide donc pas pro domo.


Sur le web

Notes :

  1. Hum. Disons une majorité du corps électoral.
  2. On attendra avec impatience l’intervention militaire de la dictature de la finance pour obliger à rembourser en euro.
  3. C’est-à-dire celle qu’ils pensent être la « vraie ».
  4. Qui sortent en général de ces mêmes banques que Laurent voue habituellement aux gémonies.
  5. Auquel Jacques Sapir – encore lui – propose tous simplement de confier les pouvoirs exceptionnels pendant au moins six mois (article XVI de la Constitution de la Vème République).
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  • On peut se faire vacciner où ? Pour être immuniser ?
    Comme non résident j’étais heureux d’échapper à la Csg qui concerne notre ancienne résidence principale en France et paye notre location à l’étranger. Je crois que je vais devoir emprunter pour me racheter à moi même mon bien et en faire une entreprise immobilière….chut, faut pas le dire trop fort, ça risque de changer ça aussi ! Quoi que, nos hommes politiques ont tout à y perdre.

  • « notre dette publique serait convertie en francs » : indubitablement, revenir au franc revient à faire défaut sur la totalité de la dette publique, puisqu’il s’agit d’un changement unilatéral des termes du contrat décidé par le débiteur.

  • « La suite des événements, il vous suffit d’ouvrir un bouquin d’histoire pour en connaitre les grandes lignes. De retraités ruinés qui doivent retourner travailler, des salariés de plus en plus précaires, quelques grands patrons proches du pouvoir qui accumulent des fortunes indécentes, la dénonciation des fameux « spéculateurs » à cause de qui, dit-on, les prix s’envolent, le blocage des prix et le contrôle des changes qui provoquent la pénurie, le chômage qui explose, la fuite en avant inflationniste, la dénonciation des ennemis de l’extérieur et des traîtres de l’intérieur etc. Bref, le programme habituel. » Source? Historiquement les dévaluations ont plutôt été réussi en France.

    •  » De retraités ruinés qui doivent retourner travailler »

      Comme de bien entendu, on retrouve toujours sur « Contrepoints », l’inévitable règlement de compte contre la generation des retraités babyboomers .Ces « juifs » responsables de tous les maux ,qui pèsent trop lourd dans les elections et qu’on accuse de voter mal et donc d’empêcher les liberaux d’avoir la moindre visibilité dans le payasge politique
      C’est donc la géneration à abattre et d’abord en cherchant la destabilisation par des prévisions pessimistes prétendument plus que probables quant à son avenir; tel que le retour à un travail sous-payé obligatoire pour s’en sortir, l’effondrement du patrimoine (étant entendu que le patrimoine des autres ne sera pas touché… on se demande comment),
      consternant.

      • Où diable voyez-vous un règlement de compte ? Kaplan explique simplement qu’une dévaluation sera une catastrophe pour les épargnants et de ceux qui vivent de la redistribution (retraités, chômeurs, fonctionnaires, …). Il dit simplement une évidence : si le Franc est dévalué, il le sera fortement et les épargnants/retraités/etc… seront rincés et devront retourner travailler. C’est tout.

        Que vous ayez un tel biais de lecture en dit long sur ce que vous voulez trouver dans l’article.

      • harrisburg : « l’inévitable règlement de compte contre la generation des retraités babyboomers »

        A votre age ne pas savoir lire et interpréter correctement un texte c’est une honte.

      • Monsieur,
        Lorsque j’écris ces mots, je pense à mes parents et à mes beaux-parents qui, les uns comme les autres, ont bossé une vie entière en se privant pour essayer d’améliorer l’ordinaire une fois l’âge de la retraite venu.
        De deux choses l’une : soit vous ne savez pas lire, soit vous êtes un crétin.

        • ne peut-on pas tous simplement dévaluer l’euro sans changement de monnaie

          • Pourquoi dévaluer l’euro ? La France achète plus à l’extérieur qu’elle ne vend à l’extérieur (même si au niveau individuel ça ne veut rien dire), dévalué l’euro reviendrait à se tirer une balle dans le pied.
            Et puis tu crois qu’en dévaluant l’euro on deviendra aussi compétitif que les Chinois et leurs potes-à-pas-cher ? Dans ce cas, faudrait dévaluer à un truc du style 1 Franc = 0,1 euro.. huhuhu.

