Finance : les arbres ne montent pas jusqu’au ciel

Tandis que l'économie réelle manque de financements, les bulles financières nourries par les banques centrales grossissent.
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Finance : les arbres ne montent pas jusqu’au ciel

Publié le 1 février 2013
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Tandis que l’économie réelle manque de financements, les bulles financières nourries par les banques centrales grossissent.

Par Pierre Chappaz, depuis la Suisse.

Une douce euphorie s’est répandue cette année parmi les participants au Forum de Davos, sans doute heureux d’être encore en vie après les grandes frayeurs de l’an dernier, et en particulier la perspective d’une possible disparition de l’euro.

L’euro étant provisoirement sauvé par les tombereaux de monnaie déversés par la BCE dans le système bancaire et étatique, les festivaliers se sont laissés aller jusqu’à imaginer pour l’Europe une « résurrection flamboyante » (Klaus Schwab, fondateur de Davos, cité par Le Matin).

Cet optimisme est pourtant démenti par la récession dans laquelle plongent la plupart des pays européens, l’année 2013 s’annonçant d’ores et déjà comme une « année horribilis ». L’économie s’obstine à ne pas redémarrer, malgré la création monétaire à outrance en Europe, au Japon, et aux États-Unis. Dans ce dernier pays on vient d’apprendre que l’économie s’est contractée de 0,1% au quatrième trimestre 2012 (c’est ainsi le plus mauvais trimestre depuis 2009).

La raison ? Les centaines de milliards de dollars injectés par les banques centrales ne diffusent pratiquement pas dans l’économie réelle. Les entreprises et les particuliers n’en voient pas la couleur, car l’argent reste dans le circuit fermé des banques et des États dont elles financent les dettes.

J’en ai fait l’expérience tout récemment avec ma propre entreprise : impossible d’obtenir le moindre prêt des banques européennes. C’est une banque israélienne qui y a consenti, nous aidant ainsi à financer le cash flow nécessaire à notre croissance. Nous sommes une entreprise déjà d’une certaine taille, bien visible dans l’écosystème Internet, et en forte croissance. Combien d’entreprises plus modestes, ou moins bien connectées, sont acculées à la cessation de paiements par cette paralysie des banques ?

L’économie réelle manque de financements, et simultanément les bulles financières nourries par les banques centrales grossissent : bulles de la dette des États, et aussi bulle boursière, en tout cas aux États-Unis.

La dette des États ne fait que s’accroître, les gouvernements étant unanimement incapables de faire les coupes qui seraient nécessaires, mais que les opinions refusent.

La bulle boursière américaine fait peur. Il est sidérant de voir l’indice Dow Jones tout proche de franchir ses plus hauts niveaux historiques – il est déjà plus haut qu’en 2001 lors de la bulle Internet, et atteint son niveau de 2008 avant l’explosion de la bulle des crédits immobiliers « subprime« . Jusqu’où cela peut-il encore monter ? Ne percevons-nous pas déjà certains signes de craquements ?

Le fameux proverbe boursier le dit : les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

Dieu sait où la fuite en avant organisée par les gouvernements et les banques centrales va nous mener.


Sur le web.

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  • Une vision plus long-terme des marchés actions peut apporter un éclairage différent.
    http://www.avconseil.fr/Graphique_historique_long_terme_Dow_Jones_depuis_1897.htm
    Oui, les arbres des marchés financiers montent jusqu’au ciel, peut être tout simplement parce qu’ils sont avant tout le reflet de psychologies de masses. Et quoi de plus idiot qu’un comportement de psychologie de masse? 2 comportements de psychologie de masse.
    En 1929 les indices boursiers sont montés au ciel, en 2000 également.
    Mais comme la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf, ils ont explosé.
    La question qu’il convient de se poser réside davantage en ces termes : « De qui les marchés actions sont-ils reflets »?
    De l’économie des entreprise serait-on tenté de penser. Or le marché nous montre tous les jours qu’il est comme les économiste, à savoir celui qui vient vous expliquer le lendemain pourquoi sa prédiction de la veille ne s’est pas réalisée. Le marché n’est jamais d’accord avec lui même et passe son temps à remettre en cause ses valorisations de la veille.
    La valorisation des marchés est à mon sens plus à aller chercher du côté de la finance que de l’économie.
    Il est, compte tenu de « L’esclavagisme financier inter-générationnel »© pratiqué depuis des décennies le reflet de la quantité de monnaie présente dans l’économie.
    Si la quantité de monnaie augmente pour une quantité d’actif finie, il est logique que la valorisation faciale dans la monnaie de singe de l’actif augmente. Cette valorisation n’augmente pas en terme réelle, mais compense la perte de valeur de la monnaie de singe.
    Lors de la merveilleuse période économique d’hyperinflation qu’à vécu le Zimbabwe sous l’ère du prix Nobel d’intelligence, d’économie, et des droits de l’homme, Robert Mugabe, l’indice de la bourse d’Harare a augmenté plus vite que l’inflation! Parce que la vraie protection est dans la possession des entreprise qui créent cette valeur!
    L’économie s’adapte à la finance. Les banquiers centraux créent de la monnaie en l’échange de rien, les indices actions nous montrent la valeur qu’ils accordent à ces créations monétaires, à savoir, rien! La valeur faciale créée est absorbée dans les cours.

  • Bien vu Pierre!

  • Les dernières crises financières ont crée une dépendance de plus en plus forte entre les états et les banques, avec une corrélation du risque état / banque de plus en plus forte. Les états sont donc dans l’obligation de palier aux moindres défaillances de leurs banques nationales, au risque qu’elles les entraînent dans leur chute. C’est donc, d’un côté aux banques de se responsabiliser et de limiter leurs parts d’actifs en dettes souveraines. Parallèlement, les états doivent faciliter (en exonérant les revenus du capital) les investissements directs privés, et en allégeant les charges et impôts de plus petites entreprises afin qu’elles puissent davantage financer leur croissance par auto-financement.

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