Innovation : protégeons ce qui nous sauve

Fruit de l’ingéniosité humaine, l’innovation technologique est la plus grande ressource de la planète.

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Innovation : protégeons ce qui nous sauve

Publié le 26 janvier 2013
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Fruit de l’ingéniosité humaine, l’innovation technologique est la plus grande ressource de la planète.

Par Alex Korbel.

Vous croyez vivre dans un pays moisi ? C’est peut-être vrai. Mais, l’époque, elle, ne l’est pas. Pensez à vos ancêtres. Leur sort était vraiment désespéré.

0,04% par an pendant 800 ans

Le PIB mondial par tête a augmenté de 0,04% par an entre les années 1000 et 1820. En d’autres termes, la qualité de vie a stagné pendant plus de huit siècles. Pourquoi ? Parce que pendant cette trop longue période, il y n’y a eu que très peu d’améliorations technologiques décisives, que le commerce restait comme atrophié et que la façon de produire les biens et les services ne progressait presque pas, y compris dans l’agriculture.

Certes, les cités-États italiennes et la Chine impériale ont abrité des progrès remarquables avant la fin du XVIIIème siècle et le commerce a peu à peu pris son essor. Mais en dehors de ces cas particuliers, ce fut une période désastreuse pour l’humanité. Elle n’a été interrompue que par la révolution industrielle.

En revanche, le monde d’aujourd’hui continue de croître à un taux historiquement rapide, propulsé par les marchés émergents d’Asie, d’Amérique du Sud et bientôt d’Afrique.

La grande stagnation ?

Mais certains croient que le progrès technologique va en se ralentissant et que nous retournons vers une période de stagnation.

Dans le domaine des modes de communication par exemple, les pessimistes soulignent l’énorme saut technologique réalisé entre les coursiers à chevaux et le téléphone, et indiquent par contraste l’absence de tout progrès notable entre deux générations de téléphones actuels. Même les sonneries restent insupportables, c’est dire.

Le monde semble avoir connu trois vagues d’innovations. La première a accouché des premiers moteurs à vapeur, du filage, du coton, des bateaux à vapeur et des chemins de fer. La deuxième a vu l’électricité, le moteur à combustion interne et la plomberie intérieure, ainsi que des innovations complémentaires telles que les téléphones, les voitures, les appareils électriques et les avions. La troisième voit s’épanouir l’informatique et… rien d’autre. Comme si les gains de productivité engendrés par cette dernière ne se traduisaient pas en croissance.

Et s’il était trop tôt pour le dire ? Il faut des années pour que le plein impact des inventions se fasse sentir. James Watt fait breveter son moteur à vapeur en 1769, mais cette innovation n’impacte la croissance qu’à partir de 1830. La lumière électrique apparait en 1808, mais les manufactures et usines ne sont complétement électrifiées qu’à partir des années 1920.

L’informatique modèle le futur

La révolution informatique va prendre des décennies à changer nos vies pour le meilleur. De nombreux changements ont à peine commencé : Internet va révolutionner l’instruction, le perfectionnement de la reconnaissance vocale et de la traduction instantanée va changer notre façon de communiquer, les voitures sans conducteur transformeront les trajets en voiture en temps productif, l’impression 3D va révolutionner l’industrie.

La biotechnologie est déjà devenue un outil-clef pour l’industrie pharmaceutique. La génétique changera la médecine. La nanotechnologie sera aussi transformatrice. L’aquaculture et la récolte de plantes aquatiques va considérablement accroître les approvisionnements alimentaires mondiaux. Le gaz de schiste a déjà considérablement réduit le coût de l’énergie dans les pays qui l’ont adopté et la capture de l’énergie solaire fera des progrès.

De quoi l’innovation technologique est-elle le fruit ?

De l’ingéniosité humaine. Cette ingéniosité est la plus grande ressource de la planète.