    • « Historiquement les dévaluations ont plutôt été réussi en France » quand on a une mémoire vachement sélective. Il n’y a guère que la dévaluation de 1958 qui peut être qualifiée de succès (et encore, on ne rase pas gratis donc ça a été payé par ailleurs).

      http://www.finances.gouv.fr/notes_bleues/nbb/nbb227/227_dev.htm

  • Philippe_MUrray_Rothbard
    11 mars 2013 at 11 h 03 min

    Excellent article de l’ami Georges.

    On voit au final que les nationalistes souhaitant le retour au Franc ne sont que des copies carbone des européistes pro dévaluation (nationaux socialistes vs continentaux-socialistes). Le combat eurosceptique des susnommés n’est donc pas un combat noble pour la justice et le peuple mais un combat de bergers voulant récupérer un cheptel de moutons.

  • Bonjour Vieux bourg, c’est quoi le truc à propos des Juifs ?
    J’avoue ne pas voir le lien, bref merci pour plus de précision.
    La politique c’est déjà un peu la m….. Si en plus on y colle des religions, sectes, homo, ou je ne sais pas quoi encore comme stigmatisation on va avoir un paquet de classification et de sous classification, ce qui va rendre le vote difficile aux prochaines élections. Mais je vous prends au mot et pour moi le libéralisme est le boudhisme de la politique : neutre et pour le bien de tous.

  • « Dans un cas comme dans l’autre, ce plan qui consiste à revenir au franc pour le dévaluer revient à organiser un gigantesque transfert de richesse : on appauvrira les épargnants au profit de ceux qui sont endettés et on appauvrira les salariés au profit des chômeurs ou des employeurs. »

    ça ne serait pas, par le plus grand des hasards, exactement ce qui est en train de se passer ?
    Le rinçage des épargnants à commencé il y a 3 ou 4 ans, celui des retraités ne fait que commencer, quant aux salariés vs les chômeurs, ça n’est même pas utile de commenter…

    Je ne suis pas particulièrement en faveur du retour au franc, mais force est de constater que les arguments avancés par les pro-euros sont balayés par la politique monétaire de l’UE.

    Si l’on veut retourner au Franc, alors il faudrait le préparer (augmenter la part de la dette détenue par les nationaux en premier lieu). Après, avoir la maîtrise de sa monnaie pour faire la même politique que la FED, la BCE et compagnie, je ne vois pas trop l’intérêt.

    • L’intérêt, c’est de passer du transfert de richesses en mode artisanal au mode industriel. La réindustrialisation de la France, quoi !

    • O0: « mais force est de constater que les arguments avancés par les pro-euros sont balayés par la politique monétaire de l’UE. »

      Il n’y a qu’un seul argument: empêcher l’état de dynamiter les richesses de la population d’un coup sans en avoir l’air et c’est bien assez à mon avis.

      Surtout qu’après le dynamitage puisque la fête continue en apparence aucun effort ne sera fait sur le budget, à une population appauvrie il faudra ajouter un état qui va continuer à manger double.

      C’est le double combo.

  • Je vois mal ce gvt quitter l’€ actuellement, il a trop besoin d’injections régulères pour boucler les fins de mois de ses rentiers fonctionnaires et de ses assistés politocards et autres.
    Que ce soit l’Italie ou la France, même bateau, où trouveront-ils les Francs ou les Lires pour faire les paies des assistés s’ils dévaluent, qui leur prêtera après s’être fait rincé par un coup de Jarnac.
    Voir l’Argentine, c’est un bon exemple, récent et en vraie grandeur.
    On va s’éclater contre le mur mais quand ???, avec ou sans euros, car pendant encore 4 ans ce gvt va vider les poches de tous les privés pour garder les priviliégés bons votants à l’abri.
    Quand il n’y aura plus ni argent ni patrons, que feront-ils ??

