États-Unis, une nation de profiteurs

Avec des centaines de chiffres et de statistiques, "A Nation of Takers" montre comment l’Amérique est devenue un État providence à l’européenne.
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A nation of takers, par Nicholas Eberstadt (Tous droits réservés)

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États-Unis, une nation de profiteurs

Publié le 8 mars 2013
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Malgré son Format « petit livre rouge » et ses 132 pages, l’ouvrage A Nation of Takers est une mine d’informations. Des centaines de chiffres et de statistiques qui montrent comment l’Amérique est devenue presque un État providence à l’européenne.

Par Bogdan Calinescu.
Un article de l’aleps.

Il y a quelques années, j’avais publié une étude qui comparait les systèmes redistributifs en France et aux États-Unis. Les conclusions auxquelles j’arrivais étaient complètement à l’opposé de ce qu’on avait tendance à croire en France : l’Amérique est très loin de la société « ultralibérale » qu’on invoque ici pour nous faire peur. Les dépenses sociales sont plus élevées en Amérique où l’on redistribue environ 5% du PIB alors que la France ne redistribue « que » 2,7 % du PIB. Les Américains ne sont pas vraiment des laissés-pour- compte qui meurent de faim dans la rue. Ce sont bien des assistés malgré la mise en place du programme Workfare par le président Clinton au milieu des années 1990. C’est ce que montre aussi Nicholas Eberstadt dans ce livre qu’on pourrait traduire en français par « Une nation de profiteurs ».

L’auteur, économiste, démographe et Senior Fellow à l’American Enterprise Institute, recense les données depuis environ 50 ans dans un pays où les dépenses sociales sont passées du tiers du total des dépenses gouvernementales aux deux tiers aujourd’hui. Les transferts sociaux s’élevaient à 24 milliards de dollars en 1960 et atteignent 2.400 milliards de dollars en 2010 : 100 fois plus ! (À titre de comparaison, les dépenses militaires s’élèvent à 700 mds de dollars). Ces transferts ont augmenté presque deux fois plus vite que le PIB par habitant. Parmi ces aides sociales figurent le « Income Maintenance Benefits », « Medicaid », « Medicare », « Social Security » et le « Unemployment Insurance Compensation ». Entre 1960 et 2010, les dépenses sociales sont passées de 19% du total des dépenses fédérales à 43%. Les aides contre la pauvreté représentaient environ 650 mds de dollars en 2010 après une augmentation moyenne de 7%/an depuis 1960. Environ 49% des Américains bénéficient d’une aide au logement alors qu’ils n’étaient que 30% dans les années 1980.

Pour l’auteur, l’Amérique a fait une nouvelle Déclaration de… Dépendance. Plus de 50 programmes sociaux font profiter les Américains des largesses de l’État fédéral, donc de l’argent des contribuables… Très intéressant aussi le fait que les deux tiers des 100 comtés où la population reçoit le plus d’aides sociales ont voté pour des candidats républicains et non pas démocrates. Ceci montre que la redistribution massive n’a pas de couleur politique…

Environ 50% des Américains bénéficient d’une aide sociale et elle représente en moyenne 7.200 dollars par personne. Environ 35% des Américains reçoivent des aides sous forme d’argent ou de biens. Cette situation a rendu la population dépendante, assistée et moins motivée pour travailler et entreprendre.

• Nicholas Eberstadt, A Nation of Takers, Templeton Foundation Press, 2012, 132 pages.


Sur le web.

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  • Le système américain de redistribution est compliqué car il faut tenir compte à la fois de l’Etat fédéral et de l’Etat local. Même si les américains se méfient beaucoup de l’expansion de l’Etat fédéral, ils se méfient un peu moins de la croissance locale. On a un peu le même problème en France où la croissance de la dépense publique vient en grande partie d’une expansion sans fin des structures locales en doublons des structures étatiques plus surveillés.

    Par contre, ce qui est certain est que la redistribution américaine est mieux faite que la française. Elle se concentre plus sur les publics fragiles (femmes seules avec enfants, …) et fait moins de redistribution direct d’argent sans contrôle d’utilisation (food stamp). En France quand on sait que 70% de la population pourrait avoir droit à un logement social, on comprend mieux que le ciblage est très mal effectué au plus grand profit du clientélisme.

    • Oui et non. Les structures locales françaises ont émergées par délestement de l’état, aux US la structure locale est une entité qui a émergée d’elle même, qui s’est imposée.

  • Mouaip. Si je voulais jouer le bon troll je dirais « vous voyez donc bien que mêmes les Etats-Unis reconnaissent l’échec du libéralisme et se dirigent vers un modèle social inspiré de l’Europe ! Quand est-ce que vous allez comprendre ça ? ». Hum bien sûr je blague.

    Non sérieusement, à une époque je pensais que les USA concentraient assez de cerveaux pour pouvoir pallier à ce problème. Qui me prédire l’avenir ? Est-ce que les USA sont condamnés à glisser éternellement sur cette pente ? Quand est-ce que ça va s’arrêter et pourquoi ?

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