Tant que nous conserverons les institutions permettant à cette ingéniosité de s’épanouir pleinement, c’est-à-dire la paix, le respect des droits et libertés individuelles et l’échange sans contrainte des idées, des biens et des services, les perspectives futures resteront pleines d’espoir.


Sur le web. Article initialement publié le 16 janvier 2013 sur 24hgold.com.

Voir les commentaires (23)

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  • Donc il faut que l’Etat encourage et finance la R&D !

    • Non justement, il faut que l’Etat se désengage de la R&D.
      Il faut qu’il ne s’occupe que de la justice, de la diplomatie et de l’armée.
      Supprimer les taxes et règlementations inutiles (et nuisibles) et on verra que la France peut encore être une grande puissance

    • ah oui et pour ce qui est de la propriété intellectuelle, on peut aussi virer les brevets.

      • « on peut aussi virer les brevets. »

        Alors ça ! ce n’est pas encourager l’innovation.

        C’est aider les opportunistes, c’est très différent !

        • A ce propos, une chose me surprend chez les libéraux, vous êtes de farouches défenseurs de la propriété privée mais pas de la propriété intellectuelle !

          Personnellement j’ai du mal à vous suivre.

          • Généralisation abusive. Il y a débat : parmi les libéraux, il y a des partisans et des adversaires de la propriété intellectuelle.

          • Le propriétés ne concerne que les biens finis. Deux personnes ayant la même idée en même temps ne se vole rien l’une à l’autre. Mais deux personne ne peuvent pas occuper le même espace.

      • tout à fait, les brevets ont un frein à l’inovation

        • Laurent, vous êtes actionnaire d’un grand groupe, vous investiriez dans la R&D si rien ne protège l’innovation ?
          Je crois plutôt que ces budgets se transformeraient vite en dividendes, et alors là, quid de l’innovation !

    • Pourquoi ce « donc » ?

    • Pas forcément la R&D qui relève plutôt des entreprises privées, mais la recherche fondamentale oui très certainement. Le ROE de la NASA sur les 50 dernières années s’élève à plus de 1400% par exemple.

  • Parler de l’historie de la productivité, et de l’innovation sans évoquer le rôle fondamental des énergies fossiles, ça n’a aucun sens ….

    • Seul l’innovation humaine à transformé le pétrole en « énergie » avant c’était juste une matière gluante.

      • Tout à fait, et en plus on est pas prêt d’en manquer.

        • Je ne pense pas du tout que les brevets soient un frein à l’innovation : bien au contraire, ils me paraissent (et j’ai une montagne d’exemples en ce sens) être :
          1/ une « récompense » et par suite une incitation à tout chercheur pour développer une idée innovatrice,
          2/ et à tous les autres une incitation à trouver comment faire mieux par de nouvelles idées novatrices.

          • Oui, en théorie je suis assez d’accord, mais forcé de remarqué qu’il peut y avoir des cas très étranges par exemple Apple qui brevette les rectangles aux coins arrondis et qui dépense plus d’argent dans les tribunaux à faire respecter son IP qu’à inventer de nouveaux produit.

      • On ne connait pas les limites de l’esprit humain, par contre on commence à connaitre assez bien les limites des réserves d’hydrocarbures. Et ce n’est pas une question de panne sèche, mais de rentabilité décroissante du processus d’extraction. Dire ça, ce n’est pas faire allégeance à Marx, c’est juste regarder bien en face le second principe de la thermodynamique.

        • « Rentabilité décroissante du processus d’extraction » : propos sans fondement, sans doute un vieux reste mal soigné de malthusianisme. Parlez éventuellement d’utilité marginale, mais la décroissance de cette dernière ne signifie évidemment pas qu’on n’a plus intérêt à produire ni que la rentabilité serait décroissante. Sinon, il y a longtemps que nous serions tous morts assoiffés.

          « Juste regarder bien en face le second principe de la thermodynamique » : là, on sort du champ de l’économie. Mais qu’espérez-vous démontrer en convoquant Carnot qui n’a rien demandé ?