    • ils feront comme Chavez, leur idole du jour, ou Mugabe, ou Peron, qui ont amplement démontré qu’on n’avait nul besoin de patrons, ni d’argent, ni d’une économie saine, pour se faire élire. Il suffit de cannibaliser ce qui reste, aussi maigre que cela soit

  • A mon avis, il y a beaucoup plus de chances que ce soit l’Allemagne qui quitte l’euro plutôt que la France. Ensuite, quand on maîtrise sa monnaie, on maîtrise deux choses: le change (ce dont vous avez parlé) et le taux directeur de la banque centrale (ce dont vous n’avez soufflé mot). Or, redonner de la valeur au capital peut être une façon de relancer les investissements.
    Quoi qu’il en soit, revenir à l’euro et seulement dévaluer tout en gardant nos fonctionnaires, notre mille-feuilles administratif et nos nombreux comités Théodule qui nous coûtent la peau des fesses serait une ânerie sans précédent. C’est bien entendu par les réformes structurelles qu’il faut commencer. Une fois faites, le retour au franc sera sans doute beaucoup moins dramatique que ce que vous énoncez.

    • Entièrement d’accord. A titre personnel, je souhaite la fin de l’euro mais en priant que la France ce soit réformée avant – c’est le point qui me fait le plus peur.

      A sujet de la politique monétaire, lire Charles Gave et Jacques Sapir employer les mêmes arguments (inflation/dévaluation/démographie) alors qu’ils sont aussi proches que Friedman et Keynes c’est qu’il y a quand même un truc!

      Cdlt

    • Mais une fois les réformes structurelles dont vous parlez faites, on n’a plus besoin de retourner au franc !

  • Croyez-vous vraiment qu’on va revenir au franc ?

    De toute façon je ne vois que 2 issus :

    – Soit on remet a plat l’UE pour aller vers l’Europe fédérale, sur un modèle proche des USA. Une monnaie, un Etat fédéral, des transferts budgétaires des Etats riches vers les Etats pauvres (comme dans tout Etat), une subsidiarité mieux définit pour le partage des souverainetés (Fédéral/Etat/Région).

    – Soit ils n’en veulent pas (les élus nationaux : pas évidemment d’abandonner soit même des souverainetés, qui signerait pour la France la fin d’une Nation millènaire pour créer une nouvelle nation : européenne ; où les peuples ne veulent pas…), et alors on revient au franc, l’euro explose, l’UE avec : ne reste qu’un marché commun (s’ils leurs restent un minimum de bon sens).

    • On a fait le SME, puis la monnaie unique, justement pour avoir un vrai marché commun, qui permet au consommateur d’acheter à l’étranger sans se faire chier avec des conversion et des frais de change.

  • Charles Gave :  » Non, M. Mario Draghi, l’euro n’est pas irréversible. Il est mortel !
    http://ac.matra.free.fr/FB/20120808gave.pdf
    Quand un grand gestionnaire de fonds qui a passé toute sa vie à étudier l’économie, de façon réelle et non théorique, écrit une phrase telle que celle là, il faut l’écouter. Il avait prédit ce qui arriverait dès le début.
    Si l’euro est mortel, il faut le tuer avant qu’il nous tue et donc en sortir dès que possible.

    • FDA: « Si l’euro est mortel, il faut le tuer avant qu’il nous tue et donc en sortir dès que possible. »

      Sinon pour expliquer la faillite de la France il y a aussi la nourriture des sangliers, la qualité de l’air (néo-libéral) et encore une foultitude de truc.

    • En sortir pourquoi pas, mais il importe de savoir comment, et pourquoi. Sinon, on troquera un problème pour un autre.

      • Demandons à Mr Gave comment il verrait les choses

      • Le problème le plus important, ce n’est pas la « faillite de la France » qui n’existe que dans les fantasmes de gens qui cherchent à se faire peur, et d’ailleurs tous les pays de la zone euro sont endettés.
        Non, le problème essentiel,ce sont les deséquilibres entre les pays qui font partie de la zone euro ou qui postulent pour y entrer.
        Comment voulez-vous que ça se passe bien quand on s’apprète à accueuillir la Bulgarie où le salaire moyen est de 300 euros.
        Donc soit un impose un SMIC pour la zone euro soit on dissout la zone euro.

        • Chiche : on va expliquer aux sympathiques CGTistes fans de l’internationale ouvrière que pour être plus solidaire des autres prolétaires, on va diviser le SMIC par deux.
          Je me demande bien qu’elle va être leur réaction…

          Plus sérieusement pour les disparités entre pays de la zone €, il y a un précédent : la réunification de l’Allemagne. 20 années de transferts massifs de richesse qui ont fait exploser la dette du pays, et mis l’Allemagne au bord du gouffre avant les réformes drastiques de Schröder.
          Les Allemands en ont chié pendant 20 ans pour remettre la RDA sur pied (et les différences restent énormes).

          Est-ce qu’on veut vraiment ça au niveau européen pour les 20 prochaines années, quand on voit de quel niveau de dette on part et comment nos très chers élus pleurent pour avoir ne serait-ce que 0,01% de croissance ?

        • harrisburg: « Qui n’existe que dans les fantasmes de gens qui cherchent à se faire peur »

          On peut dépenser 25% de plus qu’on ne gagne pendant 38 ans sans problème ?

          MUAHAHAHAHA

          Sacré harrisburg ! Un jour une connerie on n’est jamais déçu.

    • « Si l’euro est mortel, il faut le tuer »

      Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage.

  • Excellent article, j’ai bien aimé le syndrome Picsou aussi.

    Cependant, il n’y a aucune raison de faire confiance a l’euro. L’euro – tout comme un hypothetique nouveau franc – est engagé sur la pente glissante de la devaluation, et ca, personne ne peut l’arreter.

    Le scénario évoqué est donc tout a fait plausible, que l’on ait du franc ou de l’euro.

    Comment s’immuniser, c’est simple, en détenant une partie de son portefeuille en or. Mais pas tout son portefeuille, car l’or (ou plutot la monnaie dans laquelle on exprime le prix de l’or) est volatile.

    Enfin, concernant les retraités, pour ma part, je ne verserais pas trop de larmes, car ils font partie des beneficiaires du systeme tel qu’il existe. Tout ce qui est recu en pensions et autres avantages est directement volé a ceux qui travaillent sans rien recevoir.

    • @vouzici

      « Enfin, concernant les retraités, pour ma part, je ne verserais pas trop de larmes, car ils font partie des beneficiaires du systeme tel qu’il existe. Tout ce qui est recu en pensions et autres avantages est directement volé a ceux qui travaillent sans rien recevoir. »

      Cher Monsieur,
      Vous levez tous les doutes que j’aurai pu avoir sur la verité du conflit inter-generationnel, en disant tout haut ce que Contrepoints (pour rester dans le politiquement correct) prétend n’avoir jamais insinué.
      De surcroit, vous choisissez, à dessein , les mots qui vous semblent appropriés, en qualifiant le retraité de voleur.
      Je suppose qu’il va bien falloir instaurer prochainement une loi penale pour sanctionner de tels propos
      Quand vous dites que les actifs ne réçoivent rien …ils touchent cependant un salaire Vous ne voudriez pas non plus qu’on leur reverse à l’avance des accomptes d’allocation retraite dès l’age de 30 ans.

      • harrisburg : « il va bien falloir instaurer prochainement une loi penale pour sanctionner de tels propos »

        Non seulement vous ne comprenez rien mais en plus vous avez des remontée de fascisme ?

      • Entièrement d’accord avec harrisburg ! « Voleur » ne décrit pas objectivement la réalité de la faillite annoncée des retraites par répartition forcées et ne permet donc pas de la comprendre. On peut certes en discuter, mais « parasitisme imposé légalement » semble bien plus objectif.

        « il va bien falloir instaurer prochainement une loi pénale pour sanctionner de tels propos » : brrr, comme le réchauffisme climatique, le réchauffisme législatif, ça fait peur…

        Il n’y a plus aucun doute à avoir. Désormais, le manque d’argent des autres sanctionnera les profiteurs de l’Etat providence obèse bien plus rapidement que les taxes n’augmenteront. Question taxes, la France étant déjà au taquet, toute nouvelle augmentation des taux se traduira mécaniquement par une baisse des recettes. Retour au réel pour les cigales : pour vivre, il va falloir bosser.