          • « Sinon, il y a longtemps que nous serions tous morts assoiffés. »

            J’avoue que la logique de cette inférence m’échappe. Auriez vous l’amabilité de développer ?

          • L’eau potable n’existe (presque) pas naturellement : si elle est toujours produite, malgré une utilité marginale décroissante (qui détermine son prix), c’est parce que ceux qui la produisent y trouvent forcément de la rentabilité.

            Mais répondez plutôt à la question au lieu d’en poser d’autres : que vient faire ce pauvre Carnot dans cette galère ?

          • Quand je parle de rentabilité, je parle du rapport entre la quantité d’huile raffinée produite en fin de course, et le montant des investissements nécessaires pour la produire.

            Et le 2nd principe intervient pour dire que ce qui compte, pour nous qui voulons produire du travail, ce n’est pas l’énergie contenue dans un système, mais la concentration de l’énergie dans ce système. Or, il est clair qu’à mesure de l’exploitation des ressources fossiles, pétrole et autres, la concentration d’énergie dans les ressources restantes diminue. Donc, le travail final qu’on peut obtenir à partir d’une même quantité d’énergie présente dans le sol diminue. C’est exactement ce que signifie l’augmentation tendancielle du prix des ressources minérales.

            L’innovation technologie ne peut contenir cette tendance que de manière temporaire, comme l’ajout d’une fonction polynomiale d’ordre 2 ne peut pas changer la tendance asymptotique d’une fonction polynomiale d’ordre 3.

          • « Je parle du rapport entre la quantité d’huile raffinée produite en fin de course, et le montant des investissements nécessaires pour la produire » : si c’est votre inquiétude, rassurez-vous !

            En effet, les investissements nécessaires pour produire le pétrole en plus grande quantité sont de plus en plus faibles relativement à la richesse totale. Même constat pour toutes les sources d’énergie : l’input énergétique pour produire la même quantité de richesses est constamment à la baisse. En ce qui concerne les investissements directs dans le pétrole, pas d’inquiétude non plus ! Les projets d’extraction planifiés aujourd’hui seraient encore rentables avec un baril sous 30$. Enfin, la concentration d’énergie contenue dans les réserves prouvées augmente continuellement à mesure que de nouveaux gisements sont « découverts ». Il n’y a jamais eu autant de pétrole disponible !

            Le peak oil, même en convoquant Carnot, est un échafaudage théorique économiquement sans fondement.

          • cavaignac

            Il est normal que la science économique ne puisse pas admettre la notion de peak oil (même si le peak en lui même sera un non évènement en dehors de la communauté scientifique), puisque celle-ci pose par axiome que les ressources de la terre sont infinies, et que les seuls facteurs limitant à l’enrichissement personnel et collectif sont des facteurs humains.

            Et ce que beaucoup essaient de vous, dire que c’était une approximation valable au XVIIIème, mais plus maintenant. Qu’il y a des limites, non pas humaines, mais physiques, à la stratégie qui consiste à creuser plus de trous, plus profonds, quand la production d’huile diminue.

            Pour finir, votre affirmation sur les projets d’investissements est archi fausse, puisqu’on a vu lors de la crise de 2009 que de nombreux projets d’investissement ont été gelés, alors que le baril est resté bien au dessus des 30$ http://www.nytimes.com/2009/03/27/business/energy-environment/27oil.html?_r=0

            Je veux bien qu’on dise qu’une part, même assez grande, de l’augmentation récente du prix du pétrole est due à l’effet de décisions politiques sur l’investissement des entreprises, et la quantité d’huile autorisée à sortir des pays exportateurs. Je veux bien qu’on dise que le peak oil en lui même sera un non évènement pour les acteurs de l’économie. Mais nier que la qualité des ressources restantes diminue à mesure qu’on extrait, ça ne me parait pas sérieux.

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