      • je confirme qu’autour de moi, la generation baby-boomer, appelée aussi 30 glorieuse ou generation mai 68, beneficie de privilèges jamais vu dans l’histoire de l’humanité: la plupart gagne plus a la retraite que les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, alors qu’ils ont pu acquerir des propriètés a des conditions bien plus avantageuse que la generation actuel.
        ils propagandaient pour mao quand ils étaient jeune ( les plus  » instruits « , les autres allaient au bistro, a l’epoque, boire ou conduire, pas la peine de choisir !! ), et maintenant, ils votent tous pour sarkozy, car ils ont eu subitement peur des partageux, comme les versaillais !
        toute l’incoherence du mandat de sarko est la, on a fait croire aux francais, que ce dernier etait un espèce de revolutionnaire frenetique qui allait reformer aussi vite qu’il secouait les epaules et repandait du pipi de strasbourg a perpignan en urinant, alors qu’il a été elu pour conserver les acquis de la generation d’apres guerre, jusqu’au bout.

        • Ne vous inquiétez pas,après la troisième guerre mondiale,tout sera détruit,il y aura de nouveau des millions de morts,et,bien sûr,vous connaîtrez les prochaines trente glorieuses,puisque tout sera de nouveau à reconstruire et que les populations seront nettement moins nombreuses sur Terre.Après ne venez pas vous plaindre si vos enfants ou petits-enfants viennent vous cracher à la figure.

      • J’imagine que pour Vieux Bourg, critiquer les retraites signifie désirer une solution finale, réaliser soylent green ou un truc dans le genre.
        Et critiquer le système d’assistanat signifie vouloir l’extermination des chômeurs.
        VB a bel et bien la mentalité typique des socialoides qui veut qu’un problème ne se résolve que par l’extermination de la classe problématique.

        Vieux Bourg sait donc lire… (cf commentaire de G Kaplan)

        • harrisburg se félicite
          1) de l’accord d’augmentation, au 1 er avril, conclu pour les retraites des régimes ARRCO/ AGIRC complémentaires ( cadres et des non-cadres du privé), mercredi soir.

          2) Des déclarations, ce jour, de Michel Sapin qui s’oppose à toute baisse des retraites du régime général
          ———————————————
          « Il sera très difficile de toucher au montant des pensions de retraites en France dans le cadre de la future réforme, a déclaré jeudi le ministre du Travail et du Dialogue social, Michel Sapin. »

          http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/sapin-juge-tres-difficile-de-toucher-au-montant-des-retraites-819552
          ————————-

          Ceux qui suggérent de faire baisser drastiquement les dépenses en attaquant frontalement les retraités se trompent de cible.
          Et d’ailleurs ils n’auront aucun soutien politique dans quel que milieu social que ce soit !

  • Joli discours partisan que voilà…

    Vous mettez de côté, volontairement, les bienfaits qu’engendrerait un retour au Franc. Quid du mot « croissance » ? Quid du mot « chômage » ? Quid de notre « balance commerciale » ?
    Bizarre, vous n’en parlez pas…

    Il y a 2 questions à se poser :
    « Dans quel état sera la France dans 10 ans avec l’Euro ? »
    « Dans quel état sera la France dans 10 ans avec le Franc ? »

    La solution la moins mauvaise est la 2ème, car au final, tous les arguments mauvais que vous avancez sur le retour du Franc peuvent être appliqué à l’Euro, on le voit et on le vit tous les jours. Dans le 2ème cas, au moins, on en « chierait » pour quelque chose avec le retour de la croissance et de l’emploi. A l’heure actuelle, on paye pour continuer de payer demain et après demain et ce… jusqu’à quand ?

  • Mickael Lassire
    24 juin 2013 at 9 h 57 min

    Georges Kaplan. Oublie que le fait de repasser en franc permettrais à la France de battre monnaie, c’est-à-dire de plus payer les intérêts sur les empreints et creation monétaire… Donc cela irais dans les poche de l’état et non dans les poche des spéculateurs…Donc l’état pourrait recrée de la richesse baissée les impôts et recrée de l emplois Remboursé le trou de la secu et financé les retraites . Pour rappel, 1800 milliards de dettes et 1600 milliards d’intérêts … En sachant que pour les banques privées la création monétaire ne leur coûte rien …Il y a souvent ce genre d’oublie ce qui est scandaleux!

  • Mickael Lassire
    24 juin 2013 at 10 h 10 min

    Il est impossible d’avoir une même monnaie … Et comparé les états unis et l Europe est idiot … Les États unis parlent tous l anglais et ce sont crée à partir d’un même peuple … On peut comparer les états unis aux régions en France. Ensuite, il n y à pas la même économie en France en Allemagne et en Italie. Donc l’euro ne pourrait pas avoir la même valeur dans tous les pays de l Europe. Ensuite, il faudrait signalé que chaque pays devrait avoir sa propre monnaie afin de régule l’afflux d’argent en fonction de la création de richesse. Cela n’est qu’une question de chiffres et de logique… Maintenant se n’est pas parce que le Parlement européen vous dit de sauter par la fenêtre du 10e étage et que vous allez vous envoler qu’il faut le faire. Ils ne servent que leurs intérêts personnels. Imaginé que l on vous propose de travailler au gouvernement Européen et de gagner 14 000 euros voudriez-vous perdre cet avantage ? Il ne s’agit uniquement d’intérêt personnel, ils ne décident pas pour le peuple, mais pour eux … C’est comme ci vous étiez juge et que vous deviez juger quelqu’un de votre famille … Seriez-vous honnête sur votre jugement ? Posez-vous les bonnes questions.

  • Malheureusement, beaucoup de français pensent que le retour au franc, comme par magie, rétablirait la félicité en France.

  • Assez d’accord sur tout sauf sur cette phrase, pour laquelle j’aimerais bien une justification :
    « et on appauvrira les salariés au profit des chômeurs ou des employeurs. »
    Pourquoi et comment ? Je ne met pas en doute l’affirmation, j’aimerais la comprendre.

  • Dont-tread-on-me
    21 mai 2014 at 11 h 25 min

    Excellent article ! En effet, les partisans du « revenons au franc » du côté socialistes de droite ou socialistes de gauche me donnent envie de frapper ce qui bougent. Et quand on leur explique que l’inflation est une mauvaise chose, ils sont tellement ignorants en économie que j’ai l’impression de faire un cours à des enfants en leur expliquant le principe de création de monnaie = inflation = vol. Le problème la plupart du temps, c’est que la majorité d’entre eux ne comprennent même pas de quoi ils parlent, et certaines veulent même revenir au franc juste par « principe » sans même avoir étudié les conséquences économiques de ce retour en arrière.

    • et toi tu sais pas ce qu il en retourne que de rester dans cette fouttu europe
      va t instruire avant de parler

  • vous devriez expliquer ce qu’il va se passer en y restant car apparemment notre système n’a jamais fabriqué autant de riches et n’a jamais autant nivelé autant de classe sociales vers le bas ….enfin je suis sur que notre super monnaie nous permettra si la situation devait nettement s’améliorer de rembourser la dette publique d’ici 2114 !!!

  • c est un arcticle qui incite les gens a etre pour et rester dans l euro sauf que l euro ce construit au detriment du peuple francais delocalisation privatisation pour s aligner sur les autre pays de la zone euro les prix du serive public sont triplé vu que l americain qui a achete des part ne veux que du profit la delocasition c meme pas la peine la france va devenir un pays musée et la faudra pas pleurer quand tu sera aussi riche qu un paysans luthuanien
    nous n avons rien a faire dans cette putain d europe
    la france a toujour etais independante vive UPR
    alléé vous adherer au lieu d etre spectateur de ta propre misere
    L upr va faire 1 000 000 d adherent ecoute ce que je te dis
    et arrete d etre pour une europe tu sais meme pas ce qu il en retourne
    https://www.upr.fr/videos/conferences-en-ligne/histoire-de-france

  • Les commentaires sont fermés.

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